Corail à bulles sinueux

Plerogyra sinuosa | (Dana, 1846)

N° 1442

Indo-Pacifique, mer Rouge

Clé d'identification

Corail à bulles
Vésicules de plus de 1 cm de diamètre, se rétractant lentement
Vallées peu interconnectées

Noms

Noms communs internationaux

Bubble coral, tipped bubblegum coral, pearl coral, grape coral (GB), Blasenkorallen, Weintrauben-Koralle (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Plerogyra eurysepta, pour les colonies aux très grands septes (jusqu'à 10 mm de large).

Distribution géographique

Indo-Pacifique, mer Rouge

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Ce corail à bulles est présent en mer Rouge, dans l'océan Indien et dans le Pacifique tropical, Polynésie comprise. Les limites nord-sud sont la zone tropicale du Japon et de l'Australie.

Biotope

Ce corail à bulles se rencontre dans les zones protégées, telles que les anfractuosités et les surplombs, des environnements récifaux turbides, mais peut fréquenter aussi les eaux plus claires.
Cette espèce est relativement peu commune dans son habitat.

Description

Plerogyra sinuosa forme des colonies de quelques centimètres à 2 m de diamètre.
Pendant la journée, la colonie est recouverte de vésicules de couleur variable : crème, bleu gris, verte ou marron, ressemblant à des grains de raisin de taille comprise entre 1 et 3 cm de diamètre. La forme de ces vésicules peut varier (rondes mais aussi plus pointues et tordues, selon le taux de remplissage en gaz). Ces vésicules peuvent se rétracter lentement quand les colonies sont dérangées et laisser voir leur structure flabello-méandroïde* (polypiérites* reliés par des vallées mais pas de murs communs). Les polypiérites (squelette externe sécrété par le polype*) peuvent dépasser 5 cm de haut, 2 à 10 cm de diamètre, et sont bien séparés les uns des autres. Les septes* sont de grande taille et proéminents.
Les tentacules* ne sont épanouis que la nuit.

Espèces ressemblantes

On peut facilement confondre les différents coraux à bulles. En particulier, Plerogyra sinuosa ressemble beaucoup à Physogyra lichtensteini de jour. L'aire de répartition de P. lichtensteini est plus restreinte dans le Pacifique (présent jusqu'en Mélanésie), les vésicules sont plus petites (moins de 1 cm de diamètre), et les vallées sont largement connectées entre elles.

Il y a deux autres espèces de Plerogyra :
- Plerogyra discus a des polypes de grande taille qui supportent des vésicules de forme allongée et de couleur souvent foncée. Son aire de répartition va de la Thaïlande aux îles Salomon, nord de la Nouvelle-Guinée.
- Plerogyra simplex, forme des colonies branchues (aspect de chou-fleur) et a des vésicules plus petites que celles de P. sinuosa. Son aire de répartition va de la Thaïlande à la Mélanésie, nord de la Nouvelle-Guinée.

Alimentation

De jour, le corail se nourrit grâce aux algues symbiotiques* contenues dans les vésicules et qui fabriquent des sucres par photosynthèse*. De nuit, les polypes, munis de cellules venimeuses, les cnidocytes*, capturent de petits organismes.

Reproduction - Multiplication

Cette espèce lâche ses gamètes* dans l'eau pendant les épisodes massifs de ponte.

Vie associée

La petite crevette Vir philippinensis est souvent rencontrée entre les vésicules du corail à bulles Plerogyra sinuosa. Il en est de même pour le crabe orang-outan Achaeus japonicus dans son aire de répartition.

Informations complémentaires

Les vésicules sont recouvertes de cnidocytes* qui peuvent infliger des piqûres aux humains. Elles contiennent aussi des algues symbiotiques qui les colorent et permettent au corail de se nourrir de jour.

Les coraux du genre Plerogyra sont dans la liste des dix types de coraux les plus exportés au monde pour les besoins de l'aquariophilie récifale (13 900 à 60 700 pièces par an), ce qui est beaucoup pour un genre relativement rare et très sensible au phénomène du blanchissement. On peut s'interroger sur l'opportunité d'un prélèvement aussi important en milieu naturel ou bien faut-il se réjouir de sa présence massive dans des aquariums, susceptible de garder des individus en vie si un phénomène massif de blanchissement venait à tuer toutes les colonies d'une région ?

Réglementation

Plerogyra sinuosa est classé dans la liste rouge 2012 de l'UICN sous le statut NT (Near Theatened, soit quasiment menacée).

Plerogyra sinuosa est cité dans l'Annexe II de la convention CITES qui fixe les quotas d'exportation par pays. Il est très sensible au phénomène de blanchissement lors des périodes où les eaux sont à température élevée, et pourrait être menacé d'extinction.
L'introduction dans la Communauté Européenne de spécimens sauvages en provenance d'Indonésie est suspendue depuis le 17 août 2011.

La cueillette de ce corail est interdite à Mayotte par arrêté préfectoral.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Plerogyra : du grec [plèrès] = complet, plein de, et du grec [gyros] = cercle, rond.
sinuosa : du latin [sinuosus] = courbé, sinueux.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Euphylliidae Euphylliidés Colonies phacéloïdes, méandroïdes ou flabello-méandroïdes avec de grands septes espacés et généralement dépourvus d’ornementation. Toutes les espèces possèdent des zooxanthelles symbiotiques dans leur endoderme.
Genre Plerogyra
Espèce sinuosa

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