Bucarde tuberculée

Acanthocardia tuberculata | (Linnaeus, 1758)

N° 2861

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, mer Baltique, mer Noire et Méditerranée

Clé d'identification

Coquille circulaire, arrondie et massive
De couleur brune, irrégulièrement répartie
Valves accolées : profil en forme de cœur
Fortes côtes rayonnantes depuis l'umbo
Epines courtes, robustes, parfois noduleuses
Pied rose ou rouge

Noms

Autres noms communs français

Bucarde, coque tuberculée, bucarde à verrues, langue rouge

Noms communs internationaux

Tuberculate cockle, rough cockle (GB), Corruco (E), Fossiele hartschelp, geknobbelde hartschelp, karthageense hartschelp (NL), Knotige Hermuschel, Dickrippige Herzmuschel (D).

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cardium tuberculatum Linnaeus, 1758
Eucardium (Rudicardium) tuberculatum (Linnaeus, 1758)
Cardium rusticum Linnaeus, 1767
Cardium fasciatum Gmelin, 1791
Cardium nodosum Montagu,1803
Acanthocardia impedita Milaschewitch, 1909

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, mer Baltique, mer Noire et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Elle est présente en Méditerranée, en mer Noire, en Atlantique Nord-Est (côtes sud de la Grande-Bretagne jusqu'en Afrique du Nord), en Manche et mer du Nord, ainsi que dans certaines zones de la Baltique.

Biotope

Les bucardes tuberculées vivent près des côtes, à partir de 3 m jusqu'à une vingtaine de mètres de profondeur. Elles ne sont que modérément enfouies dans le sédiment (sable, gravier ou vase) car ses siphons sont courts (moins de 1/5ème de la longueur de la coquille).

Description

La coquille de ce bivalve, de forme circulaire, est très arrondie , épaisse, massive et convexe, et ne dépasse pas la taille de 9 cm. Elle est d'un brun plus ou moins foncé, les zones colorées étant réparties de façon irrégulière (souvent plus foncées sur les umbos*). Vues de profil, les valves bombées, accolées ont la forme d'un cœur.
Les valves, semblables, sont sculptées, à partir de l'umbo, d'une vingtaine de fortes côtes rayonnantes, plutôt carénées. Sur ces côtes, sont souvent alignées des épines courtes et robustes, non jointes, parfois noduleuses (c'est à dire réduites à des petites boules). Cette dernière caractéristique, particulièrement visible sur le bord externe des valves, donne le nom à l'espèce.
L'umbo est central et saillant. L'intérieur de la coquille est lisse : les côtes ne sont visibles que par un dessin de rainurage. Il n'y a pas de sinus palléal* mais deux impressions des muscles adducteurs*.
Le pied musculeux est grand, de couleur vive, rose ou rouge. Mais en général, lorsque l'animal est vivant, on ne peut apercevoir que les siphons qui en dépassent. Ceux-ci sont épanouis à la surface du sédiment où ils engluent des particules minérales. Ils sont courts (leur longueur ne dépasse pas 1/5 de celle de la coquille) et possèdent des tentacules disposés sur plusieurs séries concentriques aux ouvertures siphonales ; ainsi que sur la surface séparant les deux siphons. Les tentacules s'appliquent autour des siphons sur le substrat. Les particules minérales adhérant aux tentacules accentuent le camouflage de l'animal et favorisent la fixation du sédiment autour des orifices respiratoires.

Espèces ressemblantes

La distinction, par les siphons, entre les différentes espèces de la famille des Cardiidae est très délicate. Ce sont essentiellement la taille (par exemple Cerastoderma) et la forme (par exemple Laevicardium) de la coquille qui peuvent permettre d'approcher une identification.

Acanthocardia aculeata (Linnaeus, 1758), la bucarde épineuse (ou aiguillonnée), est très ressemblante. Elle peut atteindre une taille de 11 cm. Ses côtes sont marquées et carénées. Ses épines sont très prononcées, surtout sur le bord extérieur des valves, et reliées entre elles par une carène. Il n'y a pas de tubercule. C'est une espèce commune, comestible mais peu recherchée.
Acanthocardia echinata (Linnaeus, 1758), la bucarde rouge ou bucarde à papilles, est de couleur brun clair et de taille similaire à la bucarde tuberculée. Elle est plus galbée et ses épines coniques et pointues sont jointives à la base. Elles sont plus longues vers le bord antérieur des valves.
Acanthocardia paucicostata (Sowerby, 1841) est beaucoup plus petite (3 cm). Elle est plutôt beige. Les côtes sont moins nombreuses et moins marquées. Elle est plus rare sur les côtes métropolitaines (Atlantique et Méditerranée).
Acanthocardia deshayesii (Payraudeau, 1826), la bucarde de Deshayes, est de grande taille (65 mm), a une coloration claire (blanchâtre à brunâtre) et possède 16 à 19 côtes et des épines en forme d'écaille creuse. Méditerranée uniquement.
Acanthocardia spinosa (Solander, 1786), une autre bucarde épineuse, est également très grande, a une colaration claire (blanchâtre à brunâtre) et possède 25 à 30 côtes, des épines plus nombreuses, plus fines et réparties plus uniformément sur la coquille. L'espèce vit dans des sédiments mixtes à composition plus vaseuse. Méditerranée uniquement.

