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  Fiche Espèce   (N°2349)
 
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(N°2349)  
Echeneis naucrates Linnaeus, 1758
Espèce circumtropicale
Rémora rayé
 
Poissons osseux nageant en pleine eau
 
 
Rémora commun, rémora, rémora fuselé, pilote (Guyane), sucet (Guadeloupe)
Live sharksucker, remora, slender suckerfish (GB), Zicca (I), Guaicán, rémora rayada, pegatimón (E), Agarrador, pegador (P)
 Critères de reconnaissance
Ventouse sur le dessus de la tête s’arrêtant au-dessus du milieu des nageoires pectorales
Bande longitudinale sombre bordée de blanc le long des flancs
Nageoires pectorales pointues
Pointe des nageoires dorsale, anale et caudale blanche chez les juvéniles
Nageoire caudale arrondie en forme d’éventail chez les juvéniles
Mâchoire inférieure proéminente
Adhère à un autre animal de grande taille (requin, raie, tortue) ou à la coque d’un navire et se laisse transporter
 Distribution
Echeneis naucrates est le rémora le plus abondant. Il se rencontre dans toutes les mers tropicales et subtropicales, sauf le long des côtes américaines de la zone Pacifique Est. Il n’est pas présent sur les côtes françaises métropolitaines (en Méditerranée: présent en Grèce et sur les côtes du sud). Il est occasionnel dans la mer des Caraïbes, attesté en Guadeloupe, Martinique et en Guyane. Il est présent à La Réunion, Mayotte et en Nouvelle-Calédonie. Il a aussi été signalé au Canada.
 Biotope
Le rémora rayé évolue généralement entre 0 et 15 m de profondeur, parfois jusqu’à 30 m. On le rencontre en pleine eau, sur les récifs coralliens et dans les zones côtières peu profondes ou, bien sur, accroché à ses hôtes.
 Description
Echeneis naucrates peut atteindre 1 m environ et peser jusqu’à 2,3 kg. Il est généralement reconnaissable à sa bande longitudinale sombre (noire ou bleu foncé) bordée de blanc le long des flancs. Le ventre est blanc.
Le corps est très effilé et allongé mais les déplacements par ondulation du corps entier sont gauches et lents. La ligne latérale, composée de capteurs très peu sensibles, s’étend jusqu’à l’extrémité du pédoncule caudal.

La tête est aplatie avec un rostre triangulaire. La partie supérieure de cette tête supporte une sorte de ventouse ou disque céphalique, permettant au rémora fuselé de se fixer sur d’autres animaux (requins, raies, poissons-lunes, tortues, mammifères marins) et parfois même sur des coques de bateau.
De forme ovale, ce disque adhésif est composé de 20 à 28 paires de lames transversales, dentelées et mobiles. Il résulte de la transformation de la première nageoire dorsale et s'étend jusqu’au milieu des nageoires pectorales. Les épines de la nageoire se sont muées en lamelles transversales, entourées d’une sorte de bourrelet ovale.
Les deux mâchoires sont dissemblables et n’ont qu’une très faible surface de contact.
La mâchoire inférieure est particulièrement proéminente et comporte de grandes dents dont la taille n’est pas uniforme. La mâchoire supérieure comporte de 3 à 4 rangées de nombreuses dents pointues et acérées de 2-3 mm de long chez les adultes.

La nageoire caudale du rémora fuselé est arrondie en forme d’éventail chez les juvéniles, souvent tronquée chez les adultes. Les nageoires dorsale et anale ont un peu la forme d’une faux : elles sont longues, sans épines, et plus hautes à l’avant. L’extrémité des nageoires dorsale, anale et caudale est d'un blanc qui s’estompe avec l’âge. La base de la nageoire anale est longue. Les nageoires pectorales sont pointues et peuvent être sombres.
 Espèces ressemblantes
Il existe 8 espèces d’Echeneidés, toutes présentes dans la zone Atlantique Ouest, dont 5 sont présentes en Méditerranée, 6 dans la zone ouest de l’océan Indien et 7 dans la zone Pacifique central Ouest.
Le rémora rayé est le plus grand des rémoras. Ses nageoires dorsale et anale sont plus longues que celles des autres espèces de rémoras. Les espèces des genres Remora et Remorina ont aussi des nageoires pectorales arrondies.

