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France
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  Fiche Espèce   (N°2177)
 
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(N°2177)  
Diodon liturosus Shaw, 1804
Mer Rouge, Indo-Pacifique et Atlantique Sud-Est
Poisson porc-épic à taches auréolées
 
Poissons osseux nageant près du fond
 
 
Poisson porc-épic à épines courtes
Black-blotched porcupinefish, shortspine porcupinefish (GB), Pesce istrice macchiato scuro (I), Masken-Igelfisch (D)
 Critères de reconnaissance
Forme particulière, triangulaire vue du dessus, d'une taille moyenne de 45 cm
Tête massive aussi large que la partie antérieure du corps
Livrée crème à brun-beige avec de grosses taches sombres, noires à marron, auréolées d’un liseré blanc
Peau lisse avec présence de courtes épines collées au corps, pointées vers l'arrière
2 incisives sur chaque mâchoire formant un bec puissant
Yeux gros et proéminents
 Distribution
Diodon liturosus s'observe en mer Rouge ainsi que dans l'Indo-Pacifique, depuis l'Afrique de l'Est jusqu'aux îles de la Société en Polynésie française, et du sud du Japon jusqu'à la Nouvelle-Galles du Sud, sur la côte est-australienne.
Il est également signalé sur les côtes atlantiques sud de l'Afrique du Sud.
 Biotope
Diodon liturosus se retrouve généralement entre 15 et 30 m, sur bords et pente des récifs coralliens. Sa distribution bathymétrique* est comprise entre 1 et 90 m. Cette espèce nocturne est généralement abritée dans les grottes et sous les rebords du récif mais s’aventure parfois sous les plaques de corail.
 Description
Diodon liturosus mesure en moyenne 45 cm mais les plus gros spécimens peuvent atteindre quelques 65 cm.
Il possède la morphologie caractéristique des Diodontidés : vue de dessus, sa forme est celle d’un triangle très haut dont la base serait la ligne reliant les yeux, avec une tête massive, aussi large que le corps. Ce dernier va en se rétrécissant régulièrement depuis les nageoires pectorales jusqu’au pédoncule* caudal. Le dessus de la tête comme celui du dos, dans la continuité, sont relativement plats.
Il est important de noter la présence de courtes épines implantées à partir du front, entre les yeux et jusqu'au pédoncule caudal. Ces épines sont presque toujours collées au corps, pointées vers l'arrière. Menacé, l'animal peut se gonfler d'eau, ce qui provoque le redressement des épines de sa peau qui en devient hérissée. Cela lui vaut son nom vernaculaire de "poisson porc-épic".

La livrée de Diodon liturosus varie du jaune-crème au brun-beige avec de grosses taches sombres, noires à marron, auréolées d’un liseré blanc. Ces taches se distribuent généralement ainsi : une tache englobe l'œil et descend sur la joue, voire sur la mâchoire inférieure. En arrière de celle-ci, une tache plus petite jouxte l'attache de la nageoire pectorale. Dans l'alignement de cette petite marque, une barre transversale assez longue marque la nuque, un peu en arrière des premières épines. Quatre autres taches plus ou moins rondes se voient sur le dos ou les flancs : une juste au dessus de chaque pectorale, une au milieu du dos et la dernière enchâsse la nageoire dorsale, vers l'arrière du corps.

On peut remarquer la bouche qui présente 2 dents formant un bec puissant. Les yeux sont gros et proéminents.

Diodon liturosus
dispose de deux grandes nageoires pectorales situées au premier tiers du corps. En revanche, les nageoires dorsale et anale sont petites et disposées, en regard l'une de l'autre, très en arrière du corps. La nageoire caudale est arrondie. Ces nageoires sont translucides et de couleur blanche à jaune ; on en distingue bien les rayons. Les nageoires pelviennes sont absentes.
Le ventre est blanc et porte également des épines.
 Espèces ressemblantes
Il existe plusieurs autres espèces de poissons porc-épic qui vivent dans les mêmes zones, dont :

Diodon holocanthus : il présente des taches brunes souvent ourlées de noir sur l’ensemble du corps, dont l'une barre son œil. Contrairement à Diodon liturosus, les taches sont plus ou moins diffuses et ne présentent donc pas de liseré blanc périphérique. Ses épines sont aussi plus longues. On observe de nombreux points noirs disséminés sur l’ensemble du corps.

