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  Fiche Espèce   (N°18)
 
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(N°18)  
Smittina cervicornis (Pallas, 1766)
Méditerranée et proche Atlantique
Bryozoaire bois de cerf
 
Bryozoaires, Brachiopodes et Phoronidiens
 
 
Smittine, bryozoaire corne de cerf
Antler-bryozoan (GB), Briozoo corna di cervo (I), Briozoario-hastes-de-veado (P), Briozoo ramazon, briozoo cornamenta de ciervo, cuerno de ciervo (E), Hertshoornmosdiertje (NL)
 Critères de reconnaissance
Petit buisson orange de 4 à 20 cm
Fragile et cassant
Souvent associé à une éponge translucide revêtante
Bryozoaire peu verdi par des algues
Branches aux nombreux rameaux dichotomiques bien ordonnés
 Distribution
Méditerranée et proche Atlantique. Rare en Bretagne, ce bryozoaire a été signalé aux Glénan ainsi qu'à Ouessant où il atteint sa limite nord de répartition.
 Biotope
Smittina cervicornis se développe sur des substrats durs (roche) peu éclairés. Il est rencontré sur des zones verticales mais aussi horizontales plus éclairées que celles fréquentées par Adeonella calveti. Ce bryozoaire est trouvé sous les surplombs mais plus souvent dans des petites anfractuosités de la roche.
A partir de 20/25 m jusqu'à plus de 50 m en Méditerranée française où il est relativement trouvé fréquemment.
En Bretagne des observations en plongée ont été faites de façon exceptionnelle à Ouessant (30 m) et aux Glénan (40 m) sur des petits ressauts de tombants rocheux où cette espèce colonise habituellement les substrats durs du large vers 80 m et plus de profondeur.
 Description
Ce bryozoaire forme des colonies rigides, calcifiées en petits buissons de couleur orange de 4 cm (Atlantique) à 20 cm (Méditerranée) maximum. Les rameaux, aux nombreuses divisions dichotomiques et au développement ordonné dans toutes les directions, sont plus ou moins aplatis (section ovale), ils se divisent de façon dichotome et gardent la même largeur qui est de 3 à 4 mm. Cet arbuscule qui part d'un bref tronc basal est très délicat, fragile et cassant. Il est très souvent associé à une éponge translucide revêtante Halisarca harmelini qui gaine d'un voile flou tout ou partie des rameaux et rend les lophophores moins visibles. Néanmoins, l'éponge n'occulte pas les orifices et les lophophores s'épanouissent à l'extérieur. La base des branches est moins souvent, que chez les autres espèces de bryozoaires arbustifs, verdie par des algues microscopiques ou autres organismes microscopiques. La partie apicale des ramifications évoque les bois (cornes) d'un cerf. La surface de la colonie est rugueuse.

Observations microscopiques :
Les ovicelles possèdent de nombreux pores.
 Espèces ressemblantes
Adeonella calveti très semblable, forme des colonies (10 à 20 cm) avec des rameaux plus plats et souvent plus denses que Smittina cervicornis. Il est plus sciaphile* et donc plus sous les surplombs. Couleur plus claire, pouvant devenir crème dans les habitats très ombragés.
Myriapora truncata est en forme de buisson, aux rameaux à la section bien circulaire et aux extrémités tronquées, sa couleur est plus nettement orangée. La forme générale de la colonie évoque plus le corail rouge (Corallium rubrum).
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Porella cervicornis (Ellis et Solander ) est encore fréquemment trouvé dans les guides, la révision du genre étant récente.
Millepora cervicornis Pallas, 1766
Smittia cervicornis Pallas
 
  Bryozoaires arbustifs
   
  Smittina cervicornis  
   
  Petite colonie  
   
  Colonie profonde  
   
  Substrat vertical  
   
  Dans une anfractuosité  
   
  Zoïdes  
   
  Zoïdes visibles  
   
  Rameaux à section ovale  
   
  Filograna sp. en épifaune  
   
  Macro sur les zoïdes  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Frédéric ANDRÉ Détail
Correcteur scientifique  
Jean-Georges HARMELIN Détail
Responsable régional  
Michel PÉAN Détail
 
     
Création le : 17/12/2007
Dernière modification le 05/01/2013 22:27:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes  Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette. 
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes  Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins. Inclut désormais l'ancien taxon des Stenolaemata Cyclostomes
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes  Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…). 
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores  Paroi frontale calcifiée sous un sac flexible invaginé. 
Famille Smittinidae Smittinidés  Zoïdes très calcifiés, colonies encroûtantes ou arbustives, 25 genres environ. 
Genre Smittina     
 
