Ver de l'hiver

Flabelligera affinis | M. Sars, 1829

N° 3614

Atlantique Nord, Pacifique Nord, Arctique, Méditerranée

Clé d'identification

Annélide polychète enveloppée d'une gangue de mucus transparent sur laquelle adhèrent des particules de substrat
Partie antérieure portant des soies allongées formant une "cage céphalique"
Corps verdâtre avec des points blancs

Noms

Autres noms communs français

Mille-pattes, ver sale

Noms communs internationaux

Snotworm (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Amphitrite plumosa Fabricius, 1780
Siphostoma uncinata Cuvier, 1830
Chloraema edwardsii Dujardin, 1839
Siphonostoma vaginiferum Rathke, 1843
Chloraema edwardsi Oersted, 1844
Chloraema dujardini Quatrefages, 1849
Chloraema dujardinii
Chloraema sordidum Quatrefages, 1849
Siphonostoma gelatinosa Dalyell, 1853
Tecturella flaccida Stimpson, 1854
Siphonostoma affine Leidy, 1855
Tecturella luctator Stimpson, 1856
Pherusa tetragona Schmarda, 1861
Chloraema pellucidum Sars, 1869
Siphonostoma buskii McIntosh, 1869
Flabelligera claparedii de Saint-Joseph,1898
Flabelligera marenzelleri McIntosh, 1905
Flabelligera diplochaitus var. affinis Haase, 1915

Distribution géographique

Atlantique Nord, Pacifique Nord, Arctique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Cette espèce est présente de l'océan Arctique à la Méditerranée et en Amérique du Nord-est.

Biotope

Cette espèce vit sur des sédiments vaseux mais également sur des fonds rocheux, dans des creux et fissures. On peut la trouver depuis la marée basse jusqu'à 400 m de profondeur, sous des pierres et parmi les algues. Certains exemplaires ont été observés dans des coquilles de bivalves vides en connexion (les deux valves sont encore attachées l'une à l'autre par le ligament).
De jeunes spécimens peuvent être observés entre les piquants d'oursins.

Description

Cette annélide polychète discrète est enveloppée d'une gangue de mucus transparent sur laquelle adhèrent des particules de substrat* assurant ainsi un camouflage. Seules des soies* latérales dépassent de cette gangue. Son corps est aplati et fusiforme ( de 20 à 60 mm de long et environ 10 mm de large), il comprend une cinquantaine de métamères* pas toujours bien distincts. A l'avant, dans le prolongement du corps, caché sous le mucus, un ensemble de soies allongées forme une "cage céphalique" caractéristique du genre, cachant la tête, les branchies et les palpes (organes sensoriels).

L'animal est verdâtre avec des branchies vertes, des palpes orange à jaunes et comme la paroi du corps est transparente on voit bien son œsophage de couleur rouge. Des points blancs sont visibles sur la plus grande partie du corps.

Les jeunes de 11 à 15 mm de long et de 1 à 1,5 mm de large présentent 21 à 29 métamères.

Espèces ressemblantes

Il existe plusieurs espèces de Flabelligera, et l'identification est difficile (nécessité du microscope pour regarder certaines soies).
Flabelligera diplochaitus (Otto,1820) est une espèce plus grande (jusqu'à 10 cm de longueur), au corps violacé ou verdâtre que l'on trouve sur des fonds détritiques et parmi les corallines en Méditerranée (et en baie de Seine).

Alimentation

Cette espèce consomme les dépôts de matière organique à la surface des sédiments ou éventuellement filtre l'eau. Son tube digestif peut contenir des algues unicellulaires, des fragments d'algues plus grandes et des détritus.
Les juvéniles et de nombreuses espèces proches sont commensales* et se nourrissent de la matière fécale d'oursins.