Echeneis neucratoides
, le rémora queue blanche, est très ressemblant. Il se rencontre uniquement dans la zone Atlantique central Ouest, le golfe du Mexique et la Caraïbe. Sa présence est attestée en Guyane. Il présente une ligne longitudinale sombre bordée de larges bandes blanches. Ses nageoires dorsale et anale portent des liserés blancs.

Phtheirhichthys lineatus
, le rémora grêle, est une espèce circumtropicale qui se rencontre en Atlantique Est de la zone tropicale à la Manche. Il est rare en Atlantique Ouest. Il mesure au maximum 76 cm et a une petite tête. Son disque céphalique est court, comporte de 9 à 11 lamelles, et dépasse tout juste la base des pectorales. Ses nageoires dorsale et anale ont la même forme que celles du rémora fuselé (plus hautes à l’avant). Sa couleur est variable, et peut être uniforme ou comporter une bande longitudinale brune. Sa présence est attestée en Nouvelle-Calédonie.

Remora remora
, le rémora vrai, est une espèce circumtropicale, présente en Méditerranée occidentale dont les côtes corses, l’Adriatique, et en Atlantique Est des côtes africaines aux îles Britanniques. On peut le rencontrer en Martinique, Guadeloupe, à Mayotte et à la Réunion. Il a un corps plus trapu, de 62 cm de longueur maximale. La nageoire caudale est fourchue chez les juvéniles et échancrée chez les adultes. Sa ventouse comporte entre 16 et 20 lamelles. Il est de coloration uniforme sombre avec de petites taches.

Remora brachyptera
, le rémora des espadons, est une petite espèce circumtropicale océanique (maximum 40 cm), de couleur uniforme claire. Son disque céphalique est court. Il est accroché aux espadons, voiliers et marlins. Il est présent dans la zone occidentale ouest de la Méditerranée et l’Atlantique proche. Sa présence est attestée à La Réunion.

Remora australis
, le rémora des baleines, est une espèce océanique de couleur uniforme brune, quimesure 76 cm de longueur maximale. Il se rencontre sur les cétacés. Son disque céphalique est très allongé (dépasse largement le niveau des pectorales). C’est une espèce rare qui peut se rencontrer dans l’Atlantique tropical Est et Ouest, La Caraïbe et l’océan Indien. Sa présence est attestée à La Réunion.

Remora osteochir,
le rémora des marlins, est une espèce circumtropicale océanique (maximum 45 cm) qui vit accrochée aux espadons, voiliers et marlins. Il est de couleur gris-noir. Son disque céphalique est long et dépasse le niveau des pectorales. Il est présent dans la zone occidentale sud-ouest de la Méditerranée (côtes africaines, Sardaigne, Sicile), l’Atlantique proche, l’océan Indien et le Pacifique. Sa présence est attestée en Nouvelle-Calédonie.

Remorina albescens
, le rémora blanc, est une petite espèce circumtropicale océanique (maximum 33 cm) de couleur blanchâtre qui vit en général accroché aux raies manta mais peut se rencontrer aussi sur des requins.Sa présence est attestée à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.
 
  Autres poissons de pleine eau
   
  Vue longitudinale  
   
  Vue dorsale  
   
  Détail de la tête  
   
  Détail du disque céphalique  
   
  Ventre blanc ivoire  
   
  Sur un napoléon  
   
  Sur une tortue  
   
  Avec des requins  
   
  Sur un requin-léopard  
   
  Sur un autre rémora  
   
  Sur un Doridien !  
   
  Sur un gaterin  
   
  Nageurs  
   
  Toutes les tailles !  
   
  Gravure ancienne  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Marie-Pierre FEUGAS Détail
Vérificateur  
Véronique LAMARE Détail
Responsable régional  
Véronique LAMARE Détail
 
     
Création le : 15/02/2011
Dernière modification le 02/03/2014 21:29:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Chordata Chordés  Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. 
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés  Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. 
Super-classe Osteichthyes Ostéichthyens  Vertébrés à squelette osseux. 
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens  Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. 
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens  Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. 
Super-ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens  Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens. 
Ordre Perciformes Perciformes  Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. 
Sous-ordre Percoidei Percoïdes  Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous. 
Famille Echeneidae Echeneidés   
Genre Echeneis     
 
