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  Fiche Espèce   (N°1379)
 
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(N°1379) Espèce réglementée  
Ruditapes spp. 
R. decussatus : Atlantique Nord-Est, Manche, Méditerranée, mer Rouge - R. philippinarum : océan Pacifique, océan Atlantique, Méditerranée
Palourde croisée
 
Bivalves (ou Lamellibranches)
 
 
Pour la palourde d’Europe : palourde commune, clovisse, palourde grise
Pour la palourde japonaise : palourde croisée japonaise
Pour la palourde d’Europe : Grooved carpet shell (GB), Vongola ou arsella nera (I), Almeja fina (E), Ameijoa boa (P), Gegitterte Venusmuschel (D), Tapijschelp (NL)
Pour la palourde japonaise : Japanese carpet shell, Pacific palourde, mud clam (GB), Almeja japonesa (E), Japanische Muschel (D), Asari (J)
 Clef d'identification
R. decussatus
Siphons séparés sur toute la longueur
Forme ovale et allongée
Stries rayonnantes très serrées
Stries concentriques bien marquées
Aspect quadrillé
Sinus palléal profond

R. philippinarum
Siphons soudés sur les 3/4 de leur longueur
Plus ronde et un peu épaisse
Stries rayonnantes plus écartées et plus prononcées
Stries concentriques plus espacées
Sinus palléal moins profond et de forme arrondie
 Distribution
R. decussatus est présente naturellement en mer du Nord, en Manche, en Atlantique Est jusqu’au Congo ainsi qu’en Méditerranée. Depuis l’ouverture du canal de Suez on la retrouve dans la mer Rouge.

R. philippinarum est originaire de l’océan Pacifique, elle fut introduite successivement aux îles Hawaï et sur la côte occidentale du Canada. En France, son introduction date de 1975, on la retrouve sur la côte atlantique et la côte méditerranéenne.
R. philippinarum est présente dans les zones DORIS de la France métropolitaine, de l’Atlantique Nord-Ouest, de l'Indo-Pacifique et des Caraïbes.
 Biotope
La palourde japonaise et la palourde européenne ont pratiquement le même mode de vie, la palourde européenne est cependant un peu plus exigeante. Elles vivent enfouies à quelques centimètres (maximum 15 cm) dans le substrat sur l’étage infralittoral. Elles apprécient des substrats variés de sable, de petit gravier vaseux et de vase. Elles apprécient particulièrement les zones côtières abritées comme les étangs d’eaux saumâtres communiquant avec la mer.
On les retrouve à des profondeurs moyennes de 1 à 3 m mais rarement au delà de 10 m. Leur pied puissant leur permet de s’enfouir rapidement et de se tenir dans le sédiment. Les palourdes ont la capacité de se déplacer dans le substrat.
Les limites écologiques de ces mollusques sont comprises entre 5 et 30 °C pour la température, et de 15 à 40‰ pour la salinité. Ce sont des bivalves eurythermes* et euryhalins*.
 Description
Ruditapes decussatus possède deux valves équivalentes qui forment un ensemble ovale légèrement allongé et aplati sur la région postérieure. On remarque sur les valves des stries rayonnantes très serrées ainsi que des stries concentriques assez prononcées qui donnent un aspect quadrillé.
La couleur externe peut varier de blanchâtre à grisâtre avec des nuances de brun. On remarque parfois des motifs sur les valves. La couleur interne est plutôt claire dans des nuances de blanc et de jaune.
Le sinus palléal* est profond sans toutefois dépasser la ligne médiane des valves. Les siphons sont séparés sur toute la longueur. On peut repérer la présence de R. decussatus dans l’eau grâce aux trous que laissent les siphons, ceux-ci sont espacés d’environ la longueur de la coquille.
La taille moyenne est comprise entre 4 et 5 cm, cependant des individus dépassant les 8 cm on déjà été observés.

Ruditapes philippinarum possède aussi deux valves équivalentes qui forment un ensemble plus rond qu’ovale et plus épais. Les stries rayonnantes sont plus écartées et plus prononcées. Les stries concentriques sont plus espacées que celles de R. decussatus.
La couleur externe est nuancée de blanc, de gris et de brun. La coloration n’est pas toujours identique sur les deux valves. L’intérieur des valves est violacé.
Le sinus palléal est moins profond et de forme arrondie. Les siphons sont soudés sur les ¾ de leur longueur, ce qui laisse apparaître en surface du sédiment deux petits trous ovales et très rapprochés.
Lorsque le substrat est trop dur, la coquille dépasse du sédiment.
Les individus rencontrés ont une taille plus grande que celle de R. decussatus sans dépasser les 8 cm.
 Espèces ressemblantes
Venerupis aurea (Gmelin, 1791), elle a une forme plus allongée dans la largeur du coté postérieur que R. decussatus. Les stries sur les valves sont marquées mais très légèrement. Sa couleur externe est nuancée de blanc crème, d’ocre, et de brun avec parfois des motifs. La couleur interne tend vers un jaune or caractéristique à l’espèce.

