Poisson-écureuil argenté à bandes

Neoniphon opercularis | (Valenciennes, 1831)

N° 3296

Océan Indien et zones tropicales et subtropicales du Pacifique Ouest et centre

Clé d'identification

Couleur jaune argenté à orange, partie abdominale blanche
Rangées horizontales de taches brunes sur les flancs
Opercule rouge à frange blanche

Nageoire dorsale traversée par une large bande noire, base et extrémité des membranes blanches
Nageoire caudale fourchue, jaune avec bords extérieurs des lobes rouges

Noms

Autres noms communs français

Marignan aile noire, soldat à nageoire noire (Maldives)

Noms communs internationaux

Black-finned squirrelfish, blackfin squirrelfish, clearfin squirrelfish, mouth-fin squirrelfish (GB), cardil de aleta negra (E), esquilo asa preta (Mozambique), swartvin-soldaat (Afrique du Sud)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Holocentrum operculare Valenciennes, 1831
Flammeo opercularis (Valenciennes, 1831)
Holocentrus opercularis
(Valenciennes, 1831)
Kutaflammeo opercularis
(Valenciennes, 1831)

Distribution géographique

Océan Indien et zones tropicales et subtropicales du Pacifique Ouest et centre

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce se rencontre dans l’océan Indien et dans les zones tropicales et subtropicales de l’ouest et du centre du Pacifique.
Dans le Pacifique, on la trouve d’est en ouest des côtes australiennes aux îles de la Ligne (en Polynésie, à cheval sur l'équateur) et du nord au sud, du sud du Japon à la Nouvelle-Calédonie.

Biotope

L’espèce est inféodée aux récifs coralliens, en lagons ou sur les pentes externes. On peut la trouver jusqu’à 25 m.

Description

Description sommaire :
Poisson-écureuil de taille moyenne, de couleur jaune argenté à orange. Les flancs sont marqués par des rangées horizontales de taches brunes. La tête est rose dans sa partie supérieure, blanche dans la partie inférieure. Une large tache rouge marque l’opercule*. La partie épineuse de la nageoire dorsale est noire avec la base et l’extrémité des membranes blanches. La caudale fourchue est jaune avec les bords extérieurs rouges.

Description détaillée :
Le corps est fuselé et comprimé latéralement. Sa hauteur (distance entre la base du troisième rayon de la dorsale et celle du premier rayon des pelviennes) entre de 2,9 à 3,3 fois dans sa longueur standard (longueur sans la queue). Le pédoncule* caudal, très fin, prolonge un brusque rétrécissement du corps au niveau de la partie postérieure des nageoires dorsale et anale. La taille maximale documentée est de 35 cm, la taille communément rencontrée est de 23 cm.

La couleur de fond du corps (tête non comprise) est un jaune argenté tendant parfois à l’orange, avec une partie abdominale blanche. Chaque écaille porte une large tache brun-rouge à rouge foncé. Ces taches sont souvent plus grandes et plus foncées au-dessus de la ligne latérale*, qui est facilement discernable. L’alignement de ces marques produit des rangées horizontales de taches brunes sur les flancs.

La tête est pointue avec un profil dorsal légèrement convexe. Le museau est rose à rougeâtre au-dessus d’une ligne reliant la lèvre supérieure à la partie inférieure de l’œil, et blanc en dessous ; la nuque est gris rougeâtre. La partie inférieure du préopercule* porte cinq rangs d’écailles marquées par un point noir. Son angle est armé d’une épine venimeuse. L’opercule est rouge à frange blanche, sa pointe est bifide. Les yeux sont de très grande taille, la partie charnue entourant l’iris* est rouge. La bouche est terminale, les lèvres sont épaisses. L’extrémité de la mâchoire inférieure dépasse nettement celle de la mâchoire supérieure. Des canaux muqueux sont présents sur la partie dorsale de la tête, de la lèvre supérieure à la nuque.

