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Fiche Espèce (N°302) |
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| (N°302)
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| Hippocampus guttulatus Cuvier, 1829 |
| Manche, Atlantique et Méditerranée |
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| Hippocampe moucheté |
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« Agnathes » et Poissons osseux benthiques |
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| Hippocampe à long bec, hippocampe à ramules |
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| Long-snouted seahorse (GB), Cavallucio marino (I), Caballito de mar (E), Seepferdchen (D) |
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Clef d'identification |
Tube buccal trois à quatre fois plus long que haut Filaments dermiques souvent présents sur la tête et le dos Mouchetures blanches habituellement présentes sur tout le corps Plus de dix-neuf rayons dorsaux |
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Distribution |
| Manche, Atlantique et Méditerranée. |
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Biotope |
| Il vit à proximité des prairies de zostères ou de posidonies ou les habitats rocheux avec sédiments meubles. Il vit sur le fond et s’accroche aux algues grâce à sa queue préhensile. On peut aussi le trouver dans la zone coralligène en Méditerranée à des profondeurs plus élevés (30 à 40 m). |
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Description |
L'hippocampe moucheté peut atteindre une longueur maximale de 12 à 16 cm. Sa coloration va du brun foncé au jaune, il est souvent moucheté de petits points blancs. La tête fait un angle de 90° avec le corps. La bouche est constituée d’un tube plus ou moins long. Son corps comporte quarante-six à cinquante-deux anneaux terminé par une queue préhensile à la place d’une caudale classique. Sa crête dorsale et sa tête peuvent présenter de nombreux filaments cutanés, simples ou bifides appelés digitations cutanées et sont souvent constatées sur cette espèce. On peut compter dix-neuf à vingt et un rayons sur sa nageoire dorsale. Il nage très lentement en agitant sa nageoire dorsale et peut ramper sur le fond avec sa queue. Il se fixe souvent aux herbes ou aux algues avec sa queue. Les nageoires pectorales sont derrière la tête. Une autre caractéristique de ce poisson hors pair est la présence de plaques osseuses sous la peau en lieu et place des écailles traditionnelles des poissons. Celles-ci forment une véritable armure aux carènes anguleuses. |
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Espèces ressemblantes |
En plus de H.guttulatus l'espèce suivante existe sur nos côtes françaises : Hippocampus hippocampus (Linnaeus, 1758) ou hippocampe commun qui s’en distingue par : - le tube buccal plus court, de longueur inférieure à deux fois et demi la hauteur, - l’absence habituelle de filaments dermiques, sauf en Méditerranée, - l’absence de mouchetures blanches sur le corps - une nageoire dorsale avec seize à dix-huit rayons. Hippocampus brevirostris (Schinz, 1822) dit à museau court est un synonyme de Hippocampus hippocampus. Le genre Hippocampus est exclusivement marin et compte de trente-cinq à cinquante espèces dans le monde. |
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Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides |
Hippocampus ramulosus (Leach, 1814) est le synonyme le plus fréquemment rencontré Hippocampus longirostris Schinz, 1822 Hippocampus atrichus Hippocampus jubatus Hippocampus filamentosus Hippocampus multiannularis Hippocampus longirostris Hippocampus microcoronatus Hippocampus microstephanus Hippocampus rosaceus |
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Hippocampes, syngnathes... |
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Hippocampe femelle à ramules |
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Hippocampe mâle à ramules |
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Participants |
Rédacteur principal
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| Denis ADER |
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Vérificateur
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| Michel BARRABES |
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Responsable régional
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| Denis ADER |
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Création le : 07/10/2007
Dernière modification le 09/01/2010 22:05:00 |
Les * dans les textes
renvoient au glossaire |
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Classification |
