Schizorétépore de Solander

Schizoretepora solanderia | (Risso, 1826)

N° 3474

Méditerranée occidentale et Atlantique Nord-Est limitrophe

Clé d'identification

Colonies rigides à port dressé et ramifiées sur un seul plan
Colonie de petite taille (autour de 10 mm)
Base unique et large
Branches relativement épaisses se ramifiant quelquefois sur un seul plan
Coloration orange rosé clair ou blanche

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Retepora solanderia Risso, 1826

Distribution géographique

Méditerranée occidentale et Atlantique Nord-Est limitrophe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Schizoretepora solanderia est une espèce de Méditerranée occidentale du nord au sud et de l'Atlantique Nord-Est proche (Maroc, Madère, Açores, golfe de Gascogne,...).

Biotope

Le schizorétépore de Solander vit principalement à grande profondeur dans les fonds détritiques* côtiers, les fonds coralligènes*, sur des éponges, des bryozoaires morts, des algues calcaires, des pierres, etc. Surtout présent entre 30 et 300 m, il peut être occasionnellement observé moins profond et donc visible par les plongeurs.

Description

Ce bryozoaire fortement calcifié et rigide constitue de délicates colonies dressées, rameuses, non articulées et de 5 à 20 mm de largeur. La colonie est fixée au substrat* par une large sole* pédieuse calcifiée. A partir d'un court tronc commun les branches rectilignes ou légèrement contournées se ramifient quelquefois sur un même plan sans jamais s'anastomoser (ne forment pas de maille). La largeur des branches, aplaties ventro-dorsalement, est relativement constante sur tous les axes de la colonie. Elles sont formées de 2 à 5 rangées de zoïdes*. Les branches ne se touchent pas, l'espace entre elles étant approximativement équivalent à la largeur d'une branche. L'ensemble forme une sorte d'éventail aéré plus ou moins courbé et aux extrémités arrondies.
La couleur varie du blanc, pour les colonies profondes ou à l'ombre, au rose orangé clair ou à l'orangé clair.
Les zoïdes s'ouvrent sur la face frontale des rameaux par de petits tubes (péristomes*) plus ou moins alignés donnant un aspect granuleux à ce côté des "éventails". Cette face frontale, où s'épanouissent de petits lophophores* translucides, s'oriente à l'opposé du substrat. La face dorsale (côté substrat) plus lisse est parcourue par de fins dessins réticulés créés par l'organisation des zoïdes de soutien (kénozoïdes*) soudés entre eux et charpentant la colonie.

Espèces ressemblantes

Il existe plusieurs espèces similaires dans les genres Schizoretepora et Reteporella, dont les espèces suivantes sont présentes dans la même zone géographique. Certaines de ses colonies sont réticulées (forment un réseau de mailles) :
Schizoretepora imperati
est l'espèce type du genre, colonie réticulée de teinte jaune orangé présente en Méditerranée occidentale méridionale, Atlantique Est et Japon.
Schizoretepora longisetae, décrite du Maroc, vit au delà des zones fréquentées par les plongeurs, à des profondeurs de 150 m et plus.
Schizoretepora hassi, rencontrée au Liban (Méditerranée orientale).



Reteporella elegans forme de jolies colonies de plus grande taille, jusqu'à 5 cm, et présente un aspect très proche. Mais son biotope n'est pas le même, cette espèce sciaphile* fréquentant les grottes semi-obscures dès les premiers mètres de profondeur.

Hornera frondiculata
forme de plus grandes colonies à l'aspect similaire mais ses fines branches contournées se ramifient beaucoup plus sur un même plan. Sa coloration crème est plus claire sur les "troncs" principaux.



