Schizoporella orange

Schizoporella dunkeri | (Reuss, 1848)

N° 1704

Méditerranée et Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Toujours encroûtant
Coloration orange soutenu
Aspect grenu
Zoïdes quadrangulaires en lignes régulières
Grand aviculaire placé prés de l'orifice et dirigé latéralement
Présent dans les zones exposées

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cellepora dunkeri Reuss, 1848
Schizoporella unicornis forme longirostris Hincks, 1886
Schizoporella longirostris Hayward, 1976 (voir informations complémentaires)

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Présent en Méditerranée et en Atlantique Est, du Maroc (îles Canaries et Madère incluses) à l'ouest de la Manche (îles Scilly), c'est dans la mer Égée et dans l'Adriatique qu'il est le plus fréquent, mais a été occasionnellement observé en mer Rouge et de façon anecdotique aux Vanuatu (petites colonies).

Biotope

Ce bryozoaire est classiquement rencontré sur les roches exposées et les substrats artificiels par petits fonds (de 5 à 25 m le plus souvent mais observé jusqu'à 60 m en Méditerranée et 52 m en Manche). Dans ce cas, il est souvent associé à un autre bryozoaire encroûtant et noir Reptadeonella violacea. Mais on le retrouvera aussi sous les pierres libres (face cachée des cailloux) et dans l'herbier de posidonie sur différents substrats durs laissés en épaves (bases des rhizomes, cailloutis, coquilles vides, débris durs...).

Description

Ce bryozoaire se développe de façon encroûtante, formant des patchs granuleux de couleur orange vif tendant parfois vers le jaune. Les colonies de Schizoporella dunkeri sont toujours collées au substrat et ne forment pas d'expansions en reliefs, elles peuvent occasionnellement couvrir de grandes surfaces (quelques dm²).
Les lophophores* sont, à l'identique des zoïdes*, de couleur orangée. Déployés, ils forment un duvet peu visible à la surface de la colonie.

Voir la description microscopique dans la partie "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

C'est plus particulièrement avec plusieurs bryozoaires encroûtants de couleur plus ou moins orangée que la confusion est possible, en particulier avec Schizomavella mamillata (plus jaune), Stephanotheca monoecencis (plus plat, non grenu), Schizomavella auriculata (plus rouge et plissoté) et Parasmittina rouvillei (jaune orangé, mais plus pâle et aux zoïdes* nettement moins ordonnés).
Dans la même famille, celle des Schizoporellidés, Schizobrachiella sanguinea (Norman, 1868) forme des lames encroûtantes partiellement décollées du substrat et qui peuvent former des circonvolutions de quelques cm de haut. Les jeunes colonies encore totalement collées au substrat peuvent être confondues avec Schizoporella dunkeri. Néanmoins la couleur des zoïdes, souvent bicolore à dominante rouge, blanche, mais tendant parfois vers le noir ainsi que des lophophores rouge sang aideront à faire la différence entre les deux espèces. La distribution de S. sanguinea est identique à celle de S. dunkeri.
Schizoporella unicornis (Johnston in Wood, 1844) : bryozoaire encroûtant de l'estran des côtes de Manche et d'Atlantique, de couleur blanchâtre orangé à rosé translucide ou brun jaunâtre chez les vieilles colonies. Il présente très souvent de larges zones granuleuses plus claires correspondant aux ovicelles* externes. Il ressemble beaucoup à S. dunkeri du point de vue microscopique.

Alimentation

Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur suspensivore* microphage*. Les diatomées (algues unicellulaires) sont la base de l'alimentation des bryozoaires. Les cils des tentacules sont capables de créer des microcourants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore* (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).

Reproduction - Multiplication

Comme tous les bryozoaires, cette espèce est capable de se reproduire de manière sexuée. Les œufs fécondés de couleur rouge orangé (présents dans l'ovicelle*) seront libérés sous forme de larves* (de février à mai en Méditerranée occidentale et en juillet en Manche). La larve nageuse va ensuite se fixer pour bourgeonner une nouvelle colonie par multiplication asexuée. Le recrutement (phase où les larves nageuses vont se fixer) peut être très important pendant les mois les plus chauds en Méditerranée.
La multiplication asexuée peut aussi se faire à partir d'un fragment cassé ou d'un clivage de la colonie.

Vie associée

Une épibiose* (vie fixée) peut se développer sur les colonies. Elle est constituée d'organismes microscopiques (algues unicellulaires, folliculinidés, foraminifères,..) et macroscopiques (en particulier, pour Schizoporella dunkeri, des petits hydraires du genre Zanclea ou Perarella). Cette épibiose* ne semble pas affecter la vivacité de la colonie qui continue à présenter un duvet dense de tentacules (lophophores) dans les zones occupées par les épibiontes*.

Divers biologie

Description microscopique :
Colonie encroûtante unilamellaire ou multilamellaire collée au substrat.
Les autozoïdes* sont grands (0,5-1,0 x 0,35-0,6 mm), rectangulaires ou polygonaux, convexes, bien individualisés et séparés par de profondes rainures.
La paroi frontale est uniformément perforée de nombreux pores, chacun étant situé au fond d'une petite dépression.
Un umbo* suboral peut être présent.
L'orifice est aussi large que long, globalement circulaire avec un sinus étroit, bien individualisé, en forme de "V", médian. Ce sinus présente souvent un élargissement proximal, et les condyles sont larges et plats. Il n'y a pas d'épine orale.
Un grand aviculaire* unique (rarement une paire), non systématique, est dirigé latéralement et possède une longue mandibule triangulaire munie d'une "charnière" bien visible, il est caractéristique de l'espèce.
Les ovicelles*, lorsqu'ils sont présents (dans ce cas, ils se succèdent sur plusieurs autozoïdes), sont proéminents, distaux, globuleux ainsi que régulièrement et finement perforés.

Informations complémentaires

Il a été récemment établi que l'espèce fossile du Miocène Schizoporella dunkeri (Reuss) est la même espèce que celle actuelle décrite dans l'Adriatique sous le nom de Schizoporella longirostris (Hinck), la règle de l'antériorité de la description fait donc passer ce dernier nom comme synonyme.

Origine des noms

Origine du nom français

Schizoporella : du nom scientifique.
Orange : évocation évidente de sa couleur.

Origine du nom scientifique

Schizoporella : du grec [schizo-] = fendre, séparer en fendant (et donc évoquant, ici, une "lame encroûtante") et du grec [pora]= trou et [-ella] = petit.
dunkeri : Wilhelm Bernhard Rudolph Hadrian Dunker, 1809-1885, paléontologue, géologue et malacologue allemand.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Schizoporellidae Schizoporellidés Bryozoaires encroûtants, loges à ouverture semi-lunaire.
Genre Schizoporella
Espèce dunkeri

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