Longueur de quelques millimètres, jusqu'à 10 mm
4 à 6 paires de cérates
2 à 3 rangées de tubercules ronds
Tubercule apical plus développé
Rhinophores lisses, longs et minces avec une ligne blanche à l'avant et à l'arrière
Corps blanc translucide à jaunâtre avec une forte pigmentation
Grandes taches colorées recouvrant largement les tubercules des cérates
Critère distinctif fiable parmi les Doto méditerranéens : association de cérates peu nombreux à larges taches pigmentées et de rhinophores marqués d’une ligne blanche longitudinale
Doto fleurie
Doto susanae Fez, 1962
Méditerranée et Atlantique Nord-Est
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]Doto floridicola a été observée en Macaronésie* (archipels
des Açores, de Madére, des Canaries et du Cap-Vert), sur la côte ouest de la
péninsule Ibérique (Espagne et Portugal), la côte atlantique de la France, au sud-ouest
du Royaume-Uni et de l’Irlande. Elle est également observée en Méditerranée
occidentale et orientale (Grèce, Turquie).
L’espèce présente une distribution atlanto-méditerranéenne continue, probablement favorisée par sa phase larvaire planctotrophe*.
Doto floridicola a été trouvée sur Aglaophenia tubulifera et A. kirchenpaueri sur des parois verticales exposées au courant, et A. elongata dans des zones sableuses.
L’espèce est typiquement associée aux hydraires exposés au courant, condition favorisant à la fois l’alimentation et la dispersion larvaire.
Doto floridicola est une petite espèce de quelques millimètres de longueur (jusqu’à 10 mm). Sur son dos, on compte de 4 à 6 paires de cérates* (selon la longueur de l’animal). Les cérates portent 2 à 3 rangées de tubercules* ronds. Le tubercule apical* est plus développé. La deuxième paire de cérates est souvent la plus grande.
Les rhinophores* rétractiles sont lisses, longs et minces. Leur gaine à la base est élargie autour des rhinophores.
Le corps est blanc translucide à jaunâtre avec une forte pigmentation rouge (voire brune ou verte). Des taches de la même couleur sont présentes le long du dos et sur les côtés jusqu’à la tête. De grandes taches roses, rouges ou brunes recouvrent largement, mais pas complètement, les tubercules des cérates. Les bords des taches sont légèrement plus foncés. Les espaces entre les tubercules sont translucides.
Les rhinophores présentent une ligne blanche longitudinale parfois fragmentée en taches alignées à l’avant et à l’arrière. Les gaines des rhinophores ont la même couleur que le reste du corps.
La papille* anale est blanche opaque, elle est située sous le 1er cérate droit. L’anus est entre le premier et le deuxième cérate.
Comme chez les autres espèces du genre, la disposition et la morphologie des cérates varient légèrement selon l’âge et l’état de contraction de l’animal.
Le genre Doto est, sur le plan taxonomique*, l'un des genres les plus complexes de nudibranches en raison de la nature cryptique* de ses espèces, de leur petite taille et de l'homogénéité de leurs caractéristiques internes et externes.
Les analyses phylogénétiques* et de délimitation des espèces suggèrent que la coloration et la morphologie externe sont souvent peu fiables pour différencier les espèces (Vàsquez-Alcaide & al, 2026).
La distinction des espèces du genre Doto repose souvent davantage sur l’hydraire hôte et la répartition géographique que sur la seule coloration externe.
D. cuspidata Alder & Hancock, 1862, cette espèce dépasse 10 mm de longueur et porte 8 paires de cérates. Sa distribution est incertaine et plus boréale. Elle vit sur Nemertesia ramosa, le corps est fortement marqué de brun foncé ou noir, des glandes pâles sont présentes à l'extrémité des tubercules* des cérates*. Cette espèce est présente en Atlantique Nord-Est.
