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France
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  Fiche Espèce   (N°963)
 
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(N°963)  
Haliclystus octoradiatus (Lamarck, 1816)
Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord, Pacifique Nord et Sud
Petite lucernaire à boutons
 
Scyphozoaires (Méduses vraies) et Staurozoaires
 
 
Lucernaire, stauroméduse
Eared stalked jellyfish (GB), Medusa pedunculada (E), Becherqualle (D), Vastzittende kwal, gesteelde kwal (NL), Begerpolypp (N)
 Critères de reconnaissance
Petite méduse en forme d'entonnoir, fixée par une ventouse
Pédoncule aussi long que l'entonnoir
Couleur allant du vert au brun roux, taille de 2 à 4 cm
8 bras porteurs d'un bouquet d'une centaine de tentacules
Un bouton blanc sur le bord de l'ombrelle entre chaque bras
 Distribution
On trouve Haliclystus octoradiatus depuis l'océan Arctique jusqu'au sud de la Bretagne. Elle abonde également de l'autre côté de l'Atlantique, du pôle aux côtes canadiennes (du Nouveau Brunswick jusqu'au Cap Code), ainsi que dans l'océan Pacifique Nord, de l'Alaska au nord de la Californie. Enfin, cette méduse est très fréquente dans le sud du Chili.
 Biotope
Les lucernaires affectionnent les eaux infra- et circalittorales peu profondes des océans froids à tempérés. On les trouvera presque exclusivement fixées sur les algues (laminaires) et les plantes marines (zostères), très rarement sur substrat rocheux.
 Description
Haliclystus octoradiatus est une petite méduse en forme d'entonnoir, fixée au substrat par une ventouse.
Un pédoncule grêle relie cette ventouse à l'ombrelle soutenue par huit bras terminés chacun par un bouquet d'environ 100 tentacules. Sa couleur est variable : l'exombrelle* est translucide, l'endoderme* est en général vert ou brun rouge, sa couleur dépendant du végétal sur lequel la méduse s'est fixée.
Sa taille est en général de 2 à 2,5 centimètres de haut (rarement 4 cm). La longueur du pédoncule représente la moitié de la taille de la méduse. Sa surface externe est lisse. A l'intérieur de l'ombrelle et le long des bras s'étirent huit gonades* alignées. Ces bras sont reliés par une membrane transparente sur le bord de laquelle on observe, entre chaque bras, une petite papille ovoïde ou réniforme de couleur blanche à rôle adhésif, l'ancre, caractéristique du genre.
L'entonnoir est indifféremment dirigé vers le haut ou vers le bas. Cette lucernaire est la plus communément rencontrée en plongée dans le nord de la métropole.
 Espèces ressemblantes
Dans les eaux métropolitaines françaises, il existe quelques autres espèces de lucernaires, aisément différenciables avec un peu d'observations. Citons :

Haliclystus salpinx, la grande lucernaire à boutons, qui atteint 60 mm, et dont les ancres ont une forme de trompette,

Lucernariopsis campanulata, espèce très proche, mais qui ne possède pas d'ancres à l'aisselle des bras,

Lucernaria quadricornis, plus grande (60 mm de haut maximum), dont les 8 bras sont réunis 2 par 2. On peut de plus la trouver fixée sur substrat rocheux,

Lucernaria cruxmelitensis, plus petite (15 mm de haut maximum), 35 tentacules par bras. Points blancs évoquant la Croix de Malte.

Haliclystus octoradiatus est une espèce très proche de Haliclystus auricula. En plus d'être beaucoup plus rare, cette dernière se distingue de Haliclytus octoradiatus par l'absence de groupes de nématocystes sur les bras (taches blanches), ainsi que par ses boutons plus ovales.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Lucernaria octoradiatus Lamarck, 1816
 
  Staurozoaires (lucernaires)
   
  Des boutons caractéristiques  
   
  Des bouquets de 100 tentacules !  
   
  A Quiberon  
   
  Sur l'estran  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Frédéric ZIEMSKI Détail
Vérificateur  
Frédéric ANDRÉ Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 20/05/2008
Dernière modification le 01/05/2014 19:06:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Cnidaria Cnidaires  Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula. 
Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires  Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses. 
Classe Staurozoa Staurozoaires  Lucernaires, ou stauroméduses. Méduses sessiles (perte de la génération planctonique), ombrelle surmontée d'un pédoncule de fixation. Bouquets de petits tentacules capités, perte des statocystes, manubrium de section carrée. 
Ordre Stauromedusae Stauroméduses  Unique ordre de Staurozoaires. 
Sous-ordre Eleutherocarpida Eleuthérocarpides  Gonades* alignées étroitement sur huit rangées. Estomac non cloisonné. 
Famille Lucernariidae Lucernariidés   
Genre Haliclystus     
 
