Troque divariquée, troque divergente, monodonte linéolée, monodonte de Lesson
Divaricate gibbula (GB), Peonza fina (E), Gespreizte Buckelschnecke (D), Račvasti zvrk (Croatie), Aktinotós trokhós (Grèce), Splyushchennaya steromfala (Russie), Kotouček obecný (Tchéquie)
Trochus divaricatus Linnaeus, 1758
Gibbulastra divaricata (Linnaeus, 1758)
Gibbula divaricata (Linnaeus, 1758)
Gibbula (Gibbulastra) divaricata (Linnaeus, 1758)
Monodonta lessoni Payraudeau, 1826
Trochus varians O. G. Costa, 1830
Gibbula divaricata var. diversa Monterosato, 1888
Gibbula divaricata var. regularis Monterosato, 1889
Gibbula divaricata var. scalaris Coen, 1937
Gibbula (Gibbulastra) divaricata var. scalaris Coen, 1937
Gibbula (Gibbulastra) specialis Coen, 1937
Gibbula specialis Coen, 1937
Méditerranée (endémique)
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]L’espèce est largement répartie en Méditerranée, où elle est endémique* et commune sur la plupart des côtes rocheuses. Son aire de distribution couvre les bassins occidental et oriental, ainsi que la mer de Marmara, la mer Noire et la mer d’Azov. Elle est présente sur toutes les côtes et les îles méditerranéennes ainsi que sur le littoral nord-africain, où elle est signalée du Maroc jusqu’à l’ouest de la Libye (Bek-Benghazi et al., 2020). Elle est également connue d’Égypte, du Liban et de Syrie.
Sa présence sur les côtes atlantiques voisines du détroit de Gibraltar reste incertaine. Pallary (1912) la mentionne à Tanger (Maroc), dans la zone de transition entre Atlantique et Méditerranée, tandis que Nobre (1886) décrit un unique exemplaire observé à Setúbal, au Portugal. Cette dernière observation, fondée sur une coquille roulée, peut être considérée comme accidentelle et ne démontre pas l’existence d’une population établie.
La gibbule divariquée vit principalement sur les côtes rocheuses peu profondes. On la rencontre surtout dans la partie basse de l'estran*, de l’étage intertidal* jusqu’à quelques mètres de profondeur, à savoir entre les zones régulièrement découvertes à marée basse et celles qui restent presque toujours sous l'eau. Elle est généralement absente des surfaces rocheuses exposées pendant la journée et se cache volontiers sous les pierres, dans les fissures et les crevasses ou parfois dans les algues où elle trouve un abri contre le dessèchement et les prédateurs. On la rencontre également dans les mares littorales, où elle peut être très abondante, ou parfois dans les herbiers de posidonies Posidonia oceanica (d'Angelo et Gargiulo, 1978).
Cette espèce préfère généralement les endroits relativement abrités plutôt que les côtes directement exposées à la forte houle. Elle s'adapte toutefois à des milieux variés et peut aussi coloniser les ouvrages artificiels tels que les digues ou les ports.
Sa distribution s'étend des premiers centimètres sous la surface jusqu'à 50 m de profondeur, même si elle est beaucoup plus fréquente dans les eaux peu profondes.
La coquille de la gibbule divariquée* est épaisse, solide* et de taille moyenne, avec une spire* plus ou moins élevée. Elle est composée de six tours convexes. Son diamètre atteint généralement 13 à 18 mm et sa hauteur 12 à 20 mm. Exceptionnellement, les dimensions peuvent atteindre 25 mm. Le rapport hauteur/diamètre varie de 0,9 à 1,15 et le diamètre est souvent égal, voire légèrement supérieur à la hauteur.
La forme de la coquille est très variable. Chez les jeunes individus, elle est basse et peu élevée, avec des tours peu saillants. Elle devient progressivement plus conique et plus haute au cours de la croissance.
L'apex* est pointu et la suture* bien marquée. Chez les exemplaires typiques, elle peut devenir très profonde, donnant l'impression que les tours de spire sont partiellement séparés les uns des autres. Le dernier tour est alors dilaté et semble légèrement détaché des précédents. Cet écartement visible des tours (divarication) est à l'origine du nom de l'espèce. La périphérie du dernier tour est généralement arrondie, parfois faiblement anguleuse.
