Raie aigle

Myliobatis aquila | (Linnaeus, 1758)

N° 903

Manche, Atlantique Nord, Méditerranée, Afrique du Sud

Clé d'identification

Larges nageoires pectorales pointues
Museau protubérant et arrondi
Queue très fine en forme de fouet, 2 fois plus longue que le corps
1 ou 2 aiguillons crantés près de la base de la queue
Face dorsale sombre (brune à noire), face ventrale blanche
Taille max : 183 cm, envergure max : 1 mètre

Noms

Autres noms communs français
Aigle de mer, aigle commun, épervier, ferrazo, glorieuse, hirondelle, lancette, mourine, mourine aigle, mourine noctule, pesce rato, ratopennado, tare, terre fauchée
Noms communs internationaux
Eagle ray, spotted eagle ray, common eagle ray, sea eagle, mill skate, toadfish, whipray (GB), Aquila di mare, acula, colombo, ferassa (I), Aguila marina, bon Jesus, cucho, gallaron (E), (Gemeiner, Gewöhnlicher) Adlerrochen, Eulenrochen, Meeradler (D), Adelaarsrog, arendskoprog, duivelsrog (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Raja aquila Linnaeus, 1758
Leiobatus aquila (Linnaeus, 1758)
Myliobatis noctula Bonaparte, 1833
Raia rhombus Larranaga, 1923
Myliobatis cervus Smith, 1935

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord, Méditerranée, Afrique du Sud

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L’espèce est fréquente le long des côtes européennes depuis l'ouest des îles Britanniques jusqu'aux côtes ouest africaines (Ghana). Elle est présente sur l'ensemble des îles situées au large de ces terres (Açores, Madère, Canaries, Cap Vert...) ainsi qu'en Méditerranée. La raie aigle est également présente au sud du continent africain, de la Namibie au Mozambique.

Biotope

La raie aigle est bentho-pélagique*, elle nage préférentiellement près du fond. Sa distribution bathymétrique s'étend depuis la surface jusqu'à une profondeur d'environ 300 mètres. Même si on peut la rencontrer en pleine eau et près de la surface, elle affectionne essentiellement la proximité des côtes sur fonds sableux.

Description

Myliobatis aquila est une raie facilement identifiable à son museau proéminent au rostre arrondi qui lui vaut son nom d’aigle. Sa tête, qui porte latéralement une paire d'yeux proéminents et, en arrière, une paire de larges spiracles*, est surelevée par rapport au reste du corps. La bouche ainsi que les cinq paires de fentes branchiales sont ventrales. La face dorsale est sombre (brune à noire), la face ventrale est blanche. Elle présente deux nageoires pectorales pointues, communément appelées "ailes" et qui, vues de dessus ou de dessous, lui confèrent une forme en losange. Elle présente également une paire de nageoires pelviennes de forme quadrangulaire, ainsi qu'un court aileron dorsal reculé, situé à la base de la queue. Celle-ci, en forme de fouet, est très fine et est en moyenne deux fois plus longue que le corps. Elle est munie d’un ou de deux aiguillons venimeux implantés dorsalement, derrière l'aileron.
La raie aigle peut mesurer jusqu’à 183 cm de long pour un mètre d'envergure.

Espèces ressemblantes

En Europe, la confusion est peu probable.
Citons l'aigle-vachette, Pteromylaeus bovinus (E. Geoffroy Saint-Hilaire, 1817), présente en Méditerranée (et sur la façade Atlantique Est du Portugal à l'Afrique du Sud), qui se distingue de la raie aigle par une face dorsale marbrée de brun.

Alimentation

La raie aigle a un régime carnivore : elle se nourrit de crustacés et de mollusques (gastéropodes, bivalves, céphalopodes) qu’elle capture dans le sable. Elle est capable de détecter les vibrations de ses proies dans le sédiment et n'a plus qu'à les en extraire en utilisant ses nageoires et en projetant sur le sable un jet d'eau dirigé grâce à sa bouche.
Occasionnellement, elle peut capturer des vers (polychètes, némertes...) et aussi des poissons.
La gueule de la raie est équipée de une à sept rangées de dents jointives formant une plaque dentaire, qui permettent de broyer efficacement les carapaces et les coquilles.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée. Elle a lieu dans des eaux peu profondes et près du fond. La maturité sexuelle des mâles est atteinte pour une taille de 40 cm et celle des femelles 60 cm. Lors de l'accouplement, le mâle maintient immobile sa partenaire en lui mordant une pectorale. Ventre à ventre, il introduit dans les voies génitales de la femelle un de ses ptérygopodes*. Cet accouplement est très court (30 secondes à 2 minutes), la femelle pouvant s'accoupler successivement avec plusieurs mâles.
L'espèce est ovovivipare* : à la fin du printemps ou au début de l'été, les femelles mettent au monde de 3 à 7 petits parfaitement formés après une gestation de 6 à 8 mois.

Vie associée

En période de chasse, toutes sortes de poissons "pique-assiette" suivent de près la raie aigle et profitent de son déplacement pour attraper les petites proies mises à nu par sa nage au-dessus du sable.

Divers biologie

Cette raie est rencontrée fréquemment en groupe, dans les baies, les lagons et les estuaires.

Sa peau est lisse et très visqueuse, de par une abondante sécrétion de mucus.

Son poids peut atteindre quinze kilos.

Informations complémentaires

Attention aux aiguillons qui peuvent infliger de sévères et douloureuses blessures ! La raie aigle n'est pas dangereuse, ne s'en servira jamais contre le plongeur, mais la manipulation de ces aiguillons est très risquée. Mieux vaut être prudent et rester à bonne distance de la raie...

A cause de sa queue et de ses dards, cette espèce est souvent prise au piège des filets de pêche. Remontée, elle est alors généralement relâchée.

Les nageoires pectorales des aigles de mer sont fréquemment vendues sur les étalages de l'Adriatique et du Maghreb où elles sont consommées.

Cette raie s'adapte très bien à la vie en captivité et est fréquemment présentée dans les aquariums publics.

La rencontre avec une raie aigle est particulièrement appréciée des plongeurs, notamment à cause de sa nage fascinante. Comme un oiseau sous-marin, elle utilise ses "ailes" pour se déplacer et semble voler gracieusement.

Origine des noms

Origine du nom français

Raie aigle, aigle de mer, aigle commun : traduction directe de -batis aquila.
Hirondelle : comme l'oiseau, la face ventrale de la raie est blanche, la face dorsale sombre et la queue se termine en pointe (double chez l'oiseau, simple chez la raie).
Le terme "mourine" est employé pour désigner plusieurs espèces de la famille des Myliobatidés.

Origine du nom scientifique

Myliobatis : du grec [myl-] = meule, à cause de la disposition des dents et [batos] = ronce, et par extension = raie épineuse ;

aquila : du latin [aquila] = aigle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Chondrichthyes Chondrichthyens Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale.
Sous-classe Elasmobranchii Elasmobranches Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles.
Super ordre Euselachii Sélaciens Raies et requins.
Ordre Rajiformes Rajiformes Les Rajiformes regroupent l'essentiel des raies. Poissons cartilagineux sans vessie natatoire, très plats mais apparentés aux requins.
Famille Myliobatidae Myliobatidés
Genre Myliobatis
Espèce aquila

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