Etoile-coussin

Culcita schmideliana / novaeguineae | (Retzius, 1805) / Müller & Troschel, 1842

N° 2439

Indo-Pacifique tropical Ouest

Clé d'identification

Forme cousin pentagonal ou de ballon atteignant 30 cm de diamètre
Bras indistincts
5 sillons ambulacraires sur la face ventrale remontant à peine sur la face dorsale

Noms

Autres noms communs français

Culcite, étoile-coussin requin

Noms communs internationaux

Spiny cushion star, pillow starfish (GB), Stella cuscino (I), Estrella almohadilla (E), Kissenstern (D), Kussen-zeestern (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Synonymes de Culcita schmideliana :
Asterias schmideliana Retzius, 1805
Asterias discoidea Lamarck, 1816
Goniodiscus studeri deLoriol, 1885
Culcita schmideliana var. africana Döderlein, 1896

Synonymes de Culcita novaeguineae :
Culcita grex Müller & Troschel, 1842
Goniaster sebae (Muller & Troschel, 1842)
Goniodiscides sebae (Müller & Troschel, 1842)
Goniodiscus sebae Müller & Troschel, 1842
Anthenea spinulosa (Gray, 1847)
Culcita pentagularis Gray, 1847
Culcita pentangularis Gray, 1847
Hosia spinulosa Gray, 1847
Pentagonaster spinulosus (Gray, 1847)
Randasia granulata Gray, 1847
Culcita pulverulenta Perrier, 1869
Hippasteria philippinensis Domantay & Roxas, 1938
Goniaster multiporum Hoffman in Rowe, 1974

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical Ouest

Zones DORIS : 4 Indo-Pacifique

Culcita schmideliana est présente dans l'ouest de l'océan Indien, sur toutes les côtes d'Afrique de l'Est jusqu'en Afrique du Sud, ainsi qu'au Sri Lanka, Maldives, Comores, Seychelles, Mayotte, Madagascar, La Réunion, Maurice et Rodrigues.

Elle est remplacée par C. novaeguineae dans l'est de l'océan Indien et le Pacifique : golfe du Bengale, îles Similan, îles Cocos-Keeling, et du nord-ouest de l'Australie à la Polynésie française et Hawaï à l'est. Du nord au sud, sa répartition géographique va du sud du Japon à l'Australie et la Nouvelle-Calédonie.

Biotope

L'étoile-coussin se rencontre dans les récifs coralliens comportant des parties sableuses et dans les herbiers de 1 à 30 m de profondeur.

Description

Les deux espèces Culcita novaeguineae et C. schmideliana sont extrêmement proches morphologiquement, et d’autant plus difficiles à distinguer que toutes deux sont extrêmement variables, y compris en ce qui concerne leurs traits de détermination : on les distingue donc essentiellement sur la base de leur aire de répartition. La description ci-dessous est par conséquent valable pour les deux espèces.

Cette étoile de mer a la particularité d'avoir des bras réduits, ce qui lui donne une forme bombée, légèrement pentagonale voire carrément sphérique chez certains spécimens. Elle peut atteindre 30 cm de diamètre et 15 cm de hauteur. Sa coloration est extrêmement variable, allant du gris au violet, en passant par le jaune, rouge, orange, brun, vert, et être uniforme ou non (surtout C. novaeguineae). En aucun cas la couleur ne peut constituer un caractère d'identification. Il peut y avoir également de courtes épines coniques généralement d'une couleur différente du reste du corps, réparties sans ordre – cependant les deux espèces peuvent aussi en être dépourvues.
La plaque madréporique* est normalement bien visible, proche de l'anus lequel est situé au milieu de la face dorsale (ou face aborale*).
Les papules* sont souvent regroupées en aires papulaires ayant une couleur différente du reste du corps. On peut noter la présence peu nombreuse de pédicellaires* en forme de pince.

Les bras, fusionnés au corps et non discernables, sont matérialisés par un sillon ambulacraire* parcourant chaque bras sur la face orale de l'étoile. Ces sillons sont d'une couleur différente du reste de la face inférieure, et entourés de tubercules* durs. Ils partent de la bouche, se prolongent le long des bras et remontent légèrement sur les côtés de la face dorsale, pour terminer par un ocelle*. Chaque plaque ambulacraire constituant ces sillons est pourvue de 5 à 7 épines internes et de 1 à 2 épines plus grosses et externes. Les podia*, petits pieds terminés par une ventouse et servant à la locomotion, sortent par les sillons ambulacraires. A l'extrémité des bras se trouvent des podia plus fins, sans ventouse, avec un rôle tactile.

Les juvéniles, de couleur olivâtre, sont pentagonaux et plats, le corps prenant une forme sphérique en vieillissant.

La distinction entre les deux espèces se fait sur plusieurs critères, en plus de la localisation :

  • L’espèce du Pacifique, quand elle est armée de piquants sur sa face dorsale, en possède autant dans les aires porifères qu’en-dehors, alors que l’espèce de l’océan Indien n’a que de gros piquants coniques, souvent sombres, et presque toujours à l’extérieur des aires porifères.
  • L’espèce du Pacifique est plus souvent polychrome, alors que celle de l’océan Indien a généralement une couleur de fond unie, une variante pour les papules, et les piquants sombres.
  • Les deux espèces ont un squelette suivant une géométrie régulière au stade juvénile, et l’espèce de l’océan Indien semble conserver une certaine symétrie dans l’arrangement des plaques en relief de sa face ventrale, alors que celle du Pacifique la perd à la maturité, remplacée par un tapis grossièrement uniforme de petits tubercules durs.