Frondipora verrucosa, Le frondipore verruqueux, de couleur plus jaunâtre à beige, forme des rameaux grossiers, aplatis ou en entonnoir, de 3 à 5 cm, à l'aspect de feuille calcifiée, parfois réticulés. Ses ramifications courtes, dichotomes et anastomosées se terminent par des extrémités poreuses et renflées. Ce bryozoaire est présent à partir de 20 mètres, fixé sur des parois rocheuses ou des substrats artificiels, ou bien libre à la surface du sédiment.



Reteporella grimaldii, La dentelle de Neptune, constitue aussi des colonies rigides (calcifiées) à port dressé mais formant une véritable dentelle réticulée très fine et fragile. Sa coloration varie du rose au jaune pâle. Sciaphile, elle peut être présente dès les premiers mètres dans les zones à l'hydrodynamisme modéré.



Caberea boryi, bien que légèrement souple, présente un aspect en éventail, une taille et une couleur orangée proche de S. solanderia. Le toucher lèvera rapidement le doute.

Alimentation

Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur suspensivore* microphage*. Les diatomées* (algues unicellulaires) et particules organiques sont la base de l'alimentation des bryozoaires. Les cils des lophophores* sont capables de créer des micro-courants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche, au centre du lophophore (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).

Reproduction - Multiplication

Chez les bryozoaires, les deux types de reproduction, sexuée et asexuée, concourent au développement de l'espèce.
Au sein d'une même colonie, des zoïdes mâles et femelles existent, mais on connaît aussi des zoïdes hermaphrodites*.
La fécondation (reproduction sexuée) conduit à la formation d'œufs incubés dans les ovicelles*. Ces œufs donnent ensuite des larves* libres nageuses, assurant la dissémination spatiale de l'espèce. Puis, ces larves se fixent sur un substrat dur et libre, et se transforment en zoïdes primaires isolés appelés ancestrules*.
Chaque ancestrule forme une nouvelle colonie (reproduction asexuée) par bourgeonnement*, qui assure la croissance de la colonie, laquelle s'accompagne d'une spécialisation de certains individus : on parle de polymorphisme* des zoïdes (autozoïdes*, aviculaires*, ovicelles, ...).
Les ovicelles sont observées de mars à novembre en Méditerranée chez Schizoretepora solanderia.

Divers biologie

Description microscopique :
- zoïdes* hexagonaux irréguliers, à paroi frontale granuleuse et convexe, à rares pores marginaux et disposés sur 2 à 5 rangées formant une branche, taille approximative des zoïdes : 0,50 x 0,30 mm ;
- fissure labiale médiane terminée par un petit trou ouvert (spiramen*) ;
- aperture* orbiculaire, enfoncée, à petit sinus arrondi, à 4 épines courtes et fortes, visibles uniquement sur les zoïdes jeunes ;
- aviculaires* à mandibule triangulaire de deux tailles différentes ; 1) aviculaires frontaux de grande taille et sporadiques, 2) aviculaires interzoïdaux de très grande taille sur les marges des branches uniquement et orientés distalement ;
- ovicelle* lisse, saillante, à grand orifice haut placé ;
- base de la colonie formée par des kénozoïdes* portant des aviculaires ;
- face dorsale plane avec sutures interzoïdales bien calcifiées et renforcées formant des dessins hexagonaux.



Par rapport aux autres espèces du genre, Schizoretepora solanderia se caractérise par le mode de croissance de ses colonies non réticulées (pas d'anastomose entre les branches), le large spiramen et les grands aviculaires marginaux.

Origine des noms

Origine du nom français

Schizorétépore de Solander est la traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Schizoretepora : du grec [schizo-] = fendre, séparer en fendant (et donc évoquant, ici, une "lame sur un seul plan"), avec [rete] = rets, filet, réseau et [pora] = pore, trou.

solanderia
: en l'honneur du docteur D.C. Solander (1733-1782), botaniste suédois qui accompagna Cook dans ses voyages et auquel la science doit un ouvrage sur les "polypiers".

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Phidoloporidae Phidoloporidés
Genre Schizoretepora
Espèce solanderia

Nos partenaires