Jusqu’à 30 mm de longueur
2 à 9 paires de cérates, portant chacun des tubercules coniques allongés tous terminés par un point noir
De chaque côté du corps, entre les cérates, 2 à 9 tubercules (les picots), chacun terminé par un point noir
Rhinophores simples et lisses entourés d’une gaine évasée
Taches noires sur le bord des gaines des rhinophores
Corps translucide crème à fauve pâle avec des taches brun foncé à noires sur le dos
Taches généralement plus foncées à l’avant
Voile oral arrondi
Principalement sur l'hydraire Nemertesia antennina
La présence de picots latéraux à pointe noire associés à des taches sombres sur le bord des gaines des rhinophores constitue un critère diagnostique fiable de l’espèce.
Grand doto, Le nom vernaculaire “grand doto” est ambigu et peut prêter à confusion avec d’autres grandes espèces du genre.
Feathered doto (GB), Geverderte kroonslak (NL)
Doris pinnatifida Montagu, 1804
Doto armoricana Hesse, 1872
Doto nigra Eliot, 1910
Doto pinnatifida var. nigra Eliot, 1910
Doto pinnatifida var..papillifera Eliot, 1910
Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]L’espèce est caractéristique des eaux tempérées froides de l’Atlantique Nord-Est.
Doto pinnatifida est présente de la Scandinavie au nord de l’Espagne (Galice) dans l’Atlantique Nord-Est.
Trainito & Doneddu (2014) signalent sa présence en Méditerranée ! Cette mention nécessite confirmation.
La mention de l'espèce en Afrique du Sud est très probablement erronée.
Doto pinnatifida vit dans des eaux depuis la surface jusqu’à 75 m de profondeur, principalement sur des hydraires. comme Nemertesia antennina.
Sa présence est étroitement liée à celle de ses hydraires hôtes.
Doto pinnatifida est une des plus grandes espèces de Doto de nos côtes, elle peut mesurer jusqu’à 30 mm de longueur. Elle possède de 2 à 9 paires (exceptionnellement jusqu'à 12) de cérates*. Chaque cérate porte des tubercules* coniques allongés disposés en (jusqu’à) 6 cercles concentriques. Chaque tubercule est terminé par un point noir.
Les rhinophores* sont simples et lisses entourés d’une gaine évasée. Des taches brun foncé entourent le bord de chaque gaine.
De chaque côté du corps, entre les cérates, 2 à 9 tubercules ou papilles* (les picots) portent,. comme les tubercules disposés sur les cérates, un point noir à leur extrémité. Occasionnellement il peut y avoir quelques-uns de ces tubercules sur le dos.
Le bord frontal est dilaté en un voile oral (ou velum*) arrondi.
Le corps est translucide crème à fauve pâle voire orange pâle avec des taches brun foncé à noires sur le dos, plus foncées à l’avant. La coloration du corps s'assombrit avec l'âge.
La silhouette générale reste élancée malgré la forte ornementation des cérates.
Le genre Doto est particulièrement difficile à identifier sur la seule base morphologique.
Il est, sur le plan taxonomique*, l'un des genres les plus complexes de nudibranches en raison de la nature cryptique* de ses espèces, de leur petite taille et de l'homogénéité de leurs caractéristiques internes et externes.
Les analyses phylogénétiques* et de délimitation des espèces suggèrent que la coloration et la morphologie externe sont souvent peu fiables pour différencier les espèces (Vàsquez-Alcaide & al, 2026).
Dans l’Atlantique Nord-Est, il y a 20 espèces répertoriées de Doto, dont 14 considérées comme autochtones.Nous présentons ici les espèces reconnues de l'Atlantique Nord-Est (plusieurs de ces espèces sont issues du complexe Doto coronata) :
Chez Doto pinnatifida, les picots latéraux à pointe noire restent le critère distinctif le plus constant.
D’autres nudibranches de petite taille pourraient être confondus avec les Doto :Une clé de détermination des espèces britanniques de Doto est présentée dans l'ouvrage de Thompson & Brown en 1976, page 71, et un tableau de comparaison dans le Thompson & Brown de 1984, pages 28-29.