D. fragilis (Forbes, 1838), cette espèce de couleur brun doré dépasse 10 mm de longueur et porte 8 paires de cérates, est distribuée depuis le nord-ouest de l'Espagne jusqu'aux îles Britanniques et à la Norvège. Cette espèce a été observée sur les hydraires Nemertesia antennina, Nemertesia ramosa, Halecium halecinum, Halecium muricatum. Le corps est brun, mais il n’y a pas de taches plus foncées, des glandes blanches sont présentes le long des flancs du corps. Il y a jusqu'à 10 paires de cérates, chacun comportant jusqu'à 13 cercles concentriques de tubercules pâles. Cette espèce dépasse 10 mm de longueur et est présente en Manche, dans l'Atlantique Nord-Est et en Méditerranée.
D. lemchei (Ortea & Urgorri, 1978), est une espèce très proche de D. floridicola, est observée sur Aglaophenia tubulifera. Il n’y a pas de taches sur les tubercules, le corps présente une teinte brune avec sur la tête du brun pâle. Cette espèce est présente en Atlantique Nord-Est jusqu’en Galice (Espagne).
D. onusta Hesse, 1872, cette espèce vit plutôt dans la zone de balancement des marées sur Dynamena pumila. Elle a été observée en Bretagne.
D. paulinae Trinchese, 1881, elle ressemble à D. floridicola par la forme de ses cérates mais diffère par l’absence des lignes blanches sur les rhinophores. Les tubercules sont entièrement bruns à l’exception de celui situé à l’apex* qui est blanc. Cette espèce vit sur Obelia geniculata, Aglaophenia pluma et Eudendrium sp. Elle est présente en Méditerranée occidentale.
Doto floridicola se nourrit d’Aglaophenia tubulifera et d’A. kirchenpaueri sur des parois verticales exposées au courant, et d’A. elongata dans des zones sableuses.
Doto floridicola a également été observée sur des hydraires du genre Synthecium (comme S. evansi)
Comme les autres mollusques gastéropodes, Doto floridicola possède une radula*, mais avec peu de dents. Les Doto n'attaquent pas et n'ingèrent pas les polypes* des hydraires calyptoblastiques* sur lesquels on les trouve presque toujours, mais se nourrissent plutôt en perforant le périsarc* à l'aide de leurs dents radulaires extrêmement petites et fines et en aspirant le liquide du cœnosarc*.Cette stratégie d’alimentation spécialisée explique la forte dépendance écologique de l’espèce envers ses hydraires hôtes.
Les Doto, comme les autres nudibranches, sont hermaphrodites*. Chez Doto floridicola, l'accouplement est principalement observé entre mars et août, bienque des adultes et des pontes soient présents toute l’année. Les individus produisent des gamètes* mâles et femelles dans des gonades* au niveau des cérates* des deuxième, troisième paires jusqu’à la sixième paire.
La ponte, accrochée sur les mêmes colonies d'hydraires où vivent les animaux, a la forme d’un ruban de couleur blanc clair à rose, disposé en ondulations serrées (souvent trois). Les œufs sont disposés dans des capsules ovigères* sphériques pouvant contenir jusqu'à trois œufs chacune, mais contenant le plus souvent un seul œuf par capsule. Les œufs mesurent en moyenne 115 µm (de 80 µm à 120 µm).
Les larves* véligères* nageuses qui éclosent sont planctotrophes*. Elles subissent ensuite une métamorphose* avant de s’installer sur un hydraire.
Le développement planctotrophique assure une dispersion efficace et contribue à la large répartition géographique de l’espèce
L’espèce vit étroitement associée aux hydraires dont elle se nourrit, principalement Aglaophenia spp. et parfois Synthecium.
L’activité diurne facilite son observation malgré sa petite taille, notamment lors de la recherche des pontes sur les hydraires.
Les Doto n’ont pas de cnidosacs* mais possèdent sur les
cérates* de grosses cellules glandulaires probablement à rôle défensif. Ces
glandes pourraient sécréter des composés dissuasifs contre les prédateurs.
En raison de leur petite taille, les individus sont souvent détectés grâce à leurs pontes caractéristiques déposées sur les hydraires hôtes.
Doto des floridées car l'espèce a été récoltée, pour la première fois, avec des algues rouges Floridées.