Espèce naucrates     
 
 
 Origine du nom français
Rémora : du latin [remora] = retard, obstacle, celui qui retarde ou qui arrête,
Rayé : en rapport avec la bande noire bordée de lignes blanches sur la longueur du corps.
Fuselé : en rapport avec sa silhouette très allongée.
 Origine du nom scientifique
Echeneis : nom du rémora en latin, issu d'une racine grecque : qui arrête et retient les vaisseaux, selon la croyance antique. Selon Pline, la bataille d'Actium a été gagnée par un Rémora qui avait (...) stoppé la galère d'Antoine ! (Zool., t. 3, 1972, p. 1186 [Encyclopédie de la Pléiade]).
naucrates : dérivé du grec, signifie pilote ou conducteur de vaisseau, qui domine sur la mer.
 Alimentation
Il se nourrit des crustacés parasites de son hôte ou des restes alimentaires que celui-ci laisse échapper. Lorsqu’il est autonome sur les récifs coralliens, il capture ses proies en pleine eau (crabes, calmars, petits poissons).
Les juvéniles peuvent être assimilés à des poissons nettoyeurs, et officient sur des poissons-perroquets.
Lorsqu’il est accroché à son hôte, le rémora rayé ne reste pas inerte ; au cours des déplacements de cet hôte, la bouche du rémora fonctionne comme un filtre et sa dentition développée retient des organismes planctoniques (larves, œufs ...).
 Reproduction - Multiplication
Les sexes sont séparés et la fécondation est externe. La ponte a lieu du printemps à l’été dans les eaux tropicales, et en automne en Méditerranée. Des individus femelles disséqués ont montré que coexistent des gonades à maturité translucides de 4 à 5 mm avec d’autres immatures opaques et plus petites, la ponte semble donc s’étaler dans le temps.
Une coquille épaisse et solide protège les œufs pélagiques qui sont grands et sphériques. Lors de l’éclosion, les larves mesurent entre 0,47 cm et 0,75 cm. Elles naissent avec un sac vitellin, leurs yeux ne sont pas encore pigmentés, et leur corps n’est pas complètement formé. Pendant le développement de la larve, le disque adhésif va commencer à se former. De petites dents apparaissent sur la mâchoire supérieure et les grandes dents sur la mâchoire inférieure. Le juvénile vit librement pendant un an jusqu’à ce qu’il atteigne 3 cm de longueur. A ce moment là, il se fixera sur un poisson hôte. La maturité sexuelle est atteinte entre 3 et 5 ans. Au stade de maturité, on trouve les individus en eaux peu profondes, relativement chaudes.
 Vie associée
Phorésie* : le rémora peut se fixer sur la peau de son hôte, dans sa bouche ou, si l’hôte est un poisson, dans les cavités qui abritent les branchies et ainsi se laisse transporter. Chaque espèce de rémora a un hôte privilégié qui le protège d’éventuels prédateurs. Il s’agit là d’un exemple typique de commensalisme* car le rémora tire bénéfice de sa relation avec son hôte, ce dernier n’en tirant ni préjudice, ni bénéfice tangible. A priori, le corps très fin et hydrodynamique du rémora fuselé n’occasionne aucune gêne à son hôte.
Le rémora peut être fixé sur le dos de l'hôte et se retrouve alors à l'envers...
 Divers biologie
La ventouse porte un léger sillon médian de chaque côté duquel sont placées par paires parallèles, les lamelles. Elles sont disposées en chevrons et séparées par des sillons lisses dont la surface l’emporte sur celle des chevrons. Chaque lamelle est garnie de dents en carde dirigées vers l’arrière du disque. Sur la partie antérieure du disque, proche de la première paire de lamelles, se trouve l’ouverture du système qui va permettre de faire fonctionner la ventouse. Ces lamelles mobiles créent une dépression permettant à l’animal de se maintenir sans effort à son hôte. En effet, cette ouverture est munie d’un clapet conique que termine une pointe osseuse. Ce clapet se rabat d’avant en arrière. Quand l’adhérence est parfaite le clapet est rabattu et le poisson se laisse emporter. Dès qu’il veut retrouver la liberté de ses mouvements, le clapet est relevé, l’eau revient sous la ventouse, l’équilibre est rétabli et Echeneis naucrates peut nager librement.