Il est toutefois fréquent de rencontrer des exemplaires chez lesquels cette divarication ne se manifeste que faiblement, voire pas du tout. La spire prend alors une forme plus déprimée et étagée, tandis que les autres caractères de l'espèce demeurent inchangés.
Quant à la structure, les tours embryonnaires* sont lisses. La sculpture des tours suivants est constituée de cordons* spiralés aplatis, plus larges que les intervalles qui les séparent. Cette structure serrée s'étend jusqu'à la base. Elle est croisée par de fines stries de croissance obliques. Sur le dernier tour, certains cordons peuvent apparaître dédoublés, formant deux, parfois trois côtes presque fusionnées.
La base de la coquille, convexe et dépourvue de carène*, est ornée de huit à neuf cordons concentriques aplatis, traversés par des stries de croissance radiales. L'ouverture, de forme ovale à presque circulaire, paraît relativement petite. Elle présente une callosité bien développée qui recouvre presque entièrement l'ombilic*, dont il ne subsiste généralement qu'une très faible trace. L’intérieur de la coquille est nacré. La columelle* est lisse, arquée et épaisse. Le labre* est arrondi, tranchant sur son bord mais rapidement épaissi intérieurement.L'ombilic est parfois ouvert chez les jeunes individus, puis se réduit progressivement au cours de la croissance. Chez les adultes, il est quasiment fermé ou réduit à une étroite fente. L'opercule*, corné et multispiré*, est typique des petits Trochidés méditerranéens.
Contrairement à la forme de la coquille, très variable, la coloration de la coquille est relativement constante. Le fond est toujours clair, grisâtre, gris cendré, verdâtre, jaunâtre ou parfois légèrement rosé. Les cordons spiralés sont ornés de petites taches rouges, rose carmin ou rouge sang, de forme carrée à allongée, disposées en séries longitudinales souvent obliques. Ces taches forment des lignes ondulées ou des rayures d'aspect fragmenté, caractère typique de l'espèce. Elles peuvent être bordées de blanc ou de jaune pâle. Le bord du labre est blanc. La coloration des parties molles du mollusque est également assez constante. La région située derrière la tête est blanchâtre et semi-transparente, parfois grisâtre. On peut observer de faibles ombres roses ou violâtres sur les côtés. La face ventrale du pied* (sole*) est ocre jaunâtre plus ou moins pâle, le bord est pâle, quasi transparent et crénelé. La face dorsale du pied et ses côtés présentent un motif uniforme, composé d’un réseau de lignes longitudinales gris foncé à brunâtres sur une fine granulation générale blanche. Le repli palléal* richement crénelé est transparent ou grisâtre, mais couvert de nombreuses taches blanches. Les tentacules* céphaliques* blanchâtres portent des anneaux fins noirs. Les trois tentacules épipodiaux* présents de chaque côté du corps sont transparents. Ils peuvent être entièrement incolores, ponctués de quelques points noirs ou marqués de fins anneaux sombres espacés.
La grande variabilité de cette espèce a conduit les malacologues* des XIXᵉ et XXᵉ siècles à créer de nombreux taxons fondés sur la forme de la coquille, la hauteur de la spire, l'aspect de l'ombilic, la sculpture ou encore les différences liées à l'âge des individus. La littérature ancienne mentionne ainsi plusieurs variétés, parmi lesquelles diversa, regularis ou scalaris. Locard et Caziot (1901) en recensent, à eux seuls, onze différentes pour la Corse. Les auteurs contemporains regroupent aujourd'hui l'ensemble de ces formes au sein d'une seule espèce, Steromphala divaricata, les caractères qui avaient justifié leur création étant désormais considérés comme relevant de la variabilité individuelle. On distingue toutefois deux morphotypes* particuliers lorsque les sutures sont fortement marquées chez les adultes : la var. strangulata, dont les sutures très profondes donnent l'impression que les tours sont séparés les uns des autres, et la var. scalaris, caractérisée par des tours moins divariqués et légèrement étagés.