Doto : il s'agit du nom d’une Néréide de la mythologie grecque. Ce nom de genre a été donné, en 1807, par le zoologiste allemand Ludwig Gilbert Lorenz Oken (Okenfuss) (1779-1851).
floridicola : le premier spécimen a été récolté, par dragage entre 30 et 80 m de profondeur, par le malacologue allemand Heinrich Rudolf Simroth (1851-1917) aux Açores en même temps que des algues rouges (des Floridées). L'animal était de la même couleur que ces algues, donc [flori-] de Floridées et de [-cola] = habiter.
Numéro d'entrée WoRMS : 139637
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
| Sous-ordre | Dendronotina / Dendronotacea | Dendronotinés / Dendronotacées | Corps long et effilé. Appendices dorsaux en aiguille, en cigare ou branchus. Tête généralement pourvue de tentacules enroulés (rhinophores*) qui peuvent se rétracter dans des gaines. Rhinophore en tube ou en coupe. Mangeurs de Cnidaires. |
| Famille | Dotidae | Dotïdés | Limaces de petite taille. Rhinophores simples avec un fourreau. Présence d'un voile à la place des tentacules buccaux. 5 à 9 paires de cérates massifs et tuberculés. |
| Genre | Doto | ||
| Espèce | floridicola |
Gastéropodes Opisthobranches
A Antibes, sur un hydraire
La forme ronde des tubercules avec les grandes taches roses sont des caractéristiques de cette espèce.
Antibes (06)
20/11/2009
Gastéropodes Opisthobranches
Un individu bien coloré
Les tubercules colorés caractéristiques et la couleur blanche sur les rhinophores sont bien visibles.
Réserve de Banyuls (66)
22/06/2025
Un spécimen crètois
Les cérates blanchâtres semblent gonflés. L'extrémité des tubercules présente une grosse tache lie-de-vin. Le rhinophore est blanc et le corps brun.
Kalypso, Phakias, Crète, Grèce, 18 m
11/09/2023
Vue latérale gauche du même individu
On distingue une échancrure caractéristique en arrière de la gaine du rhinophore gauche.
Kalypso, Phakias, Crète, Grèce, 18 m
11/09/2023
Variante de couleur
Cet individu présente une couleur verdâtre pour les taches des tubercules. De part et d'autre il y a deux pontes.
Laminak, Pays basque (08), 15 m
05/05/2024
Dessin, vue dorsale
Individu de 3,5 mm.
Dessin, figure 1 B p 395, Est de Saronis, Grèce, Thompson & al 1990
Reproduction de documents anciens
07/09/1982
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Pascal GIRARD
Responsable régional : Pascal GIRARD
Cervera J. L., Calado G., Gavaia C., Malaquías,M. A. E., Templado J., Ballesteros M., García-Gómez J. C., Megina C., 2004, An annotated and updated checklist of the opisthobranchs (Mollusca: Gastropoda) from Spain and Portugal (including islands and archipelagos), Boletín Instituto Español de Oceanografía, 20 (1-4), 1-111.
Fez S. de, 1962, Dos nuevos ascoglossos y un Doto en el puerto de Valencia, Boletin de la Real Sociedad Española de Historia Natural (B), 60, 105-112.
McDonald G. R., Nybakken J. W.,1999, A worldwide review of the food of nudibranch mollusks, II The suborder Dendronotacea, A list of the worldwide food habits of nudibranchs, The Veliger, (42), 62-66.
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Schmeckel L, Kress A., 1977, Die Gattung Doto (Gastropoda: Nudibranchia) im Mittelmeer und Armelkanal, mit beschreibung von Doto acuta, n. sp, Malacologia, 16 (2), 467-499.
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Vázquez-Alcaide D., Salvador X. Giribet G., Hooker Y., Schrödl M., Moles J., 2025, Systematic revision of the speciose sea slug genus Doto (Heterobranchia: Nudibranchia) − from the Mediterranean to South America, Marine Biodiversity, 56(1), 7, 1-35.
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