Eolis brillante

Aeolidiella glauca | (Alder & Hancock, 1845)

N° 2096

Du Danemark au golfe de Gascogne

Clé d'identification

Nudibranche éolidien jaune pâle ou gris-brun
Présence de points blancs irisés sur le dos, les cérates et les tentacules
Juste derrière la tête, pas de collerette blanche, ni de cnidosacs géants

Noms

Noms communs internationaux

Kleine vlokslak (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eolidina rubra (Cantraine, 1835)
Eolidina paradoxa Quatrefages, 1843
Eolis angulata Alder & Hancock, 1844
Eolis glauca Alder & Hancock, 1845

Distribution géographique

Du Danemark au golfe de Gascogne

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce est présente du Danemark au golfe de Gascogne (Arcachon). Elle n'a pas été observée à ce jour en Méditerranée.

Biotope

A. glauca vit plutôt en dessous de la zone de balancement des marées. On peut la trouver dans de petits bras de mer vaseux mais aussi sur des côtes rocheuses. Cette espèce peut vivre dans des eaux à salinité un peu réduite.
L'espèce est rare et les individus présents en petit nombre.

Description

Cette espèce peut atteindre jusqu'à 45 mm de long. La couleur du corps est jaune pâle ou gris-brun, le bord du pied présente également cette couleur. Les cérates* ont une teinte rose sous la pointe et la pointe de chacun est marquée par une zone blanc-crème.
Un caractère important est la présence de points blancs irisés sur le dos, y compris les cérates et les tentacules*. La glande digestive brun pâle ou verdâtre s'étend jusqu'au quart ou au tiers de la pointe de chaque cérate, y compris le premier rang. Tous les cnidosacs* ont la même taille (il n'y a pas de cnidosacs géants).
Les cérates sont disposés en 15 rangées de chaque côté. Le premier rang, sur le côté de la tête, sous chaque rhinophore* ne porte que 2 petits cérates. La taille des cérates de chaque rang décroît latéralement.
Les tentacules oraux et les rhinophores sont lisses et pas très longs. Les rhinophores sont un peu plus courts que les tentacules. Les tentacules pédieux* sont bien visibles.

Espèces ressemblantes

Les espèces du genre Aeolidiella sont assez difficiles à distinguer, mais certains caractères sont déterminants. Il existe deux autres Aeolidiella sur nos côtes :

  • Aeolidiella alderi (Cocks, 1852) : cette espèce est un peu plus petite et surtout elle présente une crinière blanche (des cérates plus petits sur les premiers rangs derrière les rhinophores, avec de grands cnidosacs blancs). A. glauca ne possède pas cette collerette blanche derrière la tête ! A. alderi vit en eau peu profonde (jusqu'à 10 m) et pond sous les pierres. Il s'agit de gros œufs et le développement larvaire* sera direct.
  • Aeolidiella sanguinea (Norman, 1877) a, en général, le corps et les cérates rouges (mais cela dépend de son alimentation), les rhinophores, les tentacules oraux et les cérates ont des extrémités blanches et la sole* pédieuse est blanche. Le développement embryonnaire est classique (larves* véligères* planctoniques*).

Il existe également deux espèces plus grandes et plus aplaties : Aeolidia papillosa et A. filomenae.

  • Aeolidia papillosa (Linnaeus, 1761) : le corps est large, peu élevé et peut mesurer jusqu'à 120 mm de long. Les cérates sont nombreux (jusqu'à 25 rangées de 8 à 12), ils sont allongés et minces, jamais aplatis. Leur diamètre est uniforme sur la plus grande partie de leur longueur. Leur coloration est plus sombre que le reste du corps. Leur extrémité est blanc-beige. Le gonopore* est localisé entre le 6ème et le 8ème rang de cérates du côté droit.
  • Aeolidia filomenae Kienberger, Carmona, Pola, Padula, Gosliner & Cervera, 2016 : cette nouvelle espèce décrite en 2016 est très proche d'Aeolidia papillosa. Quelques différences peuvent être notées : les cérates de A. filomenae sont plus aplatis, légèrement en forme de crochet et présentent une coloration plus pâle que le reste du corps. Le gonopore est situé entre le 4ème et le 5ème rang.

Alimentation

Cette espèce se nourrit d'anémones de mer comme la plupart des éolidiens. Différents auteurs ont notés les proies suivantes : la sagartie des vases Sagartia troglodytes (Price in Johnston, 1847), la sagartie élégante S. elegans (Dalyell, 1848), l'anémone solaire Cereus pedunculatus (Pennant, 1777), l'anémone flammée Diadumene cincta Stephenson, 1925, le sagartiogeton blanc Sagartiogeton undatus (Müller, 1778), le sagartiogeton lacéré S. laceratus (Dalyell, 1848) sur fonds abrités vaseux et Actinothoe anguicoma (Price in Johnston, 1847) qu'elle semble préférer.

Reproduction - Multiplication

Cette espèce hermaphrodite* présente un comportement reproducteur et une reproduction particuliers pour des nudibranches éolidiens ! Il n'y a pas d'accouplement proprement dit mais un échange mutuel de spermatophores*.
Le couvercle du spermatophore se dissout rapidement et les spermatozoïdes* migrent vers le gonopore* à la surface du corps. Environ 1/3 des spermatophores sont perdus, mais il y a plusieurs appariements pour un même individu. Ce comportement très particulier serait dû aux conditions d'élevage en aquarium selon Tardy 1969.
La production d'œufs est très élevée. La ponte est un fin cordon enroulé lisse avec des interruptions à intervalles réguliers jamais festonné. Les larves* véligères* planctoniques* éclosent après une dizaine de jours pour une température de 10 à 12 °C.

Vie associée

Elle peut être l'hôte de copépodes* ectoparasites* : Doridicola agilis Leydig, 1853 et Splanchnotrophus angulatus Hecht, 1893. En général, on remarque d'abord les sacs ovigères* de ces parasites parmi les cérates du nudibranche.

Divers biologie

La coloration des individus dépend de leur alimentation.

Origine des noms

Origine du nom français

Eolis brillante : si éolis vient du nom scientifique de son genre, le qualificatif "brillante" met en lumière l'aspect dû aux points blancs irisés sur son dos, ses cérates et ses tentacules oraux. Ce nom est une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Aeolidiella : diminutif de Aeolidia, du grec [Aeolis] = fille d'Eole, dieu grec du vent ;

glauca : du grec [glaykos] = blanc (d'après le site espagnol Opistobranquis) ou plus simplement du latin [glaucus] = bleu pâle, bleu-vert pâle ou gris pâle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Famille Aeolidiidae Eolidiidés Éolidiens au corps large, rhinophores et tentacules buccaux simples sans lamelles, pas de tentacule pédieux, cérates nombreux (non groupés) laissant le milieu du dos libre.
Genre Aeolidiella
Espèce glauca

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