Eponge encroûtante blanche

Thymosia guernei | Topsent, 1895

N° 354

Manche, Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Couleur blanche
Forme revêtante
Lobes irréguliers

Noms

Autres noms communs français

Éponge massive blanche

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Thymosia guernei est présente en mer du Nord (nord-est de l'Ecosse), en Manche sur la côte nord de la Bretagne, en Atlantique Nord-Est de la baie de Donegal en Irlande au nord jusqu’au détroit de Gibraltar au sud. On peut l’observer également dans les archipels de Macaronésie : Açores, Canaries, Madère.

Biotope

Cette éponge vit sur les fonds rocheux de l'infralittoral : surplombs, tombants, fissures ou grottes jusqu'à 30 mètres de profondeur. Elle préfère les eaux bien oxygénées (houle, courant).

Description

Cette éponge forme de larges encroûtements épais, charnus et mamelonnés. Elle moule les aspérités de la roche sur plusieurs centimètres d'épaisseur. Sa consistance est ferme et non gluante, sa surface lisse. De couleur blanche et luisante, elle forme des taches pouvant aller jusqu'à 50 cm d'envergure. L'intérieur est de couleur orange pâle.
Les oscules*, peu nombreux et petits (1 à 2 mm de diamètre), sont répartis sur le dessus des lobes. Elle ne possède pas de spicules* et sa charpente interne est composée d'un ensemble de fibres de collagène* et de spongine* dont la structure microscopique diffère de celle des autres éponges cornées.

Espèces ressemblantes

Stryphnus ponderosus : peut parfois prendre une couleur blanche alors que d’habitude elle est gris pâle à brun. Elle est cependant beaucoup plus mince et possède des spicules très spécifiques.

Leucandra gossei : cette éponge calcaire a un petit air de ressemblance mais elle est beaucoup plus petite et son observation microscopique révèlera la présence de nombreux spicules absents chez Thymosia guernei.

Alimentation

Comme toutes les éponges, il s'agit d'un organisme filtreur* microphage* suspensivore*. L'eau et les particules alimentaires en suspension sont aspirées par pompage à l'intérieur de l’organisme grâce aux pores* inhalants* ou ostioles* qui parsèment la surface de l'éponge. Elles sont phagocitées* ensuite par les flagelles* des choanocytes*, cellules* endodermiques caractéristiques des éponges, qui tapissent la cavité intérieure (ou atrium*) et qui génèrent ce phénomène de pompage. Au passage les choanocytes retiennent l’oxygène et les particules nutritives (bactéries, algues unicellulaires, débris organiques divers) inférieures à 2 µm contenues dans l'eau. La digestion intracellulaire se fait dans les vacuoles* digestives des amibocytes*. Les déchets de la digestion et les particules trop grosses sont expulsés par les pores* exhalants ou oscules*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée : par œufs et spermatozoïdes*, aboutissant à la naissance d'une larve* ciliée* nageuse qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge. Les éponges sont généralement hermaphrodites*, l'émission des gamètes* mâles et femelles est parfois spectaculaire, mais rarement observé.
  • Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Bien qu'existante, cette reproduction est relativement secondaire.

Les éponges ont une forte capacité de régénération.

Vie associée

On a remarqué des associations avec le ver polychète sédentaire Polydora sp. et souvent avec l'ophiure Ophiothrix fragilis. De petits crustacés peuvent occuper également les oscules. D'un autre côté, l'éponge peut recouvrir d'autres organismes sessiles tels des hydraires ou des balanes.

Divers biologie

La structure interne est composée de nombreuses fibres verruqueuses de spongine qui partent de la base de l’éponge et montent vers la surface en se ramifiant et en s’anastomosant. Ces fibres ne dépassent pas 100 micromètres de diamètre.

Informations complémentaires

Espèce très rare, sa description, qui date de 1895, n'avait été faite que sur un échantillon pêché au large de Concarneau. Elle n'a été observée depuis qu'à trois reprises : sur l'île d'Ouessant (1995), à la Pointe du Van et aux Sept-Iles sur la côte nord de la Bretagne. Elle est signalée, dans les mêmes conditions, sur la façade ouest de la Grande-Bretagne et de la péninsule Ibérique.

Origine des noms

Origine du nom français

"Eponge encroûtante blanche" est une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Thymosia : du grec ancien [thymós] puis du latin [thymus] = glande qui comprend deux grands lobes divisés eux-mêmes en lobules. L’aspect mamelonné de Thymosia guernei fait penser à la forme de cette glande.

guernei : en hommage à Jules de Guerne (1855-1931), zoologiste, spécialiste des copépodes marins et d'eau douce.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 134113

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Sous-classe Verongimorpha Vérongimorphes
Ordre Chondrillida Chondrillides

Démosponges à cortex différencié, à orifices inhalants regroupés en des zones spécialisées, et pouvant avoir comme squelette soit des asters, soit des fibres de spongine, soit aucun élément figuré. Le collagène y est toujours très dense.

Famille Chondrillidae Chondrillidés
Genre Thymosia
Espèce guernei

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