Venerupis pullastra (Montagu, 1803), sa forme est plus rectangulaire que les espèces citées. On remarque des stries de croissance peu marquées. Sa couleur est plutôt jaune orangé avec parfois un peu de blanc.

Venerupis rhomboides (Pennant, 1777), aussi appelée palourde rose, elle a une forme proche de R. decussatus. Cependant la palourde rose est plus allongée et plus ovale, d’où le nom latin [rhomboïde]. Autre caractéristique, ses stries concentriques sont beaucoup plus marquées. Sa coloration est nuancée de blanc crème, de brun, de rouge orangé et de rose avec parfois des motifs.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Pour la palourde d’Europe
Ruditapes (Venerupis) decussatus Linnaeus 1758
Tapes decussatus (Linnaeus 1758)
Amygdala decussata (Linnaeus 1758)
Ruditapes decussata (linnaeus 1758)
Venus truncata

Pour la palourde japonaise
Ruditapes (Venerupis) philippinarum Adams & Reeve 1850
Tapes philippinarum (Adams & Reeve 1850)
Ruditapes philippinarum (Adams & Reeve 1850)
Venerupis japonica
Venus japonica
Tapes bifurcata (Quayle, 1938)
Tapes denticulatus (Sowerby, 1852)
Tapes indica (Sowerby, 1852)
Tapes japonica (Deshayes, 1853)
Paphia philippinarum
Amygdala philippinarum
 
   
  Palourde japonaise et palourde européenne  
   
  Palourde Européenne  
   
  Palourde Européenne enfouie dans le sédiment  
   
  Palourde Japonaise  
   
  Détail des siphons  
   
  Une inconsciente!  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Cédric CONTI Détail
Correcteur scientifique  
Yves MÜLLER Détail
Responsable régional  
Véronique LAMARE Détail
 
     
Création le : 06/03/2009
Dernière modification le 04/05/2010 21:48:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Mollusca Mollusques  Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. 
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes  Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire. 
Ordre Veneroida Vénéroïdes  Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe. 
Famille Veneridae Vénéridés  Coquille équivalve pour la plupart des espèces. De forme ronde, ovale ou encore oblongue. Ecusson distinct, présence de stries concentriques et parfois d’éléments rayonnants 
Genre Ruditapes     
 
Espèce spp.     
 
 
 Origine du nom français
Le mot palourde est apparu dans la langue française au XVIème siècle. Il vient du latin [peloris] qui désigne un gros coquillage.
 Origine du nom scientifique
Ruditapes vient du latin [rudis] = brut, qui est à l'état naturel, non façonné, rude, âpre, dur ; et du latin [tapes] = tapis, tapisserie. On peut supposer, d’après l’étymologie ci-dessus que les motifs de l’écusson rappellent ceux des tapisseries (tapes) anciennes. L’aspect de la coquille étant rugueux, les termes rude, brut et dur sont appropriés.

decussatus est le participe passé du mot latin [decusso] = croisé, en forme de croix. D’où le nom composé : palourde croisée d’Europe.

