Eponge de Rützler

Scopalina ruetzleri | (Wiedenmayer, 1977)

N° 2601

Atlantique tropical Ouest, Macaronésie

Clé d'identification

Eponge encroûtante ou massive
Couleur orange vif à jaune
Surface conuleuse ou grumeleuse
Pores très nombreux et serrés donnant à la face externe un aspect de résille

Noms

Noms communs internationaux
Orange lumpy encrusting sponge (GB)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Ulosa ruetzleri Wiedenmayer, 1977
Dictyonella ruetzleri (Wiedenmayer, 1977)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest, Macaronésie

Zones DORIS : Caraïbes

Cette éponge est signalée aux Bahamas et sur les côtes est de Floride, en mer des Caraïbes, aux Antilles, jusqu'au Venezuela et au nord du Brésil. Egalement aux îles du Cap Vert, comme de nombreuses espèces tropicales apportées par le Gulf Stream.

Biotope

L'éponge de Rützler croît de préférence en eaux calmes et peu profondes, faiblement ou partiellement éclairées, comme les mangroves où elle pousse sur les racines de palétuviers.
Mais on la trouve aussi occasionnellement dans les herbiers, sur les petits fonds rocheux, les débris coralliens et dans les grottes jusqu'à 50 m.

Description

Éponge encroûtante ou massive, elle forme des coussins à la surface rugueuse, hérissée de conules* courts et trapus qui peuvent être plus ou moins en relief. La couleur est le plus souvent d'un orange brillant, mais elle peut varier jusqu'au jaune ocre ou jaune verdâtre.
La surface est poreuse, très piquetée d'orifices, des filaments clairs semblent former une résille tendue entre les conules*. Les oscules* composés (formés de plusieurs orifices accolés) sont entourés d'une petite membrane plus claire.

L'éponge prend différents aspects selon son environnement et son développement :

  • dans sa forme encroûtante (comme dans les grottes, sur des débris coralliens), les conules sont peu apparents, les oscules surélevés, membraneux, et la résille très visible occupe presque toute la surface disponible ;
  • dans la forme massive (par exemple sur racines de palétuviers) les conules sont très saillants, les oscules sont petits et dispersés dans la surface rugueuse et la résille moins apparente.

La consistance est souple, mais peu résistante.
Cette éponge produit un mucus abondant quand on la manipule.

Espèces ressemblantes

On peut la confondre avec d'autres éponges encroûtantes de couleur orange dans la même région :

  • Myrmekioderma gyroderma (Alcolado, 1984) est également encroûtante, charnue et d'un orange brillant, mais sa surface est sillonnée de reliefs sinueux très typiques.
  • Mycale laevis (Carter, 1882), l'éponge orange givrée, est encore une éponge encroûtante orange. Mais elle ne présente jamais de conules, et ses oscules surélevés et membraneux forment des cheminées très protubérantes, à bordure fibreuse.
  • Diplastrella megastellata Hechtel, 1965 a de gros oscules régulièrement espacés et des orifices inhalants regroupés dans des "tamis", jamais de résille ni de conules apparents en surface.
  • Prosuberites laughlini (Díaz, Alvarez & van Soest, 1987) : surface irrégulière et même rugueuse, les spicules* percent la surface sans toutefois former des conules saillants. Les oscules surélevés sont entourés d'une margelle translucide.

Alimentation

Comme la plus grande partie des éponges, elle se nourrit en filtrant activement les particules microscopiques contenues dans l'eau. Pour cela elle crée un courant d'eau activé par le battement synchrone de cellules ciliées spécifiques (les choanocytes*). L'eau entre par les orifices inhalants ou pores* (la résille), traverse le corps de l'éponge par un réseau complexe de canaux, et ressort finalement par les orifices exhalants ou oscules*.

Reproduction - Multiplication

C'est une éponge vivipare* : elle produit des larves* qui sont incubées dans les canaux internes de l'éponge avant d'être libérées. On peut parfois les observer en paquets, comme de petits grains orange vif d'environ 1 mm de diamètre, avant qu'elles quittent l'éponge-mère et partent se fixer ailleurs en nageant activement.

Divers biologie

Le squelette est formé de fibres de spongine* renforcées de styles* pointus de taille variable, groupés en faisceaux et qui viennent soulever la surface en formant les conules. Selon que l'éponge est contractée ou non, ces conules apparaissent plus ou moins saillants.

Origine des noms

Origine du nom français

Eponge de Rützler est la simple traduction du nom d'espèce.

Origine du nom scientifique

Scopalina : du latin [scopa] = brindilles, balai de brindilles, pour les faisceaux de spicules du squelette,

ruetzleri : en hommage à Klaus Rützler, auteur de très nombreuses publications sur les Spongiaires et l'écologie des récifs coralliens.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Scopalinida Scopalinides
Famille Scopalinidae Scopalinidés
Genre Scopalina
Espèce ruetzleri

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