Diodon hystrix : D. hystrix ne présente pas de taches auréolées de blanc sur le corps, mais de très nombreux petits points noirs. Ce grand poisson porc-épic possède des épines plus longues que D. liturosus.

Cyclichthys orbicularis : de forme plus arrondie et de plus petite taille que D. liturosus, il présente une robe beige avec de petites taches sombres cerclées de blanc réparties sur l’ensemble du corps. Ses épines sont proéminentes et contrairement à D. liturosus, elles ne sont pas plaquées contre le corps et sont en forme de griffes. Son œil aux reflets vert irisé est remarquable.

Cyclichthys spilostylus : présent en mer Rouge et dans l'Indo-Pacifique, il est de plus petite taille que D. liturosus. Il présente de courtes épines blanches à jaunes en forme de griffe au centre d’une tache blanche. Ces taches deviennent sombres sous le ventre, les épines restant claires.

Chilomycterus reticulatus : de plus petite taille, il présente de très nombreuses petites taches sombres de tailles différentes sur tout le corps bien qu’elles soient nettement moins nombreuses sur le ventre. Les nageoires portent aussi des points noirs, mais ils sont plus petits. Ses épines sont peu nombreuses.

Lophodiodon calori : de plus petite taille que notre D. liturosus, il est de couleur crème tirant vers le beige et présente sur les flancs trois grandes taches noires sans liseré blanc. Une autre tache noire commence sur le globe oculaire, se poursuit sous l’œil et rejoint la gorge. Les épines du dos, courtes, sont réparties par groupes de couleur, blanches ou noires. Son ventre est blanc. Il se retrouve essentiellement dans l’Indo-pacifique tropical.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Diodon literosusShaw, 1804
Diodon lituratusShaw, 1804
Diodon maculatus Duméril, 1855
Diodon bleekeri Günther, 1910
 
  Poissons-ballons, poissons-globes, fugu,...
   
  Forme reconnaissable  
   
  Livrée classique  
   
  Taches sombres à liseré blanc  
   
  Détails de la peau et des épines  
   
  Yeux gros et proéminents  
   
  De face  
   
  De nuit  
   
  Paisible nageur  
   
  En mer Rouge  
   
  A Mayotte  
   
  En Thailande  
   
  En Nouvelle-Calédonie  
   
  A Tahiti  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Jean-Christophe GRIGNARD Détail
Vérificateur  
Philippe BOURJON Détail
Responsable régional  
Alain-Pierre SITTLER Détail
 
     
Création le : 20/04/2012
Dernière modification le 06/12/2014 11:26:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Chordata Chordés  Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. 
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés  Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. 
Super-classe Osteichthyes Ostéichthyens  Vertébrés à squelette osseux. 
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens  Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. 
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens  Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. 
Ordre Tetraodontiformes Tétraodontiformes  Groupe hétérogène mais absence d'écailles imbriquées, ouvertures branchiales réduites, bouche très peu fendue, pelviennes anormales ou absentes. 
Sous-ordre Tetraodontoidei Tétraodontoïdes  Mâchoires et dents transformées en "bec de perroquet". 
Famille Diodontidae Diodontidés   
Genre Diodon     
 
Espèce liturosus     
 
 
 Origine du nom français
Porc-épic : les diodons sont ainsi nommés car les épines de leur peau se dressent lorsqu’ils se gonflent d’eau et s'arrondissent, ce qui leur donne l’apparence de porcs-épics ou de hérissons.

