Jusqu'à 8 mm de long
Jusqu'à 8 paires de cérates
Tubercule terminal des cérates grand et conique, très développé
Rhinophores longs, minces et
lisses, gaines étroites
Corps beige, dos sombre, interrompu par une ligne longitudinale pâle de chaque côté
Taches allongées rougeâtres ou noires en forme de virgule sur les
tubercules des cérates
Kommavlek kroonslak (NL)
Atlantique Nord-Est, Méditerranée
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]Doto koenneckeri est signalée de la Norvège au Portugal, en passant par les îles Britanniques, et en Méditerranée.
L’espèce est caractéristique des eaux tempérées de l’Atlantique Nord-Est et du bassin méditerranéen.
Doto koenneckeri se nourrit de l'hydraire Aglaophenia pluma, on trouve donc ce doto là où vit cette dernière espèce, soit dans l'étage infralittoral* et circalittoral* peu profond (jusqu'à 30 m de profondeur), où cet hydraire occupe des substrats* fermes et ombragés de préférence. On peut également trouver cet hydraire sur des algues brunes telles que Halidris siliquosa, des sargasses et des laminaires.
Sa répartition est strictement conditionnée par celle de ses hydraires nourriciers.
Doto koenneckeri est un petit nudibranche. Il mesure jusqu'à 8 mm de long et porte jusqu'à 8 paires de cérates (la dernière paire est plus petite) avec 3 rangs de tubercules sur chaque cérate. Ces derniers sont fusiformes avec un tubercule terminal grand et conique, très développé, certains tubercules peuvent être presque cylindriques.
Les rhinophores* à l'extrémité émoussée sont longs, minces et lisses. Les gaines sont étroites, légèrement dilatées, lisses avec une pigmentation blanche sur le bord.
Le pied est arrondi vers l'avant et en arrière, il s'étend au-delà de la dernière paire de cérates.
Le corps est beige avec des taches allongées rougeâtres ou noires en forme de virgule sur les tubercules portés par les cérates. Le tubercule terminal porte deux points, l'un très petit, l'autre plus grand et allongé.
La caractéristique de reconnaissance la
plus fiable est le dos sombre, interrompu par une ligne longitudinale pâle de
chaque côté.
La papille génitale n'est pas pigmentée et elle est située sous le premier cérate droit. La papille anale, cylindrique et pigmentée de blanc, est située entre le premier et le deuxième cérate droit.
La combinaison du dos sombre à bandes claires longitudinales et du tubercule terminal conique des cérates permet une reconnaissance fiable de l’espèce.
Malgré sa petite taille, l’espèce présente une ornementation des cérates très marquée.
Le genre Doto est, sur le plan taxonomique*, l'un des genres les plus complexes de nudibranches en raison de la nature cryptique* de ses espèces, de leur petite taille et de l'homogénéité de leurs caractéristiques internes et externes.
Les analyses phylogénétiques* et de délimitation des espèces suggèrent que la coloration et la morphologie externe sont souvent peu fiables pour différencier les espèces (Vàsquez-Alcaide & al, 2026).
L'identification de l’hydraire proie peut faciliter l’identification des dotos.
Chez Doto koenneckeri, l’association d’Aglaophenia pluma comme proie et la bande dorsale claire reste un critère distinctif important.
Une clé de détermination des espèces britanniques de Doto est présentée dans le Thompson & Brown de 1976 page 71 et un tableau de comparaison dans le Thompson & Brown de 1984 pages 28-29.
Doto koenneckeri semble se nourrir de l'hydraire calyptoblastique* Aglaophenia pluma.
Toutefois, Urgorri et Besteiro (1984) ainsi que McDonald et Nybakken (1996) citent également, comme nourriture, d'autres hydraires comme A. kirchenpaueri et A. tubiformis.
H. Lemche, en 1976, cite comme nourriture, Lytocarpia myriophyllum, (anciennement dans le genre Theocarpus) qui est une espèce d'hydraire d'eau profonde. Il s'agit d'une erreur d'identification de cet auteur (Picton, 1978).
Comme les autres mollusques gastéropodes Doto koenneckeri possède une radula*, mais avec peu de dents. Les Doto n'attaquent pas et n'ingèrent pas les polypes des hydraires calyptoblastiques sur lesquels on les trouve presque toujours, mais se nourrissent plutôt en perforant le périsarc* à l'aide de leurs dents radulaires extrêmement petites et fines et en aspirant le liquide du cœnosarc*.
Cette stratégie permet l’exploitation des tissus internes sans détruire les colonies d’hydraires.
Les Doto, comme les autres nudibranches, sont hermaphrodites*. Chez Doto koenneckeri, la reproduction est sexuée et l'accouplement n'est observé qu'entre février et juin alors que les pontes sont enregistrées toute l'année. Les individus produisent des gamètes* mâle et femelle dans des gonades* au niveau des cérates* des deuxième, troisième paires jusqu’à la sixième paire.
La ponte, accrochée sur les colonies d'hydraires, est un ruban blanchâtre ou rose pâle sinueux ou en forme de C. Elle contient environ 2000 œufs de 60 à 70 µm de diamètre.