La partie épineuse de la nageoire dorsale est traversée par une large bande noire ; la base et l’extrémité des membranes sont blanches. Le troisième rayon dur est le plus grand, la taille des suivants décline rapidement jusqu’au dixième rayon, qui est très petit. Le onzième et dernier rayon dur est plus long que le dixième et il est relié par une membrane au premier rayon mou. Les rayons mous de la dorsale et la nageoire anale sont symétriques. Ces rayons mous sont nettement plus hauts que les rayons durs et ils sont érigés même quand les rayons durs sont plaqués sur le dos. Les deux premiers rayons mous sont rouges, les autres sont jaunâtres. Les trois premiers rayons durs de l’anale sont blancs, le premier étant très petit ; le suivant est rouge, les rayons mous sont jaunâtres. La nageoire caudale est fourchue, jaune avec les bords extérieurs des lobes rouges. Les rayons des nageoires pectorales sont rosâtres, les membranes sont translucides. La membrane des trois premiers rayons des nageoires pelviennes présente des reflets bleu pâle.

La livrée nocturne est caractérisée par un pâlissement des couleurs du corps et des nageoires, la dorsale épineuse exceptée, et par une quasi-disparition des taches présentes sur les écailles.

Espèces ressemblantes

Parmi les espèces de son genre, Neoniphon opercularis peut éventuellement être confondu avec N. argenteus et N. sammara, avec lesquels il partage la majeure partie de sa distribution. Mais aucune de ces deux espèces ne présente une partie épineuse de la dorsale noire avec base et extrémité des membranes blanches.

Alimentation

N. opercularis se nourrit essentiellement de crabes et de crevettes.

Reproduction - Multiplication

La biologie de la reproduction chez N. opercularis n’a pas été systématiquement étudiée à la date de parution de cette fiche (septembre 2019), à notre connaissance.

Toutes les espèces de la famille des Holocentridés présentent un stade post-larvaire pélagique* très particulier, dit « rhynchichthys ». Il est caractérisé par la présence d’épines sur le front, les préopercules, les opercules et surtout par un rostre* pointu formé par une projection des os du museau très au-delà de la bouche. La seule famille de poissons téléostéens présentant cette dernière particularité chez les larves est celle des Malacanthidés.

Divers biologie

Les poissons de la famille des Holocentridés communiquent entre eux au moyen de vocalisations produites par des muscles capables de contractions rapides, qui provoquent des vibrations de la vessie natatoire. Ces vocalisations se composent de grognements, de gazouillis et de sons délivrés en rafale (ce dernier type de cri, dit « staccato », se retrouve chez les écureuils et pourrait avoir motivé le nom commun de « poissons-écureuils » donné aux espèces de la sous-famille des Holocentrinés). La signification de ces vocalisations est mal comprise mais il est probable qu'elles sont associées à la parade nuptiale, à l'agression intraspécifique et à la dissuasion des prédateurs.

Le foie des Holocentridés contient des niveaux exceptionnels de métallothionéine (protéines caractérisées par leur forte affinité pour les ions métalliques) et de zinc. Ces concentrations sont considérées comme physiologiquement normales pour ces espèces.

N. opercularis est la plus grande espèce de son genre. Il est nettement moins commun que son proche cousin N. sammara. Il est aussi nettement plus méfiant et difficile à observer parce qu’il sort rarement de son abri en journée. On le rencontre seul ou en petits groupes.

Les abris de N. opercularis sont ménagés par des espaces libres dans un massif de corail branchu en bonne santé ou par les « caves » présentes dans un massif nécrosé. L’espèce les partage souvent avec d’autres poissons-écureuils, comme Neoniphon sammara, Sargocentron diadema ou Sargocentron spiniferum et des groupes de poissons-soldats, comme Myripristis murdjan ou Myripristis violacea.

La nageoire dorsale comprend 11 rayons durs et de 12 à 14 rayons mous, l’anale 4 rayons durs et de 8 à 9 rayons mous. La nageoire pectorale a 14 rayons. La ligne latérale comprend de 36 à 41 écailles perforées.

