Planaires trémellées

Leptoplana tremellaris/mediterranea | (O.F. Müller, 1773)/(Block, 1913)

N° 1089

De la Scandinavie à la Méditerranée, mer Rouge, océan Indien

Clé d'identification

Ver plat fin de 15 mm en moyenne
Pas de tentacule, mais 2 "yeux" noirs rapprochés
Face dorsale sans taches
Organes mâle et femelle visibles en arrière du pharynx
Très mobile, rapide, "excité" lorsqu'il est dérangé
En Atlantique = L. tremellaris, en Méditerranée = L. mediterranea

Noms

Autres noms communs français

Leptoplana de Méditerranée (pour **Leptoplana mediterranea**)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pour Leptoplana tremellaris :
Fasciola tremellaris
O.F. Müller, 1774
Planaria tremellaris (O.F. Müller) O.F. Müller, 1776
Planaria flexilis Dalyell, 1814
Leptoplana hyalina Ehrenberg, 1831
Polycelis laevigatus Quatrefages, 1845
Leptoplana flexilis (Dalyell) Diesing, 1850
Leptoplana laevigatus (Quatrefages, 1845) Diesing, 1850

Pour Leptoplana mediterranea :
Leptoplana tremellaris var. mediterranea Bock, 1913

Distribution géographique

De la Scandinavie à la Méditerranée, mer Rouge, océan Indien

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique

Les deux espèces, longtemps confondues, sont présentes en mer Baltique, mer du Nord, Manche, Atlantique Nord, Méditerranée et mer Noire, canal de Suez et mer Rouge, et océan Indien.
Il semble acquis (2012) que tous les individus de Méditerranée soient des L. mediterranea et que ceux d'Atlantique Nord-Est soient des L. tremellaris.

Biotope

Leptoplana tremellaris est trouvé sous les pierres et les coquilles vides, dans l'herbier de posidonies (Posidonia oceanica) et les bancs de moules (Mytillus edulis), dans les zones d'algues, sur des bryozoaires et des ascidies (Ciona intestinalis, etc.), dès la surface et jusqu'à la zone des 100 mètres. Il est localement abondant et peut être observé dans les flaques à marée basse sur la côte atlantique.

Description

Info 2012 : Suite à une redescription du genre Leptoplana dans le bassin méditerranéen (Gammoudi et al, 2012), Leptoplana tremellaris var. mediterranea Bock, 1913 devient une espèce à part entière. Elle est renommée Leptoplana mediterranea (Bock, 1913). Les différences entre les deux espèces ne sont pas visibles à l'œil nu (anatomie de la vésicule prostatique, nombres d'ocelles* chez les juvéniles,...). La fiche traite les deux espèces sous le nom de L. tremellaris.

Leptoplana tremellaris est un ver plat au corps fin et à la forme très variable en fonction de son état (au repos ou en déplacement). Sa taille moyenne est de 15 mm (12 à 26 mm). La largeur maximale, située au niveau du premier tiers antérieur, est de 7 mm. La coloration dorsale est gris translucide à beige, sans tache et la zone centrale occupée par le pharynx est plus foncée. A la suite de ce dernier et dans le tiers postérieur, les organes reproducteurs mâles suivis de ceux femelles forment deux masses plus claires séparées et souvent visibles par transparence sur la face dorsale. Observés par la face ventrale, les pores génitaux sont séparés par une ventouse caractéristique.
Leptoplana tremellaris n'a pas de tentacules*. Entre les deux amas d'ocelles tentaculaires (12 à 16 gros ocelles pour chacun) formant deux taches noires bien visibles mais sans relief, se trouvent les deux autres groupes parallèles de petits ocelles diffus cérébraux (20 à 25 ocelles pour chacun) plus difficiles à observer.
La face ventrale est blanchâtre à grise et translucide.

Observé en milieu naturel, il se caractérise par ses capacités de déplacement très rapide et sa témérité. Il peut aussi nager. Lorsqu'il se déplace, de nombreuses ondulations marginales parcourent tout son corps, dans le sens antéro-postérieur, d'une extrémité à l'autre.

Espèces ressemblantes

Il est difficile de faire la différence, sous l'eau ou sur une photo, entre les nombreuses espèces de vers plats peu colorés sous-marins. En pratique un examen des différents ocelles à la loupe binoculaire et une dissection des organes génitaux sont nécessaires pour garantir l'identification.

C'est avec Discocelis tigrina, espèce endémique* de Méditerranée au corps un peu plus massif et moins allongé, que le risque de confusion est maximal dans nos eaux méditerranéennes. Leptoplana tremellaris possède une ventouse entre les deux pores génitaux et n'a pas d'ocelles marginaux contrairement à D. tigrina. Seule l'étude de l'organisation interne de l'appareil génital permettra une identification non équivoque de l'espèce.

Stylochus pilidium possède des tentacules pointus et un corps nettement plus épais.

Notoplana alcinoi, également sans tentacules, est plus petit (15 mm), de couleur grise, lumineuse et translucide, habitant habituel des zones photophiles* végétales. On rencontre cette espèce en Méditerranée et mer Noire.

Stylochoplana maculata est ressemblant à L. tremellaris. Il s'en distingue par la présence de nombreuses petites taches, par ses tentacules bien formés et transparents. On rencontre cette espèce de la Scandinavie à la Méditerranée.

Notoplana vitrea est plus grand et plus élancé, la bande centrale longitudinale est moins marquée, et sa transparence plus grande.

Alimentation

Suivant les publications, les espèces du genre Leptoplana sont soit des herbivores, des prédateurs (carnivores) ou des charognards.

Reproduction - Multiplication

Les Turbellariés sont généralement hermaphrodites* protandres*. Le développement est direct, sans phase larvaire* particulière. Ils peuvent, en eaux froides, se reproduire par section transverse.

Divers biologie

La famille des Leptoplanidae (Leptoplanidés) est la plus importante dans l'ordre des Polyclades par le nombre de représentants décrits. Les espèces incertae sedis* y sont très nombreuses.
Leptoplana tremellaris est l'espèce type du genre Leptoplana.

Origine des noms

Origine du nom français

Planaire trémellée est repris d'un ouvrage très ancien (Lamarck, 1816). Son usage semble anecdotique.

Leptoplana de Méditerranée est une traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Leptoplana : du grec [lept-o] = fin, mince et du latin [plan-] = plat.

tremellaris : du latin [treme] = secouer, trembler. Trémellaire signifie "tremblotant", peut-être en référence à l'aspect "gélatineux" de l'animal. Les trémelles sont des champignons de consistance gélatineuse.

mediterranea : de Méditerranée.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Platyhelminthes Plathelminthes Vers plats à symétrie bilatérale, portant des organes des sens simples sur la tête, tube digestif à une seule ouverture ventrale. Nombreuses espèces libres ou parasites.
Classe Turbellaria Turbellariés Vers plats libres (non parasites) mus par une ciliature ventrale. Tube digestif ramifié qui possède une seule ouverture au centre de la face ventrale.
Sous-classe Archoophora Archoophores
Ordre Polycladida Polyclades Turbellariés à intestin très ramifié. Espèces de grande taille. Planaires marines.
Sous-ordre Acotylea Acotylés Polyclades sans véritable ventouse en arrière de l'orifice sexuel femelle.
Famille Leptoplanidae Leptoplanidés Polyclades de grandes tailles caractérisés par l'absence de tentacules dans la région antérieure.
Genre Leptoplana
Espèce tremellaris/mediterranea

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