Ce rémora se rencontre souvent nageant librement, contrairement aux autres espèces de la famille.
Echeneis naucrates n’a pas de vessie natatoire.
 Informations complémentaires
Les rémoras sont à l’origine de nombreuses légendes ; on racontait notamment que le bateau de l’empereur Caligula avait été brutalement arrêté par un de ces poissons. Des philtres à base de rémoras étaient préparés afin de ralentir le déroulement de la justice ou ramener des épouses volages...
La ventouse de rémora séchée a aussi été utilisée pour préparer des préparations médicinales.
Des rémoras attachés à une corde par leur appendice caudal ont été utilisés pour pêcher les tortues marines endormies en surface ou les poissons difficiles à pêcher. Une fois le rémora fixé sur la victime, il suffit de tirer sur la corde pour les ramener vers le bateau de pêche.
Il n’y a pas d’exploitation commerciale recensée des rémoras sauf pour Echeneis naucrates qui se capture facilement et figure parfois sur les marchés où il est commercialisé frais. Néanmoins, la consommation de sa chair peut provoquer des troubles tels que vomissements, diarrhées, urticaires, etc…
 Références bibliographiques
Carpenter K.E., 2002, THE LIVING MARINE RESOURCES OF THE WESTERN CENTRAL ATLANTIC.
 VOLUME 3. BONY FISHES PART 2 (OPISTOGNATHIDAE TO MOLIDAE), SEA TURTLES AND MARINE MAMMALS.
, FAO Species Identification Guide for Fishery Purposes and American Society of Ichthyologists and Herpetologists Special Publication, 5, ed. FAO, Rome, 1375-2127.
Carpenter K.E., Niem V.H., 1999, THE LIVING MARINE RESOURCES OF THE WESTERN CENTRAL PACIFIC. VOLUME 4. BONY FISHES PART 2 (MUGILIDAE TO CARANGIDAE), FAO species identification guide for fishery purposes, ed. FAO (Rome), pp. 2069-2790.
Debelius H., 1998, GUIDE DES POISSONS, MÉDITERRANÉE ET ATLANTIQUE, ed. PLB, 305p.
Ebroin A., 1972, POISSONS VENIMEUX ET VENENEUX DES ANTILLES FRANCAISES, ed. Emile Desormeaux, Fort de France, 80p.
Fischer W., Bianchi G., 1984, FAO SPECIES IDENTIFICATION SHEETS FOR FISHERY PURPOSES. WESTERN INDIAN OCEAN. FISHING AREA 51. VOLUME 2. BONY FISHES (CONGIOPODIDAE TO LOPHOTIDAE), ed. FAO, Rome
Fischer W., Bauchot M-L., Schneider M., 1987, FICHES FAO D’IDENTIFICATION DES ESPECES POUR LES BESOINS DE LA PECHE (REVISION 1). MEDITERRANEE ET MER NOIRE, ZONE DE PECHE 37. VOLUME 2. VERTEBRES, CEE, FAO, ed. FAO, Rome, 761-1530p.
Humann P., Deloach N., 2004, POISSONS CORALLIENS - IDENTIFICATION - FLORIDE, CARAIBES, ANTILLES, ed. PLB, 488p.
Lacépède B.G.E., 1802, HISTOIRE NATURELLE DES POISSONS, Tome 3, Plassan, Paris, 558p.
Letourneur Y., Chabanet P., Durville P., Taquet M., Teissier E., Parmentier M., Quéro J-C., Pothyn K., 2004, An updated checklist of the marine fish fauna of Reunion island, south-western Indian ocean, Cybium, 28, 199-216.
Louisy P., 2002, GUIDE D’IDENTIFICATION DES POISSONS MARINS, EUROPE ET MÉDITERRANÉE, ed. Ulmer, 430p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
Priol E.P., 1937, Note sur Echeneis naucrates Linné, Revue des Travaux de l'Institut des Pêches, 10(3), 371-378.

Biodiversity Heritage Library : www.biodiversitylibrary.org

La page sur Echeneis naucrates sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase

La page de Echeneis naucrates dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  FEUGAS Marie-Pierre, LAMARE Véronique,  in : DORIS, 2/3/2014 : Echeneis naucrates Linnaeus, 1758, http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=2349