Fausse patelle à mamelon

Trimusculus mammillaris | (Linnaeus, 1758)

N° 4713

Méditerranée et Atlantique proche

Clé d'identification

Petite coquille blanchâtre à châtain clair en forme de chapeau chinois
10 mm de diamètre au maximum (souvent moins)
Sommet lisse déporté vers l'arrière et en forme de mamelon
Lignes radiantes et concentriques donnant un aspect finement granuleux
Deux larges lobes antérieurs (à la place des tentacules)

Noms

Autres noms communs français

Patelle à mamelon (Lamarck), cabochon de Garnot (Payraudeau, 1826), patelle mamelonnée (Risso, 1826)

Noms communs internationaux

False limpet, button snail, button shell (pour les espèces exotiques) (GB), Falsa lapas (E), Gieβchalen (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Patella mammillaris Linnaeus, 1758
Trimusculus mammillaria (Linnaeus, 1758)
Pileopsis garnotii Payraudeau, 1826
Gadinia garnoti (Payraudeau, 1826)
Patella mamillata
Risso, 1826
Gadinia depressa Requien, 1848
Gadinia lateralis Requien, 1848
Addisonia lateralis (Requien, 1848)
Gadinia requieni Locard, 1900

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique proche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Trimusculus mammillaris est présent dans toute la Méditerranée. Ce petit gastéropode littoral se rencontre aussi en Atlantique limitrophe un peu au-delà du détroit de Gibraltar, du sud du Portugal au nord du Maroc.

Biotope

Trimusculus mammillaris est une espèce littorale qui est retrouvée profondément cachée sous les roches, dans les failles étroites et associée aux ceintures d'algues calcaires (Lithophyllum byssoides) au niveau de la surface de l'eau en mode battu (zones agitées). Suivant les marées, cette fausse patelle à mamelon peut rester plus ou moins longtemps émergée.

Description

Trimusculus mammillaris est un gastéropode qui ressemble à une petite patelle de couleur blanc jaunâtre uniforme à châtain clair. La coquille, en forme de chapeau chinois et dont le sommet ressemble à un mamelon, est solide. Elle est ornée de côtes rayonnantes et de stries spiralées concentriques donnant un aspect finement granuleux à sa surface externe. De profil, la coquille est relativement aplatie et bombée dans sa partie antérieure. Le diamètre de la coquille est le plus souvent inférieur à 10 mm. Le sommet de sa coquille est plus ou moins déporté vers l'arrière, il est obtus, lisse et incurvé vers l'arrière et parfois sur l'un des côtés.

L’ouverture finement crénelée est ovale et la coquille, dépourvue de ses parties molles, luisante à l’intérieur. L’impression musculaire discrète est en forme de fer à cheval ouvert en avant. Le pied large et circulaire se prolonge en avant par deux larges lobes étalés en éventail (une double expansion lobuleuse antérieure) qui remplacent les tentacules* céphaliques des vraies patelles. Les yeux (des points noirs) sont sous ces lobes. Une cavité palléale* s'ouvre sur le côté droit du manteau.

Espèces ressemblantes

L'aspect général évoque les vraies patelles (Gastéropodes Prosobranches de la famille des Patellidae/Patellidés, comme par exemple Patella caerulea ou Patella rustica), mais Trimusculus mammillaris est de plus petite taille et de couleur plus blanche que l'ensemble des espèces de patelles présentes dans sa zone de distribution.

Le sommet déporté vers l'arrière fait aussi penser à la famille des Fissurellidae/Fissurellidés (comme par exemple Emarginula sicula ou Diodora graeca) ou celle des Lottiidae/Lottiidés (comme par exemple Tectura virginea). Mais ces espèces ressemblantes vivent toutes plus profond que Trimusculus mammillaris.

Trimusculus afer (Gmelin, 1791) est une espèce ressemblante présente sur les côtes atlantiques de l'Afrique occidentale du Maroc aux Canaries. Elle est de plus grande taille et présente de plus fortes sculptures sur sa coquille.

Siphonaria pectinata (Linnaeus, 1758), la fausse patelle striée, est un autre gastéropode pulmoné marin en forme de patelle pouvant atteindre 30 mm de diamètre. Cette autre fausse patelle, est sporadiquement rencontrée en Méditerranée et Atlantique proche. Elle est absente du littoral français (voir le § "Divers biologie").