La gibbule divariquée a longtemps été comparée à la gibbule cendrée Steromphala cineraria, notamment dans la littérature ancienne. Cette dernière est cependant une espèce essentiellement océanique. Elle possède une coquille plus régulière et plus compacte, dont les tours ne présentent pas l'écartement caractéristique observé chez S. divaricata. Sa coloration est également un peu différente : le fond gris clair est parcouru de nombreuses lignes fines, régulières, brunâtres, qui se prolongent jusqu'à l'ouverture.
Les jeunes individus de Steromphala divaricata peuvent être facilement confondus avec leur congénère Steromphala rarilineata. Les jeunes gibbules divariquées possèdent souvent un dernier tour anguleux à la périphérie, mais la base reste toujours plus ou moins convexe. Chez S. rarilineata, le dernier tour est généralement anguleux et la base plate ou nettement concave (forme typique). À l’âge adulte, S. divaricata est un peu plus grande. Elle présente des tours plus convexes et un dernier tour bien arrondi, tandis que S. rarilineata conserve une silhouette plus anguleuse, triangulaire et la spire reste plus courte. La coloration est souvent très proche chez les deux espèces, mais les taches rouges de S. divaricata sont généralement plus longues, plutôt rectangulaires que carrées, parfois dédoublées et sa sculpture est un peu plus marquée. Les cordons concentriques de la base sont plus aplatis et plus larges chez S. divaricata, les intervalles étant réduits à de très fins sillons. Chez S. rarilineata, les cordons sont plus étroits et plus arrondis, avec des intervalles légèrement plus larges.
Malgré ces différences, la distinction reste souvent délicate sur le terrain et demeure incertaine.
Des différences de radula*, notamment au niveau de la dent centrale (rachidienne), ont été signalées dans la littérature spécialisée (Beck, 1995), mais ce critère de différenciation ne peut être appliqué qu’en laboratoire scientifique. Prkić, Stanić et Ugarković (2024) mentionnent également les différences de couleur au niveau des parties molles du mollusque (manteau*, sole* de reptation, tentacules* épipodiaux*). Ces caractères sont toutefois rarement observables, sauf lorsque l'animal tombe sur sa coquille et tente de se retourner. La sole de reptation et le manteau de S. rarilineata sont généralement plus clairs que ceux de S. divaricata.
Comme les autres Trochidés, la gibbule divariquée est principalement herbivore. Cette espèce benthique* se nourrit en broutant les microalgues, les diatomées* et le biofilm* qui se développent à la surface des rochers et autres substrats* durs. Pour prélever cette nourriture, elle utilise sa langue râpeuse, la radula*, qui lui permet de racler les surfaces colonisées.
Aucune donnée spécifique n'a été trouvée concernant la reproduction des gibbules divariquées. Comme chez la plupart des Trochidés, la reproduction est sexuée. Les mâles et les femelles libèrent leurs gamètes* en pleine eau, où a lieu la fécondation*. Le développement passe par un stade larvaire* planctonique* permettant la dispersion de l'espèce avant l'installation des jeunes individus sur le fond.
Dans les zones rocheuses abritées, la gibbule divariquée vit souvent en compagnie d'autres gastéropodes littoraux. Dans les mares littorales calmes et les zones peu profondes du sublittoral, elle est fréquemment associée à Steromphala rarilineata, Phorcus articulatus ou Phorcus richardi, mais également aux gastéropodes du genre Thericium, à savoir T. vulgatum ou T. lividulum, selon le substrat* et la région. Elle peut aussi être observée sous les blocs rocheux ou dans les crevasses avec des espèces comme Steromphala varia ou Gibbula turbinoides.
L’espèce peut également cohabiter avec le chiton Rhyssoplax olivacea.
Sa coquille est souvent recouverte d'algues encroûtantes, ce qui la rend parfois difficile à repérer sur le substrat rocheux.
Espèce commune à très commune, la gibbule divariquée est pourtant rarement visible sur les surfaces rocheuses exposées en pleine journée. Elle reste généralement à l'abri sous les pierres ou dans les crevasses, évitant ainsi les conditions les plus contraignantes, comme l'ensoleillement direct ou le risque de dessèchement lors de l'émersion.
