Posidonie

Posidonia oceanica | (L.) Delile

N° 265

Endémique de Méditerranée

Clé d'identification

Herbiers
Rhizomes
Faisceaux
Feuilles vertes rubanées
Plante à fleurs

Noms

Autres noms communs français

Chiendent de mer, paille de mer

Noms communs internationaux

Ocean grass-wrack, Neptune grass (GB), allega aliga (I), alga marina (E), Alga der Griechen (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Posidonia caulini K.D. Konig in K.D. Konig & Sims

Distribution géographique

Endémique de Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Espèce endémique présente dans toute la Méditerranée, à l'exception des côtes du Levant (Syrie, Liban, Israël, Palestine, Egypte).

Biotope

Fonds de sable et de roche. Sa distribution verticale naturelle est de 40 m maximum dans les eaux les plus claires. Elle ne supporte pas l'eau saumâtre : la salinité doit être comprise entre 37 et 38 grammes par litre.

Description

Posidonia oceanica une plante vivace à fleurs. Les individus sont constitués de rhizomes ligneux bruns rampants (épaisseur 1 à 2 cm) sur lesquels se développent des rhizomes dressés qui se terminent par des faisceaux de 4 à 8 feuilles vertes rubanées larges de 1 cm environ et longues de 20 à 100 cm. Les rhizomes développent des racines qui s'ancrent dans le substrat sous-jacent.
Par la croissance en hauteur des rhizomes en réaction au dépôt de sédiments, la posidonie construit au fil des siècles un sol, appelé la matte*, formé de l'entrelacement de rhizomes et de racines compactés par des sédiments. La matte peut atteindre plusieurs mètres d'épaisseur à raison d'un mètre par siècle. Les posidonies forment des herbiers de taille variable, pouvant atteindre plusieurs centaines d'hectares sans discontinuité. La régression des herbiers (pollution, action mécanique, etc.) conduit à des étendues de matte morte, qui se recouvre peu à peu de sédiment. La vitesse de croissance des rhizomes plagiotropes* est très lente, comprise entre 3 à 6 cm/an.

Espèces ressemblantes

Il y a 5 espèces de plantes à fleurs marines en Europe.

L'aspect des zostères marines (il existerait douze espèces de zostères de par le monde) est très voisin de celui des posidonies de Méditerranée, si on excepte la forme des inflorescences :

  • la zostère marine (Zostera marina) a des feuilles plus longues (jusqu'à 1,2 m) que celles des posidonies, de 5 à 12 mm de large et aux extrémités arrondies espacées. Souvent rencontrée dans des herbiers mixtes, avec Zostera noltei, mais pas dans les mêmes étages (Z. marina semble apprécier les étages plus profonds que Z. noltei).
  • la zostère naine (Zostera noltei) est beaucoup plus petite, avec des feuilles de moins de 2 mm de largeur.
  • la cymodocée (Cymodocea nodosa) pourrait aussi être confondue avec la posidonie bien que, comme chez la zostère naine, les feuilles soient fines et peu longues.

Reproduction - Multiplication

La reproduction de la posidonie se fait surtout de manière asexuée par bouturage.
Pour ce qui concerne la reproduction sexuée, la floraison qui a lieu entre août et novembre, mais pas chaque année, est peu visible, les inflorescences vertes étant cachées parmi les longues feuilles. Quatre à dix fleurs hermaphrodites* sont regroupées en inflorescence à l'extrémité d'un pédoncule* de 10 à 30 cm.
Les fruits (« olives de mer ») qui ne contiennent qu'une seule graine ont la taille et la couleur d'olives, de vert foncé à brun voire noir. Ils sont verts jusqu'à leur détachement qui a lieu entre mai et juillet. Ils flottent alors 15 jours avant de "larguer" leur unique graine. Puis ils s'échouent sur la plage et brunissent. Selon les courants d'importantes quantités de fruits peuvent se déposer sur les plages. Il leur aura fallu 6 à 9 mois pour mûrir.

