Ablette

Alburnus alburnus | (Linnaeus, 1758)

N° 1020

Eurasie

Clé d'identification

Corps fusiforme, mince, élancé et comprimé latéralement
Dos vert bleuté, flancs argentés, ventre blanc
Nageoires transparentes à gris pâle
Petites écailles
Bouche grande et dirigée vers le haut
Mâchoire inférieure dépassant légèrement mâchoire supérieure

Noms

Autres noms communs français
Abiette, able, blanchet, dormelle, gobio, lorette, mirandelle, rondin
Noms communs internationaux
Bleak (GB), Alborella, arborella (I), Alburno, albur (E), Ruivaca (P), Spitzlaube, Sostknecht, Sonnenfisch (D), Alver (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Abramis alburnus (Linnaeus, 1758)
Alburnus acutus Bonaparte, 1845
Alburnus alborella (non Filippi, 1844)
Alburnus alburnus alborella (non De Filippi, 1844)
Alburnus alburnus alburnus (Linnaeus, 1758)
Alburnus alburnus macedonicus Karaman, 1928
Alburnus alburnus strumicae Karaman, 1955
Alburnus arquatus Fatio, 1882
Alburnus breviceps Heckel & Kner, 1858
Alburnus charusini Herzenstein, 1889
Alburnus gracilis Bonaparte, 1845
Alburnus obtusus Bonaparte, 1845
Alburnus striatus Petrov, 1926
Aspius alborella (non De Filippi, 1844)
Aspius alburnoides Selys-Longchamps, 1842
Cyprinus albor (non Scopoli, 1786)
Cyprinus alburnus Linnaeus, 1758
Cyprinus lanceolatus (non Bloch & Schneider, 1801)
Leuciscus alburnus (Linnaeus, 1758)

Distribution géographique

Eurasie

Zones DORIS : Eau douce

Eurasie : largement distribuée en Europe (à l'exception de la Norvège) et également dans la partie occidentale de l'Asie (jusqu'à l'Oural). L'ablette a été introduite dans divers pays dont l'Espagne, le Portugal et Chypre à partir des années 1970-80.

Biotope

Elle vit dans les eaux claires, à courant faible et ne présentant pas trop de végétation. On la trouve dans les parties à courant lent des rivières et des fleuves, beaucoup plus rarement dans les lacs et les étangs. Elle vit près de la surface où elle trouve sa nourriture.

Description

Forme générale : c’est un petit poisson au corps fusiforme, mince, élancé et comprimé latéralement recouvert de petites écailles peu adhérentes. La ligne latérale est complète, bien visible et s’infléchit vers le bas jusqu'à la base de la nageoire caudale. La tête est petite, l'œil assez gros. La bouche est grande, oblique et dirigée vers le haut avec une mâchoire inférieure dépassant légèrement de la mâchoire supérieure. Les dents pharyngiennes sont crochues et sur 2 rangs (2+5).

Nageoires : La nageoire dorsale est située en arrière des nageoires ventrales (pelviennes). La nageoire anale est très allongée et commence sous la nageoire dorsale. La nageoire caudale est allongée, très échancrée et présente des écailles argentées.

Taille : elle mesure au maximum 25 cm, avec une moyenne de 10 à 15 cm (mâle : 15 cm, femelle : 10 cm). Elle dépasse rarement 60 g (record de pêche 265 g).

Coloration : le dimorphisme sexuel est peu prononcé sauf en période de frai. Le dos est vert bleuté avec une coloration plus nette au-dessus de la tête, les flancs sont argentés et le ventre plus blanc. Les nageoires sont transparentes à gris pâle, avec des reflets argentés.

Espèces ressemblantes

Le gardon (Rutilus rutilus), qui présente une forme plus massive avec des yeux et des nageoires rougeâtres. Contrairement au gardon, la nageoire dorsale de l’ablette est située bien en arrière de l’aplomb des nageoires pelviennes.

La vandoise (Leuciscus leuciscus), dont la taille est cependant plus grande que l'ablette et qui possède par ailleurs une bouche ventrale.

Alimentation

Omnivore, elle se nourrit de petits mollusques, larves d’insectes, vers, petits crustacés et débris de végétaux.

Reproduction - Multiplication

Le frai a lieu d’avril à juillet lorsque la température de l'eau est à environ 15°C. Les mâles affichent une éruption de petits tubercules de frai (boutons nuptiaux) sur le dos et les flancs, et les nageoires sont orangées. La femelle pond ses œufs pendant la nuit (1 000 et 2 500 œufs par ponte, jusqu'à 5 000 à 7 000 œufs par femelle, en plusieurs fois) sur un fond de graviers ou de plantes aquatiques, près des berges et sur les zones peu profondes. Ils incubent pendant une semaine.

Les larves (de grande taille, environ 5 mm) ont une vésicule vitelline et restent attachées passivement aux plantes ou au fond pendant deux à cinq jours. Ensuite, elles se nourrissent de plancton animal, près du rivage. La croissance des jeunes est lente.

La maturité sexuelle est atteinte après 1-2 ans pour les mâles et 2-3 ans pour les femelles.

Remarques : des hybridations sont possibles avec le chevaine (Squalius cephalus), le gardon (Rutilus rutilus), le rotengle (Scardinius erythrophthalmus) et la brème commune (Abramis brama).

Vie associée

Le copépode Paraergasilus longidigitus (Yin, 1954), de l'ordre des Poecilostomatoida, infeste les branchies de Alburnus alburnus.

Les protozoaires ciliés Myxobolus alburni, Myxobolus margitae et Myxobolus obesus, infestent les vaisseaux sanguins des branchies de Alburnus alburnus.

Divers biologie

L'ablette présente une espérance de vie pouvant atteindre jusqu'à 6-7 ans.
Très grégaire, elle vit en groupe dense pouvant former des bancs importants.
Elle tolère des températures élevées.

L'alose (Alosa macedonica), le brochet (Esox lucius), la lotte de rivière (Lota lota), le sandre (Sander lucioperca), la perche (Perca fluviatilis) et le silure glane (Silurus glanis) se nourrissent d'Alburnus alburnus.

Informations complémentaires

C’est un poisson fragile qui supporte difficilement les pollutions extérieures. Ainsi, sa présence indique une eau de bonne qualité.

Au 19ème siècle l'ablette était très recherchée pour sa chair mais également pour ses écailles. En effet, après détachement, ses écailles étaient broyées. Ensuite, traitées à l’ammoniaque, elles fournissaient "l’essence d’orient" qui, appliquée en plusieurs couches successives sur des petites billes de verre, donnaient un aspect irisé imitant la perle et la nacre. Cependant, les fausses perles ainsi obtenues étaient peu résistantes au frottement. Il en fallait environ 40 kg d'ablette pour extraire un quart de litre d'essence d'orient. Cette industrie a maintenant disparu.

Les ablettes sont également très utilisées par les pêcheurs pour leur vivacité et le fait qu'elles soient très appréciées par les prédateurs d'eau douce (pêche au vif).

Nous recherchons vivement d'autres clichés complémentaires sur cette espèce. Merci de nous contacter par le biais de la page "Participants".

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom latin de genre ou d'espèce.

Origine du nom scientifique

Alburnus : du latin [albulus] = blanc, blanchâtre (allusion à la blancheur des écailles).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Ostariophysi Ostariophysaires
Ordre Cypriniformes Cypriniformes Presque tous d’eau douce.
Sous-ordre Cyprinoidea Cyprinoïdes
Famille Cyprinidae Cyprinidés
Genre Alburnus
Espèce alburnus

Nos partenaires