Alimentation

Ces gastéropodes sédentaires sécrètent à marée haute un filet de mucus qui permet de capturer les particules alimentaires présentes dans la colonne d’eau. L’eau passe d’arrière en avant sous la coquille légèrement soulevée. Ce mucus est produit abondamment à partir des glandes de la lèvre du manteau* ainsi que de l’avant et des côtés du pied*. Le mucus sécrété forme comme un rideau devant la tête, recouvre le manteau et est gonflé par le courant. Les particules de phytoplancton* sont piégées par ce mucus qui agit comme un "papier tue-mouches" plutôt que comme un tamis.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les Opistobranches et les Pulmonés, les fausses patelles sont hermaphrodites* simultanées. Il y aurait donc accouplement et échanges de spermatozoïdes*.

Les deux ouvertures des organes génitaux sont séparées l'une de l'autre par l'œil droit. Les pontes, sous la forme de petites masses gélatineuses de 5 à 10 mm de large contenant chacune une douzaine d’embryons, sont retrouvées à proximité des adultes, fixées au substrat* dur environnant. Des larves* véligères* planctoniques* sont libérées.

Vie associée

Les Trimusculus sont sédentaires et grégaires. Ils sont certainement la proie de nombreux prédateurs intertidaux* et subtidaux*.

Divers biologie

Siphonaria pectinata (Linnaeus, 1758), la fausse patelle striée ressemble beaucoup aux vraies patelles (Patella spp.) dont elle partage le même milieu de vie littorale. Elle appartient, comme Trimusculus, au groupe des Pulmonés (Pulmonata). La grande majorité des représentants des Gastéropodes Pulmonés fréquente les eaux douces, Trimusculus et Siphonaria font partie des rares exceptions marines. La fausse patelle striée Siphonaria pectinata n'est pas présente sur les côtes françaises. Sa distribution méditerranéenne se limite à la mer d'Alboran et à quelques zones d'introductions accidentelles (Adriatique centre-Est, Tunisie et Grèce). Elle est aussi présente en Atlantique Nord-Est de l'Angola au sud du Portugal.

Comme d’autres pulmonés marins, les Trimusculus sécrètent, quand ils sont inquiétés, un mucus blanc collant à fonction répulsive ou défensive (il contient des diterpènes labdanes, ce sont des molécules ayant un rôle antibactérien, antifongique et antiprotozoaires ainsi que des activités anti-inflammatoires). Ce mucus pourrait également jouer un rôle pour empêcher la fixation d’épibiontes* comme des larves* d’annélides polychètes et un rôle antibactérien.

Ces animaux se déplacent fort peu. Ils occupent très longtemps, sinon toujours, la même place et ils creusent peu à peu in situ, par les mouvements et les frottements des bords de leur coquille, leur gîte toujours reconnaissable par l'empreinte circulaire qu'ils laissent sur la roche.

Informations complémentaires

Il y a de nombreux synonymes et beaucoup de confusions au sujet de cette espèce, elle a même été classé avec Tylodina perversa !

Le nom de genre Gadinia Gray, 1824 utilisé très longtemps a été, par principe d’antériorité, remplacé par Trimusculus.

Origine des noms

Origine du nom français

Fausse patelle à mamelon est une proposition des auteurs de la fiche DORIS.

Origine du nom scientifique

Trimusculus : du latin [tres] = trois et du latin [musculus] = muscle, dans la coquille la cicatrice musculaire en forme de fer à cheval et élargie aux deux extrémités semble formée de trois muscles. Ce nom de genre a été donné par un malacologue allemand F.C. Schmidt en 1818 qui a été le premier à observer la forme caractéristique en trois empreintes de la cicatrice musculaire.

mammillaris : du latin [mamilla] = sein, mamelle et le suffixe latin [-aris] = comme, l’aspect de la coquille rappelle un sein. Les 2 m de mammillaris sont dus à Linné.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia (ex. Pulmonata +...) Hétérobranches (ex. Pulmonés +...)

Les Hétérobranches comprennent l'ancien groupe des Pulmonés (non valide) qui était définit comme ceci : cavité palléale transformée en poumon communiquant avec l'extérieur par un orifice, le pneumostome.

Super ordre Eupulmonata

Taxon qui inclut les "vrais pulmonés". Groupe à coquille spiralée, souvent modifiée ou absente. Yeux à la base des tentacules. Orifice respiratoire contractile sur le côté du corps. Pas d’osphradie ni de branchie vestigiale dans la cavité palléale. Animaux principalement terrestres

Ordre Ellobiida
Famille Trimusculidae Trimusculidés

Coquille petite, inférieure à 20 mm, basse, en capuchon, ronde à ovale, solide. Apex souvent érodé, situé à l’arrière du centre.

Genre Trimusculus
Espèce mammillaris

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