Patelle commune

Patella vulgata | Linnaeus, 1758

N° 1191

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Forme grossière de cône plus ou moins haut
Apex souvent émoussé, coquille souvent recouverte de divers organismes
Base circulaire plus ou moins régulière de 6 cm de diamètre maximum
Côtes rayonnées, peu saillantes et régulières
Extrêment abondante sur l'estran rocheux de notre littoral

Noms

Autres noms communs français

Bernique, bernicle, berniche, chapeau chinois
Brennigenn, brinnigenn, bernacle (Bretagne), jambes (Charentes), lappes (Pays Basque), arapède (Méditerranée)

Noms communs internationaux

Common Limpet (GB), Lapa, lapa vulgar, lepas, lamparo, cuco (E), Lapa (P), Gemeine Napfschnecke (D), Gewone schaalhoren, puntkokkel, hoedschelp (NL), Albuskjell (N)

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La distribution de la patelle s'étend sur la façade Atlantique, de la Norvège jusqu'aux Açores. On la trouvera également sur les côtes ouest des îles Britanniques, ainsi qu'en Manche, en mer du Nord, et en Méditerranée.

Biotope

Les patelles affectionnent les substrats durs (ou tendres comme la roche calcaire des côtes normandes) de l'estran auxquels elles se fixent très solidement à la manière d'une ventouse très puissante. On les trouvera en mode calme ou battu du médiolittoral supérieur jusqu'à quelques mètres de profondeur. Ces mollusques font partie du cortège d'organismes marins capables de se fixer très haut sur l'estran et de résister longtemps à l'émersion, même en plein soleil.

Description

La patelle est un gastéropode dont la coquille est approximativement conique à base presque circulaire. Le diamètre de cette base atteint au maximum 6 centimètres (jusqu'à 8 cm en Irlande).
Elle porte des côtes peu saillantes plutôt régulières.
La hauteur de la coquille dépend des conditions hydrodynamiques environnantes : bombée en mode battu et plus aplatie en mode calme ou en profondeur.
Le corps comporte une tête avec un mufle et deux tentacules céphaliques gris, un pied musculeux très puissant de couleur jaune orangé à gris-brun, et une masse viscérale distincte. Un manteau frangé de minuscules tentacules blancs double la coquille entre le rebord intérieur et le pied.
La couleur dominante extérieure de la coquille est grise mais peut être nuancée de jaunâtre ou de verdâtre. L'intérieur de la coquille, lisse, revêt les mêmes teintes, et des bandes brunes sont visibles sur le bord de l'ouverture.
A l'intérieur, à mi-distance entre le sommet et le bord de l'ouverture, on observe une bande étroite et terne en forme de fer à cheval ouverte vers l'avant : c'est l'empreinte musculaire, la trace de l'insertion du muscle qui relie les parties molles de l'animal à sa coquille.
Cette dernière est le plus souvent recouverte d'algues mais aussi d'autres organismes comme des balanes, des vers, etc...

Espèces ressemblantes

Patella intermedia Murray in Knapp, 1857 = Patella depressa Pennant, 1777 : l'intérieur de la coquille présente des bandes brunes. Son ouverture est ovale et irrégulière. Elle a un diamètre 3 à 4 cm. Son sommet est plus antérieur que celui de P. vulgata. Sa distribution est identique.

Patella ulyssiponensis Gmelin, 1791 = Patella aspera Röding, 1798 = Patella tarentina : plus souvent immergée, très plate avec des bandes brunes sur le dessus de la coquille visibles également de l'intérieur. Les côtes sont plus aplaties et donnent à la coquille une forme aproximativement géométrique à 10 côtés.

Patella rustica = Patella lusitanica : autour des côtes d'Espagne et du Portugal ainsi que dans le bassin méditerranéen occidental. Elle porte sur sa coquille ovale des fines bandes noires comportant des tirets et des points sur fond gris.

Patella caerulea : très plate avec intérieur irisé bleuté, à très faible profondeur, abondante en Méditerranée, pénètre un peu en Atlantique.

Patella ferruginea : grande patelle de Méditerranée d'environ 8 à 9 cm de diamètre. On la rencontre très haut sur les rochers à la limite des embruns. Grosses côtes couleur rouille donnant son nom à l'animal. Espèce protégée.