Espèce cervicornis     
 
 
 Origine du nom français
Bois ou corne de cerf, vient directement de la traduction de cervicornis.
 Origine du nom scientifique
Smittina : provient du nom du profeseur Fredrik (Frits) Adam [Smitt] (1839-1904), un illustre bryozoologiste et ichthyologiste suédois. Il a travaillé au Muséum d'histoire naturelle suédois de Stockholm. Son nom a été utilisé sous plusieurs déclinaisons (espéce, genre, famille), toujours pour le groupe des bryozoaires : Smittina, smitti, Smittoidea, Parasmittina ...
cervi- : de [cervicus] = cerf.
-cornis, : de [corneus] = corne, en corne, en forme de corne, dur comme la corne.
Porella : de [pora] = poreux, porosité et de [-ella] = petit.
 Alimentation
Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur suspensivore* microphage*. Les diatomées (algues unicellulaires) et les bactéries sont la base de l'alimentation de ce bryozoaire. Les cils des tentacules sont capables de créer des microcourants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore* (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).
 Reproduction - Multiplication
Comme tous les bryozoaires, cette espèce est capable de se reproduire de manière sexuée : les œufs fécondés vont incuber dans une chambre (ovicelle*) avant d'être libérés, la larve nageuse va ensuite se fixer pour démarrer une nouvelle colonie par multiplication asexuée. Cette multiplication asexuée peut aussi se faire à partir d'un fragment cassé ou d'un clivage des rameaux de la colonie en plusieurs colonies filles, qui vont pousser dans des directions différentes.
 Vie associée
-Smittina cervicornis est très souvent associé à une éponge translucide revêtante Halisarca harmelini qui gaine d'un voile flou tout ou partie des rameaux et rend les lophophores moins visibles. Le bryozoaire ne semble pas du tout souffrir de cette association. Il s'agit d'une véritable symbiose bénéfique aux 2 espèces car l'éponge qui est une pompe va générer un courant plus puissant que celui des cils des tentacules des lophophores et en échange le bryozoaire arbustif va offrir un support à l'éponge très fragile.
- Il faut noter que les bryozoaires ont leur cavité envahie de champignons, ciliés et d'algues unicellulaires.
- Bien que propres le plus souvent, les colonies de Smittina cervicornis sont en concurrence pour l'espace et peuvent se faire envahir par certaines grandes éponges ou servir de support à de petites colonies d'hydraires arbustifs ou de vers marins (voir photos).
 Divers biologie
Kaloplocamus ramosus (Cantraine, 1835) Nudibranche (Doris) présent en Méditerranée, mais aussi en Atlantique Est et Pacifique Nord-Ouest (vu au Japon), semble être un prédateur de nombreux bryozoaires (Caberea sp. Scrupocellaria sp. Tubocellaria sp.) dont le bryozoaire bois de cerf.
 Informations complémentaires
Il faut noter que Smittina cervicornis fait partie des 6 grands bryozoaires arbustifs (Adeonella calveti, Myriapora truncata, Pentapora fascialis, Sertella spp. et Turbicellepora avicularis) présents sur les côtes méditerranéennes françaises, qui ont été touchés par l'élévation de la température de l'eau de la fin de l'été 1999 (mortalité plus ou moins partielle de nombreuses colonies).
 Références bibliographiques
ADMS (ouvrage collectif), 2001, LA VIE SOUS-MARINE EN BRETAGNE, LES CAHIERS NATURALISTES DE BRETAGNE, ed. Biotope, Mèze, 184p.
Bergbauer M., Humberg B., 2000, LA VIE SOUS-MARINE EN MEDITERRANEE, Guide Vigot, ed. Vigot, 318p.
Harmelin J-G., Vacelet J., Petron C., 1987, MEDITERRANEE VIVANTE, PROMENADES A LA RENCONTRE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE, ed. Glénat, 260p.
Mojetta A., Ghisotti A., 1995, FLORE ET FAUNE DE LA MEDITERRANEE, Guide Vert, ed. Solar, France, 318p.
Riedl R., 2000, FAUNA Y FLORA DEL MAR MEDITERRANEO, (3ème édition), ed. Omega, Barcelona, Espana, 858p.
Weinberg S., 1996, DECOUVRIR LA MEDITERRANEE, ed. Nathan nature, 352p.
Wood L., 2003, FAUNE ET FLORE SOUS-MARINES DE LA MEDITERRANEE, Identifier facilement 289 espèces, ed. Delachaux et Niestle, Les compagnons du naturaliste, 128p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
Harmelin, J.-G., Boury-Esnault, N., & Vacelet, J., 1994, A BRYOZOAN-SPONGE SYMBIOSIS: THE ASSOCIATION BETWEEN SMITTINA CERVICORNIS AND HALISARCA CF. DUJARDINI IN THE MEDITERRANEAN. In: Hayward, P.J., Ryland, J.S., & Taylor, P.D., (editors), Biology and Palaeobiology of Bryozoans: 69- 74. Olsen & Olsen, Fredensborg.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  ANDRÉ Frédéric, HARMELIN Jean-Georges, PÉAN Michel,  in : DORIS, 5/1/2013 : Smittina cervicornis (Pallas, 1766), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=18