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  Fiche Espèce   (N°1411)
 
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(N°1411)  
Macropodia rostrata (Linnaeus, 1761)
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée
Macropode rostré
 
Crustacés Malacostracés (crabes, crevettes...)
 
 
Araignée de mer, crabe à longues pattes, crabe fantôme
Long-legged spider crab, long-beaked spider crab, slender spider crab (GB), Mittelmeer-Gespenstkrabbe, Stelzenkrabbe, Gespensterkrabbe (D), Gewone hooiwagenkrab (NL), Krab-makropodia (Russe)

NB : il y a peu de noms spécifiques pour désigner cette espèce ; les noms précédents sont les noms assez généraux des araignées de mer dans les langues concernées.
Il existe par ailleurs de nombreuses erreurs sur le web concernant cette espèce. En 2009 par exemple, le nom vernaculaire "Deepwater spider crab (GB)" a été utilisé pour désigner un crabe cité comme Macropodia rostrata. Il s'agissait en fait d'un Paromola cuvieri.
 Critères de reconnaissance
Taille modeste, carapace jusqu’à 3 cm de long
Rostre environ deux fois plus long que l’œil
Couleur grise, jaunâtre ou brun-rouge
Carapace relativement propre, habituellement dépourvue d’algues
 Distribution
Le macropode rostré se rencontre sur toutes les côtes européennes entre 65° Nord et 30° Nord environ, à savoir du sud-ouest de la Norvège et toutes les îles Britanniques jusqu'au Maroc. Sa présence aurait été signalée aux Açores et Canaries. Il est de plus présent dans l'ensemble du bassin méditerranéen mais semble absent de mer Noire. Un signalement au Groënland est douteux.
 Biotope
Ce crabe a été signalé sur des fonds détritiques, vaseux, sur les rochers couverts d’algues, le maërl, les zostères, les cymodocées, les étangs littoraux, les parcs à huîtres, les fonds meubles légèrement envasés, les moulières, les algues en épave roulées*. Il peut se rencontrer de la zone intertidale (au niveau des Fucus serratus en Atlantique) à 193 mètres, mais il est plus fréquent en zone intertidale dans le nord de l’Europe, plus profondément dans la moitié sud de son aire de distribution (20 à 40 mètres).
 Description
Le macropode rostré est de taille modeste (longueur de la carapace jusqu’à 28 mm, rostre compris). La carapace est triangulaire et porte des expansions coniques dorsales (tubercules) ; le rostre est environ deux fois plus long que l’œil. Les pattes sont longues et très fines ; les dactyles* des pattes arrières sont peu courbés et sont pratiquement dépourvus de dents internes. Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est assez marqué : les pinces sont beaucoup plus fortes chez les mâles adultes que chez les femelles. Ces dernières ont un abdomen très bombé, surtout lorsqu’elles portent des œufs. Au niveau de la coloration, la carapace et les pattes sont généralement ternes, gris, jaunâtres ou brun-rouges, parfois avec des taches blanches. Comparativement à d’autres espèces, le macropode rostré est habituellement propre : il ne porte que peu ou pas d’algues sur le dos ou les pattes.
 Espèces ressemblantes
Il existe une dizaine d’espèces de macropodes dans les mers européennes, assez voisines les unes des autres au niveau de la morphologie et de l’écologie. Les différences portent sur la longueur relative du rostre, son inflexion ou non vers le bas, la présence de granules sous l’insertion des antennes, la forme des dactyles* des pattes, et les tubercules de la carapace. En plongée, il n’y a guère que la longueur relative du rostre qui soit appréciable.

Les principales autres espèces sont les suivantes :

- Le macropode de Czernjawski, Macropodia czernjawskii (Brandt, 1880), est une espèce de Méditerranée qui a un rostre droit, dont la longueur équivaut à 2 à 3 fois celle d’un œil.
- Le macropode à rostre plongeant, Macropodia deflexa Forest, 1978, est une espèce de la Manche et de l’Atlantique qui a un rostre dirigé vers le bas, dont la longueur équivaut à 2 à 3 fois celle d’un œil. Il est souvent recouvert d’algues.
- Le macropode de Linarès, Macropodia linaresi Forest & Zariquiey-Alvarez, 1964, est une espèce de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée qui a un rostre très court, dont la longueur égale à peu près celle d’un œil. Il ressemble assez à un Achaeus.
- Le macropode à longues pattes, Macropodia longipes (A. Milne-Edwards & Bouvier, 1899), a un rostre dont la longueur équivaut à 7 à 8 fois celle d’un œil. Certains auteurs le considèrent comme une variante de Macropodia tenuirostris (donc un synonyme).
- Le macropode à rostre long, Macropodia longirostris (Fabricius, 1775), est une espèce endémique de Méditerranée qui a un rostre dont la longueur équivaut à 5 à 6 fois celle d’un œil.
- Le macropode nain, Macropodia parva Van Noort & Adema, 1985, est une espèce atlantique de petite taille qui a un rostre dont la longueur équivaut à 2 à 3 fois celle d’un œil. Le bord concave du dactyle de la dernière patte porte des dents. Certains auteurs considèrent qu’il s’agit d’un synonyme de Macropodia rostrata.
- Le macropode à rostre ténu, Macropodia tenuirostris (Leach, 1814), est une espèce de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée qui a un rostre dont la longueur équivaut à 4 à 5 fois celle d’un œil.

