Orque

Orcinus orca | (Linnaeus, 1758)

N° 1794

Cosmopolite

Clé d'identification

Dos noir
Tache blanche oculaire
Selle grisâtre derrière la dorsale
Ventre, dessous de la queue et une partie des flancs blancs
Très grande dorsale chez le mâle
Dorsale plus petite et incurvée chez la femelle

Noms

Autres noms communs français

Épaulard, épée de mer, baleine tueuse, orca, orque gladiateur, loup des mers

Noms communs internationaux

Killer whale (GB), Orca (I, E), Schwertwal (D), Baleia assassina (P), Spackhuggare (SUE), Syachi (JAP)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Dans l'Antarctique seulement :
Orcinus nanus Mikhalev and Ivashin, 1981
Orcinus glacialis Berzin and Vladimirov, 1983

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

L'orque est présente dans tous les océans et mers du monde.

Au Canada : on la retrouve dans les eaux de Terre-Neuve et du Labrador, de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon et parfois dans celles des provinces maritimes canadiennes, de celles du golfe et de l'estuaire du Saint-Laurent. Elle est occasionnelle le long de la Côte-Nord et de la basse Côte Nord soit entre Mingan et le détroit de "Belle Isle".

Elle fréquente également l'Antarctique, l'est du Pacifique tropical, le large du Japon, de l'Alaska et de la Californie. En Europe, elle croise au large de l'Islande, des Féroé et de la Norvège.

On peut la rencontrer occasionnellement en Méditerranée occidentale, sa présence sur le littoral français est plus rare.

Biotope

L'orque affectionne toutes les eaux côtières tempérées-froides. On la trouve également le long des banquises des deux pôles.

Description

L'orque est un cétacé de grande taille au corps rond. La femelle peut mesurer jusqu'à 7 m et le mâle jusqu'à 9,8 m. Le poids de l'orque varie de 4 à 8 tonnes.
Elle est dotée de grandes pectorales en forme de pagaies arrondies. Elle possède une très grande nageoire dorsale pointue et triangulaire située au milieu du dos. Cette dorsale peut atteindre 2 m chez le mâle. Celle de la femelle est plus petite (0,90 cm) et légèrement courbée. Son dos est noir ; il tranche particulièrement avec le blanc qui s'étend de la gorge au début du pédoncule caudal et les côtés des flancs. La caudale blanche sur le dessous est large et arrondie, elle est nettement entaillée et peut mesurer jusqu'à 2 m. On note la présence caractéristique d'une selle gris blanchâtre en arrière de l'aileron dorsal et de taches post-oculaires horizontales blanches. La tête est conique et grosse, le bord de la mâchoire supérieure est mal défini. On remarque également sur le dessus de la tête une zone plus sombre en avant de la dorsale, cette zone s'appelle la cape*. L'orque possède 40 à 52 dents larges et arrondies. Son souffle très visible est touffu ; il s'élève à 1 ou 2 m de hauteur.

Les orques sont divisées en deux formes, la forme dite "Pacifique du Nord-Est" et la forme dite "Antarctique". Chacune d'elles étant divisée en 3 types avec des attributs physiques caractéristiques et distincts.

Les formes du Pacifique du Nord-Est :
- Type "résident" : les orques sont de taille moyenne, la selle est dite ouverte : elle présente des pigments sombres. La tache blanche post-oculaire est de taille et forme variables.
- Type "migrateur" : l'aileron dorsal est très grand. La tache blanche post-oculaire horizontale est généralement de taille moyenne. Les pointes de la caudale sont parfois très recourbées, des lambeaux de peau muée y forment des mouchetures grises.
- Type "océanique" : les orques sont de taille plus petite, la selle est ouverte.

Les formes Antarctique (large de l'ouest de l'Amérique du Nord et autour de l'Antarctique) :
- Type "A" : c'est la forme probablement la plus répandue à travers le monde. Elle ne possède pas de cape, sa dorsale est sombre. La tache blanche post-oculaire horizontale est de taille moyenne.
- Type "B" : la cape est plus sombre et plus difficile à observer. La tache blanche post-oculaire est ovale. Les parties intérieures blanches peuvent parfois prendre parfois une teinte jaune orange.
- Type "C" : la tache blanche post-oculaire est étroite et oblique vers le bas. Les parties intérieures blanches peuvent également parfois prendre une teinte jaune orange.

Espèces ressemblantes

Leur grande taille et leurs couleurs caractéristiques les différencient des dauphins.
La taille et la grande dorsale les distinguent des globicéphales.
En surface la dorsale d'une femelle orque pourrait éventuellement être confondue avec celle d'un dauphin de Risso Grampus griseus.

Alimentation

L'orque se situe au sommet de la chaîne trophique. L'épaulard est le plus grand carnassier des océans. L'animal consomme une très grande variété de proies (en particulier selon le type) parmi lesquelles on retrouve : des mammifères marins (phoques, otaries, morses, éléphants de mers, loutres, dauphins, marsouins, bélugas, narvals, globicéphales noirs, cachalots, baleines noires, rorquals...), des oiseaux de mer, des poissons (requins y compris le requin-baleine, thons rouges, morues, flétans, harengs, saumons...), des tortues marines, des calmars et des poulpes.

Les différentes populations d'orques se caractérisent aussi par leur mode alimentaire. Celles de Colombie Britannique mangent essentiellement du poisson ce qui fait qu'elles sont peu dangereuses pour l'homme. Celles d'Afrique du Sud mangent des phoques et des otaries. Les candidats plongeurs pour aller les filmer sont très téméraires. Les seuls bons films tournés l'ont été dans des cages à requins ; avec de grosses embarcations à proximité.

