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France
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  Fiche Espèce   (N°1638)
 
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(N°1638)  
Melicertus kerathurus (Forskål, 1775)
Manche, Atlantique, Méditerranée
Caramote
 
Crustacés Malacostracés (crabes, crevettes...)
 
 
Caramote, caramot, caramota, crevette caramote, crevette du Maroc, crevette rose de la Méditerranée, crevette royale, crevette tigrée, gros ligouban, gros ligubam.
Caramote prawn, triple grooved shrimp (GB), Mazzancolla, gambero imperiale, gamberone mediterraneo, spannochio (I), Camarón langostino español, langostino, llagostí (E), Furchengarnele, Furchenkrebs, Roter Furchenkrebs, Caramote (D), Caramotegarnaal (NL), Camarão, caramote, gamba-manchada, camarão-de-quarteira (P), Garída (Grec), Karides, tèke, karides türü (Turc), Penon telat-harizi (Israël), Gembri kbir, gambri malaki (Arabe : Tunisie), Gamba rodché (Algérie), Tiger shrimp, striped shrimp (noms anglais utilisés en Afrique occidentale).
 Critères de reconnaissance
Grande crevette pouvant atteindre 22 cm
Bord de l’éventail caudal bleu ciel
Corps beige avec bandes transversales sombres, formant des taches séparées sur le côté du corps
Rostre court dépassant peu les yeux
Trois premières paires de pattes avec petites pinces
 Distribution
La caramote se rencontre dans l'Atlantique oriental. Elle a été rarement signalée au sud de l'Angleterre. Elle est plus courante de l'Espagne jusqu'au nord de l'Angola, y compris au Portugal, sur la côte atlantique du Maroc et de la Mauritanie. Elle est présente dans toute la Méditerranée, y compris la mer de Marmara.
 Biotope
La caramote Melicertus kerathurus est une espèce démersale*, vivant dans les régions côtières ou dans les eaux saumâtres*, sur des fonds de sable ou sablo-vaseux, généralement à des profondeurs de 0,5 à 90 m, le plus souvent entre 5 et 40 m.

Exceptionnellement, l'espèce a été signalée à des profondeurs variant entre 100 et 640 m dans le détroit de Sicile.
 Description
Cette crevette est de grande taille : la longueur totale, de la pointe du rostre* à l'extrémité du telson* est au maximum, chez les mâles, de 18 cm (habituellement 11 à 14 cm) et chez les femelles de 22,5 cm (habituellement 13 à 17 cm).
La couleur générale de l’animal est beige. Sur le côté, les bandes sombres forment des taches séparées.
L’extrémité de l’éventail caudal est bleu ciel
, bordé de soies rouges.
Les appendices sont plutôt jaunes. Les trois premières paires de pattes marcheuses sont terminées par une petite pince.
Le telson est pointu et muni de trois épines mobiles de chaque côté.
Latéralement, le premier segment abdominal recouvre le deuxième.
Le rostre est court et dépasse à peine les yeux ; il porte huit à treize dents dorsales et une seule ventrale.

Certains détails d'ornementation de la carapace, observables surtout en laboratoire, sont très utilisés en systématique :
En arrière de la dernière dent dorsale, il y a une carène double avec un sillon médian profond et typique s’étendant jusqu’au bord postérieur de la carapace ; une longue crête s’étend parallèlement jusqu’au rostre.
Sur la région hépatique il y a une crête en direction antéro-ventrale ; la crête gastro-frontale est présente. L’abdomen possède une carène dorsale sur tous les segments, et se termine par une épine sur le sixième segment.
 Espèces ressemblantes
En Europe, la caramote peut être confondue avec le crevette japonaise Marsupenaeus japonicus. Chez cette dernière les bandes sombres sont continues transversalement sur les quatre premiers segments abdominaux, ce qui n’est pas le cas chez la caramote.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cancer kerathurus Forskål, 1775
Penaeus kerathurus (Forskål, 1775)
Melicertus tigrinus Rafinesque-Schmaltz, 1814
Penaeus trisulcatus Leach, 1815
Penaeus caramote (Risso, 1816)

 
  Crevettes et apparentés : Caridés, Sténopodidés...
   
