Claveline naine aux siphons jaunes

Pycnoclavella nana | (Lahille, 1890)

N° 4747

Méditerranée occidentale, Atlantique Nord-Est limitrophe

Clé d'identification

Colonie en tapis peu dense de petites ascidies pédonculées
Zoïdes de couleur blanche, jaune ou orange (voire rose)
Deux siphons cerclés à leur sommet d'un discret anneau jaune ou vert jaunâtre
Zoïdes jusqu'à 13 mm de hauteur, moins de 10 mm le plus souvent
Thorax de 4 mm de long environ

Noms

Autres noms communs français

Claveline naine

Noms communs internationaux

Midget seasquirt (GB), Clavelina nana (I), Clavelina nana (E), Zwerg-Saascheide (D), Dwergzakpijp (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Clavelina nana Lahille,1890
Polycitor nana (Lahille, 1890)

Distribution géographique

Méditerranée occidentale, Atlantique Nord-Est limitrophe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Pycnoclavella nana est présente en Méditerranée et en Atlantique Nord-Est limitrophe. Elle est principalement abondante au nord du bassin méditerranéen occidental (Espagne à partir de Gibraltar et sud de la France, Corse comprise).
Elle serait également présente dans les eaux atlantiques européennes et dans l'océan Indo-Pacifique central.

Biotope

Pycnoclavella nana est abondante dans les zones côtières rocheuses et au pied de l'herbier de posidonie. Elle fréquente les eaux peu profondes, jusqu'à 60 m de profondeur. On la trouve aussi parmi le coralligène*, fixée sur la roche ou sur d'autres organismes fixés.

Description

Les Pycnoclavella d’Europe sont des ascidies sociales pédonculées (excepté Pycnoclavella neapolitana qui est une espèce solitaire grégaire). Chaque individu ou zoïde* est constitué d'un thorax* en forme d'outre contenant le sac branchial, se prolongeant en un abdomen* étiré et renflé à la base là où l'animal se fixe.

La claveline naine Pycnoclavella nana vit en groupe de plusieurs dizaines d’individus reliés entre eux par un stolon* basal peu visible. Les zoïdes de Pycnoclavella nana tapissent le substrat* de façon peu dense en comparaison avec les autres espèces du genre présentes dans la zone européenne. Les colonies peuvent couvrir des surfaces de plusieurs dizaines de centimètres carrés.

Les zoïdes peuvent mesurer jusqu'à 13 mm de long, pour un thorax d'environ 4 mm (2,9 à 4,4 mm). Le plus souvent ils ne dépassent pas 1 cm de haut. Les siphons* tubulaires, proches et proéminents, présentent, de façon très caractéristique, un fin anneau jaune à vert clair à leur extrémité.

Le manteau est quasiment transparent. Le thorax est coloré de pigments blanc, jaune, orange ou rose concentrés sur l'endostyle* et entre les rangs des stigmates*. Les pigments dessinent également, au-dessous d'un anneau parfois présent et situé au pied du siphon buccal, souvent, une bande oblique de chaque côté du cordon nerveux évoquant une "moustache" (caractéristique retrouvée aussi chez Pycnoclavella brava). Le pédoncule contenant l'abdomen est également coloré des mêmes pigments.

Pycnoclavella nana possède 6 à 8 rangs de stigmates* complets, matérialisés par 5 à 7 lignes colorées entre les rangs de stigmates (nombre de lignes + 1 = nombre des rangs de stigmates).

Espèces ressemblantes

Pycnoclavella brava, présente en Méditerranée, forme de petites colonies. La tunique est fine et plus transparente autour du thorax et des siphons. Un anneau de pigment à la base du siphon buccal caractérise l'espèce, il peut être aussi présent chez Pycnoclavella nana. Comme chez celle-ci, une bande oblique de chaque côté du cordon nerveux évoquant une "moustache" est aussi présente. Les lignes pigmentées au niveau des zones inter-stigmates sont au nombre de 5 à 7.

La forme méditerranéenne de Pycnoclavella aurilucens peut être également de couleur orange, jaune, blanche ou rarement rose. Les pigments sont concentrés sur l'endostyle* et entre les stigmates. Il y a une tache de chaque côté du siphon* buccal. Chez certains spécimens cette tache forme un anneau autour du siphon buccal, se prolonge en une ligne sur le cordon nerveux, laquelle ensuite bifurque au niveau de la base du siphon cloacal, puis dessine parfois un point sur l'arrière du siphon cloacal.

Les colonies de Pycnoclavella communis, présentes en Méditerranée et signalées en Atlantique Nord-Est, peuvent comporter quelques dizaines à plusieurs centaines de zoïdes formant un bouquet ou un tapis dense. Les zoïdes peuvent mesurer jusqu'à 12 mm de long, pour un thorax d'environ 3,5 à 5 mm. P. communis présente 6 à 8 rangs de stigmates. La couleur varie de blanche à jaune intense. Des spécimens orange et roses ont été observés.

Pycnoclavella atlantica est présente en Atlantique Nord-Est autour de la péninsule ibérique et en Méditerranée Nord-Ouest. A l'entrée du siphon buccal de fins tentacules de différentes longueurs sont bien visibles. La pigmentation blanc sale diffuse dans l'ensemble de la tunique. Les individus mesurent de 6 à 13 mm de hauteur avec un thorax de 2 à 5 mm de long.