Alimentation

Brouteur herbivore, la patelle consomme (de préférence la nuit et à marée haute pendant 4 à 5 heures), des micro-algues qu'elle racle sur les pierres avec sa radula*, puis retourne à sa place pour digérer. Elle retrouve alors le même emplacement dans la même orientation car les contours de la coquille épousent parfaitement son empreinte laissée dans le rocher. Celui-ci peut être éloigné de quelques dizaines de cm avec un maximum d'un mètre. C'est probablement grâce à un odorat très développé qu'elle retrouve son chemin. Ce comportement particulier à la patelle s'appelle le homing*.
Il lui arrive également de s'attaquer aux algues brunes comme les fucus et les ascophylles qu'elle met gravement en danger, en causant par endroits une régression plus ou moins importante de cette ceinture algale.
Il n'est pas rare de voir une ou plusieurs patelles qui se déplacent alors que la marée est redescendue. Elle n'est nullement en danger car elle a une grande capacité à résister à l'émersion.
Choisissez un coin tranquille sur l'estran, immobilisez-vous, tendez l'oreille, et vous entendrez les craquements et les frottements générés par le déplacement d'une armée de patelle !

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée. Les patelles sont hermaphodites* protandriques* : elles sont mâles au début de leur vie, puis deviennent femelles. L'émission des gamètes* dans l'eau a lieu en automne/hiver.
Les grandes patelles produisent des œufs et les petites produisent du sperme. La fécondation engendre une larve* véligère qui mène une vie planctonique de 10 à 15 jours. La larve finit par tomber sur substrat rocheux, subit une métamorphose, et se transforme en une minuscule patelle.
Tout individu isolé devient rapidement une femelle.

Vie associée

Il est très fréquent d'observer des patelles dont la coquille est colonisée par des algues, des balanes, des spirorbes, des bryozoaires, etc...

Divers biologie

En adhérant fortement aux rochers les patelles se constituent une réserve d'eau. Cela leur permet de respirer donc de survivre pendant l'émersion à l'abri de la dessication jusqu'à la marée haute suivante.
Dans les substrats tendres comme la roche calcaire elles creusent grâce à une sécrétion acide des cavités appellées cupules* dans lesquelles elles s'encastrent : cela leur permet de mieux résister à l'assaut des vagues.
Suivant leur emplacement sur l'estran et la qualité de leur environnement, les patelles peuvent vivre de 5 à 15 ans.

En retournant une patelle, on peut observer une légère dissymétrie de la coquille dans le sens avant arrière. Du fait que cet animal, un archéogastéropode, ait perdu sa branchie droite pendant son évolution, le mouvement de l'eau va de la gauche vers la droite à l'intérieur de la cavité palléale et non d'avant en arrière comme pour les néogastéropodes.

Informations complémentaires

Contrairement à une idée très répandue ce n'est pas que l'effet ventouse qui maintient fortement la patelle sur son support mais également la structure des cellules du pied qui accrochent la roche. Cela se vérifie en décrochant une patelle d'un support calcaire : une couche dure recouvre le pied. Quelques instants plus tard, le pied se relâche et le calcaire peut être enlevé facilement.

Elles sont les proies d'oiseaux de mer, comme les goélands, et des pourpres (Nucella lapillus).

Elles peuvent être consommées (seulement le pied) crues ou cuites.

Origine des noms

Origine du nom français

Patelle commune est la traduction exacte du nom scientifique.
Bernique, bernik et autres mots dérivés sont d'origine gauloise et signifient "petit casque".

Origine du nom scientifique

Patella : du latin [patella] = petit plat,
vulgata : du latin [vulgus] = foule, peuple, multitude : l'espèce est commune et abondante.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Patellogastropoda Patellogastropodes

Coquille conique aplatie non enroulée en spirale. Large pied adhérant au substrat par succion et complètement recouvert par la coquille.

Famille Patellidae Patellidés Couronne d’organes respiratoires dans le sillon palléal. Intérieur de la coquille faiblement ou fortement irisé.
Genre Patella
Espèce vulgata

Nos partenaires