De nombreux auteurs (Thompson & Brown, Picton, …) décrivent Doto pinnatifida comme se nourrissant exclusivement de l’hydraire Nemertesia antennina.
Toutefois, Martinsson & al. (2021) dans leur étude montrent que D. pinnatifida a été observée se nourrissant de plusieurs autres hydraires comme Aglaophenia sp., Amphisbetia operculata, Halecium spp., Sertularia sp..
D’autres espèces de Doto consomment aussi N. antennina, comme par exemple Doto coronata, D. fragilis, D. hystrix.
Comme les autres mollusques gastéropodes Doto pinnatifida possède une radula*, mais avec peu de dents. Les Doto n'attaquent pas et n'ingèrent pas les polypes des hydraires calyptoblastiques* sur lesquels on les trouve presque toujours, mais se nourrissent plutôt en perforant le périsarc* à l'aide de leurs dents radulaires extrêmement petites et fines et en aspirant le liquide du cœnosarc*.
L’espèce est spécialisée dans l’exploitation du cœnosarc des hydraires. Cette stratégie permet l’exploitation des tissus internes sans détruire les colonies d’hydraires.
Les Doto, comme les autres nudibranches, sont hermaphrodites*. La reproduction est sexuée et a lieu presque toute l’année. Les individus produisent des gamètes* mâles et femelles dans des gonades* rouge-orange, visibles par transparence au niveau des cérates* des deuxième, troisième paires jusqu’à la sixième paire.
La ponte forme une longue bande sinueuse (longueur 3,5 cm, largeur 0,5 cm). La ponte est accrochée, par un bord, à la tige de Nemertesia antennina, souvent à la base. Les œufs (d'un diamètre de 91 à 108 µm) sont blancs ou roses. Un même individu peut pondre des œufs blancs ou roses à intervalles rapprochés. Chaque œuf est seul, en général, dans une capsule ovigère* lisse. Chaque ponte, déposée pendant la nuit ou tôt le matin, peut contenir jusqu’à 26 500 œufs. Cette ponte est semblable à celles d’autres espèces comme celle de Doto coronata.
Les larves* véligères* nageuses éclosent, après 16 jours à 10-12 °C. Elles sont planctotrophes*. Ensuite, elles subissent une métamorphose* avant de s’installer sur un hydraire.
Un animal de 2 mm de longueur porte 5 paires de cérates, un individu de 25 mm, 12 paires.
La forte fécondité compense une mortalité larvaire élevée en phase planctonique.
Doto pinnatifida est présente principalement sur l’hydraire Nemertesia antennina mais elle peut également être observée aussi sur Aglaophenia sp., Amphisbetia operculata, Halecium spp., ou Sertularia sp..
La présence discrète des sacs ovigères* du copépode* parasite* Lomanoticola brevipes (cf. la fiche Splanchnotrochus spp.) a été signalée. (Hecht 1896).
Les Doto n’ont pas de cnidosacs* mais possèdent
sur les cérates* de grosses cellules glandulaires, probablement à rôle défensif. Ces sécrétions glandulaires constituent un mécanisme de défense chimique probable.
Les Doto sont de petites espèces mais, en général, assez faciles à observer car leurs pontes sur les hydraires, bien que petites, sont bien visibles.
Doto à picots : nommée ainsi pour ses petits tubercules sur les flancs.
Doto :il s'agit du nom d’une Néréide de la mythologie grecque. Ce nom de genre a été donné, en 1807, par le zoologiste allemand Ludwig Gilbert Lorenz Oken (Okenfuss) (1779-1851).
L'espèce-type* du genre est Doto coronata (anciennement Doris coronata).
pinnatifida : du latin [pinnatus] provenant de [pinna] = plumes, ailes, et du latin [findere] = fendu. Donc
disposé comme les barbes d’une plume.
L'espèce a été décrite en 1804 par le militaire et naturaliste anglais George Montagu (1753-1815) sous le nom de Doris pinnatifida, sans que l'auteur n'explique son choix d'épithète. Mais Montagu étant également ornithologiste, sa référence aux plumes se comprend.