Reproduction - Multiplication

La saison d'accouplement n'est pas clairement définie. La maturité sexuelle des mâles est atteinte en moyenne vers l'âge de 15 ans pour les mâles, et de 13 ans pour les femelles. La gestation dure de 16 à 17 mois. Jusqu'à l'âge de 40 ans, la femelle pourra donner naissance à un petit tous les 3 à 8 ans. La période des naissances se situe de l'automne au printemps. La mère allaite son jeune pendant une durée d'un an. Il mesure environ 1,80 m à la naissance. Les jeunes sont sevrés après plus de deux ans. Les liens mère-jeune durent probablement toute la vie.

Vie associée

L'orque peut être infectée par des parasites internes : trématodes, cestodes et nématodes susceptibles d'avoir été acquis par l'ingestion de proies infectées.

Divers biologie

Sa longévité moyenne est de 50 ans pour les femelles et de 30 pour les mâles en milieu naturel.

L'orque nage en moyenne à une vitesse de 6 à 10 km/h et, en chasse, jusqu'à 45 km/h. Elle peut bondir complètement hors de l'eau de façon très spectaculaire. Elle est capable également de se tenir à la verticale, tête émergée. L'épaulard est également capable de nager à reculons et de frapper l'eau avec ses nageoires ou sa caudale.

L'orque est capable d'effectuer des apnées d'une durée de 4 à 10 minutes et de s'immerger à des profondeurs pouvant atteindre 260 m.

Le répertoire sonore de l'orque est constitué par des cliquetis d'écholocation, des grincements, des cris et des sifflements variés. Des études ont montré que chaque groupe possèderait son "dialecte", chaque individu son "accent" et que tous ces "bruits" seraient des supports de communication au groupe.

Informations complémentaires

L'orque est une espèce grégaire. Habituellement, c'est une femelle qui mène des groupes familiaux mixtes variant de 5 à 20 individus.

Les conditions de détention des orques en delphinariums sont plus que contestées. L'espérance de vie en captivité est fortement diminuée. L'orque étant capable de parcourir plus de 160 kilomètres par jour dans l'océan, le nombre de tours de bassins à parcourir par heure, même si ce dernier devait mesurer plus de 30 m de diamètre, serait de 71 tours à l'heure !

Réglementation

L'orque a été chassée jusque dans les années 80 pour sa chair et son huile. Elle n'a jamais fait l'objet de chasse intensive.
La liste rouge de l'UICN (Union Internationale Pour la Conservation de la Nature) a classé l'orque épaulard en 2008 selon le statut "données insuffisantes".

La province canadienne de Colombie Britannique a adopté en décembre 2007 un décret visant à accorder une protection juridique et un programme de rétablissement de l'orque dans ses eaux. Les quatre principaux objectifs de ce programme visent à :
- Limiter l'exposition des épaulards migrateurs aux polluants hérités et nouveaux.
- Limiter le risque que représentent des réductions des populations de proies attribuables à des activités humaines, jusqu'à ce que l'on puisse déterminer leurs besoins précis.
- Maintenir les mesures actuelles visant à protéger l'épaulard migrateur contre la perturbation causée par des bateaux, ou les modifier si d'autres d'études en démontrent la nécessité.
- Réduire l'exposition de l'épaulard migrateur à des niveaux sonores aigus ou chroniques dépassant ceux que l'on considère responsables de troubles comportementaux ou physiques chez les cétacés.
- Déterminer la quantité, la qualité et la répartition des proies dont a besoin l'épaulard migrateur pour maintenir le niveau actuel de la population ou l'augmenter.
- Améliorer notre compréhension des effets qu'ont les contaminations et les autres polluants biologiques et non biologiques sur l'épaulard migrateur.
- Évaluer les effets de la perturbation causée par les bateaux sur l'épaulard migrateur.
- Améliorer la compréhension des effets du bruit chronique et aigu sur l'épaulard migrateur.

En novembre 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) lui a attribué le statut en voie de disparition pour les espèces résidentes dans le Pacifique Nord en raison de la disparition de sa proie principale le saumon chinook.

Origine des noms

Origine du nom français

Le terme "orque" vient du latin [orca]. L'origine du nom "épaulard" lui vient de l'aspect acéré de sa nageoire dorsale, terme dérivé à la fois de espaart qui signifie "épée" en vieux français et de "épaule". Le terme "orque" est féminin.
Dans le Pacifique, les orques s'attaquent aux baleines beaucoup plus grosses dont elles arrachent la langue. Le nom typiquement américain de "killer whale" viendrait de cette férocité montrée en s'attaquant à des animaux 10 fois plus gros qu'elles.

Origine du nom scientifique

Du latin [orcus] = autre nom de Pluton, dieu des enfers, ou de Hadès dans la mythologie grecque,
du latin [orca] = sorte de baleine,
du latin [orcynus] = sorte de thon.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Mammalia Mammifères Vertébrés possédant des poils et des glandes mammaires produisant du lait.
Sous-classe Theria Thériens La paroi latérale du crâne est constituée de deux os particuliers: l'alisphénoïde et le squamosal.
Super ordre Eutheria Euthériens Présence d'une dentition lactéale et d’un développement embryonnaire effectué entièrement dans l'utérus (mammifères placentaires).
Ordre Cetacea Cétacés Mammifères aquatiques possédant des nageoires à la place des pattes. Narines situées au sommet du crâne.
Sous-ordre Odontoceti Odontocètes Cétacés munis de dents fixées au rostre et à la mandibule, et d’un melon prononcé en avant du crâne. Un orifice unique, l’évent, au sommet du crâne.
Famille Delphinidae Delphinidés Deux premières vertèbres cervicales soudées.
Genre Orcinus
Espèce orca

Nos partenaires