Achigan à grande bouche

Micropterus salmoides | (Lacepède, 1802)

N° 2778

Amérique du Nord, Europe, Asie, Afrique du Sud

Clé d'identification

Bouche terminale grande, large et oblique
Mâchoire supérieure se prolongeant derrière l'œil
Nageoires dorsales presque entièrement séparées
Corps vert brillant à olive
Bande latérale brisée sur le corps

Noms

Autres noms communs français

Black-bass à grande bouche, perche d'Amérique, perche noire, perche truitée, perche truite, achigan vert

Noms communs internationaux

Largemouth bass, bass, black bass, green bass, green trout (GB), Persico trota (I), Perca americana, perca atruchada (E), Forellenbarsch, Großmäuliger Schwarzbarsch (D), Forelbaars (NL), Achiga (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aplites salmoides (Lacepède, 1802)
Grystes salmoides (Lacepède, 1802)
Huro salmoides (Lacepède, 1802)
Labrus salmoides Lacepède, 1802
Huro nigricans Cuvier, 1828

Distribution géographique

Amérique du Nord, Europe, Asie, Afrique du Sud

Zones DORIS : Eau douce, Indo-Pacifique, Atlantique Nord-Ouest

Il est présent dans la partie sud-est du Canada. Au Québec, on le trouve dans le sud de la province, dans le fleuve Saint-Laurent et dans la rivière Richelieu.
En Amérique du Nord, il est présent tout le long de la côte atlantique du Maine à la Floride, vers l'ouest jusqu'au Texas, et le nord-ouest du Mexique.
L'achigan à grand bouche a été introduit, entre autres, en Angleterre, en Écosse, en Allemagne, en France, en Italie, au Portugal, au Maroc, en Afrique du Sud, en Chine, aux Philippines et au Brésil.
Il est présent un peu partout en France et en Belgique, en Corse (étang de Padula).

Biotope

Son habitat se trouve dans les petits lacs peu profonds, les baies peu profondes des grands lacs, et plus rarement dans les rivières à faible courant. Plus jeune, il préfère les couches superficielles, parmi la végétation, alors qu'avec l'âge il privilégie une eau plus profonde mais toujours riche en plantes aquatiques.
Il aime l'eau chaude des rejets des centrales électriques et des industries.
Il tolère une eau saumâtre.

Description

L'achigan à grande bouche est un poisson modérément grand et robuste. Sa tête est forte. Sa bouche terminale est grande, large et oblique. La mâchoire inférieure est légèrement proéminente alors que la mâchoire supérieure se prolonge jusqu'en arrière de l'œil. Les deux nageoires dorsales sont presque entièrement séparées. La première dorsale est plutôt basse et comporte 10 épines. La deuxième dorsale de forme arrondie est plus haute et comporte en moyenne 12 rayons. Les nageoires pelviennes sont courtes, arrondies et comportent 1 épine et 5 rayons mous. Les nageoires pectorales sont plutôt courtes, larges, à l'extrémité arrondie et comportent de 13 à 15 rayons.
La face dorsale du corps varie du vert brillant à l'olive. Les flancs sont vert pâle ou vert doré. On note la présence d'une bande latérale noire uniforme et large qui se prolonge parfois sur l'opercule et l'œil jusque sur le museau. Les côtés de la tête varient du vert à l'olive. La caudale est dépourvue de couleurs brillantes. La face ventrale varie du blanc lait au jaune. Les individus observés au Québec mesurent entre 20 et 38 cm. Ils pèsent en moyenne 1 kg. La taille maximum relevée est de 97 cm pour un poids de 10 kg mais en France, il ne dépasse guère les 60 cm pour un poids de 4 kg.

Espèces ressemblantes

L'achigan à petite bouche, Micropterus dolomieu : sabouche est plus petite et sa mâchoire supérieure ne se termine pas derrière l'œil. Les 2 nageoires dorsales sont unies de façon plus évidente. La nageoire dorsale avant basse est de forme plus légèrement arrondie (épines de longueur uniforme). On note la présence de bandes verticales sombres et floues sur les flancs. La nageoire caudale des jeunes est orange à la base, suivie d'une bande noire, puis de blanc à l'extrémité.