La localité-type* de l'espèce se situe sur la côte sud du comté de Devon, en Angleterre.
Numéro d'entrée WoRMS : 139650
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
| Sous-ordre | Dendronotina / Dendronotacea | Dendronotinés / Dendronotacées | Corps long et effilé. Appendices dorsaux en aiguille, en cigare ou branchus. Tête généralement pourvue de tentacules enroulés (rhinophores*) qui peuvent se rétracter dans des gaines. Rhinophore en tube ou en coupe. Mangeurs de Cnidaires. |
| Super-famille | Dendronotoidea | ||
| Famille | Dotidae | Dotïdés | Limaces de petite taille. Rhinophores simples avec un fourreau. Présence d'un voile à la place des tentacules buccaux. 5 à 9 paires de cérates massifs et tuberculés. |
| Genre | Doto | ||
| Espèce | pinnatifida |
Gastéropodes Opisthobranches
Doto à picots (Doto pinnatifida)
Petit doto associé aux hydraires Nemertesia antennina et caractérisé par une série de petits "picots" en bordure du manteau, sous les cérates, tous marqués de points rouge foncé à noir
Rivière d'Etel, site du Magouer, Morbihan (56), 7 m
16/08/2014
Gastéropodes Opisthobranches
Doto associé aux hydraires Nemertesia antennina
L'animal est vu par-dessus. Les deux rhinophores* lisses et fins sont visibles.
Mendu, ria d'Etel, Morbihan (56), 12 m
26/08/2012
Doto pinnatifida sur Nemertesia antennina
La tête n'est pas visible, mais les cérates* caractéristiques le sont.
Ria d'Etel, Morbihan (56), 11 m
1er juin 2020
Vue dorsale
Les picots, sur les flancs, entre les cérates*, sont bien visibles ainsi que le voile oral arrondi, les gaines des rhinophores*.
Fig.35, p77, T.E. Thompson & G.H. Brown
Reproduction de documents anciens
1976
Pendant la ponte
Vue du côté droit. Le doto pond sur une Nemertesia antennina. Sur le flanc, entre les cérates*, on devine les picots caractéristiques Les points noirs sur la gaine du rhinophore* sont bien visibles.
Fig. B, planche 1, H. Just & M. Edmunds
Reproduction de documents anciens
1985
Un cérate (médian)
Les tubercules* longs, coniques, espacés sont terminés par un point noir voire carmin.
Dessin D, planche 12, p33, H. Just & M. Edmunds
Reproduction de documents anciens
1985
Quelques Doto avec leurs pontes
Cette Nemertesia antennina a du succès.
Mendu, ria d'Etel, Morbihan (56), 12 m.
26/08/2012
Ponte de Doto pinnatifida
Le ruban sinueux, accroché par un bord, mesure 22 mm de longueur.
Fig. B, planche II, A. Kress, 1975
Reproduction de documents anciens
1975
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Alain-Pierre SITTLER
Responsable régional : Yves MÜLLER
Goddard J. H. R., 1996, Lecithotrophic development in Doto amyra (Nudibranchia: Dendronotacea), with a review of developmental mode in the genus, The Veliger 39, 43-54.
Hecht E. 1896, Contribution à l’étude des Nudibranches, Thèse, Académie de Paris, 98p
Kress, A., 1975, Observations during embryonic development in the genus Doto (Gastropoda, Opisthobranchia), Journal of the Marine Biological Association of the United Kingdom, 55(03), 691.
Martinsson S., Malmberg K., Bakken T., Korshunova T., Martynov A., Lundin K., 2021, Species delimitation and phylogeny of Doto (Nudibranchia: Dotidae) from the Northeast Atlantic, which a discussion on food spezialization, Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research,.59, 1754-1774.
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Vàsquez-Alcaide D., Salvador X., Giribet G., Hooker Y., Dchrödl M., Moles J., 2026, A systematic revision of the speciose sea slu genus Doto (heterobranchia: Nudibranchia) - from the Mediterranean to South America., Marine Biodiversity, 56, 7, 35p.
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