Corail jaune solitaire

Leptopsammia pruvoti | Lacaze-Duthiers, 1897

N° 102

Méditerranée, Atlantique, Manche

Clé d'identification

Polype solitaire
Jaune
Squelette calcaire
15 mm de diamètre
Base plus étroite que le sommet

Noms

Noms communs internationaux

Yellow solitary coral (GB), Corallo solitario giallo (I), Coral solitario amarillo (E), Gelbe Nelkenkoralle (D)

Synonymes du nom scientifique actuel

Leptopsammia microcardia (jusqu’en 1950)

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique, Manche

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Leptopsammia pruvoti se rencontre sur nos côtes méditerranéennes et atlantiques jusqu’au sud des îles Britanniques.

Biotope

Présent dès la surface en Méditerranée, mais plus souvent de 20 à 50 m de profondeur. Très sensible à la lumière (espèce sciaphile*), ce madréporaire est fréquent sous les surplombs rocheux, sur les parois à l’entrée des grottes et le coralligène* en zones semi-obscures. Il peut être localement abondant.
Sur les côtes atlantiques, il est présent au-dessous des zones à varech* (appelé goémon* en Normandie et en Bretagne, cette algue est caractéristique de la limite inférieure de l'eulittoral* rocheux).

Description

Ce corail solitaire se distingue par son jaune vif presque fluorescent, il est accroché au substrat dur. Diamètre des polypes*: jusqu’à 30 mm, diamètre du squelette calcaire : jusqu’à 17mm pour une hauteur de 60 mm maximum. De section circulaire, sa base est légèrement rétrécie par rapport au sommet.
Le nombre de tentacules constellés de verrucosités correspondant aux amas de cnidocytes* par polype est de 96 environ (hexacoralliaire*= multiple de six). Une fois complètement rétractés, les tentacules ne sont pratiquement plus visibles à l’intérieur du squelette. On peut trouver de petits groupes (pseudocolonies*) de ce corail, c’est-à-dire plusieurs polypes à partir d’une base unique, peut-être dus à l’implantation d’une larve sur un individu déjà formé ou suite à une blessure du bord du disque oral (phénomène observé en aquarium).
Le disque oral peut parfois tendre vers l’orange (vu sur des spécimens photographiés en Manche).

Espèces ressemblantes

Le corail solitaire jaune (Leptopsammia pruvoti) se distingue de l’anémone encroûtante (Parazoanthus axinellae) par la présence de son squelette calcaire, il ne vit pas en groupes massifs, mais sa coloration en est proche (en touchant délicatement l’animal, on découvre, après rétraction du polype, le squelette calcaire très dur chez Leptopsammia pruvoti).

Le corail stelliforme* ou madréporaire orange (Astroides calycularis) ressemble au corail solitaire jaune, mais il vit en colonie, les polypes sont toujours orange et il n’est présent que dans le sud de la Méditerranée occidentale et donc absent des côtes françaises !

Dendrophyllia cornigera : ce corail jaune ressemble à Leptopsammia pruvoti, mais il est composé de nombreux polypes bourgeonnés de façon irrégulière (arborescent). Il atteint des tailles bien supérieures (massif de plusieurs dizaines de centimètres) et n'est rencontré en plongée que très exceptionnellement en Bretagne (Ouessant) car vivant très profond (100 à 1000 m habituellement).

Balanophyllia regia, petit corail solitaire de 1 cm de diamètre, jaune d'or à orangé, possédant jusqu'à 48 tentacules sans boutons terminaux. Proche d'aspect, il est plus petit, rencontré en moins grand nombre et surtout beaucoup plus photophile (proche de la surface dans des zones bien éclairées).

Alimentation

Filtreur passif suspensivore*, c'est un consommateur microphage*; zoophage* prédateur (carnivore), il capture dans le courant des petites proies (comme des crustacés) qu'il paralyse et tue à l'aide de ses cellules urticantes (cnidocytes*). On connaît également sa capacité à « cultiver » des bactéries dans sa cavité gastrique, bactéries qui pourraient être une source complémentaire de nourriture.

Reproduction - Multiplication

Sexuée, elle est peu connue, on ne sait pas si l’espèce est hermaphrodite*. La libération des gamètes* a lieu de juillet à septembre. Les jeunes larves issues des œufs fécondés nagent activement en pleine eau, mais viennent rapidement se fixer sur le substrat, non loin de l’adulte. La phase larvaire peut durer environ 6 semaines (observation en aquarium). Le recrutement de nouvelles populations est en Atlantique comme en Méditerranée, sporadique.

Vie associée

Une balane de couleur rose (crustacé cirripède : Adna anglica) se fixe parfois sur le squelette et au bord du disque oral.
Le petit phoronidien Phoronis hippocrepia et le ver (Sabellidé, Atlantique uniquement) Potamilla reniformis peuvent s’implanter à la base du squelette. Le bivalve Hiatella arctica peut venir forer le squelette calcaire et en affaiblir la structure, rendant facilement détachable le corail de son support.
L’éponge Reniera fulva forme des plaques sur les parois verticales avec Leptosammia p.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Leptopsammia : du grec [lepto-] = petit, mince, et [psammos] = le sable.

pruvoti : En hommage à Georges Florentin Pruvot, zoologiste français (1852-1924) qui a donné son nom à une dizaine d’espèces.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 135193

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Dendrophylliidae Dendrophylliidés Solitaires ou coloniaux. Les septes en lamelles sont nombreuses et ont des angles arrondis. Chez de nombreux genres, les septes ont une disposition particulière (plan de Pourtalès). La plupart des genres n’ont pas de zooxanthelles dans leurs tissus.
Genre Leptopsammia
Espèce pruvoti

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