A taches auréolées : cette précision pointe la présence des grosses taches marron cerclées de blanc que cette espèce porte sur le corps.
 Origine du nom scientifique
Diodon : du grec [di] = deux et du grec [odonto] = dents, par allusion aux deux dents qui ornent sa bouche.

liturosus : du latin [litura] = raturé, qui porte des rayures ; probablement une allusion aux grosses taches sombres que porte l'espèce sur le dos. Origine du nom scientifique d'espèce à confirmer.
 Alimentation
Le porc-épic à taches auréolées est un prédateur nocturne qui se nourrit essentiellement d’invertébrés (crustacés, gastéropodes, bivalves,…). Il dispose de solides dents qui lui servent à broyer des proies à carapace dure, comme les bernard-l'ermite, les crabes, les homards...
 Reproduction - Multiplication
Les espèces du genre Diodon vivent en solitaire, mais forment des couples probablement durables pendant la période de reproduction. Les mâles seraient plus petits que les femelles. Après des noces en pleine eau, leurs œufs partiront au gré des courants. On attribue en effet leur large distribution au long stade pélagique* des œufs et des larves*.
Les œufs sont sphériques, ils disposent de grandes quantités de vitellus* et dérivent avec le courant. Ils éclosent après environ 5 jours.
Les jeunes larves sont planctoniques*. Il faut quelques jours pour que le vitellus soit consommé et que le corps soit développé pour ressembler vraiment à un juvénile de poisson.
 Divers biologie
Le poisson porc-épic à taches auréolées est actif à l'aube et au crépuscule. Pendant la journée, il se cache sous les roches surplombantes, les formations coralliennes ou encore dans des crevasses et il sort assez rarement de la zone d’ombre qui l'abrite.

Les espèces du genre Diodon accumulent une toxine puissante et potentiellement mortelle, appelée tétrodotoxine, dans tous les organes, à l'exception des muscles. Cette toxine est donc une arme supplémentaire pour décourager d'éventuels prédateurs, mais elle peut aussi être mortelle pour l’homme en cas d‘ingestion, dans la mesure notamment où il n’existe aucun antidote. Selon des sources médicales, un gramme de tétrodotoxine peut tuer jusqu’à 500 personnes !
La TTX (tetrodotoxine) est une toxine inhibant très efficacement des canaux ioniques sodiques. Elle a un effet neurotoxique* certain mais, outre les neurones, elle peut aussi être retrouvée dans d'autres types cellulaires (tissus cardiaques et vasculaires, reins, ect).
La littérature mentionne en sus des risques d’empoisonnement à la consommation humaine, liés à la présence occasionnelle de ciguatéra*.

Lorsqu'il se sent en danger, le diodon se gonfle pour effrayer son agresseur et paraître ainsi plus gros et hérissé d'épines pointues. Cette taille augmentée le rend également difficile à ingérer pour une bouche de taille commune. Dans les faits, il se gonfle en accumulant de l’eau dans son corps jusqu'à prendre une forme sphérique.

C'est un poisson peu farouche qui se laisse très facilement approcher par les plongeurs… Beaucoup trop d'entre eux, encore, s'amusent à provoquer cette réaction de défense et le font gonfler. Ne les imitez pas ! Cela fatigue l'animal et provoque un état de stress qui pourrait lui être fatal !
 Références bibliographiques
Allen G., Steene R., Humann P., Deloach N., 2003, REEF FISH IDENTIFICATION - TROPICAL PACIFIC, ed. New World Publications, 480p.
Branch, G.M., Griffiths C.L., Branch M.L. & Beckley L.E., 2007, TWO OCEANS. A GUIDE TO THE MARINE LIFE OF SOUTHERN AFRICA, ed. Struik, 360p.
Lieske E., Myers R.F., 2004, CORAL REEF GUIDE - RED SEA  - The definitive guide to over 1 200 species of underwater life, ed. Collins, London, 384p.
Taquet M., Diringer A., 2007, POISSONS DE L'OCEAN INDIEN ET DE LA MER ROUGE, ed. Quae, 528p.
Weinberg S., 1996, DECOUVRIR LA MER ROUGE ET L’OCEAN INDIEN, ed. Nathan nature, France, 415p.
Weinberg S., 2000, DECOUVRIR LA MER DES CARAIBES ET L’ATLANTIQUE TROPICAL, ed. Nathan Nature, 446p.
Weinberg S., 2004, DECOUVRIR L’OCEAN PACIFIQUE TROPICAL, ed. Nathan nature, 447p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
La page sur Diodon liturosus sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase

La page de Diodon liturosus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  GRIGNARD Jean-Christophe, BOURJON Philippe, SITTLER Alain-Pierre,  in : DORIS, 6/12/2014 : Diodon liturosus Shaw, 1804, http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=2177