Narval

Monodon monoceros | Linnaeus, 1758

N° 2805

Océan Arctique

Clé d'identification

Corps trapu cylindrique
Petite tête globuleuse
Dent spiralée en ivoire à l'avant de la tête
Bec absent
Aileron dorsal absent
Dos sombre, mouchetures noires et grisâtres
Caudale échancrée au centre, bord de fuite convexe
Pectorales courtes et émoussées

Noms

Autres noms communs français

Licorne de mer, narwahl

Noms communs internationaux

Unicorn whale, sea unicorn, narwahl, narwahle (GB), Narvalo (I), Narval, el unicornio marino (E), Narval (D), Tuuaalik, quirniqtaq, quilalugak (Inuu)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Ceratodontis ceratodon Brisson, 1762
Monodon narhval Borowski, 1781
Monodon narhwal Blumenbach, 1799
Narwalus andersonianus Lacépède, 1804
Narwalus microcephalus
Lacépède, 1804
Narwalus vulgaris
Lacépède, 1804
Monodon microcephalus Fleming, 1811
Ceratodon monodon
Pallas, 1811
Tachynices megacephalus Brookes, 1828

Distribution géographique

Océan Arctique

Zones DORIS : Atlantique Nord-Ouest

Le narval vit habituellement dans les eaux arctiques du Canada (baie de Baffin et baie d'Hudson), du Groenland, de la Norvège et de la Russie.

Biotope

Le narval nage sous la glace et la banquise, il aime flâner et se reposer en surface. En été, il affectionne les zones côtières où la profondeur de l'eau est comprise entre 1000 et 1500 m.

Description

Le narval est un cétacé de taille moyenne au corps trapu et cylindrique. Sans la dent, le mâle mesure jusqu'à 4,7 m, la femelle jusqu'à 4,2 m. La tête est petite et globuleuse. Le bec est absent. Une série de protubérances sombres remplace l'aileron dorsal.
Tous les mâles développent une défense spiralée à l'avant de la tête pouvant atteindre 3 m. Cette défense en ivoire, fait partie d'une paire de canines situées dans le maxillaire. La canine de droite reste cachée chez le mâle, les deux canines restent cachées chez la femelle. Exceptionnellement certains mâles développent la deuxième défense.
Le dos est plutôt sombre et brun olivâtre avec des mouchetures noires et grisâtres. Le ventre et le bas des flancs sont blancs.
La caudale échancrée au centre est fortement convexe, les extrémités de la queue sont recourbées vers l'avant. Les pectorales proches de la tête sont courtes et émoussées.

Espèces ressemblantes

Le béluga Delphinapterus leucas, lui ressemble de par la morphologie de son corps et la forme globuleuse de la tête. La coloration mouchetée du narval et la longue dent permettent cependant de les différencier sans ambiguïté.

Alimentation

Le narval se nourrit de poissons pélagiques* tels que la morue polaire ou le flétan du Groenland, de crevettes, de calmars et d'organismes benthiques*. On estime qu'il consomme jusqu'à 30 kg par jour. En 2017, des chercheurs canadiens de Pêche et Océans Canada ont filmé un narval utilisant sa défense pour frapper et assommer le poisson avant de le manger.

Reproduction - Multiplication

Le mâle atteint sa maturité sexuelle entre 8 et 13 ans, la femelle entre 4 et 8 ans. Les mâles s'affrontent et entrechoquent leur défense. L'accouplement a lieu entre avril et mai. La femelle donne naissance à un petit tous les 2 à 3 ans en été. La gestation dure de 14 à 15 mois. À la naissance le jeune veau est de couleur gris-bleu et mesure 1,6 m. Il est sevré à l'âge d'un an.

Vie associée

Au Québec, un jeune narval évolue depuis l'été 2016 dans l'estuaire du Saint-Laurent et à l'embouchure du fjord du Saguenay parmi un groupe de bélugas Delphinapterus leucas.
L'orque Orcinus orca et l'ours polaire Ursus maritimus sont ses prédateurs. Le morse Odobenus rosmarus rosmarus et le requin du Groenland Somniosus microcephalus peuvent attaquer les individus mourants et se nourrir de leur cadavre.

Divers biologie

Grégaire, il évolue en groupe de 2 à 20 individus. Sa vitesse maximale est de 7,5 km/h.
Les apnées durent de 7 à 20 minutes.
Relativement bruyant, il siffle en surface et émet des cliquetis sous l'eau.
La défense en ivoire contient plusieurs millions de petits nerfs très fins reliés au cerveau ; elle jouerait un rôle d’antenne, permettant au narval de pouvoir détecter les prédateurs comme les épaulards ainsi que des bancs de poissons comme la morue arctique pour s’en nourrir. Les autres rôles de la défense restent incertain : bris de la glace, guide sonore, rivalité ...
La longévité est de 25 à 50 années.

Informations complémentaires

Au XIIIe siècle, on décrivait la licorne de mer comme un monstre gigantesque qui n’hésitait pas à harponner les navires, les couler et dévorer les équipages. Le moine franciscain André Thevet (1516-1592) a décrit sa rencontre avec le Vtelif, une licorne de mer, dont les marins européens craignaient la défense frontale. Cet animal possédait un corps de poisson gigantesque, une tête de baleine dentue et au-dessus des yeux un os très long en forme de scie.

Une légende inuit raconte la création du premier narval. Un chasseur aveugle aurait attaché sa méchante belle-mère à son harpon et l’aurait lancée en direction d’un béluga. Attirée au fond de la mer par l’animal, la femme se serait métamorphosée en narval, sa tresse s’étant enroulée autour du harpon pour devenir une longue corne. Ce serait depuis ce jour que le narval est la seule baleine à posséder une défense.

Réglementation

La chasse du narval est réglementée par la Loi sur les pêcheries de Pêches et Océans Canada. Cette chasse ancestrale est pratiquée par les peuples inuit principalement pour sa chair, sa peau et l'ivoire de sa dent spiralée. L'importation de la dent est interdite aux États-Unis et en Europe (UE).
Les contaminants de l’environnement, les changements climatiques et les activités industrielles telles que la pêche commerciale sont autant de facteurs qui peuvent affecter la pérennité de l'espèce.
En 2004, le comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué le statut préoccupant à l'espèce.
L’espèce figure à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Le narval est classé dans la catégorie « Données insuffisantes » (DI) de la liste rouge de 2000 des espèces menacées de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN*).

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom narval est d'origine scandinave [nár] = cadavre humain et fait référence à la pâleur du corps du cétacé.
val mutation de [whale] = baleine en anglais.

Origine du nom scientifique

Monodon du grec [monos] = unique et [odon] = dent

monoceros du grec [monos] = unique et du [keros] = corne

Le tout faisant référence à sa défense.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Mammalia Mammifères Vertébrés possédant des poils et des glandes mammaires produisant du lait.
Super ordre Eutheria Euthériens Présence d'une dentition lactéale et d’un développement embryonnaire effectué entièrement dans l'utérus (mammifères placentaires).
Ordre Cetacea Cétacés Mammifères aquatiques possédant des nageoires à la place des pattes. Narines situées au sommet du crâne.
Sous-ordre Odontoceti Odontocètes Cétacés munis de dents fixées au rostre et à la mandibule, et d’un melon prononcé en avant du crâne. Un orifice unique, l’évent, au sommet du crâne.
Famille Monodontidae Monodontidés Tête ronde dépourvue de bec, vertèbres cervicales non soudées, permettant une certaine flexibilité du cou et autorisant des mouvements latéraux de la tête. Pas de nageoire dorsale.
Genre Monodon
Espèce monoceros

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