Les espèces du genre Achaeus se distinguent des Macropodia par leur rostre bifide très court et par leur dernière paire de pattes beaucoup plus courtes et munies d’un dactyle fortement courbé.

Les macropodes sont également très souvent confondus avec les crabes du genre Inachus. Premièrement, le rostre chez les Inachus est ridiculement court, et relativement plat et souvent arrondi au bout ; chez Macropodia, il est pointu et parfois très long. Deuxièmement, chez les Inachus la seconde paire de pattes est un peu plus grosse (épaisse) et plus longue que la troisième ; chez Macropodia, elle a sensiblement le même aspect. De plus et accessoirement, mais ce n'est pas général, les Inachus ont tendance à se couvrir d'éponges (au-moins pour les espèces observées communément par les plongeurs) tandis que les Macropodia ont plutôt tendance à fixer des algues sur les pattes et la carapace grâce à leurs poils en crochet.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Cancer rostrata Linnaeus, 1761
Stenorhynchus phalangium Pennant, 1777
Macropodia phalangium Leach, 1815
Stenorhynchus rostratus White, 1850
 
  Crabes, araignées de mer... (Brachyoures)
   
  Vue ventrale  
   
  Femelle adulte en vue dorsale  
   
  Spécimen in situ  
   
  Sur le sable  
   
  Individu portant des plumets blancs  
   
  Face à face  
   
  Un mâle aux grandes pattes !  
   
  Vue dorsale  
   
  Sur une feuille de zostère  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Pierre NOËL Détail
Vérificateur  
Frédéric ZIEMSKI Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 19/07/2009
Dernière modification le 19/07/2009 12:23:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Arthropoda Arthropodes  Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette. 
Sous-embranchement Crustacea Crustacés  Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes. 
Classe Malacostraca Malacostracés  8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen. 
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés   Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax. 
Super-ordre Eucarida Eucarides  Présence d'un rostre. 
Ordre Decapoda Décapodes  La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises). 
Sous-ordre Brachyura Brachyoures  Les brachyoures ont un abdomen réduit replié sous le céphalothorax. Ils sont représentés par les crabes et les araignées de mer. 
Famille Majidae Majidés  Araignées de mer. 
Genre Macropodia     
 
Espèce rostrata     
 
 
 Origine du nom français
Macropode = francisation du nom de genre scientifique Macropodia = à grandes pattes,
rostré : la carapace se termine en avant par un rostre bien marqué.
 Origine du nom scientifique
Macropodia : du grec [macro] = grand, et [podia] = pieds,
rostrata : du latin [rostra] = rostre.
 Alimentation
Il y a peu de données sur l’alimentation de cette espèce. Elle semble opportuniste et consomme vraisemblablement des algues et d'autres petits organismes fixés sur le substrat ainsi que des éléments de la faune peu vagile*.
 Reproduction - Multiplication
Les larves éclosent au stade zoé* ; paradoxalement, les zoés de macropode n’ont pas de rostre ni d’épines latérales. Il y a une forte épine dorsale qui persiste chez la mégalope* ; cette dernière a un rostre réduit et une saillie bifide sur la région gastrique. Le développement larvaire est planctonique et se déroule principalement pendant l’été et l’automne, même si des larves peuvent se rencontrer pratiquement toute l’année. Comme chez tous les Majidés, le macropode a une mue terminale à la suite de laquelle la femelle devient apte à se reproduire, s’accouple avec un ou plusieurs mâles et pond. Les femelles ovigères se rencontrent toute l’année. La longévité du macropode n’est pas connue avec précision ; elle pourrait être de l’ordre de 2 ans.
 Vie associée
Le macropode rostré est parasité par le Sporozoaire Aggregata eberthi, par les vers Nectonema agile et Fecampia erythrocephala. C’est également l’hôte du Crustacé Cirripède Rhizocéphale Drepanorchis neglecta.
 Divers biologie
Le macropode rostré est assez mimétique dans son habitat. Il s’agrippe fortement au substrat au moyen de ses longs dactyles*. Il se rapprocherait de la côte en hiver.
 Informations complémentaires
Le macropode Macropodia rostrata est l’espèce de macropode la plus citée dans les livres et sur internet. Il est certes très commun et est par ailleurs plus ou moins ubiquiste*, mais d’autres espèces sont également très communes. En particulier le macropode Macropodia deflexa est souvent rencontré parmi les algues des estrans et à faible profondeur des côtes de Manche et d’Atlantique.
 Références bibliographiques
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Zariquiey Alvarez R., 1968, CRUSTÁCEOS DECÁPODOS IBÉRICOS, Investigaciòn. Pesquera, Barcelona, 32, 510p. 
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
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Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  NOËL Pierre, ZIEMSKI Frédéric,  in : DORIS, 19/7/2009 : Macropodia rostrata (Linnaeus, 1761), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1411