philippinarum : qui vient des Philippines.
 Alimentation
L’alimentation des palourdes européenne et japonaise se fait grâce aux siphons qui affleurent à la surface du sédiment. L’eau entre par le siphon inhalant et est filtrée par le mollusque qui retient les particules alimentaires. L’eau est alors rejetée par le siphon exhalant. Le régime alimentaire est composé de phytoplancton et de matières organiques en suspension.
 Reproduction - Multiplication
Les palourdes européenne et japonaise sont des espèces gonochoriques*. La période de reproduction s’étend de juin à septembre. La première maturation sexuelle est obtenue dès la première année pour R. decussatus (lorsqu’elle mesure environ 20 mm) et la deuxième année pour R. philippinarum (lorsqu’elle mesure environ 35 mm).
Le cycle de reproduction débute lorsque la température avoisine les 15 – 20 °C. Après un mois de maturation, la ponte est déclenchée. Les géniteurs expulsent leurs gamètes par le siphon exhalant. La fécondation est externe.
Lorsque les conditions sont réunies, il peut y avoir deux pontes au cours de la même saison, une à la fin du printemps et l’autre à la fin de l’été. Une femelle peut émettre jusqu’à 3 millions d’ovocytes.
Après une courte vie planctonique, les larves se posent sur le fond et adoptent une vie benthique. A ce stade, la jeune palourde mesure 0,5 mm.
 Divers biologie
La croissance est influencée par deux facteurs principaux, la température et la richesse alimentaire. Plus la température est élevée plus la filtration est importante. L’optimal de croissance a été observé dans une eau à 20 °C pour une salinité de 30 ‰. En période hivernale, la croissance est bien souvent arrêtée.
Lorsque le milieu offre de bonnes conditions on observe d’importantes colonies de palourdes.
Le régime alimentaire de beaucoup de poissons est à base de mollusques. Ainsi la daurade royale (Sparus aurata) et le baliste (Balistes capriscus) exercent une forte prédation sur la palourde.
 Espèce réglementée
Ces espèces font l’objet d’une réglementation sur la taille minimale de capture.
En Manche la taille minimale doit être supérieure à 4 cm pour la palourde européenne et japonaise, selon l’arrêté 55/2007 réglementant l’exercice de la pêche maritime à pied à la nage ou sous-marine en Manche.
En Méditerranée la taille minimale doit être supérieure à 3,5 cm pour la palourde européenne selon l’arrêté du 19 mars 2007 déterminant la taille minimale et le poids minimal de capture et de débarquement des poissons et autres organismes marins.

Nous pouvons noter que la réglementation européenne est moins restrictive: la taille minimale de pêche est de 25 mm pour Rudipates spp. dans le Règlement (CE) n° 1967/2006 du Conseil du 21 décembre 2006 concernant des mesures de gestion pour l'exploitation durable des ressources halieutiques en Méditerranée.

Ne pas hésiter à se renseigner auprès des Affaires Maritimes du département pour des informations complémentaires à la réglementation.
 Informations complémentaires
La palourde européenne fait l’objet d’une exploitation commerciale depuis des décennies. Elle est pêchée à l’aide d’une drague tirée à la main ou avec un bateau, d’un râteau, ou encore à la main.
Etant donnée la bonne valeur commerciale du coquillage, beaucoup d’efforts ont été portés sur la vénériculture (culture de la palourde). Il faut entre 24 et 36 mois pour produire une palourde commercialisable. La palourde japonaise présentait d’excellents rendements d’où son introduction en France au début des années 70. Mais à la fin des années 80, une bactérie (Vibrio tapesis) a fortement ralenti la production de ces palourdes voire l’a stoppée dans certaines régions. Cette maladie se développe lorsque la température de l’eau est trop froide. Elle se traduit par un dépôt brun sur la face intérieure et tout autour du mollusque. Aussi appelée maladie de l’anneau brun, elle entraîne une forte mortalité. Il semblerait que la taille des individus favorise son développement, les plus petits étant plus sensibles à la maladie.

La palourde japonaise s’est acclimatée à notre écosystème et s’est répandue sur toutes les côtes françaises. Elle est parfois considérée comme une espèce invasive dans le sens où elle est en concurrence directe avec l’espèce européenne. Dans certaines régions elle a supplanté l’espèce autochtone.
 Références bibliographiques
Barnabé G., 1989, AQUACULTURE, 2ème édition, Volume 1, Technique et documentation, ed. Lavoisier, 1308p.
Fischer W., Bauchot M-L., Schneider M., 1987, FICHES FAO D’IDENTIFICATION DES ESPECES POUR LES BESOINS DE LA PECHE (REVISION 1). MEDITERRANEE ET MER NOIRE, ZONE DE PECHE 37. VOLUME 1. VEGETAUX ET INVERTEBRES, CEE, FAO, ed. FAO, Rome, 760p.
Lindner G., Weber D., 2005, GUIDE DES COQUILLAGES MARINS, 2ème édition, ed. Delachaux & Niestle, 320p.
Martoja M., 1995, MOLLUSQUES, Institut océanographique, Paris, 168p.
Quéro J-C., Vayne J.-J., 1998, LES FRUITS DE LA MER ET PLANTES MARINES DES PECHES FRANCAISES, "Les encyclopédies du naturaliste", ed. Delachaux & Niestlé, 256p.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  DORIS, 4/5/2010 : Ruditapes spp.http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1379