Astérie naine des posidonies

Asterina pancerii | (Gasco, 1870)

N° 3514

Méditerranée

Clé d'identification

Petite étoile de mer (30 mm maximum)
Face aborale orangée à violacée, parfois rouge ou verte, avec des taches blanches éparses sur les radius
Touffes épineuses dorsales régulièrement espacées
5 bras avec un contour presque pentagonal

Noms

Autres noms communs français

Astérine d'herbier, astérie des herbiers

Noms communs internationaux

Seagrass asterina, cushion star (GB), Estrella de capitán pequeña (E), estrella de capità petita (catalan)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Asteriscus pancerii Gasco, 1870
Asterina gibbosa var. panceri Koehler, 1924

Distribution géographique

Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Il s'agit d'une espèce rare, endémique de Méditerranée (Tortonese 1965) et peu observée, mais sans doute plus courante qu’on ne le croit du fait de sa grande discrétion.
Sur les côtes françaises, Asterina pancerii a par exemple été signalée dans la région de Marseille (13), dans le parc national de Port-Cros (83), sur le cap d'Antibes (06) ou dans la réserve de Scandola en Corse (20).
Au-delà des côtes françaises, elle a été identifiée dans les eaux ibériques (Murcia, Cabo de Palos, Mallorca, Gibraltar...), en Tunisie, en Libye, à Malte et sur les côtes italiennes de mer Ligure pour le bassin occidental, ainsi qu’en Méditerranée orientale (Athènes, Turquie, Tripoli, mer de Marmara, Crète...). Cependant, dans plusieurs de ces localités orientales, la présence d'A. pancerii reste à confirmer par des analyses génétiques. En effet, deux nouvelles espèces très proches d'A. pancerii ont été récemment reconnues et une publication datée de 2018 confirme qu'A. pancerii est essentiellement présente sur les côtes espagnoles, françaises et italiennes.

Biotope

Cette minuscule étoile de mer se retrouve typiquement dans les herbiers de posidonies Posidonia oceanica. Bien que cette espèce ait fréquemment été observée sur des herbiers superficiels (entre 3 et 9 m), Asterina pancerii est également rencontrée dans des herbiers profonds (> 10 m) et a été observée jusqu’à 40 m de profondeur sur du maërl*.

Description

Asterina pancerii est une minuscule étoile de mer dont la taille excède rarement un centimètre. Sa forme est relativement pentagonale avec 5 bras courts et larges, peu individualisés.
Sa surface, relativement aplatie, est recouverte de petites touffes de 3 à 8 épines cristallines régulièrement espacées.
Sa face aborale* est généralement orangée à violacée, parfois rouge ou verte, avec des taches blanches éparses sur les radius formant un motif pointilliste, souvent en étoile plus ou moins régulière. Les plaques squelettiques sont disposées en mosaïque polygonale.
La face orale est en revanche claire, d'une couleur en rapport avec celle qui prédomine sur la face aborale.

La marge est fine, la plaque madréporitique* unique, et certaines plaques marginales portent des pédicellaires*.
Les extrémités des bras portent des podia* sensoriels plus longs et plus fins, et un discret ocelle*.

Espèces ressemblantes

Il y a quatre espèces du genre Asterina en Méditerranée. Outre Asterina pancerii, on peut rencontrer :

  • Asterina gibbosa Pennant, 1777 :
    L'astérie bossue est plus grande (jusqu'à 7 cm), et arbore souvent une couleur verte, mais elle peut également être de jaune à brune, avec toutes les nuances intermédiaires : ses couleurs servent à la camoufler, et elle ne montre pas les motifs vifs, courants chez A. pancerii. Elle est aussi plus bombée sur sa partie aborale*, et peut avoir une forme pentagonale mais bien moins prononcée que A. pancerii. A noter que l’A. gibbosa juvénile peut être très facilement confondue avec A. pancerii car sa forme aborale n’est pas encore bombée à ce stade. Enfin, contrairement à A. pancerii, A. gibbosa est photophobe* et se rencontre plus fréquemment sur des substrats* rocheux à l’abri de la lumière, typiquement sous des roches mobiles.
  • Asterina phylactica Emson & Crump, 1979 :
    La petite astérie naine, autre espèce rare, ressemble beaucoup à A. pancerii mais elle est plus... petite (15 mm max). Sa forme est bien moins pentagonale avec des bras assez individualisés par rapport à Asterina pancerii, aux extrémités souvent retroussées. Les épines de sa face supérieure sont plus longues et pointues, et les plaques squelettiques sont alignées plutôt que disposées en mosaïque. Sa face aborale présente souvent des taches noires et les extrémités des bras sont retroussées. En outre, son habitat est également différent puisqu’on retrouve A. phylactica généralement sur la surface supérieure des rochers ou au pied des algues. P
    résente dans le bassin occidental de la Méditerranée, elle est également signalée en Manche et se trouve probablement sur les côtes littorales atlantiques françaises.
  • Asterina vicentae Lopez-Marquez et al. 2018 :
    Très ressemblante, quoique peut-être moins colorée et avec des bras plus marqués, elle a été collectée en Catalogne sur des posidonies, ce qui renforce le risque de confusion.
  • Asterina martinbarriosi Lopez-Marquez et al. 2018 :
    Extrêmement similaire à A. pancerii, mais pour l’instant connue uniquement des Canaries. Bras plus marqués, et sans pédicellaires*.

Alimentation

Asterina pancerii est probablement un prédateur omnivore qui capture des micro-organismes et des minuscules animaux qui arpentent les herbiers de posidonie.

Reproduction - Multiplication

Asterina pancerii est hermaphrodite* protogyne*, c’est-à-dire qu’elle est d’abord femelle puis devient périodiquement mâle.
La fécondation est externe (espèce ovulipare*). Les œufs sont benthiques*, déposés et fécondés sur le substrat*, où la femelle les gardera jusqu’à éclosion. Il n’y a pas de phase larvaire planctonique* : les juvéniles éclosent déjà formés.

La littérature scientifique ne recense pas de reproduction par scissiparité* volontaire chez cette espèce.

Informations complémentaires

Le genre Asterina comporte une quinzaine d’espèces au niveau mondial, dont seulement trois sont présentes sur nos côtes françaises métropolitaines (A. pancerii, A. gibbosa et A. phylactica).

Réglementation

Asterina pancerii est menacée par les chalutages et par la régression des herbiers.
Cette espèce est inscrite à l'Annexe 2 de la Convention de Barcelone (Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée), et est une espèce déterminante pour les Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) en région PACA.
Elle figure également en Annexe II de la Convention de Berne (Strictly Protected Fauna Species).

Origine des noms

Origine du nom français

Astérie naine des posidonies : cette toute petite étoile de mer vit quasi-exclusivement dans les herbiers de posidonie.

Origine du nom scientifique

Asterina : du grec [aster] = étoile, avec la connotation de petite taille due au suffixe [-ina].

pancerii : espèce dédiée au Professeur Paolo Panceri (1833-1877), naturaliste italien qui a tenu la chaire d'anatomie comparée à l'Université de Naples, où il a dirigé le Musée de zoologie.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Spinulosida Spinulosides Podia* avec ventouses. La surface aborale* porte de petites épines, plaque marginale et pédicellaires* absents.
Sous-ordre Leptognathina Leptognathes
Famille Asterinidae Astérinidés Epiderme mince, plaques squelettiques apparentes et imbriquées et porteuses de piquants courts groupés ou isolés.
Genre Asterina
Espèce pancerii

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