Porte-écuelle à petite tête

Apletodon dentatus | (Facciolà, 1887)

N° 4265

Atlantique Nord-Est, Manche, Méditerranée

Clé d'identification

Aspect général de têtard, tête large et triangulaire
Pédoncule caudal court
Nageoire dorsale courte à 5 ou 6 rayons
1er rayon de la nageoire anale en avant du 3ème rayon de la dorsale
Coloration assez uniforme, extrêmement variable selon l'habitat

Noms

Autres noms communs français

Lépadogastère ou lépadogaster à petite tête, gluette ventouse

Noms communs internationaux

Small-headed clingfish (GB), Succiascoglio microcefalo, sangazzuga (I), Aixafa-roques dentat (catalan) (E), Kleinköpfiger Ansauger (D)

Synonymes du nom scientifique actuel

Lepadogaster dentatus Facciolà, 1887
Apletodon dentatus dentatus
(Facciolà, 1887)
Lepadogaster microcephalus Brook, 1890
Lepadogaster microcephalus microcephalus Brook, 1890
Apletodon microcephalus (Brook, 1890)
Apletodon microcephalus microcephalus (Brook, 1890)
Lepadogaster stictopteryx Holt & Byrne, 1899

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]

Ce porte-écuelle vit en Atlantique Nord-Est, du nord des îles Britanniques au détroit de Gibraltar. Il est également présent en Méditerranée occidentale, en mer Adriatique, en mer Égée ainsi qu'en mer Noire.

Biotope

En Manche-Atlantique, Apletodon dentatus, d'affinité sciaphile*, est trouvé dans les anfractuosités rocheuses et sous les pierres. Il fréquente également les zones de laminaires, en particulier les bulbes de Saccorhiza polyschides dans lesquels il trouve refuge.
En Méditerranée, il fréquente les herbiers de zostères ainsi que le faciès* à cystoseires.
Généralement littoral, il est présent depuis l'estran* jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur. Les juvéniles sont retrouvés dans les prairies algales à faible profondeur.

Description

Ce petit poisson de 4 à 5 cm de longueur a un aspect général de têtard avec une tête large et triangulaire, une bouche en bec de canard et un corps fin et allongé. Sa peau est lisse et dépourvue d'écailles.
Les nageoires pelviennes* sont transformées en une forte ventouse ventrale. Le pédoncule* caudal* est réduit et la courte nageoire dorsale présente 5 ou 6 rayons. On observe 5 à 7 rayons sur la nageoire anale, le premier est situé en avant du 3ème rayon de la nageoire dorsale.
La coloration est assez uniforme, parfois constellée de très petites taches, extrêmement variable et influencée par l'habitat. Elle peut aller du gris verdâtre au brunâtre, du vert olive au vert pomme, du jaune orangé au pourpre en passant par le rose. On retrouve parfois des grandes taches claires sur le dos et occasionnellement une ligne blanche entre les yeux. Les sujets jeunes présentent une zone claire sous l'œil.
Comme chez de nombreux poissons, on observe un dimorphisme* sexuel. Le mâle a une plus grosse tête, il présente une grande tache noire ou pourpre sur la partie antérieure des nageoires dorsales et anales, et sa gorge est tachetée de pourpre alors qu'elle est incolore chez la femelle.

Espèces ressemblantes

La confusion est possible avec le porte-écuelle des oursins Apletodon incognitus et les autres espèces de porte-écuelles.

Apletodon incognitus Hofrichter & Patzner, 1997, plus rare, un peu plus petit, de coloration moins uniforme, présente un pédoncule caudal plus long, la nageoire dorsale comporte 4 à 7 rayons. A. incognitus présente sous la mâchoire inférieure 3 ouvertures du canal mandibulaire de chaque côté alors que A. dentatus n'en présente aucune. La distribution de cette espèce était jusqu'à présent restreinte à la Méditerranée mais des observations de Patzner font état de sa présence en Bretagne nord.

Diplecogaster bimaculata bimaculata (Bonnaterre, 1788) possède un pédoncule caudal long, le premier rayon de la nageoire anale est au niveau du 4ème rayon de la dorsale, le corps est rouge marbré sur les flancs.

Lepadogaster candolii (Risso, 1810) est plus long (6 à 8 cm) et possède une nageoire dorsale longue (17 à 21 rayons).

Lepadogaster lepadogaster (Bonnaterre, 1788) présente deux ocelles* bleus en arrière des yeux et un cirre* bien visible en avant de chaque œil, la dorsale et la caudale sont soudées.

Alimentation

C'est une espèce carnivore qui se nourrit de petits crustacés benthiques* (amphipodes, copépodes, isopodes et ostracodes).

Reproduction - Multiplication

A. dentatus est une espèce gonochorique*. Les œufs sont pondus du printemps au mois de juillet dans un nid gardé par le mâle. Le nid est constitué d'une simple anfractuosité rocheuse ou bien à l'intérieur du bulbe de la laminaire bulbeuse Saccorhiza polyschides. Les pontes d'un nid peuvent être issues de plusieurs femelles, une femelle peut réaliser plusieurs pontes dans la saison. Les larves* ont une courte vie planctonique* et les juvéniles peuvent être retrouvés dans les prairies d'algues à faible profondeur dès l'automne.

Vie associée

En Manche-Atlantique, il fréquente les bulbes de la laminaire bulbeuse Sacchorhiza polyschides où il peut pondre et garder ses œufs.

L'association avec les oursins Paracentrotus lividus et Sphaerechinus granularis a été décrite au Portugal.

Divers biologie

Apletodon dentatus présente un cycle de vie généralement annuel.

Informations complémentaires

Il y a encore peu de temps on reconnaissait 2 sous-espèces : Apletodon dentatus bacescui (Murgoci, 1940) et A. dentatus dentatus (Facciolà, 1887). Elles sont dorénavant reconnues comme 2 espèces différentes : A. bacescui (Murgoci, 1940) et A. dentatus (Facciolà, 1887).

Origine des noms

Origine du nom français

Porte-écuelle : ainsi dénommé à cause du disque ventral ayant usage de puissante ventouse et formé par les nageoires pelviennes. P. Louisy (1992) explique que cette ventouse ventrale supporte aisément le poids d'une assiette et que se trouve là l'origine de ce nom de porte-écuelle.

petite tête : c'est l'une des espèces de porte-écuelles présentes sur les côtes métropolitaines qui a la plus petite tête.

Origine du nom scientifique

Apletodon : du grec [apletos] = terrible et [odon] = dent.

dentatus : du latin = denté.

Contrairement à d'autres porte-écuelles qui n'ont ni canines ni incisives, cette espèce présente 1 à 3 canines et de petites incisives.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Ordre Gobiesociformes Gobiesociformes
Famille Gobiesocidae Gobiésocidés
Genre Apletodon
Espèce dentatus

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