Alimentation

La bucarde est un filtreur et se nourrit de phytoplancton. Enfouie dans le sédiment, elle laisse dépasser ses siphons : la circulation d'eau induite lui apporte oxygène et nourriture.

Reproduction - Multiplication

La famille des Cardiidés est à dominante hermaphrodite. Pourtant la coque commune (Cerastoderma edule) est à sexes séparés. On ignore ce qu'il en est de cette bucarde.

Vie associée

La bucarde peut être parasitée par un copépode : Conchyliurus cardii Gooding, 1957. Le crabe petit pois, Pinnotheres pisum (Linnaeus, 1767), est également considéré comme un de ses parasites.
Le rason (Xyrichtys novacula) et le pagre (Pagrus pagrus) sont présentés comme prédateurs de cette bucarde, ainsi que certaines étoiles de mer.

Divers biologie

La bucarde tuberculée est une espèce assez commune. On en trouve souvent échouées, en laisse de mer.
Il existe une vingtaine d'espèces de coques (famille des Cardiidés) dans les mers européennes.

Informations complémentaires

C'est une espèce comestible, plutôt en Méditerranée, mais peu recherchée. Elle est surtout utilisée comme appât pour la pêche.
L'animal s'enfouit très rapidement dans le sédiment mais peu profondément. Une sécrétion de mucus permet d'agglomérer des grains de sable et autres particules, qui participent à son camouflage sans que l'animal n'ait à s'enfouir profondément.
Grâce à son pied musculeux, cette espèce peut faire des "sauts".
Certaines coquilles ne présentent pas d'épine sur les côtes : elles appartiendraient à la sous-espèce Acanthocardia tuberculata forme mutica Bucquoy, Dautzenberg & Dollfus, 1892.



Les coquilles vides de la bucarde tuberculée étaient utilisées autrefois pour présenter des confiseries pour les enfants. Nombre d'anciens, à la sortie de l'école, ont sans doute léché autrefois ces roudoudous, coquillages-sucettes au contenu sucré. Ici, une véritable Acanthocardia tuberculata provenant du Musée maritime de l'île de Tatihou (dernière photo, en bas). Aujourd'hui, avec le Progrès, la coquille est souvent en plastique et il arrive de la trouver en laisse de mer (à droite sur la dernière photo). Certains animateurs nature quelque peu facétieux présentent localement cette curieuse espèce comme un Acanthocardia roudoudou (Noël, 2011), version moderne du célèbre dahut des plages bien connu par ailleurs. Noter qu'il est très difficile de détecter la version vrai-coquillage en "confiserie vide" sur la plage, contrairement à l'autre ; ces pollutions anciennes diffèrent des pollutions modernes !

Origine des noms

Origine du nom français

Bucarde : du grec [bous] = bœuf et [kardia] = cœur ; le nom décrit la forme générale de la coquille ressemblant à celle d'un cœur de bœuf.
Elle appartient à la famille des Cardiidés dont la coquille fermée a une forme de cœur.
tuberculée : traduction directe du nom d'espèce : qui présente des tubercules.

Origine du nom scientifique

Acanthocardia : du grec [akantha] = épine et du grec [kardia] = cœur ; le nom fait donc référence à la fois aux épines des côtes et à la forme de cœur de la coquille.
tuberculata : du latin [tuberculum] = petit gonflement, ce qui est visible le long des côtes de cette bucarde.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Heterodonta Hétérodontes Charnière à dents dissociées. Siphon bien développé permettant aux organismes de se nourrir et de respirer tout en restant enfouis.
Ordre Veneroida Vénéroïdes Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe.
Famille Cardiidae Cardiidés

Coquille fermée en forme de cœur. Côtes radiales fortes avec parfois présence de longs tubercules. Bord des valves crénelé.

Genre Acanthocardia
Espèce tuberculata

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