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Termes scientifiques
(international) |
Termes en français |
Descriptif/
caractéristiques
succinctes du groupe |
| Embranchement |
Chordata |
Chordés |
Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement |
Vertebrata |
Vertébrés |
Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super-classe |
Osteichthyes |
Ostéichthyens |
Vertébrés à squelette osseux. |
| Classe |
Actinopterygii |
Actinoptérygiens |
Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. |
| Sous-classe |
Neopterygii Teleostei |
Néoptérygiens Téléostéens |
Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. |
| Super-ordre |
Acanthopterygii |
Acanthoptérygiens |
Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
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| Ordre |
Syngnathiformes |
Syngnathiformes |
Poissons possédant des mâchoires soudées en un tube allongé. Il s'agit essentiellement des syngnathes et des hippocampes. |
| Famille |
Syngnathidae |
Syngnathidés |
Bouche « rapportée » au bout d'un tube. |
| Genre |
Hippocampus |
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| Espèce |
guttulatus |
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Origine du nom français |
Hippocampe : qui à la forme d’une tête de cheval, moucheté : qui présente des ponctuations. |
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Origine du nom scientifique |
Hippocampus mot latin lui-même tiré du grec [hippos] = cheval et de [kampé] = courbure : cheval courbé ou cheval enroulé, guttulatus du latin [gutta] = goutte, tache, moucheture, d’où guttulatus = moucheté. |
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Alimentation |
| L'hippocampe a une bouche minuscule, il se nourrit de zooplancton qu'il aspire avec sa bouche en forme de pipette. Il peut également manger des petits crustacés, larves, et des oeufs de poisson. L’animal approche lentement de ses proies et profite de sa mâchoire particulière allongée et perpendiculaire au corps pour effectuer au dernier moment le mouvement d’aspiration fatale. |
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Reproduction - Multiplication |
La grande particularité de l'hippocampe réside dans sa reproduction étonnante sans équivalent dans le règne animal. Sa période de frai culminante est de fin mai à fin juillet. La reproduction est précédée d'une longue parade complexe et spécifique : accrochés par leur queue, les partenaires s'élèvent et s'abaissent plusieurs fois. Le mâle rejette l'eau contenue dans sa poche incubatrice en la pressant avec sa queue. La femelle lui transmet les ovules par sa papille génitale. L'incubation des oeufs dans la poche du mâle dure 4 à 5 semaines. Pendant cette période, la poche incubatrice du mâle développe des villosités riches en capillaires entourant chaque œuf fécondé créant une sorte de placenta alimentant les embryons. Les jeunes d'environ 16 mm en sont expulsés par de fortes contractions. Ils seront une centaine de petits hippocampes, livrés à eux même.
L’hippocampe peut être dit "pseudo-vivipare*".
La maturité sexuelle arrive au bout de 6 à 8 mois. L’hippocampe vit de 2 à 4 ans.
La fonction préhensile des queues joue un rôle très important dans l'accouplement par enlacement et empêche tout croisement avec l'espèce Hippocampus hippocampus qui ne le pratique pas. Hippocampus guttulatus a tendance à former des races ou des variétés locales. Ainsi par exemple les spécimens ou individus d'Arcachon sont beaucoup plus grands que ceux de Méditerranée.
Les hippocampes seraient fidèles et vivraient en couple toute leur vie. |
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Vie associée |
| Il est fortement mimétique avec son milieu en homochromie* (même couleur) et homotypie* (même forme). Son immobilité et son camouflage lui permettent également d’approcher, ou plutôt de laisser approcher, sans être vu, les proies dont il se nourrit, essentiellement de petits crustacés, en utilisant sa bouche comme un puissant aspirateur. Il les repère visuellement, grâce à des yeux bien développés et mobiles indépendamment l’un de l’autre. |
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Divers biologie |
Espèce en voie de raréfaction, l’homme est un des prédateurs.
On trouve régulièrement des articles de journaux relatant la saisie d'hippocampes par la direction générale des douanes. La dernière en date dénombrait 35 000 hippocampes en provenant de Guinée pour une valeur marchande 10 000 €. Ce trafic honteux est à dénoncer et nous vous encourageons à ne jamais acheter les objets fabriqués associés.
