Schizoporella unicorne

Schizoporella unicornis | (Johnston in Wood, 1844)

N° 3638

Atlantique Nord-Est et toutes les eaux tempérées du globe

Clé d'identification

Bryozoaire encroûtant à bords arrondis irréguliers
Couleur blanchâtre orangé à rosé translucide
Plaque de 1 à 4 cm de diamètre (maximum 10 cm)
Larges zones granuleuses plus claires au centre
Principalement observé sur l'estran

Noms

Noms communs internationaux

Single horn bryozoan (GB), Paars vogelkopmosdiertje (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Lepralia unicornis Johnston in Wood, 1844

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et toutes les eaux tempérées du globe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Originaire du Japon, Schizoporella unicornis est de nos jours très largement disséminé dans toutes les eaux tempérées du globe via le trafic international des naissains d'huîtres (Crassostrea gigas) et via le trafic maritime (coques et ballasts des navires au long cours). Ce bryozoaire est présent avec certitude en Europe : en mer du Nord, Manche et Atlantique. Les observations en Méditerranée occidentale et en mer Adriatique y sont rares.

Biotope

Ce bryozoaire encroûtant est potentiellement présent sur tous les substrats* durs : coquilles, roches, laminaires, autres bryozoaires, carapaces de crustacés (anomoures et brachyoures), etc. Il préfère les surfaces larges, plates, ombragées et protégées. On le découvrira dès l'estran* où il sera le plus facilement observé sous les pierres restant immergées et jusqu'à 60 mètres de profondeur. Il est aussi présent dans les estuaires et il tolère de grandes variations de salinité (18-30 g/l) et de température (7-19 °C). Schizoporella unicornis fait partie des salissures marines ou biofouling*.

Description

Schizoporella unicornis forme de fines colonies encroûtantes, unilamellaires ou multilamellaires (de une à plusieurs couches), à bord arrondi irrégulier. La couleur de ce bryozoaire est blanchâtre orangé à rosé translucide chez les jeunes colonies, puis jaunâtre brun à brun foncé pour les colonies plus âgées. Les colonies matures mesurent habituellement de 1 à 4 cm de diamètre (maximum 10 cm). Elles montrent souvent de larges zones granuleuses plus claires dues à la présence de chambres incubatrices très saillantes (ovicelles*).

Voir la description microscopique dans "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

Cryptosula pallasiana (Moll, 1803), présente de façon macroscopique un aspect très ressemblant. C'est un bryozoaire encroûtant unilamellaire de couleur blanchâtre, plus ou moins translucide et dorée. Ses ouvertures rectangulaires ou en forme de cloche sont plus grandes. La paroi frontale faiblement calcifiée a un aspect fripé. Il ne possède pas d'ovicelles*.

Oshurkovia littoralis (Hastings, 1944) : forme des plaques unilamellaires bien plus calcifiées et régulièrement rugueuses avec un aspect de râpe à fromage. Ce bryozoaire orange terne, virant parfois au vert, vit dans l'estran et les petits fonds. Sa distribution est limitée au nord de l'Europe. Il ne possède pas d'ovicelles, mais ses embryons rougeâtres sont visibles par transparence en automne et hiver.

Schizoporella dunkeri (Reuss, 1848), fort ressemblant du point de vue microscopique, ce bryozoaire encroûtant présente une coloration orange soutenu et un aspect grenu. C'est en Méditerranée qu'il est le plus fréquent et il n'est pas présent sur l'estran.

Alimentation

Ce bryozoaire est un filtreur* suspensivore* microphage* actif ; il consomme des bactéries, des diatomées* ainsi que d'autres algues unicellulaires.
La nutrition des zoécies* est assurée de manière individuelle par chaque polypide* de la colonie. Lors de la prise de nourriture, l'opercule* s'ouvre et le lophophore* est érigé en entonnoir. Les cils des tentacules*, capables de créer des microcourants, permettent l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les bryozoaires, Schizoporella unicornis est capable de se reproduire de manière sexuée (espèce hermaphrodite*). Les spermatozoïdes* sont libérés dans l'eau de mer et viennent féconder les ovules*. Les œufs fécondés, incubés dans les ovicelles* bien visibles, seront libérés sous forme de larves*. Les embryons* sont présents toute l'année, avec un pic entre juillet et septembre. La période de reproduction est variable selon les endroits (toute l'année ou saisonnière). La larve nageuse va ensuite se fixer pour bourgeonner et former ainsi une nouvelle colonie par multiplication asexuée. Les larves sont souvent attirées par la présence de colonies déjà présentes.

La multiplication asexuée peut aussi se faire à partir d'un fragment cassé ou d'un clivage de la colonie.

Cette espèce peut vivre plusieurs années (pérenne).

Divers biologie

Description microscopique :
Autozoïdes* rectangulaires (0,40-0,70 mm) organisés en lignes alternées radiantes à partir du centre de la colonie.
Paroi frontale très convexe, densément perforée, à umbo* suboral réduit.
Ouverture plus large que longue, orbiculaire à large sinus* en « U ».
Aviculaire(s)* latéral à l'ouverture, typiquement pair, parfois unique, à mandibule* triangulaire dirigée disto-latéralement.
Ovicelles* très proéminentes, globuleuses, d'apparence lisse, plus claires que le reste de la colonie, typiquement ridées de façon radiale à la marge et plus ou moins regroupées sur plusieurs autozoïdes limitrophes.
Ancestrule* ovale, deux fois plus petit que les autozoïdes.
Lophophore* à 21-24 tentacules*.

Informations complémentaires

Ce bryozoaire invasif est connu pour entrer en concurrence forte avec les colonies de bryozoaires indigènes.

Description du genre Schizoporella :
Colonie encroûtante, unilamellaire ou plurilamellaire, pouvant former des monticules ou des expansions érigées.
Paroi frontale perforée de façon régulière.
Orifice primaire présentant un sinus* sur le bord proximal et des condyles* peu visibles.
Aviculaire* adventif* pouvant être unique ou en paire, typiquement placé latéralement par rapport à l'orifice, occasionnellement présent sur la paroi frontale, parfois absent.
Épines orales absentes ou sporadiquement présentes.
Ovicelle* globuleux, proéminent, granuleux, finement perforé, reposant sur l'autozoïde* distal limitrophe, non fermé par un opercule, présent souvent sur plusieurs autozoïdes adjacents.
Les espèces européennes littorales correctement décrites sont les suivantes : S. errata, S. dunkeri, S. magnifica et S. unicornis. Seules les deux premières sont faciles à observer en plongée.

Origine des noms

Origine du nom français

Schizoporella unicorne est une traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Schizoporella : du grec [schizo-] = fendre, séparer en fendant (et donc évoquant, ici, une "lame encroûtante") et du grec [pora]= trou et [-ella] = petit. Et donc "croûte à petits trous".

unicornis : du latin [unus] = un et [cornu] = corne. Le mot signifie donc "à une seule corne". Peut-être en rapport avec les aviculaires souvent uniques d'un seul côté de l'ouverture (hypothèse non confirmée).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Flustrina Néocheilostomatine/Flustrine
Famille Schizoporellidae Schizoporellidés Bryozoaires encroûtants, loges à ouverture semi-lunaire.
Genre Schizoporella
Espèce unicornis

Nos partenaires