  Vue latérale  
   
  Vue générale  
   
  Carènes et crête dorsales  
   
  Rostre dentelé  
   
  Femelle prête à pondre  
   
  Anatomie de la femelle  
   
  Enfouissement  
   
  Nage dans le sable  
   
  En vue dorsale  
   
  Un peu plus tard  
   
  Un œil (noir ?) te regarde !  
   
  Comparaison caramote / japonaise  
   
  Grand sourire  
   
  Longues antennes  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Pierre NOËL Détail
Vérificateur  
Sylvain LE BRIS Détail
Responsable régional  
Anne PROUZET Détail
 
     
Création le : 27/01/2009
Dernière modification le 11/03/2014 22:06:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Arthropoda Arthropodes  Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette. 
Sous-embranchement Crustacea Crustacés  Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes. 
Classe Malacostraca Malacostracés  8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen. 
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés   Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax. 
Super-ordre Eucarida Eucarides  Présence d'un rostre. 
Ordre Decapoda Décapodes  La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises). 
Sous-ordre Dendrobranchiata Dendrobranchiates  Pas d'incubation des oeufs sous l'abdomen. Eclosion des larves au stade nauplius. Latéralement, le bas du premier segment abdominal recouvre le deuxième. 
Famille Penaeidae Pénéidés  P4 et P5 bien développés. Au moins 15 branchies. Carapace dure. Pléopode 2 du mâle avec un seul appendice. Pléopodes 3 et 4 sans endopodite. 
Genre Melicertus     
 
Espèce kerathurus     
 
 
 Origine du nom français
Caramote = nom local ancien en Provence signifiant “crevette”, et nom d’espèce donné par Risso à cette crevette en 1816.
 Origine du nom scientifique
Melicertus : nom d'origine mythologique. Mélicerte était un des deux fils d'Ino. Dans un accès de folie, son époux Athamas tua leur fils aîné en le jetant contre un mur. Ino, désespérée, se jeta à l'eau avec le petit Mélicerte, où ils furent transformés en divinités aquatiques : Ino devint la "désse blanche" Leucothea, Mélicerte devint le génie protecteur des ports sous le nom de Palaemon, encore appelé Portunus ou Portumnus chez les Latins.
Une légende féconde en noms de genres !

kerathurus : étymologie incertaine, peut-être une graphie erronée pour keraturus : ce nom viendrait alors du grec [kerat-] = corne, et [ur-] = queue, désignant alors la queue munie de cornes ou d'épines.
 Alimentation
La caramote est un prédateur actif et à faible sélectivité concernant ses proies. Elle a un régime alimentaire diversifié, et consomme principalement des mollusques, des crustacés et des polychètes.
 Reproduction - Multiplication
Certaines études laisseraient à penser que cette espèce change de sexe au cours de sa vie. Elle serait donc hermaphrodite* protandrique* (d’abord mâle la première année et femelle ensuite), mais ceci n’est pas réellement prouvé. Un fort pourcentage de femelles arrivent à maturité de mai à juillet dans la mer Egée. On reconnaît que la femelle est mûre par observation de l’ovaire qui est gonflé et coloré en beige-verdâtre et est visible dorsalement par transparence dans l’animal. Les femelles les plus âgées ont une ponte plus précoce que les plus jeunes.

La ponte en Méditerranée intervient selon la température locale entre mai et novembre ; elle est réalisée de nuit en pleine eau. Le nombre d’œufs pondus varie entre 100 000 et 800 000 selon la taille des femelles.

Les larves passent par les stades nauplius*, zoé* et mysis* avant de se métamorphoser en juvéniles. Les larves sont planctoniques, et restent près de la côte jusqu’à ce qu'elles atteignent le premier stade post-larvaire ; elles abandonnent alors leur vie planctonique et deviennent benthiques, en vivant dans la zone littorale.