Informations complémentaires

La famille des Holocentridés comprend deux sous-familles : les Holocentrinés, ou poissons-écureuils, et les Myripristinés, ou poissons-soldats. La première sous-famille inclut les genres Holocentrus, Neoniphon et Sargocentron, la seconde les genres Corniger, Myripristis, Ostichthys, Plectrypops et Pristilepis. Une récente étude fondée sur des analyses moléculaires (ADN) propose de rétablir le genre Flammeo, considéré jusqu’alors comme synonyme de Neoniphon, pour l’espèce atlantique Neoniphon marianus (qui deviendrait donc Flammeo marianus), mais cette proposition n’est pas acceptée par le World Register of Marine Species (WoRMS).

Notez que dans la pratique commune française, les termes de poisson-écureuil et de poisson-soldat sont souvent employés indifféremment pour toutes les espèces de la famille des Holocentridés.

Kuiter et Godfrey (2014) notent que les couleurs de la dorsale épineuse évoquent, quand celle-ci est érigée, une bouche ouverte armée de dents ressemblant à celles des requins. Cette ressemblance pourrait avoir un effet dissuasif sur des prédateurs.

Réglementation

Le statut de l’espèce pour l'UICN* est LC (Least Concerned, traduit par « Préoccupation mineure »). Ce qui signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, notamment dans les trois qui alertent sur une menace (CR : en danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : vulnérable).
Fonction de quoi cette espèce n’est pas actuellement concernée par des mesures de protection.

Origine des noms

Origine du nom français

Poisson-écureuil : traduction du mot anglais « squirrelfish » employé par les anglophones pour désigner la sous-famille des Holocentrinés. Ce mot, employé dès la fin du XVIIIème siècle, est d’origine inconnue. L’hypothèse la plus vraisemblable parmi celles qui sont proposées est que cette comparaison viendrait des sons émis pas ces poissons, notamment quand ils sont manipulés vivants, dont certains ressembleraient à certains cris des écureuils.

argenté à bandes : description sommaire du patron de couleur de l’espèce.

Origine du nom scientifique

Neoniphon : nom composé du mot grec [neos], qui signifie « nouveau » et du mot « niphon », qui est le nom ancien de Honshū, la plus grande île du Japon. Le genre est décrit par Castelneau en 1875 dans Researches on the fishes of Australia. Official Record, containing Introduction, Catalogues, Official Awards of the Commissioners, Report and Recommendations of the Experts, and Essays and Statistics on the Social and Economic Resources of the Colony of Victoria (Part VII, n° 2, p. 4). Le descripteur précise que ce genre est très proche du genre monotypique* Niphon, créé par Cuvier et Valenciennes en 1828 pour un poisson (Niphon spinosus) ramené de « la mer du Japon ». Le nom de genre signifie donc « nouveau Niphon », autrement dit « proche du Niphon de Cuvier ».
Le genre contient actuellement cinq espèces.

opercularis
: dérivé du mot latin [operculum], qui désigne ce qui ferme une cavité à la manière d’un couvercle, d’où vient le mot français « opercule ». L’espèce est succinctement décrite par Valenciennes en 1831 sous le nom d’Holocentrum operculare dans Histoire Naturelle des Poissons (Tome 7, Additions et Corrections aux Tomes II, III et VII, pp. 501-502), mais le descripteur ne justifie pas le choix de l’épithète spécifique. Cependant, il souligne qu’« une large tache brune dorée couvre la plus grande partie de l’opercule ». Il est donc probable que l’épithète spécifique soit liée à cette caractéristique.

La localité du type* est Kavieng (alors nommée le Hâvre-Carteret), capitale de la province de Nouvelle-Irlande, en Papouasie-Nouvelle Guinée.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Beryciformes Béryciformes
Famille Holocentridae Holocentridés
Genre Neoniphon
Espèce opercularis

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