Il s’agit d’une espèce typiquement littorale, qui forme des populations souvent continues le long des côtes rocheuses. Des études génétiques récentes montrent que les populations sont globalement bien connectées entre elles, ce qui suggère une dispersion efficace, probablement au stade larvaire*. Cette connectivité n'est toutefois pas homogène et varie selon les caractéristiques du milieu marin, comme la salinité, la température de surface de la mer, les courants et la disponibilité des habitats rocheux favorables (Affenzeller, Haar et Steiner, 2017 ; López-Márquez et al., 2019 ; López-Márquez et al., 2021).
Aucune donnée spécifique n'a été trouvée concernant la longévité de Steromphala divaricata. Chez son congénère océanique Steromphala cineraria, Gaillard (1965) a estimé une durée de vie pouvant atteindre une dizaine d'années. La longévité de S. divaricata pourrait être du même ordre de grandeur, mais cela reste à confirmer.
La variabilité de la coquille a longtemps compliqué l'identification de cette espèce et entraîné la description de nombreuses formes aujourd'hui considérées comme des synonymes. Les individus à tours anguleux peuvent notamment rappeler Steromphala varia ou S. rarilineata. Cette difficulté n'est pas nouvelle : dès les premiers travaux de conchyliologie*, certains auteurs l’ont laissée parmi les espèces indéterminées, d’autres s'interrogeaient sur ses limites et des formes voisines aujourd'hui rattachées à des espèces ressemblantes. Les études morphologiques et génétiques récentes confirment cependant que Steromphala divaricata constitue une espèce bien définie et distincte au sein du genre Steromphala. Sur le terrain, les caractères de différentiation les plus utiles restent la forme générale de la coquille, la profondeur des sutures* et l'aspect de la base.
Il est remarquable qu'une espèce aussi commune sur les côtes méditerranéennes soit pratiquement absente des gisements fossiles connus. À ce jour, elle n'a pas été signalée avec certitude à l'état fossile et ne semble pas non plus figurer parmi les espèces de mollusques exploitées ou collectées par les populations préhistoriques dans les principaux sites archéologiques méditerranéens.
Les noms vernaculaires attribués à cette espèce mettent l'accent sur des caractères différents selon les pays. Le nom allemand Gespreizte Buckelschnecke, signifiant « troque bossu divariqué », souligne le relief bombé des tours de spire*, tandis que le nom grec aktinotós trokhós ou « troque rayonné » fait référence à l'ornementation rayonnante de la coquille plutôt qu'à sa forme générale. Cette dernière appellation pourrait d'ailleurs convenir à d'autres gibbules méditerranéennes présentant une coloration similaire, comme S. rarilineata ou Phorcus mutabilis.Le nom commun de gibbule divariquée est une francisation du nom scientifique.
Gibbule : traduction exacte de l'ancien nom de genre scientifique Gibbula.
(Troque) : apparaît comme synonyme de gibbule, faisant référence à la forme arrondie de la coquille.
divariquée (adj.) : traduit l'épithète latin divaricata, en référence au dernier tour de spire* qui paraît souvent s'écarter du reste de la coquille chez les individus typiques.
Cette espèce ne semble pas avoir bénéficié d'un nom vernaculaire français largement adopté. Les appellations historiques rencontrées dans la littérature font référence soit au motif de coloration de la coquille, soit à des dédicaces, plutôt qu'à sa forme caractéristique.
Steromphala : du grec [stereos] = solide, dur et du grec [omphalos] = nombril, ombilic, en référence à l'ombilic* caractéristique de plusieurs espèces du genre.
Gibbula (ancien nom de genre) : du latin [gibba] = bosse, associé au suffixe diminutif [-ula]. Le nom évoque ainsi un petit gastéropode dont la coquille présente une forme bombée, semblable à une petite bosse ou un monticule.
Trochus (ancien nom de genre) : du latin [trochus], lui‑même issu du grec ancien [trokhós] = roue, disque ou cerceau. Ce nom est mentionné pour la première fois chez le naturaliste français Guillaume Rondelet (1507‑1556), qui l’utilisa pour désigner divers coquillages présentant une forme comparable.
divaricata (épithète spécifique) : adjectif féminin latin dérivé du verbe [divaricare] = écarter, séparer ou s’ouvrir en écartant, en référence aux tours de spire* qui paraissent s'écarter les uns des autres chez les exemplaires les plus typiques.
