Piade

Paguristes eremita | (Linnaeus, 1767)

N° 2952

Méditerranée et Atlantique proche

Clé d'identification

Bernard-l'ermite de taille moyenne : entre 5 et 8 cm
Couleur des pattes et des pinces brune à rouge-orangé
Ocelle bleu-violacé à l’intérieur des pinces
Pédoncules oculaires jaune-orangé et allongés
Yeux gris-bleu

Noms

Autres noms communs français

Pagure maculé, pagure oculé, pagure tacheté

Noms communs internationaux

Eye-spot hermit crab (GB), Ermitaño de esponja (E), Scardobola (I)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cancer eremita Linnaeus, 1767
Paguristes oculatus Fabricius, 1775
Pagurus oculatus Fabricius, 1775
Astacus eremita Latreille, 1818
Paguristes maculatus Risso, 1827
Pagurus maculatus Risso, 1827
Pagurus ocellatus O. G. Costa, 1829

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique proche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La piade est une espèce endémique* de Méditerranée et du proche Atlantique. Elle se rencontre dans toute la Méditerranée et dans l'Atlantique en Espagne, au Portugal jusqu’au Maroc et Madère.

Biotope

La piade est observée sur les fonds détritiques*, sableux et vaseux, et parfois dans les herbiers de posidonies. On l’observe généralement entre 10 et 50 mètres de profondeur. Cependant, il est possible de la rencontrer sur de petits fonds, à quelques mètres sous la surface (exemple : en milieu lagunaire, dans l'étang de Thau dans l’Hérault).

Description

La piade est un bernard-l'ermite de taille moyenne, entre 5 à 8 cm (pattes et pinces comprises).
Sa couleur générale est brune à rouge-orangé. Les pattes et les pinces présentent un aspect granuleux avec des poils très courts.
La couleur des antennes est rouge foncé. Les pédoncules* oculaires sont allongés et de couleur jaune-orangé à rougeâtre. Les yeux présentent une cornée de teinte gris-bleu.
Les pinces semblent de même taille mais celle de gauche est légèrement plus grande (caractéristique des Diogénidés qui ont le plus souvent la pince gauche plus grosse que celle de droite). Un ocelle* bleu-violacé, très caractéristique de cette espèce, est visible à l’intérieur des pinces sur l'article* nommé mérus* (à proximité de l'articulation entre le mérus et la carpe*).

Espèces ressemblantes

A ce jour, il existe 131 espèces du genre Paguristes, dont trois en Méditerranée. Mais une seule espèce (Paguristes eremita) est avérée sur nos côtes françaises.
Néanmoins, la piade peut être confondue avec d’autres espèces de bernard-l’ermite :

Le grand pagure (Dardanus calidus) est de taille plus grande (environ 10 cm) et de couleur rouge vif. La texture de la surface de ses appendices est granuleuse, du type « chair de poule », avec des poils. Ses yeux tendent plus vers le gris et il n’y a pas d’ocelle bleu-violacé à l’intérieur des pinces.

Le grand bernard-l'ermite (Dardanus arrosor) est de taille plus grande (environ 10 cm) et de couleur rouge brique. La texture de la surface des appendices présente un aspect « écailleux ». Ses yeux sont gris clair et il n’y a pas d’ocelle bleu-violacé à l’intérieur des pinces.

Le pagure sédentaire (Calcinus tubularis) est de plus petite taille (environ 2,5 cm) et est très coloré. Ses pattes et ses pinces sont blanches à pois rouges aux extrémités. Ses yeux sont noirs et il n’y a pas d’ocelle bleu-violacé à l’intérieur des pinces. Enfin, contrairement à une piade, c’est une espèce qui peut se retrouver sédentarisée dans des tubes.

Alimentation

La piade est un animal détritivore*, se nourrissant de débris d’origine animale ou végétale.

Reproduction - Multiplication

Comme la plupart des crustacés Décapodes, la piade est une espèce gonochorique*. La reproduction semble avoir lieu tout au long de l’année. Les œufs sont de couleur orange et mesurent un peu plus d’un mm. Ils donnent naissance à des larves planctoniques*. Le développement des larves comprend 2 stades larvaires zoé*, suivi d’un dernier stade post-larvaire* appelé glaucothoé*. La larve devient ensuite un juvénile benthique* à la recherche de sa coquille.

Vie associée

La piade utilise le plus souvent comme abri les coquilles de rochers fasciés (Hexaplex trunculus), mais également celles des cérithes (Cerithium spp.) et des fusus (Fusus spp..)

Comme de nombreux pagures (exemples Dardanus calidus et D. arrosor en Méditerranée), la piade peut être associée avec l’anémone parasite (Calliactis parasitica) qu’elle dépose elle-même sur sa coquille. Elle peut également être associée à des anémones du genre Epizoanthus, à l’éponge subérite-gîte (Suberites domuncula) ou encore à des hydraires de la famille des Hydractiniidés.
Cette relation avec les différentes espèces fixées sur sa coquille n’est pas obligatoire (on observe des individus avec une coquille non colonisée) et est souvent qualifiée de commensalisme*.
Dans le cas particulier de l’association avec l’anémone parasite (Calliactis parasitica), cette dernière lui assure une protection en cas d’agression. En effet, lorsque le pagure est stressé, elle est capable d’émettre des filaments urticants, appelés aconties*.

La piade peut être parasitée par un petit crustacé Isopode de la famille des Bopyridés : Asymmetrione foresti.

Divers biologie

Comme la plupart des crustacés, la piade est plus active la nuit que le jour.
Ses principaux prédateurs sont la tortue caouane (Caretta caretta), les poulpes (Octopus spp.), des gros crustacés comme le crabe honteux (Calappa granulata) et certains poissons.
B. Riedel, M. Zuschin et M. Stachowitsch (2012) ont montré que cette espèce est relativement résistante à l’anoxie* (par exemple causée par le phénomène de propagation dans l’étang de Thau de la malaïgue, qui est un phénomène de dégradation de la qualité des eaux entraînant une chute importante de la teneur en oxygène).

Informations complémentaires

Comme pour tout pagure qui porte des anémones parasites (Calliactis parasitica) sur sa coquille, il est fortement recommandé de ne pas l’attraper sous peine de voir l’anémone libérer ses filaments urticants appelés aconties*. Dans ce cas, la piade perd un moyen de défense précieux contre ses prédateurs.

Origine des noms

Origine du nom français

Piade : de l’occitan [piado] = bernard-l’ermite.

Origine du nom scientifique

Paguristes : du grec [pagos] = objet fiché, durci, et [oura] = queue. Les pagures ont une partie postérieure molle, l'abdomen, qui est fichée dans la coquille qui l'héberge.
eremita : du latin [eremita] = ermite. On les surnomme ermites puisqu’ils se logent dans des coquilles abandonnées, comme des moines dans leur cellule.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Classe Malacostraca Malacostracés 8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen.
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax.
Super ordre Eucarida Eucarides Présence d'un rostre.
Ordre Decapoda Décapodes La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises).
Sous-ordre Anomura Anomoures

Les anomoures sont caractérisés par une cinquième paire de pattes atrophiée. Ils sont essentiellement représentés par les galathées et les bernard-l'ermite.

Famille Diogenidae Diogénidés Dissymétrie générale, une pince plus grosse que l'autre. L’abdomen n’est pas protégé par l’exosquelette.
Genre Paguristes
Espèce eremita

Nos partenaires