Nausithoé

Nausithoe punctata | Kölliker, 1853

N° 782

Cosmopolite des eaux tempérées et chaudes

Clé d'identification

Polypes en forme de cornets enchassés dans des éponges
50 tentacules fins rayonnants de leur bord, blanc et épais
Cavité gastrique cloisonnée en quatre

Méduse transparente aplatie, diamètre de 15 mm maximum
16 lobes marginaux creux en forme de cuillères et porteurs d'une tache brune
8 rhopalies alternées avec 8 tentacules courts, 8 gonades brunes à rouges

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Nausithoe albida Gegenbaur, 1856
Nausithoe punctata pacifica Stiasny, 1916
Stephanoscyphus mirabilis

Distribution géographique

Cosmopolite des eaux tempérées et chaudes

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

Comme beaucoup d'organismes pélagiques*, Nausithoe punctata est une espèce cosmopolite de l'ensemble des mers du globe. Elle sera toutefois absente des hautes latitudes.

Biotope

La méduse de Nausithoe punctata peut être rencontrée dans toutes les eaux chaudes à tempérées du globe. Il s'agit d'une méduse principalement profonde, mais que l'on pourra parfois observer sous la surface.
Le polype, lui, sera systématiquement enchassé dans différentes espèces d'éponges : citons, en Méditerranée, l'éponge encroûtante bleuâtre Phorbas tenacior, l'éponge cheminée rose Dysidea avara, ou encore sur la façade atlantique Thymosia guernei, Desmacella sp. à Sulawesi, Mycale fistulifera en mer Rouge, etc...

Description

Les cnidaires scyphozoaires sont caractérisés par une phase polype* restreinte à absente. S'il est la plupart du temps bien plus facile d'observer une méduse en pleine eau que de dénicher et d'observer le polype qui lui a donné naissance, le cas de Nausithoe punctata, en revanche, nous posera le problème inverse : il sera beaucoup plus aisé d'observer la phase polype que la phase méduse !
La phase polype
:
Les polypes de Nausithoe punctata forment des colonies recouvrant parfois une grande surface.
Ils ont la forme de petits cornets étroits et allongés non visibles car profondément enchassés dans les pores de différentes espèces d'éponges. Ces cornets possèdent de véritables squelettes chitineux, durs au toucher, dont les bords sont blancs et épais. Du sommet de chacun d'eux, affleurant à la surface de l'éponge, rayonnent une cinquantaine de tentacules fins, au milieu desquels s'ouvre une bouche cloisonnée de manière caractéristique par quatre septes* gastriques perpendiculaires. Le diamètre au col atteint un centimètre, la longueur des cornets cinq centimètres. Les polypes sont blanchâtres à transparents.
La phase méduse
:
La méduse de Nausithoe punctata a un diamètre qui ne dépasse pas les 15 millimètres, ce qui est fort petit pour une scyphoméduse, et ce qui explique, en plus du fait qu'elle soit transparente et d'ordinaire profonde, qu'elle soit si peu observée. Son ombrelle est aplatie, et parcourue par un sillon transversal qui la coupe en deux (caractéristique de l'ordre des Coronates). Le sommet de l'ombrelle forme une lentille épaisse, sa marge est frangée de 16 lobes creux, évoquant de petites cuillères, marqués chacun d'une petite tache brune. Entre chacun de ces lobes s'enchassent alternativement 8 rhopalies* et 8 tentacules courts. Sous chaque tentacule, on observe une petite sphère brun orangé à rouge : ce sont les gonades. Sous l'ombrelle s'ouvre une bouche en croix, à l'extrêmité d'un manubrium* très court.

Espèces ressemblantes

Il existe 6 autres espèces de scyphozoaires coronates en Europe. Parmi elles, seules trois, appartenant aussi au genre Nausithoe, peuvent être confondues avec N. punctata : Nausithoe eumedusoides, Nausithoe marginata, et Nausithoe planulophora. La distinction, basée sur des critères complexes, est affaire de spécialistes.

Alimentation

Le polype et la méduse de Nausithoe punctata sont carnivores. Ils se nourrissent de petites proies zooplanctoniques* et de particules alimentaires qu'ils capturent grâce à leurs tentacules recouverts de cellules urticantes.
Les polypes de Nausithoe bénéficient en outre d'un courant d'eau permanent, grâce aux choanocytes* des éponges qu'ils colonisent.

Reproduction - Multiplication

Le cycle de reproduction de Nausithoe punctata passe par deux phases alternées, une sexuée et une asexuée.
La méduse est sexuée et les sexes sont séparés. Les méduses mâles et femelles libèrent leurs gamètes* (spermatozoïdes et ovules) en pleine eau où a lieu la fécondation. Une larve planula* se forme, caractéristique des cnidaires, et mène une courte vie pélagique*. Elle finit par tomber sur une éponge et donne naissance à un long polype, le stéphanoscyphistome, protégé par un squelette chitineux en forme de cornet.
Ce polype va subir une série d'étranglements appelée strobil(is)ation, qui sera à l'origine de la libération d'un grand nombre d'éphyrules*. Chaque éphyrule donnera, si les conditions le permettent, une méduse adulte.

Une variation brutale de température peut déclencher la strobilation du scyphistome... Ainsi, certains étés chauds, les méduses seraient plus abondantes.

Vie associée

On trouvera systématiquement associées aux polypes de Nausithoe punctata certaines éponges, dont les espèces varient avec la zone géographique : en Méditerranée l'éponge encroûtante bleuâtre (Phorbas tenacior) et l'éponge cheminée rose (Dysidea avara), mais aussi Thymosia guernei sur la façade atlantique, Desmacella sp. à Sulawesi, Mycale fistulifera en mer Rouge, etc...
Selon certains scientifiques, la relation entre le scyphistome et l'éponge est de nature symbiotique*. On comprend aisément que le cnidaire profite du flux d'eau nourricier entretenu en permanence par le choanoderme de l'éponge. On a de plus démontré que l'éponge fournissait aux polypes une défense d'ordre chimique... Le rôle joué par le cnidaire en revanche est plus obscur...

Des crustacés amphipodes (Hypériens) peuvent squatter l'intérieur de l'ombrelle.

Divers biologie

En plongée, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir urticant de cette espèce. Certains contacts avec des plongeurs auraient laissé de cuisants souvenirs...

Origine des noms

Origine du nom français

Cette espèce n'a pas de nom vernaculaire. Par commodité, nous avons choisi de reprendre le nom de genre scientifique Nausithoe.

Origine du nom scientifique

Nausithoe : Néréide, fille de Nérée et de Doris. Littéralement, Nausithoe signifie "la vitesse des navires" ou "bateau rapide"...
punctata : du latin [punct] = point, vraisemblablement à cause des petites taches brunes visibles sur chacun des lobes marginaux de l'ombrelle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses.
Classe Scyphozoa Scyphozoaires Méduses vraies (ou acraspèdes). Phase polype réduite à absente. Le plus souvent strobilisation du polype (de petite taille) pour produire des méduses pouvant atteindre une grande taille. Cavité gastrale cloisonnée en quatre.
Ordre Coronatae Coronates Scyphoméduses présentant un sillon coronal qui divise l'ombrelle en deux. La plupart en eau profonde.
Famille Nausithoidae Nausithoïdés
Genre Nausithoe
Espèce punctata

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