Éponge réticulée violet foncé

Chelonaplysilla noevus | (Carter, 1876)

N° 4032

Méditerranée nord-occidentale, Adriatique, Atlantique Nord-Est, Manche

Clé d'identification

Éponge encroûtante de petite taille (quelques centimètres)
Surface réticulée
Nombreux petits conules pointus
Couleur violet foncé à noirâtre
Oscules bien visibles et en petit nombre

Noms

Autres noms communs français

Aplysille violet foncé

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aplysilla noevus Carter, 1876
Chelonaplysilla arenosa (Topsent, 1925), décrite de Méditerranée à l'opposé de Chelonaplysilla noevus décrite d'Atlantique, est considérée comme synonyme ou une espèce valide suivant les auteurs.

Distribution géographique

Méditerranée nord-occidentale, Adriatique, Atlantique Nord-Est, Manche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette éponge est présente en Manche sur les côtes sud et est de la Grande-Bretagne et en Bretagne Nord (Roscoff), en Atlantique Nord-Est sur les côtes occidentales de la Grande-Bretagne ainsi qu'en Atlantique Nord-Est tropical dans tous les archipels de Macaronésie (Açores, Madère, îles Canaries, îles du Cap Vert). En Méditerranée elle a été recensée dans le nord de l'Adriatique ainsi que sur les côtes françaises (Côte Vermeille, Provence, Corse).

Biotope

Chelonaplysilla noevus vit sur les fonds rocheux (sous les pierres, dans le coralligène* et le détritique côtier) entre 5 et 115 m de profondeur. Elle préfère les surfaces verticales et les surplombs bien exposés aux courants.

Description

Cette espèce encroûtante de quelques millimètres d'épaisseur recouvre des étendues de quelques cm². Sa surface d'aspect réticulé est très caractéristique. On distingue de larges oscules* légèrement surélevés au milieu de nombreux petits conules* pointus. Sa couleur est uniformément violet foncé à noirâtre. Sa consistance est douce au toucher.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

L'aspect général typiquement conuleux peut faire penser à des éponges des genres Aplysilla ou Pleraplysilla mais la couleur très différente sera un bon facteur d'identification.

Dans l'Indo-Pacifique Chelonaplysilla violacea (Lendenfeld, 1883) est très ressemblante.

Alimentation

Chelonaplysilla noevus est un animal filtreur* microphage* non sélectif qui se nourrit de nanoplancton* (entre entre 2 µm et 20 µm) : bactéries, cyanobactéries*, eucaryotes*, ne dépassant pas en général 10 µm. Le courant d'eau nécessaire est créé par le mouvement des flagelles des cellules ciliées* spécifiques des éponges : les choanocytes*. Celles-ci captent et digèrent les particules organiques microscopiques et les produits de la digestion sont distribués aux autres cellules de l'organisme. Les déchets non métabolisables sont évacués par des orifices exhalants : les oscules*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée : les éponges sont en général hermaphrodites*, les gamètes* mâles et femelles d'une même éponge ne sont pas expulsés au même moment. Espèce à sexes séparés, cette éponge est vivipare* et donne naissance à une larve* ciliée* nageuse de type « parenchymella*» de couleur violet noir avec une couronne postérieure de cils et un long flagelle* (observation méditerranéenne), dernier stade embryonnaire, qui, libérée par l'oscule, se fixera sur son support après quelques jours de vie pélagique*. Les larves sont libérées en été (juin-juillet) au moment où la température de l'eau est la plus élevée.
  • Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Ce mode existe peut-être, mais n'a pas été décrit chez Chelonaplysilla noevus.
  • On notera que les éponges ont une forte capacité de régénération.

Divers biologie

Description microscopique : l'observation au microscope permet de découvrir un squelette de fibres de spongine* dendritiques* plus ou moins ramifiées, assez longues (75 à 80 µm) qui partent de la base attachée au substrat et remonte vers la surface de l'éponge en s'amincissant (20-30 µm). Cette espèce ne possède pas de spicules*.
Cette éponge est décrite comme étant recouverte de grains de sable, ce qui n'est pas bien visible sur les photos in-situ, mais s'observe facilement au microscope.

Les nudibranches doridiens se nourrissent généralement d'éponges, Chelonaplysilla noevus semble être en particulier consommé par Felimida binza.

Origine des noms

Origine du nom français

Éponge réticulée violet foncé est une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Chelonaplysilla : chelon- vient directement du grec [chelone] = tortue, et aplysilla du grec [aplusias] = saleté et -[illa] = suffixe servant à former un diminutif. On pourrait donc traduire par petite saleté ou petite tache que l'on peut observer sur la tête de certaines tortues marines.

noevus : du latin [naevus] = envie, tache de vin.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Dendroceratida Dendrocératides Démosponges dont le squelette est constitué de fibres de spongine qui s’élèvent d’une plaque basale également en spongine et sont le plus souvent dendritiques. Pas de différences observables entre fibres primaires et secondaires. Les fibres ont toujours une moelle distincte et sont fortement stratifiées. Eponges vivipares, la larve est de type ‘parenchymella’.
Famille Darwinellidae Darwinellidés Eponges dont le squelette est composé uniquement de fibres de spongine à l’aspect dendritique*.
Genre Chelonaplysilla
Espèce noevus

Nos partenaires