Corail-cerveau de Neptune

Diploria labyrinthiformis | (Linnaeus, 1758)

N° 913

Atlantique tropical Ouest, mer des Caraïbes

Clé d'identification

Colonies massives, méandroïdes, généralement de forme hémisphérique
Tentacules épanouis uniquement la nuit
Vallées étroites formant des motifs géométriques en « grecques »
Crêtes larges avec une rainure médiane qui forme une dépression plus ou moins nette, pouvant dédoubler la crête

Noms

Autres noms communs français

Corail-cerveau labyrinthe

Noms communs internationaux

Grooved brain coral, depressed brain coral, labyrinthine brain coral (GB), Coral cerebro (E), Hirnkoralle (D), Hersenkoraal (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Madrepora labyrinthiformis Linnaeus, 1758
Maeandrina labyrinthiformis (Linnaeus, 1758)
Meandrina cerebriformis Lamarck, 1816
Maeandrina sinuosa Le Sueur, 1820

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest, mer des Caraïbes

Zones DORIS : ● Caraïbes

Cette espèce se trouve en Atlantique tropical Ouest, de la Floride au Venezuela, aux Bahamas, aux Bermudes et en mer des Caraïbes.

Biotope

Le corail-cerveau de Neptune est une espèce commune qui se rencontre dans la plupart des environnements récifaux de 1 à 40 m de profondeur. On le rencontre surtout entre 2 et 15 m de profondeur dans les lagons et dans les zones à pente douce.

Description

Diploria labyrinthiformis forme des colonies massives et méandroïdes* en général hémisphériques, mesurant de 15 cm à 2 m de diamètre. Dans une même colonie, les vallées sont en général très sinueuses et tournant à angle droit. Elles sont profondes (6 mm) et ont une largeur comprise entre 5 et 10 millimètres. Les crêtes sont très larges, entre 5 et 22 millimètres, et portent sur leur sommet une rainure dont la largeur est variable. Cette rainure peut former une dépression dont la largeur peut dépasser celle des vallées. On a alors l'impression d'une alternance de 2 sortes de vallées différentes.

Les columelles* sont interconnectées mais les orifices buccaux sont bien visibles. On distingue mal les bouches et les columelles, trop petites au fond des vallées.

Les couleurs dominantes sont le marron-gris et le marron-jaune. Les tentacules* ne sont épanouis que la nuit.

Espèces ressemblantes

Le genre Diploria qui ne compte qu'une espèce est très proche du genre Pseudodiploria qui en comporte deux. Ces trois espèces sont présentes uniquement dans la zone de l'Atlantique tropical Ouest : on les distingue par leur aspect de surface, la largeur des vallées, la forme des collines, et la présence ou non d'une rainure au sommet des collines.

Pseudodiploria clivosa : les colonies, de 15 à 120 cm de diamètre, sont de forme massive ou encroûtante avec une surface très irrégulière. Il n'y a pas de cœnosteum*. Les vallées ont une largeur d'environ 4 millimètres. Il n'y a pas de rainure au sommet des collines qui sont plutôt élevées et aigües. Les murs et les vallées sont souvent de couleur différente, les couleurs dominantes étant le gris ou le marron.

Pseudodiploria strigosa : les colonies, de 15 à 180 cm de diamètre, sont massives (souvent de forme hémisphérique) ou encroûtantes avec une surface lisse. Le cœnosteum est limité. Les vallées ont une largeur d'environ 6 millimètres. Les collines sont arrondies et une très fine rainure peut être observée à leur sommet.

On peut confondre ces coraux avec Colpophyllia natans, également présent dans la zone de l'Atlantique tropical Ouest. Cela dépend beaucoup des colonies en présence, mais une détermination sur photo est toujours hasardeuse.

Alimentation

Les Scléractiniaires hermatypiques* (contenant des zooxanthelles* dans les tissus) se nourrissent de deux façons différentes :

  • ils capturent de petits organismes grâce aux tentacules des polypes* munis de cellules urticantes, les cnidocytes*, qui paralysent les proies.
  • les algues symbiotiques* (zooxanthelles) vivant dans les tissus des coraux synthétisent par photosynthèse* des substances nutritives à partir de lumière et de gaz carbonique. Ces substances organiques sont directement utilisées in situ par le Scléractiniaire.

Reproduction - Multiplication

Diploria labyrinthiformis est hermaphrodite*. La reproduction sexuée a été étudiée sur des individus de Colombie : la formation des gamètes* femelles (ovogénèse) dure 10 mois. A maturité, les gamètes femelles mesurent 0,3 mm en moyenne. Les gamètes mâles se forment en fin de processus au mois de mai. Quand les gamètes sont prêts, ils sont relâchés dans la colonne d'eau où a lieu la fécondation (broadcast spawner). Les œufs se transforment en larves* planulas*, lesquelles iront se fixer sur le substrat* au bout de 2 à 3 jours de vie planctonique*. La période d'émission des gamètes se situe entre fin mai et fin juin, ce qui est relativement tôt par rapport aux autres coraux de la même famille.

Vie associée

Ces coraux hermatypiques vivent en symbiose avec des zooxanthelles qui leur confèrent leur couleur.

L'oursin diadème Diadema antillarum favorise le développement des coraux scléractiniaires en broutant les algues qui empêchent la croissance des juvéniles. Des études ont montré que le nombre de juvéniles de coraux est beaucoup plus important dans les zones où cet oursin est présent.

Divers biologie

Diploria labyrinthiformis est sensible à la maladie de la bande noire et à la maladie de la peste blanche.

La croissance de la colonie est de 3,5 millimètres par an.

Informations complémentaires

Le genre Pseudodiploria a été créé en 2012 à l'occasion de la révision de la famille des Scléractiniaires Mussidés par Budd et al. Les deux espèces P. strigosa et P. clivosa étaient auparavant classées dans le genre Diploria avec l'espèce D. labyrinthyformis, dans la famille des Faviidés qui a été supprimée en 2012. Les 3 espèces sont maintenant regroupées avec Colpophyllia natans et Manicina aerolata dans la famille des Mussidés et la sous-famille des Faviinés.

Réglementation

Cette espèce est inscrite sur la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) depuis 2008 sous le statut LC (Least Concern, soit peu préoccupante).

Comme toutes les autres espèces de Scléractiniaires, elle est aussi soumise à réglementation par son inscription à l'Annexe 3 du Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (dit Protocole SPAW ou de Kingston).

Cette espèce est aussi dans l'Annexe II de la CITES (commerce soumis à réglementation).

Origine des noms

Origine du nom français

Corail-cerveau fait référence aux circonvolutions dessinées par les crêtes et les vallées qui font penser à un cerveau.
Labyrinthe est la francisation du nom d'espèce scientifique.

Neptune était la principale divinité marine du panthéon romain.

Origine du nom scientifique

Diploria : du grec [diplo] = double et du latin [orior] = provenir de, naître de.
Diploria peut se traduire par « naître en double ou 2 fois ». L'origine de ce nom pourrait venir du double système de crêtes de l'espèce D. labyrinthiformis.

labyrinthiformis : en forme de labyrinthe, rempli de détours.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 289826

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Faviidae Faviidés
Sous-famille Faviinae Faviinés
Genre Diploria
Espèce labyrinthiformis

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