Porte-écuelle de Candolle

Lepadogaster candolii | Risso, 1810

N° 2674

Atlantique Est, Manche, Méditerranée Ouest

Clé d'identification

Tête triangulaire large et aplatie, bouche en "bec de canard"
Nageoire dorsale unique longue, court espace avec la caudale
3 points rouges à la base de la dorsale
Barres obliques sur les joues, barre blanche inconstante entre les yeux
Disque adhésif ventral

Noms

Autres noms communs français

Lepadogaster de Candolle, gluette petite-queue

Noms communs internationaux

Connemara clingfish, connemara sucker (GB), Lepadogastro, sorece de mar, succiascoglio comune, succiascoglio olivaceo, pesce lacerta (I), Cabot chulador (E), Rotsproß-Schildfisch (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Lepadogaster candollei Risso, 1810
Lepadogaster olivaceus Risso, 1810
Lepadogaster decandollei Risso, 1826
Mirbelia decandollii Risso, 1827

Distribution géographique

Atlantique Est, Manche, Méditerranée Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Ce porte-écuelle est présent sur les côtes de l'Atlantique Nord-Est tempéré, du Maroc et des Canaries aux îles Britanniques, en Manche et en Méditerranée. Il est plus rare en mer du Nord, en mer Noire et en Méditerranée orientale, moins rare en mer Égée.

Biotope

Ce poisson affectionne les fonds rocheux, où il se tient de préférence caché dans les anfractuosités ou sous les pierres, parfois la tête en bas. Il est toutefois plus actif que les autres porte-écuelles et il n'est pas rare de le rencontrer en dehors de sa cachette. L. candolii peut être également observé dans les herbiers. Localement commun, il est présent depuis le bas de la zone de marée jusqu'à 30 m de profondeur.

Description

Le porte-écuelle de Candolle est un poisson de 6 à 8 cm de longueur, présentant une tête large et aplatie de forme triangulaire terminée en “bec de canard". L'oeil, finement cerclé de clair, se trouve au centre d'une large couronne rayonnée de sombre.
L'unique nageoire dorsale comporte 13 à 16 rayons. Le pédoncule caudal est court, laissant un court espace entre la dorsale et la caudale. La queue est effilée.
La face ventrale comporte un disque adhésif avec 7 à 9 rangées de papilles. Le disque adhésif est issu de la modification des nageoires pelviennes. Les nageoires pectorales comportent 26 à 29 rayons.



La coloration de fond est très variable, du rouge au verdâtre en passant par le jaune-brun, le corps est moucheté de petites taches claires, la nageoire dorsale présente de façon inconstante 3 points rouges à sa base. Les opercules sont marqués de barres obliques, rouges chez le mâle reproducteur.
Le subadulte présente de façon inconstante une barre blanche qui relie les deux yeux, marque absente chez le mâle reproducteur.
La coloration des juvéniles est très variable et peut être très différente de celle des adultes.

Espèces ressemblantes

Lepadogaster lepadogaster (Bonnaterre, 1788) : il présente deux ocelles bleus en arrière des yeux et un cirre* bien visible en avant de chaque œil, la dorsale et la caudale sont soudées, 5 à 6 rangées de papilles seulement sur le disque ventral.



Lepadogaster purpurea (Bonnaterre, 1788) est très proche de L. lepadogaster. Le motif en ocelles bleus derrière la tête est un peu plus rond et plus plein.

Diplecogaster bimaculata
(Bonnaterre, 1788) : il possède un pédoncule caudal long, seulement 5 à 7 rayons à la caudale, le corps est rouge marbré sur les flancs.

Apletodon dentatus
(Facciolà, 1887) : il est plus petit (4 cm), la dorsale est courte (5 à 6 rayons) comme chez Diplecogaster bimaculata mais le pédoncule caudal est court (dorsale presque jointive à la caudale).

Apletodon incognitus
Hofrichter et Patzner, 1997: il n'est présent qu'en Méditerranée et plus rarement observé. Sa dorsale est courte (4-7 rayons) avec un pédoncule caudal long.

Alimentation

L. candolii est un prédateur actif d'invertébrés benthiques* : petits crustacés, bivalves et gastéropodes.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés avec présence de chromosomes sexuels. Le dimorphisme* sexuel est marqué : le mâle présente des barres obliques rouges sur les joues et des points rouges sur la nageoire dorsale, très marqués pendant la période du frai. Ces caractères sont absents ou discrets chez la femelle, dont la coloration générale varie du jaune-brun au vert alors que celle du mâle, en période de frai, est sombre.
Les œufs sont pondus accrochés au substrat par les femelles sur le territoire d'un mâle. Plusieurs femelles peuvent contribuer à une ponte fécondée par un même mâle qui en assure la surveillance. L'éclosion se produit environ au bout de 2 semaines, selon la température de l'eau. Les larves* sont planctoniques et se nourrissent de zooplancton*.

Vie associée

Les juvéniles sont parfois associés aux oursins Paracentrotus lividus et Arbacia lixula en Méditerranée.

Divers biologie

Une analyse récente (2008) de données moléculaires et anatomiques suggère que l'espèce L. candolii devrait être retirée du genre Lepadogaster et que ce dernier taxon devrait être révisé.
Sa longévité est estimée à 6 ans.

Origine des noms

Origine du nom français

Porte-écuelle : P. Louisy (1992) explique que la ventouse ventrale de ce poisson supporte aisément le poids d'une assiette et que se trouve là l'origine de ce nom de porte-écuelle.



Candolle : cette espèce a été nommée en 1810 par Risso en l'honneur du botaniste suisse Augustin Pyrame de Candolle (Genève, 1778 – Genève, 1841). Il fit des études de médecine puis de botanique à Paris et devint un ami de Lamarck, Cuvier et Geoffroy au Muséum National d'Histoire Naturelle. Auteur d'une célèbre “Théorie élémentaire de la botanique", il entreprit, à partir de 1818, la rédaction d'une flore monumentale qui fut poursuivie après sa mort par son fils et son petit-fils.

Origine du nom scientifique

Lepadogaster : du grec [lepas, lepados] = rocher ou coquillage univalve qui s'accroche aux rochers, faisant référence à la patelle et [gastêr] = estomac, ventre. On peut traduire ce terme par : "ventre collé au rocher ou ventre adhérant comme une patelle" et cela vient du fait que cet animal vit principalement sous les pierres, fixé par sa ventouse ventrale.



candolii : espèce dédiée à A. P. de Candolle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Gobioidei Gobioïdes
Famille Gobiesocidae Gobiésocidés
Genre Lepadogaster
Espèce candolii

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