Numéro d'entrée WoRMS : 576618
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Vetigastropoda | Vétigastropodes | Coquille de forme très variable, la plupart des espèces possèdent un opercule. La tête possède une seule paire de tentacules céphaliques et le mufle porte la bouche. Des tentacules épipodiaux* (à rôle sensoriel) sont présents sur les côtés du corps. |
| Ordre | Trochida | Trochida | |
| Famille | Trochidae | Trochidés | Coquille de 3 à 130 mm, très variable, colorée ou avec des bandes sombres, quelques tours seulement. Intérieur de la coquille nacré. Opercule corné, circulaire multispiré. 3 ou plus paires de tentacules épipodiaux le long du pied. |
| Sous-famille | Cantharidinae | Cantharidinés | |
| Genre | Steromphala | ||
| Espèce | divaricata |
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Coquille conique à tours dilatés
Les coquilles des individus adultes sont coniques, avec un apex assez pointu et des sutures bien marquées. Le fond est clair, grisâtre, jaunâtre à verdâtre. Les cordons spiraux sont ornés de petites taches rouges disposées en séries longitudinales obliques. Ces lignes sont interrompues par la sculpture de la coquille, ce qui leur confère un aspect ponctué et fragmenté.
Lumio, Haute-Corse (2B)
11/06/2022
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Museau, tentacules et yeux
Souvent couverte d'algues ou d'organismes encroûtants qui masquent la coloration caractéristique de la coquille, la gibbule divariquée passe facilement inaperçue sur les rochers. L'écartement caractéristique des tours de spire reste cependant visible. La coloration des parties molles de l’animal est discrète. Le mufle est marqué de fines rayures transversales sombres. Les tentacules céphaliques sont clairs et irrégulièrement annelés de noir.
Supetar, île de Brač, Croatie, mer Adriatique, 0,30 m
30/07/2025
Vue latérale
Le manteau du mollusque présente un réseau de lignes longitudinales gris foncé à brunâtres sur une fine granulation claire. Les trois tentacules épipodiaux situés vers l'arrière du pied sont presque transparents. Ils sont ponctués de quelques points blancs et noirs et portent parfois de fins anneaux sombres espacés.
Supetar, île de Brač, Croatie, mer Adriatique, 0,30 m
30/07/2025
En retournant
Les parties molles de Steromphala divaricata peuvent être observées lorsque l'animal se retourne. On distingue alors le pied à bord clair et crénelé, le manteau gris parcouru de rides et d'une fine granulation blanchâtre, ainsi que le mufle marqué de rayures noires transversales. Les yeux sont situés à la base des tentacules céphaliques, à l'extrémité de petits pédoncules. Le repli palléal, transparent, est maculé de blanc et présente un bord fortement crénelé.
Presqu’île de Giens, Hyères (83)
16/05/2026
Opercule
Lorsque l'animal se retire à l'intérieur de sa coquille, l'ouverture est fermée par un opercule corné circulaire. Sur son fond couleur miel, on distingue de fines stries concentriques disposées en spirale autour du centre. On parle alors d'un opercule multispiré.
Plage du Grand Roucas, Prado Nord, Marseille (13)
28/06/2026
Coquille divergente et variable
La coquille divariquée a donné son nom à l'espèce. Les sutures entre les tours de spire sont profondes et le dernier tour est souvent dilaté, donnant l'impression de se détacher légèrement des précédents. Le fond, généralement clair, est parcouru de lignes obliques rayonnant du sommet vers l'ombilic et fragmentées en petites taches rougeâtres. Les deux coquilles illustrées (14 mm et 19,5 mm) ainsi que quelques détails (rangée du haut) montrent la variabilité de cette ornementation.
Note : Les collections de coquillages que DORIS reconnaît sont uniquement celles qui sont à visée scientifique.
