Anémone à points rouges

Anthopleura ballii | (Cocks, 1851)

N° 1520

Atlantique Est et centre (Canaries), Manche et Méditerranée

Clé d'identification

Jusqu'à 96 tentacules disposés en multiples de 6
Rangées longitudinales de verrues protubérantes de teinte plus claire que celle de la colonne
Chaque verrue terminée par un point rouge
Au sommet de chaque rangée de verrues : une vésicule volumineuse
Quasiment jamais adhésion sur ses verrues de graviers ou de débris coquilliers
Couleur dominante jaune ou brune

Noms

Noms communs internationaux

Red-speckled pimplet anemone (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Bunodes ballii (Cocks, 1850)

Distribution géographique

Atlantique Est et centre (Canaries), Manche et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

En Atlantique, cette espèce est présente depuis les côtes des îles Britanniques jusqu'à celles du golfe de Guinée. Méditerranée.

Biotope

L'anémone à points rouges se rencontre depuis la zone intertidale*, où on peut la rencontrer dans des flaques à marée basse, jusqu'à une profondeur de 25 m. Elle est souvent observée dans des anfractuosités ou dans des trous dans la roche, notamment dans ceux qui ont été réalisés par des bivalves foreurs (Pholades...). On la trouve parfois aussi sous des blocs rocheux et également dépassant du sédiment, mais toutefois toujours avec la base fixée sur un support solide, roche ou coquille, plus ou moins enfoui. Elle peut ainsi être présente dans certains herbiers, le pied accroché à un rhizome. En général, elle se trouve dans des endroits abrités.
Elle est capable de s'enfouir dans le sédiment.

Description

Cette anémone, qui peut atteindre la taille de 10 cm, mais le plus souvent 5 à 7 cm, expose en permanence ses tentacules situés au-dessus d'une colonne plus ou moins évasée. Cette colonne est divisée en deux parties : scapus* (partie inférieure) et capitulum* (partie supérieure). Elle possède, en Atlantique, jusqu'à 96 tentacules, disposés en multiples de 6 et qui se présentent parfois avec des taches claires assez nombreuses et de tailles variées. Le diamètre de la couronne tentaculaire atteint 10 à 12 cm. En Méditerranée, elle est d'une taille inférieure : 4 cm au maximum et ne possède pas plus de 48 tentacules. Ses tentacules, longs de 2 à 3 cm semblent souvent disposés en désordre et recourbés juste avant leur extrémité. Sa caractéristique la plus originale, et qui lui a valu son nom commun français, est de posséder sur sa colonne (au niveau du scapus) des rangées longitudinales de verrues protubérantes de teinte plus claire que celle de la colonne et terminées chacune par un point rouge. Au sommet de chaque rangée de verrues se situe une vésicule riche en cnidocytes* (acrorhage*) plus volumineuse que les verrues qu'elle surmonte. Contrairement à ce qui peut être le cas avec certaines anémones (Urticina felina...) on n'observe quasiment jamais sur ses verrues l'adhésion de graviers ou de débris coquilliers.
La couleur dominante de cette anémone peut être jaune ou brune et certains scientifiques distinguent deux variétés pour cette espèce en fonction de cette couleur. La variété jaune serait plutôt translucide avec des teintes assez vives, la variété brune opaque avec des teintes ternes. Ces distinctions ne sont pas toujours évidentes et la variété brune peut apparaître assez verdâtre.
Le disque oral présente de manière plus ou moins visible un ensemble de fines lignes claires qui rayonnent autour de la bouche (et qui sont en relation avec les mésentères*). Il peut être orné d'une tache sombre. La couleur de cette anémone peut également être liée à son biotope, selon qu'elle est exposée à la lumière ou non. Si la lumière est relativement abondante, ses zooxanthelles* lui confèrent une teinte verte assez marquée.

Espèces ressemblantes

Anthopleura thallia possède une taille et un nombre de tentacules semblables mais les verrues de sa colonne sont foncées, plus grosses et irrégulièrement disposés ; elles sont plus larges vers son sommet. Des graviers et débris divers peuvent adhérer à ces verrues, ce qui n'est pas le cas de l'anémone à points rouges. Ses acrorhages sont blanchâtres et plus petits. Cette anémone est plutôt rare et absente ailleurs qu'en Bretagne.

Aulactinia verrucosa, l'anémone-gemme, est plus petite et ses tentacules possèdent des motifs plus larges que ceux d'Anthopleura ballii. De plus, l'anémone-gemme ne possède pas d'acrorhages.

Calliactis parasitica, l'anémone parasite possède des lignes de traits rouges sur la colonne, mais elles sont différentes toutefois des rangées de verrues d'Anthopleura ballii. Elle possède aussi un nombre de tentacules bien plus important, jusqu'à 700, et ceux-ci sont grêles.

Aiptasia mutabilis, mais celle-ci ne possède pas de tubercules ; elle a par contre des aconties*.

Bunodactis rubripunctata et Bunodactis verrucosa, mais ces anémones ne possèdent pas d'acrorhages, et leurs tentacules sont plus courts et plus larges.

Alimentation

Comme les autres anémones Anthopleura ballii est un animal carnivore qui se nourrit de petits poissons, de petits crustacés ou d'autres invertébrés de taille modeste et de divers débris organiques. Au contact de ses nombreux tentacules urticants, les proies sont paralysées. L'anémone se referme et les proies sont amenées à la bouche où elles seront introduites pour être digérées dans la cavité gastrique.

Reproduction - Multiplication

Cette anémone pratique la reproduction sexuée. En Méditerranée la saison de reproduction est comprise entre juin et août. Les sexes sont séparés (espèce gonochorique*). Des anémones mâles et femelles libèrent leurs gamètes en pleine eau où a lieu la fécondation. Il en résulte une larve ciliée pélagique, la planula, qui finit par tomber sur le fond et se fixer sur un substrat rocheux pour donner une jeune anémone.
La reproduction asexuée est très probable pour cette espèce, comme pour les autres Anthozoaires, mais elle n'est pas mentionnée dans la littérature disponible.

Vie associée

Cette anémone abrite des zooxanthelles* qui lui sont indispensables. Elles sont apportées par le gamète femelle lors de la formation de l'œuf. Ce mécanisme lui garantit la possession de ces précieuses microalgues.

Divers biologie

Cette anémone est incapable de se refermer et d'abriter ses tentacules dans sa cavité digestive.

La teinte verte qu'elle arbore n'est pas seulement due à des algues symbiotiques mais aussi à une protéine fluorescente qui se retrouve chez d'autres cnidaires.

Informations complémentaires

Si la température moyenne des masses océaniques devait augmenter, les scientifiques estiment que cette espèce verrait rapidement ses effectifs augmenter et sa répartition s'étendre vers le nord.

Origine des noms

Origine du nom français

Anémone à points rouges simplement parce que c'est sa caractéristique la plus originale.

Origine du nom scientifique

Anthopleura : du grec [anthos] = fleur et [pleur-] = côté, flanc. Le bord de la colonne de cette anémone est "fleuri" de petites taches rouges... d'où peut-être l'origine de son nom ?
ballii en hommage au Dr. Robert Ball (1802-1857), naturaliste irlandais.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Actiniidae Actiniidés
Genre Anthopleura
Espèce ballii

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