Rhizostome

Rhizostoma pulmo / octopus | (Macri, 1778) / (Linnaeus, 1758)

N° 217

Cosmopolite

Clé d'identification

Méduse massive, grande taille
Pas de tentacules sur le bord de l'ombrelle
Bord de l'ombrelle finement festonné, dentelé avec liseré bleu
4 bras buccaux soudés et divisés en 2, soit 8 lobes
Bouche transformée en une structure aspirante et filtrante
Teintes variables : blanc, jaune, orange, brun, bleu, violet

Noms

Autres noms communs français

Poumon de mer, méduse chou-fleur

Noms communs internationaux

Rhizostome, marigold, dustbin-lid jellyfish (GB), Polmone di mare, botte di mare (I), Aguamar, aguamala, acalefo azul (E), Blumenkohlqualle, Gelbe Lungenqualle, Wurzelmundqualle (D), Longkwal, zeepaddestoel (NL), Rizostoma (P), Lungemanet (N)

Synonymes du nom scientifique actuel

Rhizostoma octopus (Linnaeus, 1788), qui serait en fait la variété atlantique de R. pulmo
Rhizostoma cuvieri

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge], ● Caraïbes

La distribution est mondiale.
Il est parfois dit que R. pulmo est la version méditerranéenne et mer Noire alors que R. octopus est sa version atlantique. La synonymie n'est pas encore complètement tranchée à la date de publication de cette fiche (2007).

Biotope

Le rhizostome est une méduse planctonique*, qui se déplace lentement en eau peu profonde (macroplancton gélatineux, necton) et qui abonde en général en milieu côtier. Elle est fréquente dans les lagunes et les estuaires.

Description

Le rhizostome est une grosse méduse, massive, dont l'ombrelle en forme de cloche est frangée de 80 à 100 lobes. Elle mesure en général de 30 à 60 cm de diamètre mais elle peut atteindre une taille de un mètre! Les bords de l'ombrelle sont finement dentelés et présentent un liseré bleu ou mauve. Il n'y a pas de tentacules*. Sous l'ombrelle le manubrium* est formé par la soudure des 4 bras buccaux, eux-mêmes divisés en 2, soit 8 lobes. Chacun de ces 8 lobes se termine par 2 languettes transparentes. Cette fusion transforme la bouche en une structure aspirante et filtrante percée de nombreux petits trous : les ostioles. La couleur de la méduse est très variable : blanche, jaune, brun orangé, verte, bleue ou mauve.

Espèces ressemblantes

Rhizostoma octopus (Linnaeus, 1788), qui serait en fait la variété atlantique, plus petite, de R. pulmo. Selon le principe d'antériorité, le nom valide de cette espèce est Rhizostoma pulmo, que Macri a décrite 10 ans avant Linné.
Dans certains ouvrages ces 2 espèces sont présentées comme différentes, R. pulmo étant méditerranéenne, R. octopus étant nordique, Le site de référence taxonomique de DORIS, WoRMS, estime ces deux espèces valides (raison pour laquelle cette fiche porte les deux noms). Mais dans la grande majorité des cas, ces "deux espèces" n'en forment qu'une, et les 2 noms sont reconnus comme synonymes.

Rhizostoma luteum (Quoy & Gaimard, 1827) est présente sur les côtes atlantiques ibériques, celles du Portugal, du Maroc et des côtes de l'Afrique de l'Ouest (Angola, Mauritanie, Guinée...). C'est une espèce peu courante.

Alimentation

Cette méduse a un régime planctonophage*. Les petites proies du zooplancton sont aspirées à travers les ostioles de la bouche puis digérées à l'intérieur de la cavité gastrique. Il est possible que des proies plus grosses, comme les petits poissons, soient digérées sur la surface même des lobes buccaux recouverts de cnidocytes*.