Reproduction - Multiplication

Comme chez la plupart des annélides polychètes, les sexes sont séparés. Les femelles, au moment de la reproduction émettent une phéromone* qui attire les mâles et déclenche la libération du sperme. En retour cela stimule les femelles qui libèrent leurs ovules.
Les gamètes* peuvent être libérés par les métanéphridies (organe excréteur et osmorégulateur) ou par rupture de la paroi du corps. Lorsque les annélides benthiques* non reproducteurs se transforment en annélides pélagiques* reproducteurs, c'est alors un phénomène appelé épitoquie*.

Dans le cas de Flabelligera affinis, au mois de mars, lors de plongées de nuit, dans le port de Dunkerque, des individus sur le fond dépourvus de leur gangue muqueuse et contenant des gamètes ont été observés. D'autres ont été rencontrés également en pleine eau. Il s'agit d'individus en phase reproductrice. Mac Intosh en 1915 cite une observation semblable qui a été faite en 1906, près de la surface dans l'Orwell (petit fleuve côtier au nord de l'embouchure de la Tamise), par le Dr Sorby.
Comme il n' y a pas de transformations morphologiques, physiologiques et comportementales importantes on ne peut pas parler du phénomène d'épitoquie chez ces annélldes polychètes.

Les ovules des femelles sont vert-foncé à brunâtres et les spermatozoïdes* blanchâtres.
Après fécondation en pleine eau, chaque œuf donne une larve* trochophore* planctonique* qui se transforme ensuite en juvénile et se développera, par allongement du corps, en individu adulte.

Vie associée

Cette espèce peut se cacher dans les buissons de l'annélide Serpulide Filograna implexa Berkeley, 1935.
Flabelligera affinis peut être l'hôte d'un copépode ectoparasite* de la famille des Clausiidés : Flabelliphilus inersus Bresciani & Lützen, 1962.
Un spécialiste russe a décrit, dans l'œsophage de F. affinis, une espèce de Grégarine (protozoaire* endoparasite*) Selenidium pennatum Symdyanov,1992.

Des juvéniles peuvent être observés parmi les piquants d'oursins tels que Echinus esculentus Linnaeus, 1758 et Psammechinus miliaris (P.L.S. Müller, 1771).

Flabelligera affinis a été retrouvé dans l'estomac de plusieurs poissons : le pageot commun Pagellus erythrinus (Linnaeus, 1758), la dorade royale Sparus aurata Linnaeus, 1758, l'aiglefin (ou haddock s'il est fumé) Melanogrammus aeglefinus (Linnaeus, 1758).

Divers biologie


Origine des noms

Origine du nom français

Le nom "ver de l'hiver" est proposé par l'équipe DORIS car il est observé plutôt en hiver dans certaines régions.
Le nom néerlandais signifie ver morveux !

Origine du nom scientifique

Flabelligera vient du latin [flabellum] = éventail, du latin [gerere] = porter. L'éventail correspond certainement à la cage céphalique formée par les soies enveloppant largement la tête.

affinis: du latin [affinis] = proche, voisin parent. Vraisemblablement du fait que les différentes espèces sont très proches les unes des autres.
Le nom de genre et le nom d'espèce ont été donnés par M. Sars en 1829.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Annelida Annélides Vers segmentés (annelés) à section cylindrique, à symétrie bilatérale constitués d’anneaux identiques. Le premier segment porte la bouche et le dernier l’anus. Nombreuses formes marines, dulcicoles ou terrestres, libres ou parasites.
Classe Polychaeta Polychètes

Annélides marines. Chez les espèces non tubicoles, chaque anneau, hormis la tête et la queue, porte des excroissances locomotrices (les parapodes) munies de touffes de soies chitineuses rigides. Chez la plupart des espèces, la tête porte plusieurs organes sensoriels, des mâchoires, et souvent un panache branchial coloré. Animaux libres, galéricoles ou tubicoles.

Sous-ordre Cirratuliformia Cirratuliformes
Famille Flabelligeridae Flabelligeridés

Organismes courts d'environ 50 segments recouverts d'une gangue muqueuse. Les soies antérieures longues dirigées vers l'avant, entourent la région buccale qui porte des branchies vertes et des tentacules nourriciers. Sous les pierres ou dans les sédiments.

Genre Flabelligera
Espèce affinis

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