Les larves* véligères* nageuses qui éclosent sont planctotrophes*. Elles subissent ensuite une métamorphose* avant de s’installer sur un hydraire.
Le développement planctotrophique favorise une large dispersion géographique.
Comme les Doto se nourrissent d'hydraires, ils sont associés aux espèces consommées, ici Aglaophenia pluma, A. kirchenpaueri et A. tubiformis.
Les Doto n’ont pas de cnidosacs* mais possèdent sur les cérates* de grosses cellules glandulaires probablement à rôle défensif. Ces glandes pourraient sécréter des composés dissuasifs contre les prédateurs.
Comme les Doto se nourrissent d'hydraires, ils présentent un excellent mimétisme. De ce fait ce sont souvent les pontes qui trahissent leur présence.
Doto de Koennecker : simple traduction du nom scientifique.
Doto : il s'agit du nom d’une Néréide de la mythologie grecque. Ce nom de genre a été donné, en 1807, par le zoologiste allemand Ludwig Gilbert Lorenz Oken (Okenfuss) (1779-1851).
koenneckeri : ce Doto a été nommé en l'honneur du zoologiste allemand Gerd Koennecker (1943-) qui a collecté en plongée (en Irlande) le matériel type pour le zoologiste danois Henning Mourier Lemche (1904-1977).
Numéro d'entrée WoRMS : 139644
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
| Sous-ordre | Cladobranchia | Cladobranches | |
| Famille | Dotidae | Dotïdés | Limaces de petite taille. Rhinophores simples avec un fourreau. Présence d'un voile à la place des tentacules buccaux. 5 à 9 paires de cérates massifs et tuberculés. |
| Genre | Doto | ||
| Espèce | koenneckeri |
Gastéropodes Opisthobranches
Cérates avec de longs tubercules terminaux
La bande longitudinale claire du côté droit est bien visible. Le rhinophore gauche est long et émoussé et sa gaine, étroite, porte de petites taches blanches.
Palavas (34), 12 m
14/06/2021
Gastéropodes Opisthobranches
Vue du côté droit
Longs rhinophores, la gaine droite porte de petits points blancs, les tubercules terminaux sont épais.
Hendaye (64), 16 m
05/05/2024
Vue du côté gauche
Les cérates portent un tubercule terminal épais.
Frontignan (34), 4 m.
27/10/2021
Vue latérale droite
La bande claire longitudinale est bien représentée.
Figure 55 page 143, T.E. Thompson Molluscs: benthic opisthobranchs
Reproduction de documents anciens
1988
Description
A : vue dorsale
B : vue latérale droite
C : vue ventrale
D : un cérate
E : un rhinophore et sa gaine
F : ponte sur Aglaophenia
Planche 9, H. Just & M. Edmunds
Reproduction de documents anciens
1985
Des pontes
Au milieu de la photo deux pontes sont visibles, l'une sinueuse, l'autre en forme de C.
Et il y a au moins 4 individus à retrouver sur cette photo.
Ria d'Etel (35)
20/08/2025
Dessin d'une ponte
Ponte déposée sur la face interne des hydraires (Aglaophenia pluma et Aglaophenia sp.), blanchâtre ou blanc jaunâtre et en forme de bande simple, ondulée, à deux ou trois tours.
Planche 2, figure C page 82, J. Ortea & V. Urgorri.
Reproduction de documents anciens
1978
Ponte sur Aglaophenia
La ponte est sur une tige d'Aglaophenia, elle forme un ruban de 7 œufs de large. La couleur est blanchâtre ou rose pâle.
Planche 9, figure F. J. Just & M. Edmunds.
Reproduction de documents anciens
1985
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Pascal GIRARD
Responsable régional : Pascal GIRARD
Lemche H., 1976, New British species of Doto Oken, 1815, Journal of the Marine Biological Association of the United Kingdom, 56, 691-706.
Martinsson S., Malmberg K., Bakken T., Korshunova T., Martynov A., Lundin K., 2021, Species delimitation and phylogeny of Doto (Nudibranchia: Dotidae) from the Northeast Atlantic, which a discussion on food spezialization, Journal of Zoology Systematics and Evolutionary Resarch, 59, 1754-1774.
Ortea J.A., Urgorri V., 1978, El genero Doto (Oken 1815) en el norte y noroeste de Espana, Boletín de la Estación Central de Ecología, 7(14), 73-92.
Ortea J., Moro L., Ocana O., Bacallado J.J., 2010, Contribucion al estudio del género Doto Oken, 1818 (Mollusca: Nudibranchia) en Ceuta (Espana) con la descripcion de nuevas especies, Revista de la Academia Canaria de Ciencias, XXI (3-4), 81-91.
Picton B., 1978, A review of the genus Doto (Mollusca : Opisthobranchia), in the N.E. Atlantic and Mediterranean, Porcupine Newsletter 1(5), 71-77.
Vàsquez-Alcaide D., Salvador X., Giribet G., Hooker Y., Schrödl M., Moles J., 2026, A systematic revision of the speciose sea slug genus Doto (heterobranchia: Nudibranchia) - from the Mediterranean to South America., Marine Biodiversity, 56, 7, 35p.
La page de Doto koenneckeri dans MolluscaBase
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