Synascidie pomme de pin

Atriolum robustum | Kott, 1983

N° 2922

Indo-Pacifique tropical Ouest et central

Clé d'identification

Urnes, de forme ovoïde allongée, de 15 mm de longueur maximum
Siphons buccaux surélevés donnant un aspect de pomme de pin à la colonie
Grande cavité cloacale commune et ouverture cloacale apicale unique
Colonies de consistance ferme au toucher
Couleur rougeâtre à l’intérieur, jaune-vert à l’extérieur
Anneau blanc autour du siphon cloacal
Sur substrat dur, souvent au-delà de 40 m de profondeur

Noms

Autres noms communs français
Petite synascidie-urne
Noms communs internationaux
Lesser urn ascidian, robust sea squirt (GB)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Atriolum robostum Kott, 1983 (erreur d'orthographe)

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical Ouest et central

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce est largement répartie depuis le nord de l'Australie (d’où elle a été décrite) et la Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu'à Madagascar.
La petite synascidie-urne est présente à La Réunion, Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.

Biotope

La petite synascidie-urne a été observée dès 12 m jusqu’à 300 m de profondeur, sur substrat* dur. En Nouvelle-Calédonie, elle n'est commune qu'au-delà de 40 m de profondeur.

Description

Les colonies sont constituées de plusieurs petites urnes souvent contiguës et de forme ovoïde allongée, mesurant chacune au maximum 15 mm de hauteur et reliées entre elles par une base encroûtante commune.
Chaque lobe érigé de la colonie montre une grande cavité cloacale* commune avec une ouverture apicale* unique et bien circulaire.
Les urnes sont fermes au toucher. Sur les flancs de chaque urne, chacun des siphons* buccaux, matérialisés par un petit orifice bien distinct et relativement espacés les uns des autres, est clairement surélevé. La surface externe a ainsi un aspect mamelonné qui fait penser à une pomme de pin.
La tunique* porte un pigment rouge qui est visible sur la face interne du siphon cloacal commun et au niveau des ouvertures orales des zoïdes*. Ce pigment est souvent masqué par la présence d’algues vertes symbiotiques* contenues dans la tunique, ce qui donne une coloration vert-jaune à l’ensemble de la colonie.
Une couche de spicules* calcaires et blancs, en forme d’étoiles, est présente dans la tunique commune. Les spicules à 5 branches sont souvent concentrés autour du siphon cloacal qui apparaît plus blanc que le reste de la tunique. Des spicules à 6 branches se concentrent au niveau des siphons buccaux. Ces siphons portent 6 languettes blanches.

Espèces ressemblantes

Didemnum molle, la grande synascidie-urne, est très souvent confondue avec la petite synascidie-urne, surtout quand elle est petite et encore en forme d’urne. Ses siphons inhalants sont proportionnellement plus petits et plus nombreux, la surface est lisse. L’outre comporte un réseau de canaux internes qui relient les zoïdes au siphon cloacal commun et sécrète un mucus collant, deux caractéristiques que n’a pas la petite synascidie-urne.

Notons que la confusion dans les guides naturalistes et sur Internet est tellement généralisée entre les petites colonies de D. molle et A. robustum, qu'il est difficile d'avoir un avis tranché, certains pensent que la "petite (lisse) à gros trous" est réellement A. robustum et que la "bosselée" serait une autre espèce. Nous nous sommes référés aux publications de référence de C. et F. Monniot pour nous faire notre opinion personnelle, et considérons que la « petite à gros trous » est nommée à tort Atriolum robustum dans les guides.

Alimentation

Ces animaux sont des filtreurs* microphages*. Ils se nourrissent de petites particules, depuis les molécules en suspension, jusqu’aux débris et micro-organismes animaux et végétaux.
Les ascidies génèrent un courant d’eau (rentrant par les orifices inhalants individuels) pour capturer les particules en suspension. Les particules digérées et les déchets sortent ensuite par le gros siphon exhalant apical.

Reproduction - Multiplication

Les espèces du genre Atriolum possèdent une poche incubatrice thoracique qui les distingue des espèces du genre Leptoclinides au niveau de leur anatomie interne.

Vie associée

En Nouvelle-Calédonie, les colonies d'Atriolum robustum sont la proie de l’étoile de mer Gomophia egyptiaca ainsi que du gastéropode Gyrineum gyrinum.

Divers biologie

Cette espèce, malgré sa large répartition géographique, présente une remarquable constance de ses caractères anatomiques. Une description anatomique interne est disponible en français dans la publication [Monniot 1989].
Plus d’une dizaine d’espèces d‘ascidies tropicales de la famille des Didemnidés (dont les deux synascidies-urne) vivent en symbiose* avec des cyanobactéries (procaryotes* photosynthétiques*, anciennement appelées algues bleu-vert) du genre Prochloron. Les cellules de Prochloron sont bien individualisées et sont situées sur la paroi du siphon cloacal des synascidies-urne.

Informations complémentaires

Le genre Atriolum a été créé par Kott en 1983. En 2014, 9 espèces sont répertoriées dans WoRMS.

Origine des noms

Origine du nom français

Petite synascidie-urne en comparaison avec Didemnum molle, la grande synascidie-urne, qui a la même forme d’urne quand elle est de petite taille.
Synascidie pomme de pin est une suggestion DORIS qui lève toute confusion avec la "petite lisse à gros trous".

Origine du nom scientifique

Atriolum : du latin [atriolum] = petit atrium*. L’atrium est la cavité commune de la colonie dans laquelle débouchent les siphons cloacaux.

robustum
: du latin [robustus] = fort, solide, ferme, en référence à la consistance de cette petite urne par rapport à l’espèce semblable D. molle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Didemnidae Didemnidés Aplousobranches avec thorax et abdomen. Zoïdes très petits et courts formant de fines colonies encroûtantes. Incrustations calcaires étoilées. (Ce n'est pas le cas du genre Diplosoma).
Genre Atriolum
Espèce robustum

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