Vie associée

De nombreux épiphytes* (animaux ou végétaux vivant dessus) se fixent sur les rhizomes et les feuilles de posidonies. On peut y trouver des algues (Fosliella, Giraudya), des bryozoaires (Electra posidoniae), des vers plats (Comoplana palmula) des hydraires, des foraminifères, des spongiaires, des vers tubicoles, des crustacés (Achaeus cranchii), des gastéropodes (Rissoa, Bittium), des ascidies,..
L'herbier est aussi un abri pour de nombreuses espèces : antédon (Antedon mediterranea), seiche (Sepia officinalis), grande nacre (Pinna nobilis), saupes (Sarpa salpa), crénilabres, rascasses, serrans, jeunes congres (Conger conger), hippocampes, syngnathes.
La matte quant à elle, est très riche en divers invertébrés : vers polychètes, sipuncles, crustacés, mollusques, etc..

Divers biologie

Les feuilles de posidonie sont broutées la nuit par les oursins violets (Paracentrotus lividus). La saupe mange également les feuilles de posidonie. Les rhizomes sont mangés par l'oursin granuleux (Sphaerechinus granularis).
Lorsque les herbiers de posidonie se développent au fond de criques de très faible profondeur, les plantes affleurent la surface et peuvent créer un récif barrière, contribuant à la formation d'un biotope particulier.
Les mouvements de la mer ont parfois tendance à lacérer les feuilles mortes et à les regrouper en boules de la taille d'une balle de ping-pong ou de tennis que l'on retrouve fréquemment sur les plages. On appelle ces boules des pelotes ou aegagropiles*.
Les feuilles mortes de posidonies sont souvent ramenées sur les bords de plages, où elles s'entassent, formant des banquettes compactes et imputrescibles, pouvant dépasser 1 m de hauteur et qui abritent une faune particulière. Ces laisses de mer empêchent alors l'érosion du sable par les vagues. Néanmoins, comme ces amas de feuilles sont peu appréciés par les baigneurs, les municipalités les font souvent retirer, exposant ainsi le littoral aux caprices de la mer.

Réglementation

C'est une espèce protégée au niveau français, par l'arrêté ministériel du 19 juillet 1988 (publié au Journal Officiel le 9 août 1988).
L'herbier de posidonie est pris en considération, en tant que biotope, dans le décret d'application (n° 89.694 du 20 septembre 1989) de la « Loi littorale » n° 86.2 du 3 janvier 1986. Ce décret d'application impose notamment la réalisation d'une notice d'impact spécifique sur le milieu marin, et en particulier sur l'herbier de Posidonie, pour tout projet d'aménagement littoral. De plus, la présence d'herbiers doit également être prise en compte dans les dossiers d'aménagement et les études d'impact (Loi sur l'eau n° 92.3 du 3 janvier 1992 ; Loi relative à la protection de la nature n° 76.629 du 10 juillet 1976).
La directive de l'Union Européenne du 21 mai 1992 (92/43/CEE) sur la conservation des habitats naturels et de la faune et la flore sauvage (dénommée « Directive Habitats ») inclut les herbiers de Posidonies dans son annexe 1.
La Posidonie apparaît dans les Annexes de la Convention de Barcelone (adoptées en décembre 1995). Elle est strictement protégée par la Convention de Berne de septembre 1979, adoptées à Strasbourg en décembre 1997 et confirmée en France par décret du ministère des affaires étrangères le 7 juillet 1999.
Enfin, les herbiers marins sont pris en compte par l'Unesco, depuis la conférence de Rio en 1992.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Posidonia tire son nom du dieu de la mer grec [Poséidon].

oceanica provient, mais improprement puisqu'elle est endémique de la Méditerranée, du latin = océan.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Liliopsida Monocotylédones Un seul cotylédon* dans la graine. Les nervures des feuilles sont parallèles.
Sous-classe Alismatidae Alismatidées
Super ordre Alismatanae Alismatanées
Ordre Alismatales Alismatales
Famille Posidoniaceae Posidoniacées
Genre Posidonia
Espèce oceanica

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