Datte de mer

Lithophaga lithophaga | (Linnaeus, 1758)

N° 2773

Méditerranée, Atlantique Est

Clé d'identification

Valves symétriques, allongées et oblongues
En forme de cylindre à l'arrière comprimé
Lignes de croissance concentriques
Valves de couleur brune à l'extérieur et gris-bleu clair à l'intérieur

Noms

Autres noms communs français

Datte lithophage (FAO), moule lithophage, dactyle, lithodome

Noms communs internationaux

European date mussel, date shell (GB), Dattolo de piera, dattero marino, forapietre (I), Dátil de mar (E), Stein Dattel, Seedattel (D), steenmossel (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Lithodomus lithophaga (Linnaeus, 1758)
Mytilus lithophagus Linnaeus, 1758
Lithophaga mytuloides Röding, 1798
Lithophagus communis von Mühlfeld, 1811
Lithodomus dactylus Sowerby, 1824
Lithodomus inflatus Réquien, 1848

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

On la rencontre dans toute la Méditerranée et en Atlantique Est depuis le Portugal jusqu'à l'Angola.

Biotope

La datte de mer vit depuis la surface jusqu'à 25 m de profondeur, même si elle est plus répandue dans les premiers mètres.
Elle s'installe dans les roches calcaires. En effet, elle perfore les roches tendres et, contrairement aux pholades (Pholas dactylus, par exemple) qui sont des foreurs mécaniques, elle est un foreur chimique.
Elle préfère les surfaces verticales et celles sans sédiments. Elle peut aussi s'installer dans les substrats détritiques compactés, dans le bois, dans les "trottoirs" de lythophyllum ou même dans les substrats vivants comme les colonies de Cladocora caespitosa.
Elle passe généralement inaperçue du fait de son mode de vie caché.

Description

La datte de mer est un bivalve à valves symétriques, allongées et oblongues, formant un cylindre à l'arrière comprimé, un peu élargi au centre, et aux bords arrondis. Elle mesure généralement de 5 à 8 cm de long et peut atteindre 12 cm. Elle est recouverte d'un épais périostracum*.
L'extérieur de la coquille est marqué par des lignes de croissance concentriques, plus ou moins épaisses, et par de fines lignes transversales en son milieu. Il est de couleur brune ou rousse alors que l'intérieur des valves est gris-bleu clair, à reflets nacrés.
La charnière est sans dent.

Espèces ressemblantes

La pholade (Pholas dactylus) et la pholade blanche (Barnea candida) sont deux espèces qui forent également les roches mais leurs coquilles sont blanches et présentent des pointes caractéristiques à l'avant.

Alimentation

La datte de mer se nourrit en filtrant le phytoplancton et les particules organiques en suspension dans la colonne d'eau.

Reproduction - Multiplication

Cette espèce ne se reproduit que lorsqu'elle atteint 3 cm de long.
Les sexes sont séparés et la reproduction a lieu entre le printemps et l'été. Les individus matures émettent leurs gamètes souvent après une baisse de la concentration de l'oxygène dissous.
Le stade larvaire commence en octobre : les larves sont planctoniques, avec une grande capacité de dispersion. Elles se fixent quand leur taille atteint 260 µm.
Le rythme de croissance est très lent puisqu'après 3 ans, la datte ne mesure qu'un centimètre. Par exemple, on a donné, par les stries de croissance, un âge de 54 ans à un individu de 8,16 cm.

Vie associée

La datte de mer est une espèce pionnière, à l'origine d'une communauté d'organismes benthiques* sessiles* comprenant des éponges, des cnidaires, des polychètes sédentaires, des ascidies, des bryozoaires et des algues encroûtantes.
Un trou de datte de mer abandonné sert souvent de refuge aux langoustes juvéniles.
La blennie Parablennius zvonimiri choisit aussi ces trous délaissés pour y élire domicile.
En plus du poulpe, l'étoile de mer glaciaire, Marthasterias glacialis, semble être le principal prédateur de la datte de mer.

Divers biologie

Le forage chimique se fait grâce à des glandes du rebord antérieur du manteau : elles sécrètent des mucoprotéines qui se lient au calcium de la roche (on dit aussi "qui chélatent" le calcium), et ainsi provoquent la dissociation du calcaire. La datte elle-même est protégée de cette dissolution chimique par son épais périostracum.
Les galeries que creuse la datte de mer sont cylindriques et perpendiculaires à la surface du substrat.
La datte de mer vit fixée à la paroi par le byssus*. Il a la particularité de pouvoir se détacher, puis se rattacher, permettant ainsi un mouvement de rotation de la coquille dans la cavité, nécessaire à la perforation de la roche.

Informations complémentaires

Cette espèce peut causer des dommages importants aux ouvrages portuaires calcaires.



Lyell, un des précurseurs de la géologie contemporaine a observé que les colonnes de 12 m de haut du temple de Serapis près de Pouzzoles, dans le golfe de Naples présentent des trous forés par des dattes de mer à une hauteur de 3,6 à 6,6 m. Il en avait conclu que le sol du temple s'était affaissé en dessous du niveau de la mer puis s'était relevé. Ceci lui avait permis de mettre en évidence des variations du niveau du littoral au cours de périodes historiques.

Réglementation

En France, cette espèce est protégée et interdite de pêche depuis le 26 novembre 1992 (Annexe IV de la Directive Habitats)
Depuis 2004, elle est classée en Annexe II de la CITES, mais aussi en Annexe II de la Convention de Barcelone et en Annexe II de la Convention de Berne.
C'est plutôt les gros dégâts que causent les pêcheurs dans la roche, en la cassant au burin, au marteau-piqueur ou à la dynamite, que sa rareté (même si son développement est très lent) qui ont conduit à protéger ainsi la datte de mer, produit culinaire très recherché en Espagne et en Adriatique.

Origine des noms

Origine du nom français

Datte de mer : la forme et la couleur de sa coquille rappellent celles du fruit du dattier.

Origine du nom scientifique

Lithophaga : du grec [lithos] = pierre et [phago] = manger, soit "mangeur de pierre".

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Pteriomorphia Ptériomorphes Muscle adducteur postérieur développé, antérieur réduit.
Ordre Mytilida

Coquille équivalve, dents régressées, empreintes musculaires inégales. Pas de siphons développés. Bivalves libres ou fixés par un byssus.

Famille Mytilidae Mytilidés Coquille oblongue symétrique attachée au substrat par les filaments du byssus.
Genre Lithophaga
Espèce lithophaga

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