Pycnoclavella producta est présente en Atlantique Nord-Est et Méditerranée. La tunique est blanc translucide, le pharynx et l'intestin sont visibles. Des corps granuleux sont présents dans la tunique. Les zoïdes présentent trois lignes de stigmates, séparées de 2 anneaux blancs. Cette espèce est très discrète.

Pycnoclavella stolonialis, l’ascidie tête d’épingle, est une très petite claveline rarement observée de la Bretagne à l’Irlande et au sud de l’Angleterre. Transparente, elle présente une tache pigmentaire blanche en forme de nœud papillon entre les deux siphons.

Pycnoclavella neapolitana est présente en Méditerranée occidentale. Les individus solitaires (pas de stolons) tapissent le substrat sans former de bouquet. Le thorax et la majeure partie de l'abdomen sont transparents. La base du pédoncule qui contient l'abdomen est jaune opaque. De petites taches de pigment jaune sont disséminées dans la paroi du thorax et dans celle de l'abdomen. Le bord des siphons est souligné de jaune et des lignes jaunes longitudinales sont visibles au niveau de la branchie.

Pycnoclavella taureanensis est une espèce méditerranéenne qui ne doit plus être considérée comme valide car il est maintenant certain que sa description est basée sur un mélange d’espèces dont P. communis (photo proposée et description de la larve* dans la publication originale de Brunetti R. de 1991). A l'époque de la description, peu de Pycnoclavella étaient décrites et il est en effet possible qu'il ait regroupé plusieurs espèces.

Ecteinascidia herdmani, présente en Méditerranée seulement, mesure au maximum 5 à 7 mm. Les zoïdes en une seule partie sont reliés par des stolons. Ils sont translucides et teintés de jaune-verdâtre. Leurs siphons sont crénelés. Cette espèce est souvent mélangée aux colonies de Pycnoclavella spp..

Alimentation

Comme les autres tuniciers, c'est un animal filtreur*. L'eau, chargée des particules nutritives, pénètre par le siphon* buccal. Ce dernier est muni d'une couronne de tentacules sensoriels. En déclenchant la contraction du siphon buccal, ils sont capables de boucher l'entrée aux objets aspirés de trop grande taille. Le liquide qui a pénétré dans l'animal débouche à l'intérieur d'un sac branchial*, puis est amené au niveau de fentes que l'on appelle les trémas ou stigmates. Il passe ensuite dans la cavité péribranchiale, puis ressort par le siphon cloacal*.
Les particules sont retenues au niveau des fentes du filtre et sont enrobées par du mucus, l'ensemble constituant un agrégat nutritif qui est conduit par le battement des cils vers l'estomac via l'œsophage. La digestion y est facilitée par l'action d'une glande digestive qui est accolée à l'estomac. Après le passage dans l'intestin, les déchets de la digestion sont évacués, sous forme de chapelets de fèces*, par un anus débouchant dans le siphon cloacal*.

Reproduction - Multiplication

Les ascidies coloniales se reproduisent selon une alternance de cycles sexués et asexués. Elles sont hermaphrodites*, vivipares* et la fécondation est interne. Chez certaines espèces, l'embryon se développe dans l'ascidie "mère". Chez Pycnoclavella nana, l'incubation des embryons, au nombre de 5 au maximum, se fait dans la cavité péribranchiale en hiver.

La période de reproduction dépend de la température et d'autres facteurs comme la disponibilité des ressources alimentaires.

Les ascidies coloniales présentent également une multiplication asexuée pour la croissance de la colonie. En général, les périodes de croissance de la colonie et de production de larves* alternent.

Vie associée

Les vers plats sont des prédateurs des Pycnoclavella. Ils se nourrissent des zoïdes, mais aussi de la base formée par l'ascidie lorsqu'elle est en dormance.

Divers biologie

Pycnoclavella nana est visible toute l'année en plongée.

Informations complémentaires

Les espèces du genre Pycnoclavella sont de nouveau rangées dans la famille des Clavelinidés. La famille des Pycnoclavellidés avait été créée en 1990 et comprenait 2 genres dont Pycnoclavella. Les principaux caractères différenciant les Pycnoclavellidés des Clavelinidés sont la morphologie de la larve, le mode de reproduction asexuée et la morphologie des zoïdes, les zoïdes des Pycnoclavellinidés présentant un abdomen long et des gonades* de petite taille. Cependant des débats scientifiques perdurent concernant l'attribution de certaines espèces à la famille des Clavelinidés ou à celle des Pycnoclavellidés ou encore à celle des Polycitoridés.

Origine des noms

Origine du nom français

Claveline naine aux siphons jaunes précise la caractéristique principale de cette espèce, il s'agit d'une proposition des auteurs du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Pycnoclavella, du grec [pykno-] = épais, compact, poing, tenu à poing fermé, serré, et du latin [clava] = qui a la forme d'une massue. Le nom du genre évoque la forme de chaque zoïde qui ressemble à une petite massue au bout d'un manche.

nana : naine, relative à la taille de chacun individu.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Clavelinidae Clavelinidés

Ascidies pédonculées en forme de petites massues. 4 genres : Clavelina, Euclavella, Nephtheis, Pycnoclavella (rq: la famille des Pycnoclavellidae n'est plus valide).

Genre Pycnoclavella
Espèce nana

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