Porcelaine livide

Luria lurida | (Linnaeus, 1758)

N° 309

Méditerranée

Clé d'identification

Espèce rare pouvant atteindre 5 cm
Coquille cylindrique à ovoïde, lisse et brillante telle de la porcelaine
Coloration brune teintée de gris, voire brun foncé avec deux bandes plus claires transversales
Extrémités de la coquille orange clair à vif avec de petites taches sombres noirâtres
Ouverture denticulée sur toute la face inférieure
Manteau lisse, translucide et plus ou moins parsemé de taches denses mais à peine plus claires

Noms

Autres noms communs français

Porcelaine brune, cyprée, lurie blême

Noms communs internationaux

Brown cowry, lurid cowry, fallow cowry (GB), Porcellina di mare (I) Braune Kauri (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Comme souvent avec les porcelaines, de très nombreux synonymes co-existent. Parmi eux :
Cypraea lurida Linnaeus,1758
Talparia lurida (Linnaeus, 1758)
Cypraea leucogaster Gmelin, 1791
Cypraea kunthii Audouin, 1826
Cypraea lurida var. albida Costa O.G., 1829
Cypraea amethistina Costa O.G., 1830
Cypraea aurora Monterosato, 1897
etc.

Distribution géographique

Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Bien que rare, cette porcelaine est une espèce qui peuple tout le bassin méditerranéen.
On peut la rencontrer également en Afrique de l'Ouest, ainsi qu'aux Canaries et dans les Açores.

Biotope

Cette espèce évolue des eaux de surface à 45 m de profondeur, sur des fonds sableux ou rocheux peu éclairés, dans une eau ne dépassant jamais les 24 °C.
On peut également en rencontrer sur la face inférieure des anfractuosités rocheuses.

Description

Cette espèce de porcelaine pouvant dépasser les 65 mm (maximum répertorié : 67 mm)est une des rares cyprées de Méditerranée.
Elle reste facilement reconnaissable grâce à sa coquille d'une forme cylindrique à ovoïde, lisse et brillante telle de la... porcelaine.
Elle présente un enroulement spiralé autour d'un axe, mais qui reste cependant masqué par le dernier tour et qui n'est donc pas apparent. En outre, elle est reconnaissable à sa coloration brune teintée de gris, voire brun foncé et présente deux bandes plus claires transversales.
Chaque extrémité de la coquille est orange clair à vif et présente de petites taches sombres noirâtres.
Celle-ci s'ouvre sur la face inférieure, de part et d'autre de chaque extrémité. Cette ouverture denticulée laisse apparaître le corps de l'animal ou manteau lisse, translucide et plus ou moins parsemé de taches denses mais à peine plus claires.
L'aspect lisse et l'éclat de la coquille résulte du recouvrement par le manteau de l'animal vivant qui empêche de la sorte l'implantation d'organismes épibiontes*.
En effet, chacune des deux portions du manteau recouvre une moitié de coquille et vient rejoindre la seconde en haut pour former une jonction ou bande longitudinale bien visible.

Espèces ressemblantes

Guère de confusions possibles avec une autre espèce.

Alimentation

C'est une espèce carnivore et prédatrice qui se nourrit aux dépens d'éponges. En effet, des études et observations ont montré que la nourriture préférée de Luria lurida était l'éponge Aplysina aerophoba sur laquelle on retrouve de nombreux exemplaires de porcelaines livides en mer pendant les heures nocturnes.
Luria livida ne dédaigne pas non plus Tethya aurantium et quelques autres espèces, mais Aplysina est probablement son mets préféré.

Reproduction - Multiplication

Espèce à sexes séparés et à fécondation interne. Après accouplement, chaque femelle fécondée peut pondre jusqu'à 1000 capsules protectrices : les oothèques*, lesquelles peuvent renfermer jusqu'à 600 œufs.
Les pontes se rencontrent sur des substrats durs. Chaque oothèque de couleur jaune clair va s'assombrir et devenir brune au cours du développement embryonnaire.

Divers biologie

Espèce rare dont la présence est le plus souvent observée par un reste de coquille.

Ce mollusque est doté d'une radula*, équivalent d'une langue râpeuse, située dans une invagination du plancher buccal.
La radula est une lame chitineuse*, garnie de denticules : petites dents (7 pour notre espèce) disposées en rangées transversales, elle a la forme d'une râpe et fonctionne de la sorte. Elle est bien adaptée au broutage des aliments sur le substrat (algues…) grâce au mouvement de va et vient qui dilacère les aliments sélectionnés par les mâchoires.
Elle s'use continuellement vers l'avant et se renouvelle par l'arrière.
Elle constitue une caractéristique ancestrale des Mollusques en général.

Informations complémentaires

Dans l'Antiquité classique, on leur conférait un rôle d'amulette protectrice contre l'infécondité et les maladies sexuelles.

En Afrique, Asie du sud-est et Guinée, les coquilles servaient de moyen de paiement jusqu'aux XIXème siècle où elles furent progressivement remplacées par l'argent.

L'aspect de la coquille donnera le nom à la première porcelaine chinoise rapportée en Europe par Marco Polo à la fin du XIIème siècle, en raison de sa similitude.

Avis aux philatélistes, il existe un timbre monégasque à son image, on la retrouve en parution sur certaines cartes téléphoniques grecques.

Réglementation

Luria lurida est une espèce rare en Méditerranée, en raison d'une trop grande récolte par les plongeurs et les collectionneurs. Elle est désormais protégée par la convention de Berne, où on la retrouve répertoriée en annexe II, ce qui en fait par ailleurs une espèce strictement protégée !!!
Cependant, on la retrouve en vente sur les sites de collectionneurs (prélèvements hors d'Europe).

Origine des noms

Origine du nom français

Porcelaine dont le qualificatif est dérivé de la traduction latine.

Origine du nom scientifique

Luria : probablement du latin [luria] = vinaigre adouci au miel, oxymel. Lorsqu'on l'utilise trop fréquemment, ce vinaigre miellé, donne une couleur pâle, olivâtre, pâle... livide.
Le genre a été décrit en 1884 par Félix Pierre Jousseaume (1835-1921).

lurida: du latin [luridus] = blême, livide, pâle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Littorinimorpha Littorinimorphes
Famille Cypraeidae Cypréidés

Coquille ventrue ou piriforme, conique, ovoïde, globuleuse, fusiforme ou presque cylindrique, coloration variable, souvent avec des bandes transversales.Callosité au niveau de l'apex. Ouverture étroite avec des dents. couche d'émail épaisse, brillante. D'après Lindner 2011:81

Genre Luria
Espèce lurida

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