Espèces ressemblantes

Avec sa forme massive, comme un ballon, on pourrait confondre l'étoile-coussin avec un oursin, seulement elle est dépourvue de vrais piquants. L'observation de sa face inférieure, avec ses 5 sillons ambulacraires permet de lever tous les doutes.

Dans la littérature il y a encore beaucoup de confusion entre Culcita schmideliana et C. novaeguineae. Comme précisé dans les paragraphes précédents, la zone géographique permet de les distinguer.

Culcita coriacea, la troisième espèce du genre, a des bras un peu plus marqués et une forme pentagonale. La face dorsale est également beaucoup moins bombée. Elle est de couleur jaune orangé et présente quelques tubercules coniques marron foncé. La plupart de ces tubercules sont plus ou moins alignés sur une partie de la face dorsale, en partant de l'extrémité des bras. Ils forment donc 5 lignes se rapprochant du centre de la face dorsale mais s'arrêtent environ à mi-distance. Cette espèce est présente en mer Rouge, dans le golfe d'Aden et le golfe d'Oman.

Halityle regularis a une forme plus pentagonale et moins bombée, avec des bras un peu plus prononcés. Sa coloration est dans les tons rouges avec sur sa face dorsale des motifs en fleurs à 6 pétales caractéristiques, à la géométrie régulière. Sa face ventrale est couverte de tubercules donnant un aspect en mosaïque. Autour de la bouche, les plaques de cette mosaïque prennent une couleur bleu vif, caractéristique de cette espèce. Elle est présente dans l'Indo-Pacifique.

Plus en profondeur, l’espèce Astrosarkus idipi peut parfois être croisée par des plongeurs expérimentés (entre 67 et 200 m de fond), mais celle-ci n’a jamais de piquants, et des bras plus marqués.

Les cinq espèces de la famille des Podosphaerasteridés ont exactement la même silhouette, cependant elles vivent beaucoup plus profond.

Alimentation

L'étoile-coussin se nourrit de polypes* de coraux (principalement de jeunes Acropora et Pocillopora, mais également Porites, Stylophora, Goniopora, Galaxea, Xenia) dans les récifs denses, ou de détritus organiques, d'éponges et du film algal (riche en algues microscopiques, diatomées, bactéries et foraminifères) sur les fonds sédimentaires et les herbiers. Elle est active principalement de nuit. Pour se nourrir, elle dévagine son estomac à l'extérieur, et en recouvre ses proies.

Reproduction - Multiplication

Il y a très peu de données sur la reproduction de l'étoile-coussin. Cependant, comme pour les autres étoiles de mer, les sexes sont sûrement séparés, les gamètes* doivent être libérés dans l'eau et la fécondation doit être externe. La larve* est d’abord planctonique, et tombe sur le fond au bout de quelques temps.

Des études ont montré qu'il fallait environ deux ans pour que Culcita novaeguineae passe du stade juvénile, pentagonal et plat, à la forme quasi sphérique de l'adulte.

Vie associée

Sur la face orale de l'étoile-coussin, il est fréquent de trouver de petites crevettes Zenopontonia soror, Zenopontonia noverca ou des vers annélides polychètes. Un poisson, Carapus sp. peut s'installer dans la cavité générale en y entrant par la bouche. Ce n'est pas du parasitisme de la part de ce poisson, qui ne se nourrit pas des tissus de l'étoile, mais trouve juste une protection. Au contraire, ce poisson va débarrasser l'étoile des petites crevettes qui vivent sur elle et qui se nourrissent de ses tissus.

Divers biologie

Le métabolisme des étoiles-coussins produit de nombreuses substances dont certaines toxines, comme les glycosides stéroïdiens et plus particulièrement les astérosaponines. Ces molécules, une fois isolées, peuvent être utilisées pour lutter contre des champignons responsables de maladies en agriculture. Elles ont aussi des fonctions anti-tumorales.

L'étoile-coussin, comme les autres Echinodermes, se déplace au moyen de ses pieds ou podia*, munis d'une ventouse terminale et actionnés par un véritable système hydraulique : le système aquifère*.

Informations complémentaires

Cette espèce peut s'attaquer aux coraux vivants, mais du fait de sa forme globulaire, elle n'est pas souple et n'est pas capable de consommer des coraux aux formes complexes, et s’attaque surtout aux jeunes colonies et à certaines espèces plus facilement accessibles. C'est pour cela que contrairement à l'étoile de mer couronne d'épines, elle ne peut pas faire de gros dégâts dans un récif.

Origine des noms

Origine du nom français

Etoile-coussin de l'océan Indien / du Pacifique fait référence à sa forme et sa situation géographique. Le nom d'étoile coussin est parfois utilisé aussi pour l'espèce Halityle regularis quelques autres espèces de la famille des Oreasteridés.

Origine du nom scientifique

Culcita : du latin [culcita] = coussin.

schmideliana : en hommage à Casimir Christopher Schmidel (1718-1792), professeur en médecine et botanique.

novaeguineae : de Nouvelle-Guinée, région d'où provenait le premier individu décrit.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Valvatida Valvatides Etoiles de mer à 5 bras arrondis et souples. Papules* respiratoires réparties sur la face dorsale.
Famille Oreasteridae Oréastéridés
Genre Culcita
Espèce schmideliana / novaeguineae

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