La durée de vie est de 2 à 3 ans.
 Vie associée
Dans les mêmes zones littorales que la caramote, on rencontre typiquement plusieurs autres crustacés : les crevettes roses Palaemon spp. (P. adspersus, P. serratus, P. elegans), la crevette grise Crangon crangon, le pénéide Metapenaeus monoceros (par exemple dans le golfe de Gabès), et le crabe vert méditerranéen Carcinus aestuarii. Il ne s'agit pas de véritable association interspécifique mais de biocénose* (communauté d'espèces fréquentant le même milieu).
 Divers biologie
La caramote effectue des déplacements en lien avec la reproduction. Les juvéniles gagnent des eaux à salinité faible et relativement chaudes et riches en plancton où ils peuvent grandir rapidement. Ensuite, ils quittent les lagunes côtières pour se rendre en mer où ils finissent leur croissance et se reproduisent.

Au niveau comportement, cette espèce présente deux phases d’activité très distinctes. De jour, les animaux sont immobiles, enfouis dans le sédiment et en état métabolique bas (ils « dorment »). La nuit, les animaux sont actifs.
 Informations complémentaires
La caramote, espèce comestible, est traditionnellement pêchée le long des côtes atlantiques et méditerranéennes. Elle est régulièrement présente sur les marchés de l’Espagne, du Maroc, de la Tunisie et d'Italie. En raison de sa valeur commerciale élevée, elle a une certaine importance économique. L’aquaculture de la caramote a été quelque peu développée dans les années quatre-vingts ; la production globale de Melicertus kerathurus a atteint 7 700 tonnes en 2000 et 6 655 tonnes en 2005.

En Méditerranée, les populations de la caramote Melicertus kerathurus déclinent à cause de l'invasion des espèces de pénéides originaires de mer Rouge comme Marsupenaeus japonicus et Metapenaeus monoceros en Tunisie. La caramote a presque disparu sur toute la côte orientale de la Méditerranée, dans le sud de la Turquie et jusqu'à la mer Egée. La gestion et la protection de cette espèce sont assez difficiles devant ce type de menace.

Fiche MNHN/DORIS
 Références bibliographiques
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Fischer W., Bauchot M-L., Schneider M., 1987, FICHES FAO D’IDENTIFICATION DES ESPECES POUR LES BESOINS DE LA PECHE (REVISION 1). MEDITERRANEE ET MER NOIRE, ZONE DE PECHE 37. VOLUME 1. VEGETAUX ET INVERTEBRES, CEE, FAO, ed. FAO, Rome, 760p.
Holthuis L. B., 1980, FAO SPECIES CATALOGUE, VOLUME 1, SHRIMPS AND PRAWNS OF THE WORLD. AN ANNOTATED CATALOGUE OF SPECIES OF INTEREST TO FISHERIES, FAO Fisheries Synopsis, ed. FAO, Rome, 125, 1, 271p.
Lagardère J.-P., 1971, LES CREVETTES DES COTES DU MAROC, Travaux de l'Institut Scientifique Chérifien et de la faculté des sciences, sér. Zool., 36, 6-140.
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Noël P. Y. , 1992, CLE PRELIMINAIRE D'IDENTIFICATION DES CRUSTACEA DECAPODA DE FRANCE ET DES PRINCIPALES AUTRES ESPECES D'EUROPE, Collection patrimoines naturels, Secrétariat de la Faune et de la Flore, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, 9, 145p.
Pérez Farfante I., Kensley B., 1997, PENAEOID AND SERGESTOID SHRIMPS AND PRAWNS OF THE WORLD, KEYS AND DIAGNOSES FOR THE FAMILIES AND GENERA , Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 175, 233p.
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Zariquiey Alvarez R., 1968, CRUSTÁCEOS DECÁPODOS IBÉRICOS, Investigaciòn. Pesquera, Barcelona, 32, 510p. 
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
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La page de Melicertus kerathurus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  NOËL Pierre, LE BRIS Sylvain, PROUZET Anne,  in : DORIS, 11/3/2014 : Melicertus kerathurus (Forskål, 1775), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1638