Gobie à bouche rouge

Gobius cruentatus | Gmelin, 1789

N° 1987

Atlantique Nord-Est, Méditerranée, mer Noire

Clé d'identification

Lèvres vermillon
Corps massif
Coloration marbrée, assez sombre en général
Série de grandes taches noires sur le flanc
Nageoire pectorale munie de rayons filamenteux peu marqués

Noms

Autres noms communs français

Gobie sanglant, gobie ensanglanté

Noms communs internationaux

Red-mouthed goby, red-mouth goby (GB), Bocca arrubia, ghiozzo boccarossa (I), Gobit, gobio de boca roja, gobio de hocico rojo (E), Blutmund-Grundel (D), Roodbekgrondel (NL), Burdullak (Albanie), Tekirkayasi baligi (Turk.), Rødbrun kutling (Dan.)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Gobius rubens Rafinesque, 1810

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée, mer Noire

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Le gobie à bouche rouge est présent dans l’est de l’océan Atlantique, du sud-ouest de l’Irlande aux côtes sénégalaises. Cette espèce est rare dans les mers situées autour de la Grande-Bretagne et de l’Irlande. Il est fréquent en Méditerranée. Il a été observé pour la première fois en mer Noire en 2007 mais serait cependant une espèce locale.

Biotope

Le gobie à bouche rouge a été observé de quelques mètres sous la surface jusqu’à 40 m de profondeur. Il vit habituellement solitaire sur des fonds durs ou détritiques, ou dans les herbiers de phanérogames. On l’observe souvent à proximité d’une cavité dans laquelle il pourra se cacher si un danger survient. Cette cavité rocheuse est utilisée toute l’année. Les jeunes sont présents dans les milieux littoraux, dans des biotopes assez variés. Dans son habitat, ce gobie est fréquent et abondant.

Description

Le gobie à bouche rouge est un gobie de grande taille. Il mesure de 13 à 15 cm et peut même atteindre 18 cm. Il se reconnaît aisément par la couleur vermillon de ses lèvres qui le distingue de toutes les autres espèces de gobies. D’autres marques rouges sont également visibles au niveau des joues. Cependant la perte de luminosité peut rendre cette couleur rouge moins visible pour l'observateur en plongée. La nuque, les joues et les opercules comportent des écailles. Le corps est généralement massif, de couleur marbrée et assez sombre en général. On note souvent 4 larges taches de couleur foncée (dont 3 situées sous la deuxième et longue nageoire dorsale) sur le flanc. Les jeunes sont généralement plus élancés et présentent une coloration brun-clair avec des motifs (marbrures et petites taches) moins visibles. Ils sont difficiles à identifier. La nageoire pectorale possède des rayons filamenteux peu marqués.

Observation plus détaillée
:
Les pores et les canaux muqueux, situés sur la tête au niveau et autour des yeux, dessinent un schéma caractéristique de l’espèce. L’étude de ces pores à la loupe binoculaire est le seul critère reconnu par les spécialistes pour identifier à coup sûr l’espèce. Sauf exception, ces pores et canaux sont rarement discernables en plongée, mais peuvent en partie être observés sur certaines photographies rapprochées, particulièrement nettes.

Espèces ressemblantes

Les jeunes atteignant 6 à 8 cm peuvent être confondus avec d’autres espèces de gobies de taille moyenne au corps élancé :

Gobius geniporus : une tache noire est visible sous l’œil.

Gobius buchichii : une ligne sombre traverse chaque œil et se rejoint pour former un V au niveau du museau. Les rayons de la nageoire pectorale sont bien développés.

Gobius fallax :
des lignes de points brunâtres et de tirets sont présentes sur le flanc.

Gobius xanthocephalus: le museau de ce gobie est plus ou moins jaune.

On peut citer également Gobius strictus qui n’a pas d’écailles sur les joues et les opercules. Cette espèce, dont la taille ne dépasse pas 6,5 cm serait présente en Méditerranée occidentale et en Adriatique et pourrait n'être en réalité que le juvénile de Gobius cruentatus.

Alimentation

Le gobie à bouche rouge se nourrit d’algues, de crustacés, de préférence des mysidacés, de vers, de petits invertébrés et de petits poissons.

Reproduction - Multiplication

La reproduction a probablement lieu vers la fin du printemps et le début de l’été. Les œufs sont de forme allongée fusiforme de 1,9 à 2,2 mm de longueur et 0,5-0,6 mm de largeur. 13 jours sont nécessaires au développement de l’embryon dans de l'eau à 14-15°C. Les larves, qui mesurent environ 3,3 mm de longueur totale, présentent des yeux pigmentés.

Divers biologie

Espèce commune, Gobius cruentatus passe la plupart de son temps caché à l’intérieur de son abri pour augmenter ses chances d’attraper une proie et se protéger de ses prédateurs. C’est une espèce territoriale. Il émet des sons lorsqu’il est menacé.

Informations complémentaires

Gobius cruentatus se laisse facilement approcher mais il se réfugie dans son abri au moindre mouvement brusque. La chair de ce gobie est délicate.

Origine des noms

Origine du nom français

Gobie à bouche rouge : traduction en partie du nom scientifique, en référence à ses lèvres rouges.

Origine du nom scientifique

Gobius : du grec puis du latin [gobi] = goujon.
cruentatus
: du latin [cruent] = ensanglanté.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Gobioidei Gobioïdes
Famille Gobiidae Gobiidés
Genre Gobius
Espèce cruentatus

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