Alimentation

L'achigan à grande bouche se nourrit principalement de petits poissons, d'écrevisses, de larves d'insectes adultes, de souris, de salamandres, de sangsues, de grenouilles, de couleuvres et même de tortues. Le cannibalisme est fréquent.
Il mange le poisson-chat (Ameiurus melas) sans paraître être incommodé par les terribles piquants des nageoires pectorales et dorsale qui s'arrêtent dans la gorge ou percent l'estomac des brochets et des perches.
Il chasse de jour.
Il cesse de se nourrir quand la température de l'eau est inférieure à 5 °C ainsi que pendant la période de reproduction.

Reproduction - Multiplication

Le frai a lieu de la fin du printemps jusqu'à la mi-été sur des fonds de gravier ou de vase molle parmi les roseaux et les nénuphars. La température de l'eau étant aux alentours de 18 °C.
Les mâles sont alors très agressifs, ils défendent un territoire d'environ 1 m de diamètre, à une profondeur comprise entre 30 cm et 1,20 m. Les nids, une simple dépression dans le substrat nettoyée de ses débris, sont séparés par une distance moyenne d'une dizaine de mètres.
Une femelle peut frayer avec plusieurs mâles sur des nids différents. Le nombre d'œufs varie suivant la taille de la femelle soit de 2000 à 14000 œufs. Ils mesurent 1,7 mm de diamètre et sont ambrés ou jaune pâle. Le mâle garde et aère les œufs.
L'éclosion a lieu après 3 à 5 jours. Les alevins sont transparents et mesurent 3 mm de long. On en dénombre en moyenne de 5000 à 7000 par nid. Ils vont se rassembler en bancs et commencer à se nourrir toujours sous la surveillance du mâle. Ils se dispersent quand ils atteignent une taille de 30 mm (à l'âge d'environ un mois).
La croissance est rapide et, à l'automne, leur taille est de 12 à 15 cm.
La maturité sexuelle est acquise pour les mâles à l'âge de 3 à 4 ans, et de 4 à 5 ans (poids 2 kg) pour les femelles.

Vie associée

Les jeunes et les petits adultes peuvent être la proie d'autres poissons qui partagent leur habitat, tels la perchaude Perca flavescens, le doré jaune Sander vitreus, le grand brochet Esox lucius, le maskinongé Esox masquinongy et d'oiseaux tels le grand héron Ardea herodias, le butor Botaurus lentiginosus et le martin-pêcheur d'Amérique Ceryle alcyon.

L'achigan à grande bouche peut-être parasité par des nématodes et des sangsues.

Divers biologie

Sa longévité est d'environ 15 ans.

Informations complémentaires

L'achigan à grande bouche présente un grand intérêt commercial, récréatif et sportif dans l'est du Canada. C'est une des espèces les plus importantes et les plus populaires pour le secteur de la pêche sportive et de loisirs.
L'achigan à grande bouche a été introduit en Grande-Bretagne en 1878-1879, puis en 1883 aux Pays-Bas et en Allemagne. En France, sa reproduction a été obtenue en 1890 dans un étang de la région de Versailles et il fut ensuite introduit dans les étangs de Sologne. A partir de 1948, de nombreux pisciculteurs l'élevèrent pour le fournir aux associations de pêche qui réalisèrent alors de nombreux déversements.
Dans certains pays son introduction a eu un impact négatif sur les populations de petits poissons indigènes aboutissant parfois à l'extinction de ces espèces.

Réglementation

Il figure sur la liste de l'UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde.

Nouvelle-Calédonie : espèces animales envahissantes en Province Sud - Article 250-2 IV.
Espèces animales exotiques interdites dans le département de la Réunion : Article 3.

Origine des noms

Origine du nom français

Achigan : de l'algonquin (langue d'une nation éponyme amérindienne d'Amérique du Nord) [At-chi-gan] = celui qui se débat, celui qui combat ; en allusion à sa résistance lors de sa capture.

"à grande bouche" : en opposition "à petite bouche".

Origine du nom scientifique

Micropterus : du grec [micros] = petit ; [pteron] = aile soit à petites nageoires car le spécimen reçu par Lacepède avait les nageoires rognées.
Salmo : du latin [salmo] = saumon car l'espèce est souvent appelée "truite" dans le sud des États-Unis (green trout) en raison de sa chair délicieuse.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Centrarchidae Centrarchidés
Genre Micropterus
Espèce salmoides

Nos partenaires