Reproduction - Multiplication

Il existe des rhizostomes mâles et des rhizostomes femelles. Les méduses mâles se reconnaissent des femelles par la couleur de leurs gonades, bleues pour les premières, brun orangé pour les secondes.
Après émission des gamètes* dans l'eau et fécondation (reproduction sexuée), il y a formation d'une larve planula* pélagique, qui, après être tombée sur le fond, va donner un scyphistome*. Celui-ci va subir une série d'étranglements, c'est la strobilisation* (reproduction asexuée). Elle va aboutir à la libération d'éphyrules* qui vont évoluer vers de nouvelles méduses adultes.

La strobilisation du scyphistome du rhizostome serait plus intense en période de grande chaleur. C'est pour cette raison que, certains étés, on assiste à une invasion de méduses sur les plages.

Vie associée

Certains poissons juvéniles (Boops, Trachurus, Seriola...) sont observés fréquemment aux abords immédiats de l'ombrelle du rhizostome. Ils profitent de sa protection et, devenus adultes, mènent une vie totalement libre.

Le crustacé Hyperia galba colonise parfois les gonades ou l'estomac de la méduse.

Les bras du rhizostome abritent souvent des algues unicellulaires photosynthétiques*, les zooxanthelles*, qui leur confèrent des teintes jaunes, brunes ou vertes.

Divers biologie

Cette méduse, en dépit de sa taille parfois impressionnante, est en principe inoffensive car elle ne possède plus de tentacules. Cependant, chez certaines personnes plus sensibles, il arrive que le contact avec la méduse provoque des démangeaisons, des rougeurs, voire de très légères brûlures.
Il est arrivé que des personnes aient ressenti des brûlures sans contact direct avec la méduse, mais celle-ci avait été bousculée et un mucus urticant a pu atteindre le corps des individus situés à proximité, voir photo jointe (communication de Vincent Maran et Philippe Lesur, confirmation par Jacqueline Goy).

On rencontre parfois cette espèce en bancs de plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d'individus, quand les conditions sont favorables.

Elle n'a qu'un prédateur vorace : la tortue.

Elle supporte des variations de salinité importante.

Informations complémentaires

Il est fréquent d'observer des échouages massifs sur les plages européennes en automne et en hiver. Ces méduses sont alors réduites à des tas de gelée qui persistent quelques heures.

Cette méduse a servi de modèle à la construction d'un lustre au musée océanographique de Monaco.

Origine des noms

Origine du nom français

Rhizostome: traduction directe du nom scientifique.
Poumon de mer, chou-fleur, à cause de la bouche transformée en une structure massive filtrante qui présente de nombreux replis.
Les Grecs appelaient déjà ces méduses "pneumones" c'est à dire poumon de mer. Sans doute pas à cause de la texture, mais parce qu'elles palpitent en permanence, dans un mouvement qui fait penser à une respiration.

Origine du nom scientifique

Rhizostoma : du grec [rhizo] = racine, et [stom] = bouche. Le rhizostome est nommé ainsi à cause de sa bouche ressemblant à un réseau racinaire formé de nombreux canaux en coupe longitudinale.

pulmo : du latin [pulmo] = poumon, la structure du manubrium rappelle celle du tissu pulmonaire.
octopus : du latin [octopus] = huit bras ([octo] et [pod]), car la bouche est divisée en 8 lobes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses.
Classe Scyphozoa Scyphozoaires Méduses vraies (ou acraspèdes). Phase polype réduite à absente. Le plus souvent strobilisation du polype (de petite taille) pour produire des méduses pouvant atteindre une grande taille. Cavité gastrale cloisonnée en quatre.
Sous-classe Discomedusae Discoméduses Scyphoméduses à ombrelle discoïde, non sillonée.
Ordre Rhizostomeae Rhizostomes Pas de tentacules. Manubrium complexe avec des bras oraux ramifiés et fusionnés. Planctonophages. Quelques espèces ont des zooxanthelles dans le manubrium et vivent retournées.
Famille Rhizostomatidae Rhizostomatidés
Genre Rhizostoma
Espèce pulmo / octopus

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