Requin corail

Triaenodon obesus | (Rüppell, 1837)

N° 1258

Mer Rouge, océan Indien, océan Pacifique tropical

Clé d'identification

Silhouette très allongée
Extrémité blanche de la première dorsale et du haut de la caudale
Parfois, même trace blanche sur la deuxième dorsale et le lobe inférieur de la caudale
Narines saillantes

Noms

Autres noms communs français

Requin à pointe blanche de lagon (ou de récif)
Aileron blanc de lagon
Il est nécessaire d'ajouter "de lagon" au nom de ce requin car le "requin à aileron blanc" (Carcharhinus albimarginatus) est une autre espèce, au mode de vie beaucoup plus pélagique.
Mamaru en Polynésie.

Noms communs internationaux

White tip reef shark (GB), Squalo a pinna blanca di scogliera (I), Cason coralero trompacorta (E), Weißspitzen Riffhai (D), Witpunt rifhaai (NL), Tubarao de pontas, Brancas de recife (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Carcharias obesus Rüppell, 1837
Triaenodon apicalis Whitley, 1939

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien, océan Pacifique tropical

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Commun en mer Rouge, océan Indien, océan Pacifique, bien qu'à l'est du Pacifique, on ne le rencontre qu'aux Galápagos, Panama, Costa Rica.

Biotope

Il vit de 1 à 40 m de profondeur (même s'il peut être rencontré beaucoup plus profondément) dans le récif, sur le versant externe, plutôt dans les eaux claires. Il peut être seul ou en petit groupe, en général au repos posé au fond le jour, partant à la chasse la nuit. Il est sédentaire et choisit souvent une grotte, une faille, un surplomb comme habitat. On pense qu'il ne s'éloigne pas de plus de 3 km autour de son territoire.
Il se déplace souvent très près du fond, dans un mouvement très ondulant.

Description

La silhouette du Triaenodon obesus est élancée et très allongée, ce requin peut mesurer jusqu'à 2,2 m de long, bien que la taille la plus répandue oscille entre 1 m et 1,50 m. Son poids le plus lourd enregistré est de 18 kg.
Son dos est brun-gris alors que son ventre est gris pâle ou argenté. Les extrémités de la première (et parfois la deuxième) nageoire dorsale et de la caudale sont blanc brillant, même si certains individus en sont totalement dépourvus. Les flancs peuvent avoir des taches rondes et noires de 1 cm environ.
La première dorsale est positionnée très en retrait des pectorales et la deuxième dorsale est presque aussi haute que la première. Les pectorales, en forme de faux, sont longues. La caudale est très asymétrique. Il a la peau très dure et ses nageoires latérales sont très souples : cela facilite son déplacement parmi le relief des coraux.
Son museau est très court et arrondi, ses narines sont saillantes. Sa bouche et ses narines sont positionnées sur la face inférieure de la tête. Il possède de petits barbillons nasaux. Sa bouche est large et ses dents sont petites et nombreuses : les dents supérieures et inférieures sont semblables, en forme de poignard, avec une pointe à la base, de chaque côté, mais sans dentelure. Son œil est ovale et très vert.

Espèces ressemblantes

Le requin à nageoires rondes ou aileron du large ou requin océanique (Carcharhinus longimanus) est plus gros, plus trapu et sa dorsale est arrondie.
L'autre requin à aileron blanc (Carcharhinus albimarginatus) est plus grand (3 m) et c'est, chez lui, le bord des nageoires qui est blanc.

Alimentation

Ses proies sont benthiques : il chasse la nuit et tôt le matin, dans le récif, et se nourrit de poissons de petite taille et d'invertébrés près du fond (crustacés et céphalopodes). Ses mouvements peuvent aussi être en lien avec ceux des marées.
Il peut lui-même être la proie de plus gros requins.

Reproduction - Multiplication

Avec une durée de vie de 25 ans environ, ce requin est mature à 5 ans, lorsqu'il atteint 1 m de long.
Comme chez tous les requins, la fécondation est interne : le mâle maintient la femelle en la mordant ; il introduit un de ses deux organes copulateurs (ptérygopodes* = appendices des nageoires pelviennes) dans l'ouverture génitale de la femelle.
Ils sont vivipares*. Les femelles Triaenodon obesus mettent bas une portée de un à cinq petits : ils mesurent environ 50 cm à la naissance. La durée de gestation est mal connue (12 mois ?). Les petits naissent généralement pendant l'été austral, mais des variations sont relevées selon les aires géographiques.

Vie associée

Un commensalisme assez fréquent est représenté par l'association de poissons-pilotes (Naucrates ductor) ou de rémoras qui mangent les restes du requin. En échange, ils le nettoient de ses parasites. La "protection" du requin décourage d'éventuels ennemis.
D'autres poissons nettoyeurs peuvent vivre à ses côtés.

Divers biologie

La consommation du requin corail comporte un risque de ciguatera* : la chair peut être toxique. Cette chair est spongieuse, les ailerons ne sont pas utilisés : ce n'est pas une espèce recherchée par les pêcheurs.
Le requin corail est le seul représentant du genre Triaenodon.
Il peut pomper l'eau dans ses branchies sans avancer ce qui explique que l'on puisse souvent le rencontrer immobile au fond.

Informations complémentaires

L'œil du requin est capable d'amplifier la lumière sur la rétine. D'autre part, ses paupières sont nictitantes* (pourvues d'une troisième paupière à déplacement horizontal).
Le requin corail est plutôt timide et craintif, mais curieux.
Un suivi de population est effectué en Australie, au nord de la Grande Barrière de Corail, en repérant les femelles et les juvéniles, afin de mieux connaître les taux de croissance, la reproduction, les déplacements...

Réglementation

Cette espèce est classée NT ("Nearly Threatened", c'est à dire dont le statut de conservation est jugé à la limite d'être menacé) dans la liste rouge de l'UICN. Mais comme son taux de reproduction est faible, il serait très vulnérable dans l'hypothèse d'une éventuelle surpêche, comme cela peut être le cas dans certaines parties du globe (Madagascar, Inde).

Origine des noms

Origine du nom français

Requin : l'origine de ce mot est inconnue, même si certains dictionnaires proposent un rapprochement avec requiem. Une hypothèse avancée par le Robert le relierait au mot normand [quin] = chien (un chien de mer désignait un squale depuis le XIIIème siècle).
Aileron (ou pointe) blanc car c'est un de ses signes distinctifs.
Corail : selon son biotope quasi exclusif.

Origine du nom scientifique

Triaenodon : du grec [triaina] = trident et [odous] = dent, soit "qui a des dents à trois pointes" c'est à dire tricuspides*.
obesus : sens premier en latin "rongé, maigre" car son allure générale est très allongée.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Chondrichthyes Chondrichthyens Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale.
Sous-classe Elasmobranchii Elasmobranches Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles.
Super ordre Euselachii Sélaciens Raies et requins.
Ordre Carcharhiniformes Carcharhiniformes Requins de fond.
Famille Carcharhinidae Carcharhinidés
Genre Triaenodon
Espèce obesus

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