Espèce octoradiatus     
 
 
 Origine du nom français
Lucernaire vient du latin [lucerna] = petite lampe, cet animal évoquant une petite lampe de chevet lorsque l'entonnoir est dirigé vers le bas. Le genre Haliclystus est caractérisé par la présence de huit ancres ovoïdes, ou boutons. Nous avons choisi d'adopter le nom vernaculaire "Petite lucernaire à boutons", nom qui n'existe pas dans la littérature scientifique actuelle. Il s'agit donc logiquement d'une proposition du site DORIS.
 Origine du nom scientifique
Haliclystus : du grec [hali] = sel, mer, et du grec [clyst] = seringue,
octoradiatus : du latin [octo] = huit, et [radiatus] = radié, rayonné.
L'interprétation étymologique du nom de genre est obscure... Celle du nom d'espèce évoque la symétrie 8.
 Alimentation
Cette méduse se nourrit de zooplancton (essentiellement des petits crustacés : amphipodes, copépodes, ostracodes, mais aussi petits vers et petits mollusques) qu'elle capture à l'aide des cnidocytes* qui garnissent ses huit bouquets de tentacules. Ces petites proies sont ensuite dirigées vers le manubrium transparent au centre de l'entonnoir, puis digérées au sein de la cavité gastrique qui se trouve dans le pédoncule. Les restes non digérés (coquilles, carapaces) sont évacués par la bouche.
 Reproduction - Multiplication
La reproduction est sexuée et les sexes sont séparés. Les méduses mâles et femelles libèrent leurs gamètes en pleine eau où a lieu la fécondation. Une larve planula pélagique finit par tomber et se fixer sur un végétal. Elle se développe directement en une petite lucernaire. Une stauroméduse (du latin [stare] = s’arrêter) est une méduse qui s’est arrêtée, qui s’est fixée, et qui a secondairement abandonné le mode de vie pélagique.
 Vie associée
Haliclystus octoradiatus se développera là où la végétation marine (algues et phanérogames) sera abondante. Par le passé, dans les années 1930, une mystérieuse maladie a provoqué la quasi disparition des prairies de zostères, alors florissantes. Les lucernaires sont alors devenues rarissimes !
 Divers biologie
Les lucernaires sont fixées mais, comme les comatules, elles sont capables de se détacher de leur substrat pour aller se fixer plus loin. L'ombrelle est alors animée de contractions, comme toute méduse digne de ce nom. Elle peut ainsi arpenter le substrat comme une hydre d'eau douce dans un mouvement de culbute. Ses ancres ovoïdes adhésives lui servent alors de points d'appui (ou points d'ancrage, d'où le terme d'ancre) temporaires !

Le réseau nerveux épidermique des lucernaires est beaucoup plus important que celui des autres méduses.

Haliclystus octoradiatus a l'étonnante capacité d'absorber les pigments du végétal sur lequel elle se fixe. Ces pigments sont acheminés grâce à la ventouse et au pédoncule. Ceux-ci lui permettent de se camoufler et d'échapper aux prédateurs !
 Informations complémentaires
Des études récentes sur la physiologie et le développement des lucernaires démontreraient qu'elles forment un groupe bien à part au sein des scyphozoaires. Comme cela s'est déjà produit pour les cuboméduses, qui sont devenues les cubozoaires, il est question que les stauroméduses soient à leur tour regroupées dans la classe des staurozoaires ! Certaines classifications ont déja adopté cette modification.
 Références bibliographiques
ADMS (ouvrage collectif), 2001, LA VIE SOUS-MARINE EN BRETAGNE, LES CAHIERS NATURALISTES DE BRETAGNE, ed. Biotope, Mèze, 184p.
Campbell A.C., Nicholls J., 1986, GUIDE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE LITTORALES DES MERS D’EUROPE, coll. « Les guides du naturaliste », ed. Delachaux & Niestlé, 322p.
FFESSM, CNEBS, 2004, A LA DECOUVERTE DE LA VIE SOUS-MARINE, Subaqua, HS n° 1 (2ème ed.), ed. Arc en ciel, 144p.
Hayward P.J., Nelson-Smith T., Shields C., 1998, GUIDE DES BORDS DE MER, MER DU NORD, MANCHE, ATLANTIQUE, MEDITERRANEE, ed. Delachaux & Niestlé, 351p.
Martinez A.J., 2003, MARINE LIFE OF THE NORTH ATLANTIC CANADA TO NEW ENGLAND, ed. Aqua Quest Publications Inc, Canada, 272p.
Müller Y., 2004, FAUNE ET FLORE DU LITTORAL DU NORD, DU PAS-DE-CALAIS ET DE LA BELGIQUE, Inventaire Commission Biologie Nord Pas-de-Calais, 308p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
Vous pouvez consulter la liste complète des espèces de stauroméduses sur le site de référence de Claudia Mills:
STAUROMEDUSAE: LIST OF ALL VALID SPECIES NAMES

La page d'Haliclystus octoradiatus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  ZIEMSKI Frédéric, ANDRÉ Frédéric,  in : DORIS, 1/5/2014 : Haliclystus octoradiatus (Lamarck, 1816), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=963