Corail méandreux

Meandrina meandrites | (Linnaeus, 1758)

N° 723

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Colonies massives et méandroïdes
Septes verticaux, épais, et régulièrement arrangés
Septes à bords internes lisses formant une ligne fine le long des sommets
Vallées étoilées autour d'un point central et peu sinueuses

Noms

Autres noms communs français

Méandrine

Noms communs internationaux

Maze coral, tan brain coral (GB), Coral cerebro ondulato (E), Irrgarten-Koralle (D), Doolhofkoraal (NL)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Atlantique tropical Ouest, de la Floride au Venezuela, mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Bahamas, Bermudes.

Biotope

Ce corail se rencontre dans la plupart des récifs de 1 m à 70 m de profondeur et sur les fonds de sable corallien (ce sont alors en général des formes libres de petite taille).

Description

Les colonies sont massives et méandroïdes*, formant souvent des plateaux épais ou de forme hémisphérique, de 10 cm à moins de 1 m de largeur. Plus rarement, ce corail peut adopter une forme en colonne très courte. La couleur va du gris au jaunâtre clair.
Les vallées rayonnent à partir du point initial de croissance, et se divisent à des intervalles réguliers, tout en maintenant une largeur constante. Les septes* sont verticaux, épais, non dentés et régulièrement arrangés. Ils forment des crêtes présentant une ligne fine le long des sommets. Deux vallées adjacentes se rejoignent rarement et sont régulièrement espacées.
Dans la journée M. meandrites est remarquable par la transparence de ses tissus et leur couleur jaune pâle, la bouche est une fente continue. De nuit M. meandrites s'épanouit et montre ses tentacules* transparents, longs et pointus au bout.

Sur fond sableux de jeunes spécimens libres et en forme de barquette chez lesquels la vallée est encore non divisée s'observent couramment (souvent appelées M. braziliensis, mais en fait assez différents de l'espèce brésilienne du même nom).

Espèces ressemblantes

Meandrina meandrites ne doit pas être confondu avec les autres coraux méandroïdes, qui sont les vrais “coraux-cerveau" des Caraïbes (genres Diploria, Colpophyllia et Dendrogyra), qui peuvent atteindre des tailles bien plus grandes et dont les vallées sont beaucoup plus longues et beaucoup plus méandriformes.
Les formes en “barquettes" ou “navettes" libres (souvent appelées M. braziliensis) peuvent être facilement confondues avec Manicina areolata qui vit aussi en navettes libres dans les herbiers de plantes marines; les colonies de cette dernière espèce possèdent une columelle* calcaire frisottée visible par transparence sous la fente buccale, et des septes au bord finement denticulé. Leur couleur tire souvent vers le vert.
M. meandrites est, de tous les genres dits méandroïdes, celui qui forme les plus petites colonies, ses “vallées" sont étoilées autour d'un point central et ne sont jamais très sinueuses.
Les formes jeunes et libres de Meandrina meandrites vivant sur le sable, sont appelées couramment Meandrina braziliensis, et présentées dans les divers guides soit comme une espèce séparée soit comme une sous-espèce de M. meandrites. En fait il semble bien que le véritable M. braziliensis soit bel et bien limité à la région brésilienne dont il est une espèce endémique*. En effet les populations brésiliennes sont essentiellement libres et, quand elles sont fixées (rarement), restent toujours de petite taille (moins de 20 cm) et ne présentent jamais de vallées étoilées quand elles sont fixées mais des lobes arrondis perpendiculaires à l'axe du polype (voir photos).
Chez les deux espèces, ces jeunes colonies “libres" sont en fait toujours fixées à l'origine sur un gravier ou un nodule algal, ce n'est qu'en grandissant qu'elles peuvent devenir fixées et développer des vallées étoilées chez M. meandrites.

Alimentation

Les scléractiniaires hermatypiques* se nourrissent par deux modes différents :

  • ils capturent de petits organismes par les polypes*, munis de cellules venimeuses, les cnidocytes*, qui paralysent les proies.
  • les algues symbiotiques* vivant dans les tissus des coraux synthétisent des substances nutritives à partir de lumière, de gaz carbonique et de sels minéraux. Ces substances organiques sont directement utilisées in situ par le scléractiniaire.

Reproduction - Multiplication

On ne sait pas si ce scléractiniaire est hermaphrodite* ou si les sexes sont séparés. La fécondation est interne et le corail relâche une larve planula* qui ira se fixer sur le substrat*.

Vie associée

Ce corail hermatypique* vit en symbiose avec des zooxanthelles* qui lui confèrent sa couleur brune.

Divers biologie

Les spécimens en barquettes ou navettes libres ne se déplacent pas sur le sable comme les Fungiidés indo-pacifiques, mais ils sont capables de se retourner en quelques minutes par gonflement du polype en cas de renversement accidentel.

Réglementation

Cette espèce est sur la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) depuis novembre 2012 sous le statut LC (Least Concern, soit peu préoccupante).

Comme tous les autres scléractiniaires, elle est aussi soumise à réglementation par son inscription à l'Annexe 3 du Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (dit Protocole SPAW ou de Kingston).

Origine des noms

Origine du nom français

Corail méandreux : du fait de sa forme et traduction de son nom scientifique. Ce nom est assez impropre et s'est imposé uniquement pour des raisons de priorité, en effet les vallées des Meandrina sont en réalité disposées en étoile autour d'un point central et seules les plus grosses colonies (photo n°1) peuvent être qualifiées de méandroïdes.

Origine du nom scientifique

Du nom latin et grec [Maeander] = le Méandre, nom d'un fleuve sinueux qui a donné le mot méandres, ou de l'adjectif [maeandratus] = sinueux, tortueux.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Meandrinidae Méandrinidés
Genre Meandrina
Espèce meandrites

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