Anémone chocolat

Isozoanthus sulcatus | Gosse, 1860

N° 1840

Atlantique Nord Est, Manche et en Méditerranée : bassin de Thau [introduite ?]

Clé d'identification

Se présente en colonie
Disque oral de 3 mm de diamètre environ
Colonne atteignant 1 cm de haut au maximum
Couleur de chocolat pouvant se nuancer de vert ou de blanc
Grains de sable et débris adhérant à la base des polypes

Noms

Noms communs internationaux

Ginger tiny anemone, chocolate tiny anemone, peppercorn anemone (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Isozoanthus danicus Carlgreen, 1913

Parazoanthus sulcatus

Distribution géographique

Atlantique Nord Est, Manche et en Méditerranée : bassin de Thau [introduite ?]

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'anémone chocolat se rencontre depuis la Norvège jusqu'au Portugal.
En Méditerranée, elle a été observée et photographiée en novembre 2010 dans le bassin de Thau uniquement ; elle y a certainement été introduite.

Biotope

Les colonies d'Isozoanthus sulcatus peuvent être rencontrées depuis la zone intertidale* (flaques à marée basse, en compagnie de corallines) jusqu'à un peu plus de 40 m, sur des surfaces horizontales (rochers, coquilles...) recouvertes de sédiment.

Description

Une anémone chocolat ne se présente jamais seule, mais en colonie, puisque cette espèce appartient à l'ordre des zoanthides (ou zoanthaires). Les différents individus de la colonie sont reliés entre eux par un tissu (coenenchyme*) basal se présentant sous forme d'un réseau (stolon* rampant) recouvert par du sédiment. Les minuscules polypes qui en dépassent ont un disque oral qui mesure 3 mm de diamètre environ et ils atteignent 1 cm de haut au maximum. Ils sont le plus souvent couleur de chocolat (d'où le nom français de l'animal), les tentacules les plus étendus devenant parfois assez translucides. Cette couleur chocolat peut se nuancer de vert, ceci étant dû à la présence de zooxanthelles* (algues unicellulaires symbiotiques) plus ou moins abondantes, ou de blanc. Le disque oral peut présenter des bandes claires rayonnantes. La bouche, fermée par un sphincter, est munie d'un siphonoglyphe* (gouttière ciliée) superficiel et nettement dessiné. On compte 19 à 22 tentacules par polype, mais ce nombre peut atteindre 30 chez certains individus. Ces tentacules sont disposés en deux cycles. Les tentacules du cycle intérieur sont plus longs que ceux du cycle extérieur avec qui ils alternent de manière régulière. La couronne de tentacules s'étend sur une longueur de 5 à 6 mm. Les tentacules du cycle extérieur, moins soutenus, peuvent pendre parfois le long de la colonne. Des grains de sable et des débris divers peuvent adhérer à la base des polypes et à la partie cachée de la colonie.

Alimentation

Cette espèce est microphage*, zoophage prédateur. Le courant apporte des proies microscopiques du zooplancton principalement.
Si celles-ci frôlent les tentacules, les cnidocytes* (cellules urticantes) des anémones déployées, piquent la proie, et lui injectent un poison. La proie est ensuite amenée jusqu'à la bouche puis digérée.
Par ailleurs Isozoanthus sulcatus possède dans ses tissus des microalgues appelées zooxanthelles*, qui lui apportent une partie de son alimentation, notamment des glucides.

Reproduction - Multiplication

Deux modes de reproduction chez les Zoanthides :
- Asexuée par bourgeonnement : on voit alors apparaître à la base des polypes ou sur le coenenchyme* basal de nouveaux polypes.
- Sexuée : les sexes sont portés par des individus différents (gonochorisme*). Les gamètes sont libérés dans l'eau, la larve (planula) coule rapidement et si le substrat est favorable, elle s'y fixe.

Vie associée

Des zooxanthelles* vivent dans les tissus (endosymbiotiques*) de l'anémone chocolat, ce qui n'est pas rare chez les Zoanthides tropicaux, mais cette espèce serait la seule espèce européenne de Zoanthide à avoir cette particularité. Au microscope ces algues unicellulaires se présentent sous la forme de petites sphères brunâtres. En cas de température excessive, elles peuvent être expulsées des tissus de l'anémone, ce qui correspond au "blanchissement" des coraux tropicaux.

Divers biologie

Les polypes se tiennent normalement bien épanouis au-dessus du sédiment, mais en cas de dérangement, ils se rétractent pour devenir moins apparents. Parfois cette rétractation peut être assez rapide après le dérangement.

Dans l'obscurité, ces polypes se referment et il ne leur faut que cinq minutes pour s'ouvrir en présence de lumière, ce qui est à mettre en relation avec la présence de zooxanthelles.

Certaines études britanniques auraient compté jusqu'à 17 polypes au centimètre carré, ce qui ne semble pas pouvoir être observé sur nos côtes...

Informations complémentaires

Cette espèce est probablement moins rare qu'on peut le penser mais sa petite taille et ses habitudes cryptiques*, c'est-à-dire sa tendance à s'enfouir dans le sédiment en cas de dérangement, la font certainement souvent passer inaperçue.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom d'anémone chocolat est une adaptation d'un nom anglais et une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Isozoanthus : du grec [iso] = égal et accolé à zoanthus, du grec également [zo-anth-] (comme dans zoanthaires = animaux-fleurs) pour évoquer le groupe des Zoanthides,

sulcatus vient directement du latin et signifie sillonné. Ces sillons ne sont pourtant pas mentionnés dans les descriptions de cette espèce et on ne voit pas de structure les évoquant...

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Zoanthidea Zoanthides Hexacoralliaires coloniaux pour la plupart tropicaux. Polypes de 1 mm à 2 cm de diamètre, souvent reliés par des stolons. Ce sont les anémones encroûtantes, qui peuvent coloniser de grandes surfaces.
Famille Parazoanthidae Parazoanthidés
Genre Isozoanthus
Espèce sulcatus

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