Pour voir des hippocampes il ne faut pas hésiter à faire une plongée de type herbier et celle-ci peut s'avérer une plongée de toute façon intéressante. Moniteurs de plongées et moniteurs EBS emmenez vos plongeurs en randonnée aquatique en palmes masque et tuba dans 2 m d’eau et de vase et vous leur donnerez peut-être un souvenir inoubliable de la rencontre étonnante avec l’hippocampe… |
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Espèce réglementée |
Les deux espèces d’hippocampes H.guttulatus et H.hippocampus sont en Annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe. Cette annexe précise les espèces protégées en voie de disparition avec interdiction de pêche et de commercialisation et a été transposée en droit français par le décret n°99-615 du 7 juillet 1999 (aux espèces uniquement présentes sur les côtes françaises). Le non respect de cette interdiction est passible d’une amende pénale de 1 500€ et d’une confiscation des biens associés au délit. Le décret de protection ne concerne que les Hippocampes de Méditerranée.
D'autre part il est bon de rappeler que l’acclimatation même pour des raisons scientifiques et avec les soins les plus sophistiqués perturbe l’animal et réduit sa durée de vie. |
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Informations complémentaires |
Un programme d'étude sur les espèces d’hippocampes des côtes européennes est en cours, sous la direction du scientifique Patrick LOUISY. Il comporte en particulier la base de données Hippo-ATLAS, essentiellement alimentée par les observations des plongeurs.
TOUTE NOUVELLE OBSERVATION EST IMPORTANTE : on ne sait que peu de chose de l’écologie et de la vulnérabilité des hippocampes de nos côtes. Alors, n’attendez pas pour transmettre vos informations à l’Hippo-ATLAS
Compte tenu de la diversité morphologique des hippocampes de nos côtes, P. LOUISY émet l’hypothèse qu’il pourrait y avoir plus de deux espèces. Des études génétiques en cours permettront peut-être de lever ce doute. Ainsi, H. ramulosus (Leach 1814), qui a été considéré comme synonyme de H. guttulatus, puis comme invalide, pourrait éventuellement correspondre à une espèce à part entière, aujourd’hui mal différenciée de sa proche cousine.
Le peuple Celte des Allobroges (dont le territoire correspond aujourd'hui aux actuels départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et de l'Isère) est notablement connu pour son monnayage d'argent (drachmes) et d'or. Parmi les frappes émises figure quelques séries de pièces dites "à l'Hippocampe", peut-être empruntées dans leur déclinaison aux oboles antérieurement émises à Marseille. Selon la mythologie, il semblerait que le cheval marin permette au défunt l'accès pour une vie éternelle sur une île paradisiaque. |
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Références bibliographiques |
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(Ouvrage collectif),
sous la direction de Tony Burnand, 1954,
LE GRAND LIVRE DE LA MER ET DES POISSONS,
ed. Godefroy Schmid et René Kister, Suisse, tome 1, 345p. |
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Kuiter R.H.,
2001,
HIPPOCAMPES, POISSONS AIGUILLES ET ESPECES APPARENTEES. SYNGNATHIFORMES,
ed. Ulmer, Paris, 239p. |
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Louisy P.,
2002,
GUIDE D’IDENTIFICATION DES POISSONS MARINS, EUROPE ET MÉDITERRANÉE,
ed. Ulmer, 430p. |
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Simeonidis D.,
1997,
GUIDE SOUS-MARIN DES COTES ATLANTIQUES FRANÇAISES,
ed. Delachaux & Niestlé, 160p. |
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Weinberg S.,
1994,
DECOUVRIR L’ATLANTIQUE, LA MANCHE ET LA MER DU NORD,
ed. Nathan nature, 384p. |
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Weinberg S.,
1996,
DECOUVRIR LA MEDITERRANEE,
ed. Nathan nature, 352p. |
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Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce |
Rothan F., 2003, PLANETE HIPPOCAMPE, Océanorama, ed. Institut Océanique Paul Ricard.
La page sur Hippocampus guttulatus sur le site de référence de Doris pour les poissons : FishBase |
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