Plage de l’Huveaune, Marseille (13), coquilles en épaves
08/2026
Espèces ressemblantes
Les coquilles vides de trois espèces pouvant être observées sur l'estran rocheux méditerranéen sont comparées ici : deux coquilles de Steromphala rarilineata (colonne de gauche), deux coquilles de Phorcus mutabilis (colonne centrale) et deux coquilles de Steromphala divaricata (colonne de droite). La taille et l'ornementation peuvent paraître très similaires au premier regard, en particulier chez les coquilles roulées et usées retrouvées dans la laisse de mer. Une identification fiable repose donc sur l'observation de plusieurs caractères morphologiques.
Note : Les collections de coquillages que DORIS reconnaît sont uniquement celles qui sont à visée scientifique.
Marseille (13), coquilles en épaves
2026
Radula
Les travaux de Lothar A. Beck sur la morphologie, l'anatomie et surtout les radulas des Trochidés sont largement reconnus. La radula de la gibbule divariquée se caractérise par la forme de la dent centrale (rachidienne), dont la base est particulièrement large. Les images obtenues au microscope électronique montrent les dents en trois dimensions avec un excellent rendu du relief et de la structure de surface.
Figures 1 et 2, planche 63 de la thèse doctorale intitulée « Europäische Kreiselschnecken (Trochoidea). Zur Systematik und Evolution europäischer Trochiden (Kreiselschnecken) … », présentée à la Philipps-Universität Marburg (université de Marburg, Allemagne)
Reproduction de documents anciens
1995
Représentation ancienne
Les planches naturalistes espagnoles du XIXᵉ siècle sont souvent remarquables. Trochus divaricatus d'Hidalgo (synonyme scientifique ancien) est particulièrement bien représenté et constitue une source iconographique de référence. Les mêmes dessins seront ensuite repris dans le manuel illustré de Tryon et Pilsbry (1889, pl. 33).
Figures 4 à 8, planche 61 du tome IV (Atlas) de l'ouvrage « Moluscos marinos de España, Portugal y las Baleares » par le malacologue espagnol Joaquín González Hidalgo y Rodríguez (1839‑1923)
Reproduction de documents anciens
1870
Atlas de poche de Ph. Dautzenberg
L’illustration coloriée de Dautzenberg présente la gibbule divariquée sous son ancien nom scientifique Gibbula divaricata. L'auteur indique qu'il s'agit d'une espèce commune sur l'ensemble du littoral méditerranéen. Si la forme de la coquille est très variable, la coloration, caractérisée par des linéoles rouge sang sur un fond verdâtre, est considérée comme constante. À l'époque de Dautzenberg, l’espèce ressemblante, la gibbule à lignes rares, Steromphala rarilineata, était encore considérée comme une simple variété de S. divaricata.
Figure 94, p. 25 de l’ouvrage « Atlas de poche des coquilles des côtes de France communes, pittoresques ou comestibles » du conchyliologiste belge Philippe Dautzenberg (1849–1935)
Reproduction de documents anciens
1913
Monodonte de Lesson
L’espèce est décrite sous l’ancien nom scientifique Monodonta Lessonii. Payraudeau l’a dédié à M. Lesson, l’un des naturalistes de l’expédition autour du monde menée à bord de la corvette La Coquille. Le dessin met en évidence les tours bombés d’une coquille épaisse, dotée d’une ouverture relativement petite, ovale et sans ressaut.
Figures 3 et 4, planche 7 dans « Catalogue descriptif et méthodique des annélides et des mollusques de l'Ile de Corse… » du naturaliste et zoologiste français B. C. Payraudeau (1798‑1865)
Reproduction de documents anciens
1826
Rédacteur principal : Miroslava MATEJCEKOVA
Correcteur : Philippe LE GRANCHÉ
Responsable régional : Frédéric ANDRÉ
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Affenzeller S., Haar N., Steiner G., 2017, Revision of the genus complex Gibbula: an integrative approach to delineating the Eastern Mediterranean genera Gibbula Risso, 1826, Steromphala Gray, 1847, and Phorcus Risso, 1826 using DNA-barcoding and geometric morphometrics (Vetigastropoda, Trochoidea), Organisms Diversity & Evolution, 17, 789–812.
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La page de Steromphala divaricata sur le site de référence de DORIS pour les mollusques : MolluscaBase
La page de Steromphala divaricata dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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